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La Chronique Agora
Paris, France
Vendredi 26 janvier 2007
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*** Saris, inégalités et "noblesse du capital"
Le train de création de richesse laisse pas mal de gens sur le quai…
*** Une tempête parfaite
Chris Mayer se penche sur la météorologie du secteur des infrastructures électriques
*** Calculs de base
Bill Bonner sort sa calculatrice pour les beaux yeux de l’or…
*** Des prédictions amusantes (2)
Distribution d’optimisme haussier garanti 20 ans !
—————————– (publ.)
Les marchés sont-ils aussi solides qu’ils en ont l’air ?
Pour en savoir plus — et découvrir comment réagir aux principales tendances qui nous attendent dans les mois qui viennent, continuez votre lecture…
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Bonjour,
*** SARIS, INEGALITES ET "NOBLESSE DU CAPITAL"
** La journée d’hier s’annonçait sous les meilleurs auspices — elle s’est cependant soldée par une consolidation limitée du CAC 40. Il s’était pourtant hissé, jeudi midi, au-dessus du seuil des 5 650 points (record du 15 janvier), inscrivant un nouveau zénith annuel à 5 658 points.
Une consolidation s’est alors amorcée à travers toute l’Europe ; elle s’est amplifiée avec l’ouverture en légère baisse de Wall Street (-0,4% pour le Dow Jones, qui venait de culminer mercredi soir à 12 623 points et -0,7% pour le Nasdaq à mi-séance).
Le CAC 40 abandonne donc 0,5% mais préserve le seuil psychologique des 5 600 points. Les deux tiers des valeurs françaises se sont repliées, dans un volume nourri de 6,5 milliards d’euros… sans qu’un secteur ou qu’un titre en particulier dope le chiffre d’affaire global (comme ce fut le cas avec les AGF ou Alcatel lundi et mardi).
Le bilan de la semaine ressort donc à zéro à l’issue des quatre premières séances écoulées, comme si les opérateurs s’interrogeaient sur la capacité des places boursières à poursuivre sur leur lancée des six mois précédents, alors que le baromètre de la confiance des marchés atteint son niveau le plus élevé depuis janvier 2000.
La Chine vient pourtant d’annoncer officiellement une croissance de 10,7% en 2006. Un score proprement faramineux pour un pays peuplé de près d’un milliard et demi d’habitants, mais qui se banalise complètement à force de se répéter depuis le début des années 2000.
** Jamais l’humanité n’avait observé une émergence économique aussi rapide et durable, à l’échelle (en termes de population) de quatre continents de la taille de l’Amérique du Nord, ou de trois fois l’Europe à 25. Même les plus attardés des ex-pays de l’Est, convertis depuis une quinzaine d’années au capitalisme et soutenus à bout de bras par les pays développés de l’Eurozone, sont parvenus à approcher — de près ou de loin — le taux de progression du PIB de l’Empire du Milieu (au mieux +5% pour la Pologne ou la Tchéquie) depuis l’an 2000.
Et l’Inde, qui a allègrement franchi le cap du milliard d’habitants, revendique une croissance de 8% en 2007 : à Davos, plus personne ne sourit en voyant des femmes en sari déambuler dans les galeries commerciales attenantes au Palais des Congrès… car leurs maris ont probablement les moyens de leur offrir dix fois la totalité du contenu de chaque bijouterie, voire même l’ensemble des infrastructures commerciales et hôtelières de la station helvétique, entre deux rachats de groupes sidérurgiques occidentaux pesant des dizaines de milliards de dollars.
Mais dans le même temps, la majorité des salariés des aciéries indiennes travaillent pour moins de 200 dollars par mois, et les revenus des ouvriers peu qualifiés ne progressent pas.
Voilà une illustration saisissante de l’aspect profondément inégalitaire de la croissance des pays dits émergents : si le terme démocratie figure dans les termes de la constitution — voire carrément dans l’intitulé officiel — des pays concernés, les concepts de "Liberté, Egalité, Fraternité" ne s’imposent, dans les esprits comme en pratique, que comme les contours éthérés d’un inaccessible idéal.
Le train de la création de richesse à l’asiatique laisse la grande masse des citoyens sur le quai de la gare (qui sert souvent de dortoir à la périphérie des grandes métropoles chinoises ou indiennes). Il ne bénéficie même pas de l’excuse d’être créateur d’emplois et d’offrir des conditions de travail dignes aux plus démunis — pas plus qu’il ne favorise l’éclosion d’une vaste classe moyenne, comme ce fut le cas en Europe un siècle plus tôt.
En Inde comme en Chine, c’est tout l’un ou tout l’autre, ce qui s’avère relativement conforme à la tradition historique. Les schémas médiévaux se perpétuent, avec la richissime "noblesse du capital" s’appuyant sur une armée de fonctionnaires et de contremaîtres diplômés formant la classe moyenne — cette dernière encadrant une masse de serfs corvéables à merci, les plus chanceux étant enchaînés devant des écrans d’ordinateur plutôt que devant des machines à coudre ou des injecteurs pneumatiques de gadgets en plastique destinés aux chaînes de fast-food.
