Les signes révélateurs de la démence de la Fed

Rédigé le 21 octobre 2016 par | Banques Centrales Imprimer

Où est la frontière entre l’aveuglement et la démence ? En niant ses échecs, la Fed est dans le déni de réalité ou le tatemae japonais. Aujourd’hui, la Fed est incapable de dire la vérité du désastre et vous devez vous préparer à l’ultime catastrophe monétaire.

Nous voyons des indices de démence dans les récents mouvements de la Fed.

« Toutes nos forces et tous nos navires participant à l’opération ont livré un combat exceptionnel, » peut-on lire dans un rapport japonais d’après combat, découvert à Tokyo en 1945 et traduit par l’U.S. Strategic Bombing Survey. « De ce fait, de graves dégâts (sic) ont été infligés à l’ennemi. »

C’est ainsi que les commandants japonais décrivirent la bataille navale de Midway, livrée au nord-ouest de Hawaii, du 4 au 7 juin 1942. Au troisième jour, la U.S. Navy coula quatre porte-avions de la Marine impériale japonaise en un seul après-midi. En plus de ces énormes navires, le Japon perdit des centaines d’avions et des milliers de marins. Ce fut une défaite épique où la puissance de combat américaine brisa la puissance navale japonaise dans le Pacifique.

Toutefois, après la bataille, les chefs japonais nièrent la réalité de leur situation et firent tout pour masquer l’étendue de leur défaite.

Cette tromperie officielle s’appliqua tant à la population civile qu’aux autorités japonaises. Ainsi, les commandants isolèrent pendant plusieurs mois la plupart des survivants, puis ils les réaffectèrent vers des postes lointains à travers le Pacifique Sud. Le Japon garda l’un de ses porte-avions coulé, Akagi, dans ses registres navals pendant plus d’un an, alors même que le bateau gisait au fond des océans.

Même l’Empereur ne fut pas informé des pertes.

En résumant les pertes de la bataille de Midway dans leur rapport d’après mission, les commandants japonais sont entrés dans un aspect quasi ritualiste de leur culture, utilisant les concepts de « hon’ne » et « tatemae. » Ces deux mots japonais décrivent le contraste entre les véritables sentiments d’une personne (本音 hon’ne, « vibration authentique ») et le comportement et les opinions que l’on adopte en public (建前 tatemae, « construit devant » ou « façade »).

Le désastre derrière la façade

Tatemae est ce qui est attendu ou exigé selon la position de la personne et les circonstances. Après Midway, les amiraux japonais refusèrent d’admettre que la destinée de leur empire allait radicalement changer. Culturellement, ils étaient tout simplement incapables de dire la vérité et de décrire l’étendue évidente du désastre militaire.

Dans ce nouveau récit de Midway, il est évident qu’après la bataille, les chefs japonais jetèrent un voile sombre sur leurs énormes pertes. Enracinée dans les concepts de hon’ne et tatemae, la Marine impériale japonaise — une institution essentielle au sein d’une nation puissante — se convainquit (et convainquit la majorité de la population) d’ignorer les faits d’une défaite majeure au cours de la guerre.

Aujourd’hui, la culture occidentale utilise communément le terme « déni. » Comment décrire autrement une situation où une personne ou un groupe de personnes n’acceptent tout simplement pas la réalité ?

Quand l’aveuglement devient démence

Cette histoire de la bataille de Midway donne une importante leçon de gouvernement. C’est une chose de masquer des événements, de faire de la propagande et de travailler pour influencer l’opinion publique, que ce soit en temps de guerre ou de paix. Mais passé un certain point — comme par exemple une défaite aussi importante que celle de la Bataille de Midway — l’aveuglement en faveur d’un effort national majeur est pure folie.

La Fed sombre dans la folie

Cette partie de l’histoire illustre le problème que pose aujourd’hui la Réserve Fédérale et son refus de longue date de faire face à la réalité.

