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La Chronique Agora
Paris, France
Mercredi 18 octobre 2006
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*** Les échéances sont faites pour être repoussées
Les statistiques d’hier étaient pleines de surprises…
*** Sables et eau
Un nouveau jour, une nouvelle crise de l’eau…
*** Fécondité et places de parking
Où l’on apprend que les Américains font plus d’enfants que les Européens…
*** Shaolin Banque Centrale (1)
Un scoop ! Notre Banquier central révèle enfin comment est formée l’élite de la BCE…
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COMMENT INVESTIR AUJOURD’HUI ?
Eh bien… nous n’avons pas de recette miracle, mais…
… que pensez-vous d’un système qui dépasse les 22% de croissance annuelle moyenne depuis 2003… en accumulant des gains de 74%, 53,8%, 43,17%, 60%… et bien d’autres encore !
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Bonjour,
*** LES ECHEANCES SONT FAITES POUR ETRE REPOUSSEES
** Nous évoquions vendredi dernier cette réjouissante alternance — une semaine résolument haussière suivie d’une semaine de consolidation insignifiante — qui rythme l’évolution du CAC 40 depuis la mi-juillet. Il semble que ce mouvement de balancier se confirmera une fois encore, puisque la correction survenue hier (-1,1%) laisse peu d’espoir de voir les actions françaises se redresser vigoureusement d’ici vendredi prochain.
Le repli de 1% de l’Eurotop 100 — notre principal baromètre de la tendance sur le Vieux Continent — peut apparaître modeste en regard du terrain gagné depuis le début du mois d’octobre, à l’issue d’une série proprement historique de neuf séances de hausse consécutive. Cependant, il n’en demeure pas moins que cela efface les gains accumulés depuis jeudi dernier (c’est encore plus flagrant sur l’Euro-Stoxx 50) et remet en cause la validité du signal de débordement des résistances obliques moyen terme — ce qui pouvait indiquer une radicalisation de la tendance haussière.
Au lieu d’assister à la naissance d’un canal encore plus vertical que celui en vigueur depuis la mi-juin, une poursuite de la consolidation (de -0,5% ou -1% selon les cas) ne tarderait pas à compromettre le pronostic d’un rally de fin d’année.
Les derniers acheteurs se sont peut-être fait coincer les doigts en tentant de pousser à leur tour les portes de la hausse… lesquelles se refermeraient brutalement sous l’effet d’un courant d’air glacé provoqué par une rafale de statistiques balayant le scénario idyllique d’un soft landing sur fond de décrue graduelle des pressions inflationnistes.
** Le ralentissement de la croissance aux Etats-Unis pourrait s’avérer plus sévère que prévu, avec une chute de 0,6% de la production industrielle au mois de septembre au lieu des -0,2% anticipés. Par ailleurs, la modération "naturelle" des prix ne serait plus d’actualité compte tenu de l’envolée surprise de l’indice de base du Producer Price Index, qui ressort en hausse de 0,6%.
Cette hausse apparaît trois fois supérieure aux attentes, et elle est la plus importante depuis le mois de janvier 2005. Les opérateurs ont largement occulté le recul de 1,3% du taux "global", qui résulte du plongeon de l’indice des prix de l’énergie (-8,4%). Ce dernier enregistre son plus fort repli sur une période de un mois — en 20 ans !
Afin d’étoffer le chapitre des déceptions du jour, soulignons que l’Europe avait ouvert le feu dès le milieu de la matinée. Le centre d’études économiques ZEW a publié un baromètre du climat économique en Allemagne en baisse de 5,2 points au mois d’octobre (de -22,2 à -27,4 au lieu d’un redressement attendu vers les 30 points).
Il s’agit tout bonnement du neuvième mois consécutif de dégradation du sentiment économique des chefs d’entreprises outre-Rhin ; l’indice de référence atteint un niveau très nettement inférieur à la moyenne historique de 34,3 points.
