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La Chronique Agora
Paris, France
Vendredi 22 décembre 2006
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*** Shrek contre Goldilocks
Philippe Béchade aussi voudrait des cadeaux dans sa cheminée…
*** Hydrogène ? Non merci
L’hydrogène ne semble pas être la source d’énergie alternative idéale tant vantée…
*** Des questions, des questions, des questions…
Des lecteurs aux douaniers, Bill n’a pas de répit, cette semaine…
*** Le petit marchand de téléphones (2)
Suite et fin du conte financier de notre Banquier Central
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La Chronique prend ses quartiers d’hiver et s’interrompt durant une semaine. Vous retrouverez toute l’équipe dès le 2 janvier 2007. D’ici là, nous vous souhaitons de passer d’excellentes fêtes de fin d’année !
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Le plus court chemin vers les plus-values
Cette forme d’investissement permet d’accumuler rapidement et simplement les plus-values.
Elle a déjà permis d’engranger 155% de gains cumulés en à peine deux mois… qu’attendez-vous pour en profiter ?
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Bonjour,
*** SHREK CONTRE GOLDILOCKS
Cher Père Noël,
Je fais partie de cette catégorie d’investisseurs qui doutent de tout — y compris de l’existence d’un pseudo Saint-Nicolas de pacotille au look revu et corrigé par The Coca-Cola Company, dont le traîneau serait tiré par des rennes avec la même célérité que la croissance américaine de 2002 à 2005 par l’extraction de valeur du patrimoine immobilier des ménages les plus endettés.
Je passe mes heures, mes journées — et même une bonne partie de mes vacances — à décrypter ce qui fait tourner la sphère financière planétaire… Je m’y applique en France comme à l’étranger, puisque je m’astreins à visiter au minimum trois pays différents chaque année ; cela peut apparaître anecdotique en regard des trois pays par semaine traversés par Bill Bonner… mais je n’ai observé nulle part — et peu importe l’hémisphère ou la latitude, le climat ou le régime politique — un quelconque système économique local dont le fonctionnement s’apparente à un conte pour enfant.
Vous en avez probablement déduit que mes pérégrinations ne m’ont pas conduit sur le sol américain cette année, et vous avez raison ! Je tenterai peut-être de franchir la frontière au printemps prochain, abordant le Nouveau Continent par le Canada (et plus précisément la province de Québec, où réside une bonne partie de ma famille), si toutefois les services de l’émigration US n’exigent pas la présentation d’un passeport doté d’une fiche anthropométrique complète, d’un certificat de baptême puis de la liste des hôtels où je compte résider. Que voulez-vous, j’apprécie l’improvisation en matière de choix de lieux de villégiature, et il m’arrive d’en changer au débotté si la climatisation est trop bruyante !
** Oui, cher Père Noël, il va bien falloir que je m’offre un séjour aux Etats-Unis (je suis en fait assez tenté par l’Alaska cette année, car la couche neigeuse dans les Alpes s’avère d’un manque d’épaisseur affligeant en altitude et ne brille que par son absence en moyenne montagne), afin de m’élancer sur les traces de la seule économie "Boucles d’Or" de la planète.
Je veux moi aussi venir respirer — ne serait-ce qu’une seule semaine ou même le temps d’un petit week-end — le même air que ceux dont je lis la prose ou écoute les interviews, et qui n’ont que le mot Goldilocks (Boucles d’Or) à la bouche : cette fin d’après-midi du jeudi 21 décembre a constitué pour moi un déclic !
Zappant d’une chaîne d’information anglo-saxonne à l’autre, alors qu’une série de statistiques venait d’être publiées entre 14h30 et 16h, j’ai entendu prononcer la formule magique pas moins de 17 fois en l’espace d’un quart d’heure : six fois à l’occasion d’un débat entre gérants de portefeuille, cinq fois dans la bouche des journalistes animant les interviews, quatre fois en moins de trois minutes par un économiste commentant les perspectives pour 2007, deux fois (en quarante cinq secondes) par un cambiste invité à réagir en direct au sujet de l’ultime révision à la baisse du PIB américain à 2% au troisième trimestre 2006.