L’un des sujets lors d’une récente réunion à Jackson Hole était : « Concevoir un cadre de politique monétaire résilient pour le futur. » Ce titre est tatemae : le comportement et les slogans que la Fed communique parce que c’est ce qu’on attend d’elle. Le hon’ne, la vérité sur le sujet, est que la Fed ne possède pas de cadre de politique monétaire efficace ni aujourd’hui ni dans le futur. Tout cela n’est que comédie.

Avec la politique monétaire de la Fed, nous avons subi pendant plus de sept ans des taux d’intérêt proches de zéro. Cela a dépouillé les gens et les entreprises qui souscrivent à des vertus désuètes comme la frugalité et l’économie de quasiment tous les revenus issus de l’épargne. C’est de la mauvaise économie et de la mauvaise politique sociale.

En outre, pendant plus de 20 ans, nous avons vu des bulles en série se gonfler, comme la bulle technologique (à plusieurs occasions), la bulle immobilière (idem), la bulle boursière, et même celle de l’art. Plus récemment, nous avons vu beaucoup d’assouplissements quantitatifs.

Depuis le début, la politique de la Fed est sous la coupe de monétaristes comme le professeur d’Harvard Kenneth Rogoff, qui a récemment publié un livre intitulé The Curse of Cash (La malédiction du cash, NDLR). Pour Rogoff, si vous détenez du cash, vous devez par essence être un terroriste, un trafiquant de drogue, un fraudeur ou tout autre espèce de criminel.

Rogoff veut éliminer le cash et diriger tous les fonds sur des comptes électroniques — comme si les réseaux ne connaissaient aucune défaillance. Son nouvel ouvrage fait partie de la dernière salve d’efforts que font depuis longtemps les banquiers internationaux pour rassembler toutes formes d’échanges dans le corral de la surveillance de l’Etat.

D’une manière ou d’une autre, ce contrôle serré permettra une meilleure planification centrale de l’économie, un contrôle plus étroit du cycle économique, et ce malgré la mauvaise évaluation du crédit et des contreparties qui a pu être constatée au cours des 10 dernières années.

Rétrospectivement, les banques centrales ont renfloué les banquiers privés en 2008 et 2009. Aujourd’hui, la plupart des banques centrales à travers le monde sont en sur-régime, mais aucune ne l’est autant que la Fed. Cette dernière est à court d’idées.

Comme ma collègue Nomi Prins le remarque :

« La Fed est toujours dans le déni à propos du véritable état de l’économie américaine et mondiale. Dans son orgueil, elle n’a aucune idée des mouvements que prennent ou veulent prendre les autres banques centrales pour réduire leur exposition et leur dépendance vis à vis non seulement du dollar américain mais aussi de la politique, de la finance et de la réglementation américaine en général. »

La description que fait Nomi reflète exactement une organisation qui est sous l’influence du hon’ne et du tatemae. Ses échecs sont évidents et l’avenir flou, et pourtant les monétaristes de la Fed naviguent effrontément dans les tempêtes de la catastrophe.

A mesure que la Fed perd de la marge de manoeuvre, quelles options nous restent-il ?

Pour la plupart des simples mortels, le moyen de préserver son argent est de posséder de l’or et des minières aurifères ainsi que des actifs d’argent-métal. [NDLR : Les minières aurifères ont connu une progression étonnante depuis le début de l’année : +130% pour les juniors, ces petites mines si convoitées par les grosses. Rien n’est plus profitable que de participer au début d’une grande hausse. Si vous voulez en être, cliquez ici.]

L’or et l’argent-métal sont des actifs réels et lorsque vous possédez du métal physique, cela ne regarde personne d’autre que vous. Achetez de l’or, achetez de l’argent et prenez-en livraison. Cela vous permettra de conserver de la valeur lorsque les banques centrales feront faillite et que toutes les monnaies repartiront de zéro dans les mois et les années à venir.

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Byron King
Byron King
Avocat

Byron King est diplômé de l’Université de Harvard et exerce actuellement la profession d’avocat à Pittsburgh, en Pennsylvanie.

Un commentaire pour “Les signes révélateurs de la démence de la Fed”

  1. passionnant.
    nous sommes en guerre (q de dettes , tx d’intervention de l’etat dans le pib) alors il est pertinent d’aller chercher des patterns dans la littérature militaire

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