Wolfgang Franz, président du cabinet ZEW, avance trois explications. Il cite en premier la perspective d’un retournement du cycle économique aux Etats-Unis ; en second, la poursuite probable de la hausse des taux d’intérêts de la Banque centrale européenne malgré l’absence de signaux inflationnistes probants ; il évoque enfin la baisse du pouvoir d’achat des consommateurs allemands du fait d’un accroissement de la pression fiscale (via la TVA) de 3% en 2007.
Eurostat a par ailleurs annoncé hier matin que la production industrielle avait nettement rebondi en août, à hauteur de 1,8%, et révisé à la baisse son estimation de l’inflation au mois de septembre. L’indice des prix à la consommation aurait enregistré une progression annuelle de 1,7% et non de 1,8% comme estimé à la fin du mois dernier (pour mémoire, le taux d’inflation annuel était de 2,3% en août 2006 et de 2,6% en septembre 2005).
** Le seul petit rayon de soleil statistique aux Etats-Unis provient — et c’était une surprise de plus en ce mardi — de l’embellie de un point du baromètre mensuel du moral des constructeurs de maisons individuelles NAHB/Wells Fargo. Ils notent un rééquilibrage du marché après plusieurs mois de décrue et un indice de confiance tombé au plus bas depuis janvier 1991.
Il n’est pas sûr que cela suffise à écarter l’hypothèse d’un éclatement tonitruant de la bulle immobilière aux Etats-Unis… mais cela repousse peut-être l’échéance de quelques semaines.
La baisse de 10% du chiffre d’affaire des stations-service (à nombre de pleins équivalent) signifie également que les consommateurs américains vont disposer d’un surcroît de pouvoir d’achat (à taux d’endettement constant) — au moment où le coup d’envoi des ventes de fin d’année est donné dans les magasins de jouets ou les boutiques d’articles de mode et de luxe.
Les ménages se montreront-ils aussi dépensiers qu’en 2005 cet automne ? Cela va également dépendre de leur optimisme relatif aux perspectives économiques : nul doute que l’administration Bush — et les établissements de crédit — vont tout faire pour dresser un portrait flatteur de la conjoncture d’ici les élections sénatoriales de novembre.
Les chiffres du jour étaient certes les plus mauvais que l’on puisse imaginer. Cependant, les faiseurs d’opinion auront beau jeu de démontrer qu’une combinaison ponctuelle de statistiques décevantes ne font pas une tendance… et que les profits des entreprises demeurent particulièrement copieux cette année — notamment ceux des banques commerciales, qui distribuent cartes de crédit et autres facilités de caisses facturées à 15% à des consommateurs enferrés dans le piège de la dette.
Si jamais le ralentissement de la production industrielle et la hausse des prix de détail devaient se perpétuer au mois d’octobre — sur les mêmes bases que celles observées au mois de septembre –, nous ne manquerions pas d’arguments pour démontrer que les Etats-Unis sont au bord de la stagflation. Aujourd’hui, nous jugeons toutefois prématuré d’accréditer un tel scénario.
** Les gérants que nous avons rencontrés le week-end dernier à l’occasion du Forum de l’investissement affichent une grande sérénité et parient sur une année 2007 aussi confortable pour les investisseurs que celle qui s’achève dans deux mois. L’Europe devrait bénéficier — plus que les Etats-Unis — d’une croissance mondiale soutenue par la demande asiatique. Parallèlement, le cycle de resserrement de la BCE devrait s’achever fin 2006, favorisant une détente des taux et un atterrissage en douceur du secteur immobilier ; les mises en chantier pourraient cependant se tasser légèrement, mais le "logement social" soutiendra l’activité globale du BTP, sous l’impulsion des mesures mises en oeuvre par Jean-Louis Borloo.
Si tout se déroule pour le mieux, les actions les plus souvent recommandées par les gérants qui participaient aux divers débats qui se sont tenus lors du Forum étaient Schneider, Nexans, Technip, Géophysique, Altran, I-Log, Cegid, Alten ou Atos, puis Trigano, Manitou, et Beneteau.