Si son intervention avait duré une minute de plus (il a dû s’interrompre pour cause d’écran publicitaire), et constatant avec quel bonheur il usait de la formule Boucles d’Or pour décrire une conjoncture qui semblait tendre vers son idéal — un parfait équilibre entre manque de croissance (2% seulement) et trop-plein de pressions inflationnistes (+2,4% hors énergie) –, je crois que le total des Goldilocks aurait allègrement franchi la barre des 20.
Si vous effectuez un rapide calcul, vous arrivez facilement à la conclusion que tout contenu médiatique ne saurait se passer de Goldilocks plus d’une minute !
Ce terme, devenu incontournable, employé en toutes occasions et mis à toutes les sauces par des personnages d’âge, de sexe et de compétences diverses doit bien correspondre à une merveilleuse réalité qui fait irradier de bonheur les économistes américains… mais dont l’évidence (tout comme la nécessité d’envahir l’Irak en 2002) demeure encore inaccessible aux pauvres citoyens plongés dans l’obscurité de concepts moyenâgeux de la Vieille Europe.
** Il est vrai qu’aux Etats-Unis, la Banque centrale se félicite doublement de la hausse des revenus des ménages (+0,5% au mois de novembre) et du surcroît de pouvoir d’achat découlant de la récente décrue des prix pétroliers. Cela compense les effets du coup de froid sur l’immobilier (-31,3% pour les permis de construire, -12% sur le prix des maisons).
En Europe, Jean-Claude Trichet s’alarme (il l’a réaffirmé pas plus tard que ce mercredi 20 décembre devant le Parlement européen) de ce que l’investissement progresse trop vite, tandis que les établissements de crédit prêtent trop généreusement de l’argent à des personnes qui forment le projet insensé de vouloir devenir propriétaires du logement qu’ils occupent — ou dont ils pourraient vouloir tirer des revenus dans un avenir prévisible.
Mais la pire hantise de la BCE, c’est la perspective qu’un partage plus équitable des richesses produites par les entreprises aboutisse — un triste jour — à une hausse des salaires (plutôt qu’à une hausse des dividendes dont J.C. Trichet ne dit mot). Ladite hausse des salaires déboucherait inexorablement sur la résurgence de pressions inflationnistes : le contre-exemple absolu opposé à cette théorie depuis une décennie par l’économie américaine ne le questionne pas un seul instant.
Et voici donc la preuve que nous attendions : notre bon Jean-Claude (qui se déclare aimé de la population européenne, sauf de quelques candidats tricolores à la présidentielle) a compris que ce qui fonctionne outre-Atlantique ne peut être transposé chez nous ? Alors c’est qu’un principe d’essence supérieure nous sépare irrémédiablement.
Cette touche de magie qui nous manque, c’est évidemment Goldilocks, ce scintillant petit mot que les bonnes fées n’ont pas songé à prononcer en se penchant au-dessus du berceau de la BCE en 1999.
Mais les marchés n’en ont cure ; le système financier s’est mondialisé, et le Goldilocks américain dispense ses bienfaits sur l’ensemble de la planète — d’où une hausse moyenne voisine de 15% — la divine proportion — des indices boursiers européens (et 17% à Paris, 21% à Francfort et 33% à Madrid), alors que le Dow Jones s’adjuge fièrement 16%. Seuls Londres ou le Nasdaq se contentent d’à peine 11%, et Tokyo affiche un piètre 6%.
** La magie du verbe (il ne s’agit en l’occurrence que d’un simple surnom) agit de manière si efficace qu’aucune contrariété ne semble pouvoir venir assombrir l’humeur des investisseurs. Ce ne sera pas le cas de l’indice de la Fed de Philadelphie, lequel s’inscrit en fort repli de -4,3 en décembre contre +5,1 en novembre.
Pas le cas non plus des indicateurs avancés d’activité aux Etats-Unis, qui n’ont progressé que par le plus petit écart possible : +0,1% en décembre, alors que les prix à la production ont fait un bond de 2% (chiffre publié 48 heures auparavant).
