Société sans cash : les grandes manœuvres débutent

Rédigé le 23 mai 2017 par | Cash - Cashless, Simone Wapler Imprimer

Une enquête de la Banque centrale européenne dont les résultats seront donnés cet été, un éditorial dans Le Figaro : le sujet de la suppression définitive du cash revient sur le devant de la scène médiatique et le travail de modelage de l’opinion commence.

Figaro

La version papier du Figaro annonce la couleur :

La « société sans cash », souhaitable pour certains, redoutable pour d’autres, suppose aussi une volonté politique.

Disons-le tout net, nous nous rangeons parmi les « autres », ceux qui estiment que l’instauration d’une telle société serait une redoutable dérive liberticide. Elle donnerait le pouvoir à un « agent habilité » à couper à tout moment quelqu’un de son argent.

C’est dangereux, même quand vous n’avez rien à craindre du gouvernement du moment. Que celui qui n’a jamais subi une « erreur administrative » me contredise.

Dans un monde où règnent mensonges et désinformation… Quand la propagande moderne a remplacé l’analyse…

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Lorsque les médias sont à la merci de puissants oligarques… que les enquêtes sont biaisées, que la vérité est dissimulée à cause d’intérêts privés…

… que les connivences entre politiques et journalistes sont monnaie courante…

… Et que les discours politiques sont calibrés par des professionnels du storytelling

… QUI CROIRE ?

Dans Fake News, Post-Vérités et autres écrans de fumée, Philippe Béchade vous explique comment marchent réellement les relations internationales… comment on manipule les chiffres macro-économiques pour leur faire dire ce que l’on veut… comment certains pays sont diabolisés au profit d’une histoire occidentale bien-pensante… comment les banques centrales laminent votre épargne… comment le monde entier entre en phase de bulle… et met toutes vos économies en danger.

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C’est évidemment bien plus dangereux lorsque vous vous sentez en désaccord avec le gouvernement du moment. Ceux qui prétendent la main sur le coeur « ce n’est pas grave, je n’ai rien à cacher » diraient, je suppose, en cas d’instauration de censure : « ce n’est pas grave, je n’ai rien à dire ».

Tous les arguments sécuritaires avancés pour promouvoir la société sans cash sont facilement démontables.

Le Figaro : Impression, manipulation, circulation, transport sécurisé… les espèces génèrent un coût significatif.

Certes, mais la sécurisation des réseaux en mode cashless, quelle serait son coût ? Une société cashless serait déstabilisée par une simple cyber-attaque. La récente attaque de ransomware nous prouve que les gouvernements et les plus grandes entreprises sont incapables d’assurer une sécurité absolue, même avec des efforts financiers considérables.

Le Figaro : Le cash est évidemment vecteur de fraude et d’évasion fiscales, de marché gris ou noir, de corruption, mais aussi de grande criminalité voire de financement du terrorisme.

Oui. Tous les trafiquants et les criminels utilisent le cash. Ils utilisent aussi les routes, les réseaux téléphoniques, des armes. Quand ils sont malades, ils prennent des médicaments, m’a-t-on dit aussi… Mais on ne parle pas d’interdire les réseaux routiers, le téléphone, de supprimer l’armement et de restreindre l’accès aux médicaments.

Soyons sérieux : le vrai sujet qu’ont à cœur les autorités est effectivement l’évasion fiscale.

Les Allemands et les Suisses utilisent beaucoup le cash, y sont très attachés, tiennent aux billets de 500 € et 1 000 FS, et pourtant l’évasion fiscale est moindre dans ces pays qu’en Grèce.

La réalité est que plus les impôts et prélèvements obligatoires augmentent, plus le pays est corrompu et mal géré, plus l’évasion fiscale devient tentante. Le cash est la porte dérobée des « petits ». Les montages sophistiqués, sociétés écrans, etc. sont les portes secrètes et capitonnées des « gros ».

Les vrais arguments pour la mise en place d’une société sans cash n’ont rien à voir avec le sécuritaire. Ils sont :

– Le pouvoir de taxation qui confinera alors à l’arbitraire ; – Le contrôle total du gouvernement sur nos vies ; – La suppression de l’épargne afin d’y parvenir.

Le rêve de la Parasitocratie est l’instauration de l’Etat-providence qui vous prend en main de la crèche à la tombe. Plus besoin d’épargne personnelle : un système de taxation, redistribution, allocation pourvoit à tous vos besoins à partir du moment où vous faites confiance à l’Etat. N’avez-vous pas une âme « solidaire » ?