Rendez-vous dans notre chronique de jeudi pour le détail des arguments en faveur de cette courte sélection… que nous ne manquerons pas de compléter avec d’autres avis favorables glanés au détour des allées du Salon de la Porte Maillot !
Philippe Béchade,
Paris
PS : Philippe Béchade a lui aussi son opinion sur les valeurs que vous devriez détenir en portefeuille en ce moment… Pour la connaître — et découvrir son analyse de la séance en cours –, il suffit de composer le 0899 707 009*.
*(1,35 euros l’appel + 0,34 euro/minute)
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Eric Fry nous donne les dernières nouvelles de Wall Street
*** SABLES ET EAU
** Un nouveau jour, une nouvelle crise de l’eau…
- Les journaux nous apprennent que les sociétés de matières premières de la planète ont du mal à trouver l’eau dont elles ont besoin pour fonctionner.
- "L’eau devient une contrainte pour l’industrie des matières premières", déclare Dick Evans, directeur général d’Alcan Inc. au journal Dow Jones News. "Il sera intéressant de voir comment les choses se développeront. Mais il est certain qu’au cours de la prochaine décennie, ce sera une contrainte que l’on n’avait pas considérée comme un problème auparavant."
- Pour appuyer ses dires, Evans cite les sables pétrolifères d’Alberta, au Canada. Extraire le bitume de ces sables pétrolifères nécessite des quantités d’eau prodigieuses. La majeure partie de cette eau provient de l’Athabasca River, autrefois d’une pureté de cristal.
- "La quantité d’eau que l’on puise actuellement dans la rivière — ou pour laquelle on a les permis de pompage — met le cours d’eau en danger lorsqu’il est plus bas que d’ordinaire, notamment en hiver", déclare Severson-Baker, directeur du programme Energy Watch, au sein de l’Institut Pembina, basé dans l’Alberta.
** Vider l’Athabasca River, cependant, ne représente qu’une partie du problème de l’eau dans cette région de sables pétrolifères. L’autre partie, c’est qu’après production, les eaux usées s’écoulent dans de vastes mares toxiques.
- Les résidents habitant près du site — ou en aval de l’Athabasca River — accusent le projet de sables pétrolifères d’être responsable du taux de cancer apparemment élevé dans la région.
- "Les gens meurent du cancer tout autour de nous", déclare Yvonne Shott, qui habite à Fort MacKay depuis sa naissance. "L’industrie nous encercle… Les enfants sont toujours malades à cause de l’eau. On ne peut pas utiliser l’eau du robinet ; il faut la faire bouillir d’abord."
- Même si les affirmations de Mme Shott se révèlent infondées, l’exploitation des sables pétrolifères dans l’Alberta se heurte de toute évidence à des problèmes concernant la rareté et la pureté des eaux. Et de toute évidence, ces défis liés à l’eau retarderont le développement et feront grimper les coûts.
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Bill Bonner, co-fondateur de La Chronique Agora, à Londres
*** FECONDITE ET PLACES DE PARKING
** "Par un renversement du sort", nous annonçait hier la légende d’une photo illustrant un article de l’International Herald Tribune, "les diplômés des universités américaines — comme ces Américains lors d’un séminaire de formation Infosys — vont en Inde pour obtenir des emplois dans le secteur de la technologie."
* Eh bien, que pensez-vous de ça ? Les Etats-Unis perdent vraiment des parts de marché au profit de l’Asie. Mais à quel rythme ? Jusqu’à quel point ? Nous n’en savons rien. Début 2005 — il y a presque deux ans de ça — le New York Times déclarait que le déficit commercial de janvier — un record de 58,3 milliards de dollars — "dépassait les pires prévisions de tout le monde". Le mois dernier, un nouveau record a été établi — à dix milliards de dollars supplémentaires par mois.
* Mois après mois, le fluide vital de l’empire s’échappe. Non que nous nous en souciions — nous n’aimons même pas cet empire. Nous aimions l’ancienne république, composée de gens honnêtes se mêlant de leurs affaires.