Wall Street, imperturbable, se maintient à proximité immédiate des sommets à la veille du réveillon et à quatre jours seulement de la fin de l’année boursière, avec un Dow Jones qui tutoie les 12 500 — grâce à quoi le CAC 40 maintient le contact avec les 5 500 points.
Nul doute que la veillée de Noël constituera l’occasion de raconter, encore et encore, l’histoire enchanteresse de Boucles d’Or et des gentils ours — dont le dressage par la Fed fait apparemment merveille, selon 90% des gérants de portefeuille interrogés ces derniers jours.
Mais moi, j’ose émettre un voeu différent. S’il te plaît, cher Père Noël, fais en sorte que Wall Street change de disque l’an prochain : j’en ai assez d’entendre l’histoire de cette fillette — symbole de l’innocence à qui tous les caprices sont permis — diffusée en boucle (d’Or ?) tous les matins, tous les midis et tous les soirs !
J’ai peut être perdu mon âme d’enfant (ou peut-être pas… sinon pourquoi t’écrirais-je ?), mais les contes mielleux finissent par m’agacer les dents, tout comme ces marchés qui s’empiffrent mollement de plus-values durant six mois, sans jamais prendre la peine de digérer ni laisser à quiconque la possibilité de resservir. Des marchés devenus si gras qu’ils n’ont même plus l’énergie de raisonner, et qui seraient bien incapables de se lever de table, ne serait-ce que pour aller faire un somme sur le canapé, et encore moins d’aller se mettre à l’abri si l’ours de la stagflation économique se mettait à rugir sous les fenêtres de la cuisine.
Cher Père Noël, envoie-moi l’édition 2007 des DVD de Shrek (avec bonus et making of), car je trouve que les princesses qui se transforment en ogresses sont beaucoup plus rigolotes — et les dragons amoureux ou les roitelets courts sur patte beaucoup plus proches de la réalité — que ce que nous observons en Europe, où sont nés la plupart des contes pour enfants… avant de partir faire fortune à Hollywood.
Philippe Béchade,
Paris
PS : Retrouvez Philippe Béchade dès 15h45 cet après-midi au 0899 707 009* pour l’ultime Chronique audiotel de l’année — avec, comme toujours, une analyse de la séance du jour, le suivi de nos recommandations… et un nouveau conseil pour votre portefeuille !
*(1,35 euros l’appel + 0,34 euro/minute)
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Nos spécialistes vous donnent les dernières nouvelles de Wall Street
*** HYDROGENE ? NON MERCI !
** La plupart des sources d’énergie "alternatives" sont, au mieux, de nature transitionnelle. Je veux dire par là qu’elles peuvent nous mener de l’ère des hydrocarbures à quelque chose de tout à fait nouveau.
- Mais en attendant d’en arriver là, voyons ces technologies transitionnelles plus en détails.
- Des moyens plus évolués de contenir les sous-produits nocifs des centrales au charbon peuvent prolonger la vie de ce carburant d’un siècle ou plus — même si rares sont les centrales en construction prévoyant d’utiliser de telles technologies.
- Les centrales hybrides "solaire/éolien" représentent une autre possibilité prometteuse — tout comme les satellites à énergie solaire : ce sont en gros d’énormes panneaux solaires positionnés dans l’espace, et communiquant de l’énergie à la Terre par le biais de lasers ou de micro-ondes.
- Des panneaux solaires "terrestres" améliorés sont une autre technologie transitionnelle prometteuse — avec une efficacité allant jusqu’à 30%, ils peuvent être appliqués par pulvérisation, comme de la peinture en bombe.
** Par ailleurs, on nous parle beaucoup d’une technologie en particulier — mais qui nous semble pourtant pleine d’inconvénients : l’hydrogène. Pourquoi ? Réfléchissez à ce qu’il faut pour produire du carburant hydrogène.