Une enquête du Bureau international du Travail (BIT) dissipe l’illusion d’une croissance galopante améliorant à un rythme ahurissant le sort de l’humanité : le chômage sur la planète s’est maintenu en 2006 à son plus haut niveau historique, et plus de la moitié des 2,9 milliards de travailleurs recensés reçoivent moins de 2 $/ par jour.
Les 500 personnes les plus riches ont encaissé l’an passé des revenus équivalents à ceux perçus par les 500 millions les plus pauvres. Les trois quarts d’entre eux occupent des fonctions financières ou exécutives à la City, dans les quartiers d’affaire new-yorkais — ou au sein de la Silicon Valley. Quelques magnats du pétrole ou de l’industrie de l’armement complètent ce classement de l’hyper-richesse à la sauce globalisation.
Au sein des pays développés, la courbe des inégalités montre un doublement en 20 ans de l’écart moyen entre riches et les plus pauvres ; dans les pays en voie de développement, cela n’a pris que… cinq ans !
La place nous manque pour développer ce sujet aujourd’hui, cher lecteur : nous y reviendrons dès lundi, dans le cadre d’un essai plus étoffé. A suivre, donc…
Philippe Béchade,
Paris
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Nos spécialistes vous donnent les dernières nouvelles de Wall Street
*** UNE TEMPETE PARFAITE
** Le film "La Tempête du Siècle" (A Perfect Storm, "Une Tempête Parfaite", en anglais) raconte les événements qui se sont produits durant un violent orage dans l’océan Atlantique, en 1991. Cet ouragan était le produit de phénomènes météorologiques uniques en leur genre, qui se sont combinés pour créer une tempête littéralement monstrueuse. Le succès du film a contribué à forger une nouvelle expression dans le vocabulaire anglo-saxon : une "tempête parfaite" décrit une combinaison d’événements qui, pris isolément, auraient produit un effet bien moins considérable.
- Et cette idée d’une "tempête parfaite" me revient lorsque je pense aux besoins mondiaux en termes de réseaux électriques.
- Des pannes de courant majeures se produisent déjà environ tous les quatre mois en moyenne aux Etats-Unis — et je ne parle là que des pannes affectant un demi-million de foyers au minimum. Bien entendu, des coupures de courant se produisent dans le monde entier ; si les USA étaient les seuls à en souffrir, les infrastructures électriques ne seraient pas un thème d’investissement très convaincant. Mais le boom naissant de la construction et de la rénovation des infrastructures électriques est un phénomène mondial. Et bien entendu, la Chine joue un rôle important.
- J’ai récemment lu un ouvrage fascinant, intitulé From Wall Street to the Great Wall ["De Wall Street à la Grande Muraille", ndlr.], qui nous en dit un peu plus sur le sujet. En Chine, notent les auteurs, "les coupures de courant électrique sont chroniques… les pannes sont fréquentes, et l’industrie en est directement affectée".
- Les auteurs citent ensuite un article du journal The Guardian : "La Chine est dans la plus grande frénésie de construction de centrales électriques que le monde ait jamais vue". Les barrages hydroélectriques, les générateurs alimentés au charbon et les installations nucléaires poussent comme des champignons dans l’ensemble du pays. "Tous les deux ans, on ajoute l’équivalent de la production électrique britannique toute entière à la capacité du réseau [chinois]".
- En réalité, l’électricité n’est qu’une partie d’une opportunité d’investissement considérable. L’infrastructure mondiale doit couvrir toute la gamme — de la génération d’électricité à sa transmission, en passant par les réseaux de télécommunication et de distribution d’eau. Nous parlons là d’un boom de long terme majeur, concernant toutes les facettes de la construction et de la rénovation des infrastructures.
- L’Inde, que l’on associe souvent à la Chine dans ce genre d’histoire, a ses propres problèmes d’infrastructures. "La capitale du pays est affligée d’aéroports trop petits, de routes peu carrossables et de coupures de courant fréquentes qui rappellent les jours les plus sombres (souvent littéralement) de l’ouverture économique de la Chine", note le Wall Street Journal.
** Le développement des infrastructures en Chine et en Inde fait peut-être les gros titres, mais des tendances similaires se dessinent également dans des marchés émergents plus modestes. Prenez le continent africain, par exemple.
- On raconte une vieille plaisanterie dans de nombreuses régions d’Afrique. Question : "comment faisions-nous avant d’avoir des bougies ?". Réponse : "on avait l’électricité". La guerre, une mauvaise gestion et des années de sous-investissement ont réduit l’infrastructure à néant sur une bonne partie du continent. Et alors que l’infrastructure s’effrite, la population a triplé depuis les années 60.
- Mais les investissements reviennent peu à peu en Afrique. Le fleuve Congo, par exemple, est prometteur. Si on le "mettait au travail", il pourrait générer plus de 40 000 mégawatts d’électricité. C’est plus que ce que produit toute l’Afrique du Sud aujourd’hui. Avec une centrale électrique en bon état et un réseau moderne, le fleuve Congo pourrait satisfaire une grande partie des besoins de l’Afrique en électricité, pendant longtemps.
