Shutdown ? Nous sommes pour !

Rédigé le 4 mai 2017 par | Bill Bonner, Deep State Imprimer

Pauvre Donald J. Trump. Quoi qu’il dise, la presse lui saute dessus. Selon un tweet présidentiel : « notre pays a besoin d’un bon shutdown [blocage budgétaire du gouvernement]. »

tweet Trump

Les commentateurs n’en sont pas revenus. C’est « impensable », ont-ils dit, qu’un président en fonction suggère que son propre gouvernement soit bloqué !

Mais, une fois de plus, nous comptons sur le président.

« Le Donald » a raison : un blocage, c’est bien ce dont le pays a besoin.

Fini l’argent pour le marigot

Bloquez tout le dispositif.

Plus aucun argent pour le marigot. Plus aucun argent pour les compères. Plus aucun argent pour les zombies. Terminés le droit du travail… les salaires minimum… les réglementations de la SEC…

Que les fouineurs de la NSA et de la CIA soient renvoyés chez eux. Que l’on arrête de collecter des impôts. Que l’on arrête de dire à tout le monde ce qu’il faut faire !

Que l’on mette un terme aux accords gagnant-perdant.

Ouah… rien que d’y penser, on en a le vertige.

Les lecteurs riposteront que M. Trump est irresponsable et que ce blocage serait « désastreux ».

Pensez à tous les musées et les parcs qui devraient fermer. Imaginez que la radio nationale cesse d’émettre. Pensez aux bombardements qui devraient cesser. Pensez à tous ces gaspillages, arrangements entre initiés, et contrats de complaisance que l’on interromprait.

Le département du Travail, soudain, n’aurait plus de travail ! Le département de l’Education devrait sécher l’école. Le département de l’Agriculture serait déraciné. Le département de l’Energie tomberait en panne d’essence.

Oui… cela nous parait bien !

Sérieusement, la plupart des tâches que fait le gouvernement sont « non essentielles ».

Allons à l’essentiel vraiment essentiel

Même dans le contexte d’un blocage, l’Etat resterait actif dans ses tâches essentielles : prendre notre argent… nous espionner… nous poser des questions grossières à l’aéroport… et attaquer des étrangers à coups de drones.

Si le président veut vraiment secouer le cocotier, il faudrait également qu’il bloque ces services « essentiels ».

Prenons le département de la Sécurité intérieure.

Est-il essentiel ?

Il y a 20 ans, il n’existait pas. A présent, il emploie 240 000 personnes.

Si M. Trump voulait réellement restituer sa grandeur à l’Amérique, il s’en débarrasserait. Nous étions plus en sécurité avant sa création.

Il rapatrierait les soldats dans leurs casernes, également. Il y a 20 ans, la Guerre contre le Terrorisme n’existait pas non plus. A présent, nous nous sommes appauvris de 7 000 Mds$… mais nous ne sommes guère plus avancés, apparemment.

M. Trump a promis un nouveau genre de politique étrangère. Un blocage serait un bon point de départ.

Tant que vous y êtes, bloquez l’Obamacare.

Cela n’existait pas il y a 20 ans, non plus. On ne s’en souvient pas. Les gens tombaient-ils raides morts dans les rues, à l’époque ? Ne serait-ce pas une réforme radicale, ça ? Que les gens payent leurs propres médicaments. [NDLR : Plusieurs Etats américains viennent d’autoriser la culture du cannabis à usage médical. Nos spécialistes ont sélectionné les meilleurs biotechs capables de vous faire moissonner des plus-values. Découvrez-les vite ici.]

Un président parfait ?

Mais attendez…

Le président dit qu’il veut un blocage… en septembre.

Pourquoi attendre jusqu’en septembre ?

Cher lecteur, nous sommes désolé de vous décevoir. Il n’y aura pas de véritable blocage du gouvernement fédéral. Ni maintenant, ni en septembre.

Cela n’arrivera pas pour la même raison qu’il n’y aura pas de véritable réduction des dépenses, ni de l’ingérence à l’étranger, ni des dépenses nationales.

Comme prévu, Donald J. Trump suit le même programme – plus ou moins – que tous les présidents du XXIe siècle.

Il poussera ses projets préférés. Il punira ses ennemis. Mais il ne remettra pas en question le véritable pouvoir dissimulé derrière le gouvernement fédéral des Etats-Unis.

Au cours de ces toutes dernières semaines, nous avons appris que M. Trump pense que l’OTAN, ce n’est pas si mal, après tout… que la Chine n’est probablement pas vraiment une « manipulatrice monétaire » (quoi que cela signifie)… que le « grand mur magnifique » peut attendre… qu’il peut faire avec le traité iranien… et qu’il n’est pas nécessaire de supprimer l’Obamacare mais plutôt d’y remettre un peu d’ordre…

Le Deep State pouvait-il rêver mieux, en termes de président ?