- Il doit être extrait de quelque chose — en général en séparant de l’eau en oxygène et en hydrogène. Comment s’y prend on ? Vous l’aurez deviné : une autre source d’énergie est consommée pour générer… l’énergie nécessaire à la séparation. Ce carburant sera quasiment toujours du charbon, du pétrole ou du gaz naturel. Quel intérêt ?
- C’est vrai que l’hydrogène a une combustion propre. Mais il faut brûler beaucoup de carburant sale pour produire ce carburant "propre". Voilà le hic. Au lieu de réduire réellement la pollution mondiale, l’hydrogène la fait passer de régions densément peuplées à des régions moins densément peuplées. Cela aidera peut-être à réduire le smog urbain… mais ne servira à rien dans la réduction des émissions toxiques rejetées dans l’atmosphère terrestre.
- Cela ne fait que déplacer le problème.
- Une nouvelle analyse publiée sur le prestigieux site Physorg.com démontre les raisons pour lesquelles l’hydrogène n’a pas de sens aujourd’hui — et n’en aura pas à l’avenir, du moins comparé à ses alternatives. Ulf Bossel, auteur de l’étude, résume ses recherches : "il faut plus d’énergie pour isoler l’hydrogène de ses composants naturels qu’on peut en récupérer par son utilisation. Ainsi, fabriquer le nouveau transporteur d’énergie [l'hydrogène] à partir de gaz naturel n’aurait aucun sens, puisque cela augmenterait la consommation de gaz et les émissions de CO2. Au lieu de cela, les réserves déclinantes de carburant fossile doivent être remplacées par de l’énergie provenant de sources renouvelables".
- Son analyse d’une économie à l’hydrogène démontre essentiellement que des pertes d’énergie élevées sont inévitables, à cause des lois de la physique. Dans l’ensemble, cela signifie que l’hydrogène ne sera jamais un remplacement viable des carburants fossiles.
- Le principal problème, en fait, provient de ce que transformer un élément comme l’eau, la biomasse ou le gaz naturel en hydrogène — puis trouver un moyen sûr (c’est-à-dire non-inflammable) de transporter cet hydrogène — consomme plus d’énergie qu’il ne faudrait en utiliser simplement pour générer de l’électricité "normale". Tant les camions que les pipelines sont des moyens de transport bien moins pratiques pour l’hydrogène que pour le gaz naturel ou le pétrole ; ils ne sont qu’à moitié efficaces.
- Le stockage est tout aussi problématique. Les conteneurs d’hydrogène doivent être régulièrement purgés pour éviter les risques d’explosion. Cela signifie qu’après deux semaines, une voiture perdrait la moitié de son carburant — qu’elle ait roulé ou non.
- Bossel a découvert que l’énergie nécessaire pour l’extraction, la préparation, le transport et l’exécution d’hydrogène représente le triple (voire plus) de l’énergie provenant de sources alternatives. En d’autres termes, il faudrait que trois fois autant d’hydrogène passe par le pipe-line pour faire le même "travail" que le pétrole, avec un potentiel d’utb (unités thermales britanniques) comparable.
- Malheureusement, tout cela n’est pas susceptible d’être amélioré par la technologie, puisque c’est dû aux propriétés de l’hydrogène lui-même — spécifiquement à sa basse densité et à son point d’ébullition extrêmement bas, qui augmentent le coût énergétique de la compression ou de la liquéfaction, ainsi que les coûts d’investissement pour le stockage.
- L’hydrogène peut-il être sauvé, en tant que source de carburant ? Je n’y compterais pas — pas à moins d’une avancée technologique foudroyante, développant par exemple une algue permettant de convertir la biomasse directement en hydrogène, et ce en quantités limitées et facilement gérables, à proximité du point de consommation.
- Pendant ce temps, bon nombre de nouvelles technologies énergétiques passionnantes passent du plan à la réalisation : restez à l’écoute !
[NDLR : A partir du 9 janvier prochain, il sera bien plus facile de rester à l'écoute des énergies alternatives, du pétrole, du gaz... et de toutes les autres matières premières. Encore un peu de patience, donc...]