* Mais le déclin d’un grand empire se produit rarement sans douleur et bouleversements. Pour l’instant, les Américains peuvent encore vendre des armes, emprunter de l’argent et décrocher des emplois en Inde. Dans quelque temps, peut-être pourront-ils vendre leurs reins aux Chinois.
** Ceci dit, le nombre d’Américains augmente — pour atteindre les 300 millions. Alors qu’en Europe, on enregistre des taux de fécondité très bas, allant jusqu’à 1,28 naissances par femme en Italie et en Espagne, les super-mamans américaines engendrent chacune 2,1 enfants. Pourquoi les Américains ont-ils tant de rejetons ? Personne n’en sait rien. Peut-être est-ce parce qu’ils sont plus religieux, plus optimistes quant à l’avenir, moins prudents — ou peut-être tout simplement parce qu’ils vivent dans un grand pays tout vide.
* Dans les années 60, les vendeurs d’opinion étaient tous convaincus que la surpopulation signerait la fin de la race humaine. Les scientifiques planchaient sur les solutions — de la stérilisation forcée en Inde jusqu’à la mise en place d’"agents de contrôle de la fécondité" dans l’eau potable. Leurs efforts étaient souvent soutenus par l’argent provenant de la Banque mondiale, qui faisait pour le secteur bancaire ce qu’elle avait précédemment fait pour le Vietnam.
* A présent, les commentateurs ont changé d’avis. A présent, plus on est de fous, plus on rit. L’Inde va se retrouver à court d’ingénieurs. La Chine va se retrouver à court d’ouvriers. L’Italie et l’Espagne vont se retrouver à court de contribuables. Aux Etats-Unis, la population continue de se développer, grâce à un taux de fécondité et une immigration plus élevés. Mais est-ce que plus d’Américains est forcément une bonne chose ? Oui, peut-être, si vous cherchez un rein.
* Mais pas si vous cherchez une place de parking.
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La volatilité boursière vous inquiète ?
Dans ce cas, que pensez-vous d’une plus-value de 44% enregistrée en quatre séances… alors même que le Nasdaq perdait 4,5% sur la semaine ?
Si ça vous intéresse… continuez votre lecture pour tout savoir.
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*** La Chronique Agora présente ***
Notre Banquier central retrouve son Alma Mater financière. Les retrouvailles sont pleines d’émotion…
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Le Journal d’un Banquier Central
SHAOLIN BANQUE CENTRALE — 1ère PARTIE
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Le sommet de la technique, c’est de n’avoir plus de technique
– Bruce Lee
"Incroyable", s’extasiait mon cousin Werther le Trader, les yeux rivés à l’écran de télévision. "Mais où vont-ils chercher tout ça ?"
Nous avions allumé le poste, ce jeudi-là, pour suivre la communication de Jean-Claude T***. Indifférente à la baisse de l’inflation, aux risques pesant sur la croissance, aux multiples pressions des politiques, la Banque centrale européenne venait, une fois encore, de relever ses taux directeurs. Les ministres des Finances ont beau tonner au secret des cabinets ; certaines voix à gauche, vitupérer le triomphe du grand capital ; d’autres voix à droite, déplorer un mépris total de la consommation et des ménages : la BCE (si l’on me passe la métaphore) s’en bat les piliers monétaires.
"Faut-il qu’ils soient sûrs de leur coup, quand même", reprit Werther. "Ces gens-là ne doutent donc jamais ?"
Eh bien, non, ils ne doutent jamais, ces gens-là.
Et je sais bien, moi, d’où ils tirent leur force d’âme peu commune. Mais j’ai juré là-dessus le secret le plus absolu. Aussi n’ai-je rien répondu à Werther. Mais en mon for intérieur, je saluais la mémoire d’un fonctionnaire hors du commun — un pionnier dont on peut dire qu’à lui seul, il a façonné ce noble esprit bancaire européen, qu’incarnent si vivement les décisions de Francfort. Je veux parler du regretté Fulgence de la Motte-Cassis.
