Une société honnête a besoin d’argent honnête

Rédigé le 31 mars 2017 par | Bill Bonner, Richesse Imprimer

Jour après jour, nous relions les données entre elles… l’image se précise. Et, désormais, nous pensons que :

La Fed ne reviendra jamais volontairement à des taux d’intérêt « normaux ».

Le Congrès ne réduira jamais volontairement les dépenses au-delà de quelques broutilles.

L’empire ne fera jamais volontairement marche arrière.

Il n’y aura pas de renouveau économique aux Etats-Unis.

Le système persistera dans la direction qu’il suit… jusqu’à ce que tout le dispositif explose.

L’argent falsifié

Ces conclusions résultent toutes de quelque chose que le Professeur Mancur Olson a remarqué, dans son livre intitulé Logique de l’action collective, devenu un classique.

Même si tous les membres d’un groupe voient un bateau sombrer, aucun d’entre ne veut être celui qui se jette à l’eau.

Le groupe dont nous parlons, c’est le Deep State. Il contrôle le gouvernement puis s’en sert pour détourner les ressources de l’économie du quotidien à son avantage, celui de ses partisans zombies et de ses compères.

Les démocraties sont censées corriger leurs erreurs. Mais quand les électeurs votent pour le changement, tout le monde s’en fiche.

Nous avons également observé qu’il existe deux types d’accords : les accords gagnant-gagnant et les accords gagnant-perdant. Le Deep State exige des accords gagnant-perdant. Il gagne. Vous perdez.

Les accords gagnant-perdant sont peut-être bons pour les gagnants, mais pas pour l’économie.

Les accords gagnant-gagnant nous indiquent la valeur des choses. Sans eux, la richesse du monde – exprimée par les millions de décisions prises par des consommateurs libres – diminue.

Seuls les accords gagnant-gagnant nous fournissent un signal de prix honnête. Et seul un signal de prix honnête peut nous guider en vue de produire davantage de ce que veulent les gens, à savoir davantage de « richesse ».

Ce qui nous amène à l’argent même…

Le dollar post-1971 est bidon.

L’argent, ce n’est pas la même chose que la richesse ; le ticket de la voiture que l’on a garé dans un parking, ce n’est pas la même chose que la voiture.

Une économie ne produit pas par magie davantage de richesse sous prétexte que vous falsifiez les taux d’intérêt afin de distribuer davantage de faux dollars. Autant imprimer davantage de tickets de parking ! Le nombre de voitures garées dans le parking ne va pas augmenter. Les vrais tickets de parking constituent une information précieuse. Les tickets de parking bidons produisent un dangereux tumulte… trompeur et malhonnête.

Ils vous font croire quelque chose de faux : qu’il existe quelque part des ressources – des biens et des services – qui sont à vous.

Comme un ticket de parking falsifié, il donne au porteur le droit de prendre la voiture. Mais il n’augmente pas le nombre de voitures disponibles.

« L’effet de richesse » de la Fed est faux, lui aussi.

Le fait de distribuer des tickets bidon au secteur financier permet peut-être à certaines personnes de se sentir plus riches. Mais cela ne crée pas plus de richesse. Cela la détourne simplement des gens qui l’ont gagnée, au profit des initiés du Deep State.

Vous garez votre voiture, un type de Wall Street la prend et s’en va… puis commande une pizza avec votre carte de crédit.

Argent réel ? Crédit bidon ? Argent falsifié ? Quelle est la différence ?

Si cela ressemble à de l’argent réel… et que cela se dépense comme de l’argent réel… et s’économise comme de l’argent réel… alors n’est-ce pas suffisamment réel ?

Je suis ravi que vous posiez la question.

L’argent n’est pas qu’un support d’échange ou de réserve de valeur.

Parfois, on critique une personne riche : « il n’y a que l’argent qui l’intéresse ». Ou alors, c’est l’argent, que l’on dénigre : « c’est seulement de l’argent ».