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Bill Bonner, co-fondateur de La Chronique Agora, à Londres
*** DES QUESTIONS, DES QUESTIONS, DES QUESTIONS…
** Aujourd’hui, nous commençons avec la question d’un de nos lecteurs américains, qui se demande s’il devrait s’en tenir à un bon investissement — ou spéculer sur le marché immobilier".
* "Je sais que vous ne donnez pas de conseils personnalisés, mais je me demandais ce que vous pensez de la situation financière et/ou ce que vous feriez à ma place".
* "Je suis le propriétaire d’un immeuble de 14 appartements à Huntington Beach, en Californie. Je l’ai acheté il y a quelques années de ça, et son prix s’est apprécié d’environ un million de dollars. Mon épouse veut vendre, mais j’ai acheté cet immeuble avant notre mariage et la naissance de notre premier enfant. Je l’ai toujours considéré comme ma retraite, après avoir payé durant 30 ans".
* "Les problèmes, si je vendais, seraient les suivants :
1-Les impôts sur les plus-values ;
2-Que faire avec l’argent ;
3-Le fait que nous vivions dans la propriété même".
* "Nous devrions déménager, et ma femme voudrait acheter une grande maison, très chère".
* "Je me sens coincé, parce que mes taxes immobilières sont relativement basses : j’ai acheté cet immeuble à mon père, et je profite d’une loi californienne qui, en gros, me laisse le même taux d’imposition que le sien".
* "J’ai le pressentiment que notre marché immobilier court à la catastrophe. Est-ce que vous préféreriez être le propriétaire d’un immeuble résidentiel qui a toujours été à 100%… vendre l’immeuble et acheter une maison… ou vendre et simplement louer ?"
* "Je ne pense pas que mon épouse voudrait rester locataire très longtemps, ceci dit. Nous cherchons une maison de long terme, pour pouvoir agrandir la famille".
* "Désolé pour toutes ce digressions, mais qu’en pensez-vous ?"
* Eh bien, nous sommes ravi de cette question… parce qu’elle nous donne la possibilité d’exposer un argument.
* Notre homme est pris entre le marteau et l’édredon… entre le monde privé qu’il peut comprendre et maîtriser, et le vaste spectacle public avec ses fraudes, ses vanités et ses suppositions insensées. Ce qu’il sait par expérience personnelle est en porte-à-faux avec ce qu’il pense savoir en lisant les journaux.
* Notre lecteur pense donc que les prix de l’immobilier vont chuter. Nous avons dit la même chose bien des fois — mais nous n’allons pas nous vanter de lui avoir soufflé l’idée : nous ne sommes de loin pas les seuls à penser la même chose. Mais au moins, nous ne prenons pas l’idée assez au sérieux pour laisser tomber une bonne situation… simplement pour en tirer parti.
** Les effets du décalage horaire, des nuits courtes et des voyages incessants commencent à se faire sentir. En général, nous sommes plutôt agréable et accommodant, mais lorsqu’on se déplace beaucoup, les désaccords et les problèmes ne peuvent manquer d’apparaître. Mercredi dernier, nous nous sommes levé à 5h du matin pour aller à l’aéroport… où nous avons découvert que les lignes intérieures argentines ne sont pas aussi réactives que celles du reste du monde. Notre avion pour Salta était retardé de sept heures. Au retour, l’avion avait cinq heures de retard.
* Malgré tout, le véritable casse-tête a eu lieu à l’aéroport de Baltimore-Washington International, alors que nous quittions la ville :
* "Vous ne connaissez pas la nouvelle réglementation en matière de liquides et de gels ?" a demandé le lourdaud en uniforme qui avait découvert un minuscule tube de dentifrice dans notre sac. "Elle est affichée devant vous".
* "Eh bien, je croyais qu’amener ces petits échantillons était autorisé".