La manipulation à la baisse des taux d’intérêt est le début du processus de destruction de l’épargne. N’en sont victimes que ceux qui veulent « stocker » de l’argent, du capital en vue de projets personnels. Ceux qui vivent d’allocations, subventions, argent des autres ne sont pas touchés.

Comme je vous le disais hier :

Et si les taux sont négatifs ? Hé bien, vous retirez votre argent de la banque et là le système s’écroule : faillites en série et hyperinflation. Sauf, bien sûr, si vous ne pouvez pas retirer votre argent de la banque.

La Parasitocratie, elle, n’a nul besoin d’épargner. Lorsqu’elle a besoin d’argent, un banquier central le crée et lui ouvre une ligne de crédit à taux zéro. Une banque ne fait pas faillite. Une multinationale bien notée par les agences a accès à du crédit presque gratuit. Un fonctionnaire international ne paie pas d’impôt et reçoit un traitement payé par des contribuables qui ne votent pas son montant.

En moyenne, la retraite d’un député en France est de 2 700 € par mois, ce qui correspond à un capital épargné (fictif) de 648 000 € en supposant qu’il soit rémunéré à 5%. Mais même si les taux sont à zéro, notre député s’en moque. C’est le système de répartition qui lui verse sa retraite.

La Parasitocratie a tout intérêt à la société sans cash — même si ce n’est pas votre intérêt.

Le Figaro : « La disparition des espèces est aussi une thèse véhiculée par des groupes de pression », relève un expert. Car les paiements électroniques ne sont pas gratuits. Leur développement suppose une massification génératrice de commissions payées par les commerçants. Ils facilitent aussi la génération de données commercialement exploitables, ces données qui sont l’or du XXIe siècle.

Mais la modernisation de l’univers du paiement est aussi le gage […] d’une plus grande concurrence en favorisant l’apparition de nouveaux acteurs sur un marché où il est difficile de se faire une place.

L’Union européenne joue donc un rôle d’aiguillon. « La nouvelle directive européenne sur les services de paiement (PSD2) va accélérer le mouvement de remplacement des espèces par des moyens de paiement digitaux », affirme Christophe Vergne chez Capgemini.

Bien sûr, vous n’êtes pas obligé de subir. En premier lieu, vous pouvez signer notre pétition « non à la société sans cash« .

En deuxième lieu, il reste l’or pour stocker de la valeur. Pas n’importe quel or toutefois.

Savez-vous qu’une pièce très courante, internationalement reconnue, frappée en quantité chaque année, possède une fiscalité très douce ? Découvrez-la ici.

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Simone Wapler
Simone Wapler
Rédactrice en Chef de Crise, Or & Opportunités et de La Stratégie de Simone Wapler

Simone Wapler est ingénieur de formation. Elle a travaillé dans le secteur de l’ingénierie aéronautique. Cette double casquette ingénieur/analyste financier est un véritable atout qu’elle met au service des abonnés.

Elle aborde les marchés avec l’oeil du professionnel, de l’ingénieur, de l’industriel, et non celui du financier.

Son expertise, notamment dans le secteur des métaux de base et des métaux précieux, lui donne une longueur d’avance, une meilleure compréhension des vrais tenants et aboutissants du marché des ressources naturelles — un marché par ailleurs en pleine expansion, dont Simone Wapler connaît parfaitement tous les rouages, notamment au niveau de l’offre et de la demande.

Pour en savoir plus sur Crise, Or & Opportunités et La Stratégie de Simone Wapler.

Un commentaire pour “Société sans cash : les grandes manœuvres débutent”

  1. Je pense que vous vous inquiétez trop à propos de ce projet de suppression du liquide. Il persistera toujours un mur infranchissable: les enfants. Les rituels de la tirelire, de l’argent de poche et de la petite souris sont si profondément ancrés dans nos traditions éducatives que les parents exigeront toujours de disposer au moins de pièces de monnaie. Certes, elles pourraient remplacer le nickel par l’argent, ou l’or dilué. Et pratiquement, comment les ados pourront commercer sans compte en banque et carte de crédit ? Les parents leur donnent des chèques en blanc ? Ou alors on généralise le compte-nickel (raté: racheté par BNP) ?

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