Le problème, avec Hillary, c’est que l’on voyait bien qu’elle était dans les petits papiers des initiés.

Mais « Le Donald » ? Ses fans pensent qu’il est de leur côté !

Et il n’est pas un programme stupide ou une politique intéressée, aussi nuls et contreproductifs qu’ils soient, qui ne finissent pas se faire approuver… et à obtenir davantage d’argent de la Maison-Blanche.

Des voleurs, pas des productifs

Autrement dit, les élections importaient peu.

Nous en avons encore eu la preuve au cours du week-end. L’Etat a fait passer une loi de finance permettant de dépenser 1 000 Mds$ afin de maintenir les activités de gaspillage et d’escroquerie jusqu’en septembre.

A gauche, à droite et au centre, ils se sont tous mis d’accord pour garantir que rien ne change.

On continue d’alimenter toutes les bestioles du marigot, notamment deux des plus grandes : Wall Street et le Pentagone (qui va avoir encore plus d’argent).

Est-ce qu’Hillary aurait procédé d’une autre manière ? Selon le New York Times :

« Chuck Schumer, sénateur de New York et chef de la minorité [au Sénat], a déclaré que ‘cet accord était bon pour les Américains, et qu’il éloignait la menace d’un blocage du gouvernement.

Cette loi garantit que l’argent du contribuable ne servira pas à financer un mur inutile à la frontière, exclut les adeptes de la pilule empoisonnée, et accroit les investissements dédiés aux programmes qui comptent pour la classe moyenne, tels que la recherche médicale, l’éducation et les infrastructures’. »

A La Chronique, nous n’exprimons aucune opinion partisane. Nous méprisons les deux camps de la même façon, en gros.

Tous deux sont des voleurs et non des productifs. Tous deux promettent de nourrir les pauvres mais aucun n’a jamais fait pousser ne serait-ce qu’un épi de maïs.

Tous deux promettent d’améliorer le secteur de la santé, mais aucun n’a jamais changé les draps d’un lit d’hôpital.

Tous deux promettent plus d’emplois… mais aucun n’a jamais créé une entreprise rentable, ni d’emplois.

Tout ce qu’ils sont capables de faire, c’est vous donner quelque chose qu’ils ont volé à ses propriétaires légitimes.

Nous avions eu le pressentiment que le vainqueur de l’élection importerait peu, en novembre.

Apparemment, ce pressentiment était juste.

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Bill Bonner
Bill Bonner
Fondateur de AGORA

Né en 1948, Bill Bonner est le fondateur d’AGORA, le plus large réseau d’entreprises indépendantes de presse spécialisée au monde.

En 1978, depuis sa ville natale, Baltimore (Maryland, Etats-Unis), Bill Bonner a voulu développer un « marché » (« Agora » en grec) des idées. Pas de l’information homogénéisée telle que les médias grand public relayent sur nos écrans et journaux, mais une source d’idées diverses avec des opinions et des avis originaux, alternatifs et surtout utiles. Bill a à cœur d’aider les lecteurs à mieux comprendre le monde dans lequel ils vivent, et à agir en conséquence. Que ce soit en matière de géopolitique, de macro-économie ou tout simplement dans le domaine de l’épargne, Bill incite ses lecteurs à cultiver un esprit vif et anticonformiste.

« Parfois nous avons raison, parfois nous avons tort, mais nous sommes toujours dans le questionnement », telle est la devise de Bill.

Bill a également co-écrit des livres qui ont tous figuré dans la liste des best-sellers du New York Times et du Wall Street Journal : L’inéluctable faillite de l’économie américaine (2004), L’Empire des dettes. À l’aube d’une crise économique épique (2006) et Le Nouvel Empire des dettes. Grandeur et décadence d’une bulle financière épique (2010).

Dans son dernier livre, Hormegeddon, quand trop de bien nuit (2015), paru aux Belles Lettres (www.lesbelleslettres.com), Bill décrit ce qu’il advient lorsque l’on abuse d’une bonne chose dans les sphères de la politique, de l’économie et des affaires. En bref, trop de bien conduit au désastre.

Vous pouvez retrouver les notes de Bill au quotidien dans La Chronique Agora.

Un commentaire pour “Shutdown ? Nous sommes pour !”

  1. « Rédigé le 13 mars 2017 par David Stockman
    La reculade sur la refonte de l’Obamacare prouve que Trump n’a pas de majorité et ne pourra pas financer son programme car le plafond de la dette ne sera pas relevé.

    Plus d’infos sur : http://la-chronique-agora.com/trump-va-bientot-affronter-crise-politique/
    Copyright © Publications Agora »

    Merci de lui envoyer votre article. J’attends aussi sa réponse à mon commentaire.

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