* "Monsieur… il s’agit d’une exception à notre réglementation générale, mais elle n’est applicable que si les échantillons sont dans un sac plastique scellé et transparent. Nous faisons ce que nous avons à faire pour protéger notre pays des terroristes"…
* "Est-ce que j’ai l’air d’un terroriste ? Je ne vais pas faire exploser l’avion. Evidemment, j’y ai pensé — qui n’y pense jamais ? Mais je m’abstiendrai. Pas besoin de vous inquiéter pour moi"…
* "Monsieur, c’est pour votre protection"…
* "Vous voyez beaucoup de gens faisant exploser des avions avec des tubes de Colgate format voyage ? A moins qu’ils n’étranglent le pilote avec du fil dentaire ?"
* "Monsieur, nous vous protégeons des autres"…
* "Alors allez prendre le dentifrice des autres ; moi, je veux me brosser les dents".
* "Monsieur, votre comportement devient hostile. Je suis désolé, mais je dois confisquer ces objets. Ils sont suspects".
* "Vous aviez dit que les petites quantités étaient autorisées".
* "Seulement dans des sacs plastiques scellés et transparents".
* "Pourquoi doivent-ils être dans des sacs plastiques scellés et transparents ?"
* "Pour que nous puissions les inspecter".
* "Eh bien, vous avez inspecté mon dentifrice, maintenant. Il est juste devant vous. Vous savez ce que c’est, et où il se trouve. Et vous savez qu’il n’abattra pas un 747".
* "Monsieur, c’est la réglementation"…
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COMMENT INVESTIR DANS LES PETITES VALEURS AUJOURD’HUI ?
Eh bien… nous n’avons pas de recette miracle, mais… que pensez-vous d’un système qui dépasse les 24% de croissance annuelle moyenne depuis 2003… en accumulant des gains de 74%, 53,8%, 43,17%, 60%… et bien d’autres encore !
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*** La Chronique Agora présente ***
Capitaines d’industrie, fonds de pension et autres banquiers font tous la fête en cette saison, nous disait hier le Banquier Central. Tous sauf un, comme nous le voyons ci-dessous, dans la suite (et la fin) de ce conte financier…
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Le Journal d’un Banquier Central
LE PETIT MARCHAND DE TELEPHONES — 2ème PARTIE
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Par le Banquier Central (*)
Au croisement de deux ruelles obscures, tête nue et frissonnant de froid, un pauvre petit marchand de téléphones avait dressé son étal. Il y exposait son dernier modèle de cellulaire ; mais les derniers passants à battre encore le pavé glacial, trop affairés en ce jour particulier et par cet affreux temps, ne ralentissaient même pas pour considérer l’appareil et ses fonctionnalités dernier cri — design affûté, lecteur MP3, appareil photo, Bluetooth, une pléthore de mémoire vive. Tout cela les laissait de marbre, les passants : ils ne juraient que par Nokia, Samsung ou Motorola.
Pourtant le petit marchand n’osait pas rentrer chez lui : il avait grand-peur, car il n’avait pas vendu un seul téléphone de toute la journée — et il savait que s’il revenait sans rapporter le moindre profit, pas même une piécette d’un fonds de pension compatissant, son cousin le battrait cruellement.
Comptes d’Andersen
… Qu’il faisait froid ! Le petit marchand de téléphones serrait un combiné pour réchauffer ses pauvres doigts transis. Sa vie n’avait pas toujours été si triste : autrefois, sous le nom de Sagem, il était un acteur important des équipements de communication, un roi du fax et du GSM, avec de confortables parts de marché sur le marché français des mobiles. Il avait même survécu à l’éclatement de la bulle techno. Mais la concurrence acharnée, la consolidation mondiale du secteur — où les géants montaient en force — lui compliquaient la tâche. Il avait donc eu l’idée malheureuse de fusionner avec son cousin de la Snecma, dont l’activité n’avait pourtant pas grand-chose à voir avec la sienne : ce dernier donnait dans le moteur d’avion.