Mais l’argent, c’est plus que « seulement de l’argent ». Il nous aide à préserver un sens minimum de la justice… et il nous relie fermement au monde des ressources, des compétences, de l’information et, par-dessus tout, au temps.

L’argent n’est pas dissocié de nous. Il représente qui nous sommes… ce que nous avons fait… ce que nous savons… ce que nous avons fait pour les autres… comment nous nous en sommes tirés, dans ce monde, jusqu’à présent… et ce que nous espérons à l’avenir.

L’argent, c’est avoir le choix, être libre, indépendant et, parfois, survivre.

Imaginez que vous passiez toute votre carrière à travailler et épargner pour votre retraite.

Est-ce que cet argent économisé est « seulement de l’argent » ?

C’est une bonne partie de votre vie. Il représente le temps que vous avez passé à travailler. Et tous ces moments où vous avez décidé de ne pas dépenser votre argent… mais de l’économiser pour plus tard.

A présent, imaginez que l’on vous vole dans la rue. Ou que l’on vous escroque votre argent.

Vous seriez indigné. Vous voudriez que le criminel soit traîné en justice.

Mais que se passerait-il, si c’était l’argent-même, cette escroquerie ?

Que se passerait-il si l’inflation transformait vos 1 000 $ d’économies en 100 $ ou 10 $ ?

Ou bien imaginez que quelqu’un d’autre… peut-être une personne qui n’a jamais travaillé une seule fois de sa vie… empoche 1 000 $ pour rien ?

Ou bien imaginez que quelqu’un soit capable d’emprunter 1 000 $… sans verser d’intérêts ? Comment trouveriez-vous cela ?

De quoi auraient-elles l’air, alors, toutes vos années de labeur, d’économies et de peine à joindre les deux bouts ? Elles ne vaudraient donc rien ?
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Cela ne vous donnerait pas l’impression que quelqu’un vous est passé devant en resquillant ?

Une économie honnête ne triche pas avec l’argent

Au sein d’une économie honnête, les gens donnent et reçoivent plus ou moins équitablement.

On vous paie vos journées de travail. Le temps est important. Si vous travaillez, vous gagnez plus.

Si vous êtes capable d’inventer quelque chose qui aide les autres à gagner du temps… ou que vous créez une entreprise qui leur permet d’économiser de l’argent, comme Wal-Mart… vous méritez de gagner plus. Vous recevez à la mesure de ce que vous donnez.

Henry Ford a révolutionné le secteur automobile en fabriquant des voitures accessibles aux travailleurs ordinaires. Il a fait fortune.

John D. Rockefeller a fait fortune en permettant d’acheminer le carburant/combustible dont les gens avaient besoin pour faire rouler leurs voitures et chauffer leurs maisons.

Et qui pourrait en vouloir à Bill Gates ou Steve Jobs, qui ont permis aux masses d’accéder à l’ordinateur ?

L’argent a été l’innovation la plus importante de tous les temps. Comme la roue, il a permis au monde moderne d’exister.

On pouvait désormais faire du commerce avec des inconnus, de différentes cultures, parlant d’autres langues.

Et il vous permettait de déplacer de la richesse à travers l’espace et le temps. Si vous étiez paysan sous l’Empire romain et que vous vouliez échanger la tonne de blé que vous possédiez contre une tonne de thé indien, il aurait été pratiquement impossible – et extrêmement coûteux – de transporter votre blé jusque dans la vallée de l’Indus pour procéder à l’échange.

Mais avec l’invention de l’argent, le commerce a été facilité. Vous échangiez votre blé contre quelques pièces d’or… que vous pouviez alors échanger contre du thé en Inde.

Le vendeur n’avait pas besoin de connaître la couleur de vos yeux… ou la qualité de votre blé. La seule chose qu’il devait savoir, c’était si votre argent était valable.

Ou bien imaginez que vous étiez un paysan de la Rome antique et que vous cultiviez des olives…

Cela représente des années de préparation, d’apprentissage et de compétences… ainsi que des milliers d’heures de travail dans les champs. Mais les olives mûres ne durent que quelques jours. Cette « richesse » disparaît rapidement.