Un destin
Fulgence de la Motte-Cassis ! Ce nom, peu connu du grand public, suffit à mouiller l’oeil du plus impassible des banquiers centraux. Il est notre héros, notre sauveur, être prodigieux d’intelligence, d’énergie, de dévouement et d’humanité, dont le labeur acharné, toujours dans l’ombre, a permis de donner à l’Europe que nous chérissons une Banque Centrale digne d’elle.
Rien ne prédisposait ce modeste sous-directeur à devenir l’homme du renouveau. Ses débuts en finance ne brillent pas d’un éclat particulier : tout juste y relève-t-on un épais mémoire sur la comptabilisation des OPCVM monétaires au sein de l’agrégat M3 — travail méritoire, mais qui ne lui valut pas, dans le grand public, la reconnaissance qu’il était en droit d’attendre.
Seulement, voilà : un jour que son Comité d’Entreprise organisait des vacances en Chine, sur un inexplicable coup de tête, Fulgence — qui n’avait jamais voyagé plus loin qu’Arcachon — reprit à la dernière minute le billet d’un collègue terrassé par le zona.
La suite appartient à la légende : la Motte-Cassis, dans ses mémoires, nous en livre une évocation saisissante. C’est d’abord le départ du groupe à l’aube, pour un pique-nique dans les rizières ; les banquiers qui chantent à tue-tête ; la route en lacets… un panda qui traverse à l’improviste, sous les roues du pousse-pousse… et l’accident stupide, dont Fulgence se trouva l’unique rescapé.
Après des jours d’errance parmi les collines de bambous, à demi mort de faim, La Motte-Cassis découvrait le légendaire temple de Sil-Lum, où les moines-financiers Tong perfectionnent, depuis des siècles, la méditation et le kung-fu monétaire, à travers la plus rigoureuse ascèse.
Il prononçait ses voeux le soir même, brûlant ses Weston et son PEA en signe d’humiliation. Durant les neuf années qui suivirent, il fut initié à la méditation des Deux Piliers, à la lévitation des taux, au bris d’inflation à mains nues, à la mystérieuse "prise du poulpe", qui fait rendre gorge au spéculateur. Libéré de Sil-Lum avec le grade de Grand Disciple en Robe Rouge, Fulgence regagna l’Europe ; il y fonda aussitôt une institution unique au monde : l’Académie des Banquiers Centraux.
Alma Mater
Discipline de fer, muscles d’acier, réflexes de foudre, patience de roc et doctrine économique gravée dans le marbre, tels sont les principes de cette école où s’est formée l’élite de la BCE. Les décisions les plus hardies de Jean-Claude T***, les rapports les plus bouleversants qui nous parviennent de Francfort, toutes ces manifestations d’un même projet unique et puissant pour notre devise, c’est à l’ABC qu’on les doit.
Pour les non-initiés, c’est une légende qu’on évoque autour d’un verre, à la fin d’un séminaire de finance. Pourtant l’école existe ; je puis l’affirmer, moi qui y ai fait mes classes. J’en suis sorti avec le grade honorable de Petit Répétiteur en Short Orange. L’ABC constitue le secret le mieux gardé de la banque européenne — ce qui n’est pas peu dire.
Ce jeudi-là, ayant pris congé de mon cousin Werther le Trader, éprouvai-je une poignante nostalgie pour mon Alma Mater. Depuis combien de temps n’y étais-je pas retourné ? Nos futurs financiers publics y recevaient-ils toujours l’héritage intellectuel de Frère Fulgence ? Dès le lendemain, je m’y rendais par le premier train. J’eus l’immense plaisir de constater que rien n’avait changé, comme nous le verrons dès demain…
Meilleures salutations,
Le Banquier Central
Pour la Chronique Agora
(*) Derrière le Journal d’un Banquier Central, on trouve toute une équipe d’experts de la finance, de l’économie, de l’analyse technique et de la bourse — qui mettent à votre service leur expérience boursière aussi affûtée que leur sens de l’humour pour vous proposer des recommandations claires, fiables… et surtout profitables !
Pour découvrir toutes les analyses et recommandations du Journal d’un Banquier Central, continuez votre lecture…
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