Dès lors, les choses étaient allées de mal en pis. De mois en mois, le cousin rapportait des commandes toujours plus mirifiques. Le rebond du secteur de l’aviation, adossé au recul des cours pétroliers, donnait des ailes à ses commandes. Bien sûr, Egisthe l’Analyste avait anticipé à juste titre un rebond des cours du baril sur le seuil des 55 $ : il restait, aux niveaux actuels, un potentiel d’appréciation de 5 à 10% à moyen terme ; au-delà, après une pause probable, le directionnel restait haussier en tendance. Mais avec des ventes en progression de 13,9%, sur neuf mois, le fabricant de moteurs n’avait pas trop lieu de s’inquiéter.
Pendant ce temps, le pauvre petit marchand de téléphones essuyait de plein fouet l’envolée des matières premières ; et la guerre redoublait contre des concurrents pesant dix fois ses parts de marché. Chaque trimestre, le petit marchand rapportait des ventes de mobiles en diminution. Il restait bien son activité Sécurité-Défense pour glaner un peu de croissance ; mais trop soucieux de bien faire, pour contenter son cousin, il s’était emmêlé dans ses comptes… Pauvre petit marchand !
La mule du pape ?
Au début, le méchant cousin n’avait rien dit : sa fusion avec le petit marchand de téléphones avait ceci de bon qu’elle diminuait son exposition au dollar — plaie d’une activité très internationale. Un sage calcul, pour cette fin d’année où la devise américaine avait fortement décroché face à l’euro et à la livre sterling. Le ralentissement de la croissance américaine, la fin de la flambée immobilière, les banques centrales asiatiques résolues à diversifier leurs réserves de change, tout cela avait contribué à provoquer une accélération de l’EUR/USD.
Cette accélération ne constituait que l’ultime épisode d’une hausse déclenchée vers Noël 2005, au terme de laquelle le cours semblait en passe de renouer avec ses sommets historiques de Noël 2004 — soit 1,36/1,37 au plus haut. Tel était bien le scénario d’Egisthe l’Analyste. Celui-ci ne s’inquiétait nullement d’une pause de quelques heures, suite à une déclaration "dollar fort" de la Fed : il y voyait au contraire le pullback technique préparant l’ultime jambe de hausse vers les sommets historiques — lesquels sommets pourraient bien se trouver franchis à plus long terme.
Mais il n’y a pas que le dollar, dans les affaires. Et la satisfaction initiale du cousin avait cédé le pas à une exaspération croissante face aux piètres résultats de la branche Communication. Alors, il s’était mis à le battre, à l’humilier dans les conseils, à congédier ses lieutenants.
… Voilà comment le pauvre petit marchand de téléphones se retrouvait tout seul et grelottant, par cette belle nuit de Noël qui apporte tant de joies au reste du monde. Huit heures sonnèrent au carillon de l’Hôtel de Ville. Les rues, désormais, étaient absolument désertes… Et comme il faisait froid !
Epilogue
Le petit homme remballa tristement son étal. Il rentra chez son cousin, avec lequel il eut une explication des plus houleuses. Il vida son sac, éternua beaucoup, donna libre cours à sa rancoeur ; son cousin se contentait de ricaner, en exhibant des rapports toujours plus accablants.
Leurs relations se détériorèrent au point que l’Etat français — premier actionnaire du groupe — perdit patience. L’Etat donna donc un grand coup de balai dans le management, congédia tout le monde, et s’en repartit entamer la bûche. Car si la défense de l’industrie nationale est une ambition louable, il ne faudrait pas croire non plus au Père Noël.
… Pendant quelque temps, on n’entendit plus parler du pauvre petit marchand de téléphones ni de son méchant cousin.
Excellentes fêtes à tous… et paix aux gens de bonne volonté !
Meilleures salutations,
Le Banquier Central
Pour la Chronique Agora
(*) Derrière le Journal d’un Banquier Central, on trouve toute une équipe d’experts de la finance, de l’économie, de l’analyse technique et de la bourse — qui mettent à votre service leur expérience boursière aussi affûtée que leur sens de l’humour pour vous proposer des recommandations claires, fiables… et surtout profitables !
Pour découvrir toutes les analyses et recommandations du Journal d’un Banquier Central, continuez votre lecture…
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