L’argent vous permettait alors de convertir la richesse que représentaient vos olives en richesse sonnante et trébuchante. Cela vous permettait de profiter de votre récolte de 59 apr. J.-C… jusqu’à votre retraite, en 71 apr. J.-C.

Ou bien, si vous aviez enterré vos pièces d’or dans le sol, l’un de vos descendants les trouverait peut-être… et en profiterait 2 000 ans plus tard.

Mais il fallait que l’argent soit réel. Il fallait qu’il soit honnête.

Sinon, vous pouviez vous faire rouler.

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Bill Bonner
Bill Bonner
Fondateur de AGORA

Né en 1948, Bill Bonner est le fondateur d’AGORA, le plus large réseau d’entreprises indépendantes de presse spécialisée au monde.

En 1978, depuis sa ville natale, Baltimore (Maryland, Etats-Unis), Bill Bonner a voulu développer un « marché » (« Agora » en grec) des idées. Pas de l’information homogénéisée telle que les médias grand public relayent sur nos écrans et journaux, mais une source d’idées diverses avec des opinions et des avis originaux, alternatifs et surtout utiles. Bill a à cœur d’aider les lecteurs à mieux comprendre le monde dans lequel ils vivent, et à agir en conséquence. Que ce soit en matière de géopolitique, de macro-économie ou tout simplement dans le domaine de l’épargne, Bill incite ses lecteurs à cultiver un esprit vif et anticonformiste.

« Parfois nous avons raison, parfois nous avons tort, mais nous sommes toujours dans le questionnement », telle est la devise de Bill.

Bill a également co-écrit des livres qui ont tous figuré dans la liste des best-sellers du New York Times et du Wall Street Journal : L’inéluctable faillite de l’économie américaine (2004), L’Empire des dettes. À l’aube d’une crise économique épique (2006) et Le Nouvel Empire des dettes. Grandeur et décadence d’une bulle financière épique (2010).

Dans son dernier livre, Hormegeddon, quand trop de bien nuit (2015), paru aux Belles Lettres (www.lesbelleslettres.com), Bill décrit ce qu’il advient lorsque l’on abuse d’une bonne chose dans les sphères de la politique, de l’économie et des affaires. En bref, trop de bien conduit au désastre.

Vous pouvez retrouver les notes de Bill au quotidien dans La Chronique Agora.

2 commentaires pour “Une société honnête a besoin d’argent honnête”

  1. M. Bonner:
    Excellent pédagogie:
    « L’effet de richesse » de la Fed est faux.
    L’idée m’est venue que les parasites ne créent rien et se contentent de prélever. Et ce qu’ils prélèvent n’apparaît pas, voilà le secret de leur réussite. La monnaie, le créditisme est le vecteur du prélèvement, mais l’astuce essentielle, c’est le prélèvement sur les richesses nouvelles. Combien ont rapporté au PIB mondial des innovations comme l’ordinateur personnel, internet, le câble optique, les nouveaux tracteurs, le lait UHT, l’imagerie médicale…
    Beaucoup, mais nul ne le sait avec précision. C’est pourquoi le vol commit par les parasites n’apparaît pas.
    Combien de milliards créés par toutes ces innovations et combien de milliards dérobés au passage en impôts nouveaux, en postes d’administrateurs, de vérificateurs, de fonctionnaires nouvellement créés ?
    Il semble impossible de vérifier, entre innovations et créations destructrices, le résultat net. Bénéfice ou pertes ?
    Pour lutter contre les dégâts causés par les parasites, il nous faut un instrument comptable. Pouvoir comparer le PIB officiel et celui créé par les innovations.

  2. Vive l’ere bitcon, profit gagnant gagnant Vive l’equilibre des echanges ,du monetarisme, de l’economie redistributive
    Vive l’apparence comparative du juste niveau de vie des pauvres,des malades ,des oublies ou des mal aimes
    bisous

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