- Le Congo — le pays — est assez représentatif de l’Afrique. A Inga, au Congo, se trouvent deux centrales hydroélectriques. La plus moderne a huit turbines. Cependant, après des années de négligence, seules trois d’entre elles marchent. Cependant, les lumières commencent à se rallumer en Afrique, en partie grâce à un investisseur plutôt surprenant : la Chine.
- La Chine a un appétit croissant pour les ressources naturelles ; par conséquent, elle s’intéresse de près au continent africain. Les Chinois ont déjà engagé 10 milliards de dollars pour financer divers projets d’infrastructure. Ils ont construit des routes, des ports, des chemins de fer, etc. en Afrique. Leur approche est pragmatique.
- Et même lorsque l’argent ne provient pas de la Chine, de la Banque mondiale ou d’autres sources étrangères, il est investi en interne. En Afrique du Sud, par exemple, l’investissement dans les infrastructures est une priorité absolue. Le gouvernement prévoit de dépenser 49 milliards de dollars au cours des trois prochaines années, pour mettre en place des routes, des ports et des centrales électriques.
- Je ne vous donne là qu’un très bref aperçu de la situation en Afrique. Je pourrais vous parler de choses similaires au Moyen-Orient. Ou je pourrais parler de l’Asie du Sud-Est (en particulier le Vietnam et les Philippines). Tous ces pays ont l’intention d’investir — ou ont déjà investi — des milliards de dollars pour construire des équipements de base, comme des réseaux électriques. Ce sont là des éléments participant à la "tempête parfaite" qui se dessine au sein du boom des infrastructures et des ressources mondiales.
[NDLR. : Encore un boom lié aux ressources naturelles, cher lecteur... Dans quelle mesure va-t-il se concrétiser ? Quelles conséquences tout cela aura ? Comment vous assurer d'en profiter ? Vous aurez toutes les réponses dès ce soir...]
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Bill Bonner, co-fondateur de La Chronique Agora, à Londres
*** CALCULS DE BASE
** Cette semaine, le Dow a grimpé, pour atteindre un nouveau record.
* Le pétrole aussi est remonté — à 55 $.
* Et l’or a repris du terrain — à 648 $.
* Mais essayons d’ignorer le bruit et le grondement des marchés. Regardons les calculs de base : entre 1995 et 2005, la masse de dollars — le M3 — a augmenté de 10% environ chaque année. Les autorités US n’en parlent plus, mais nous n’avons aucune raison de penser que le rythme s’est ralenti.
* Cela n’inclut pas les liquidités supplémentaires générées par l’appréciation des prix, la titrisation, la "dérivatisation" et tout le reste — qui semblent avoir gonflé encore plus rapidement.
* Au cours de la même période, le PIB US a grimpé de 3% environ chaque année. Et la quantité d’or extraite a augmenté d’environ 2% par an.
* Dans la mesure où l’or représente une "devise de dernier recours", on pourrait raisonnablement s’attendre à le voir grimper en termes de dollars. De combien ? Quand ? Ce sont là les grandes questions.
** Le métal jaune a pris 150 $ entre 2002 et 2005 — passant de 300 $ à 450 $ l’once. Puis les spéculateurs ont commencé à arriver sur le marché, et les prix sont devenus moins stables. En mai 2006, le cours s’est envolé à 730 $… a trébuché… s’est relevé… et semble désormais avoir repris son ascension. Alors même que les matières premières chutaient — en particulier le pétrole — l’or a continué de progresser. Cela nous indique que les acheteurs d’or ne traitent plus le métal jaune comme n’importe quelle matière première, mais qu’ils l’achètent pour sa nature unique de devise ; c’est la matière vers laquelle se tournent en général les gens lorsqu’ils commencent à s’inquiéter des autres actifs.
* Ces sujets d’inquiétude ont été amplement décrits dans nos Chroniques. Et il y a plus de sujets que jamais, dans le monde financier — ces "autres actifs" équivalent à plus de 140 000 milliards de dollars, selon une récente estimation. Contre cette somme, il y a une quantité d’or qui n’est que légèrement supérieure à ce qu’elle était il y a 10 ans.
* A nouveau, les calculs de base :
* On trouve seulement 1 800 milliards de dollars d’or déjà extrait. Ces dix dernières années, aux prix actuels, nous estimons qu’environ 300 milliards de dollars de nouvel or ont été ajoutés à l’offre mondiale.
* Pendant ce temps, le prix de tous les autres actifs aurait grimpé de 70 000 milliards de dollars (ce n’est qu’une supposition ; d’une manière générale, le prix des actifs a doublé ces dix dernières années).
* En d’autres termes, il y a dix ans, on trouvait une once d’or — à 300 $, plus ou moins — pour 31 000 $ d’autres actifs. Aujourd’hui, il y a une once d’or pour 50 000 $ d’autres actifs. Et jusqu’à 140 000 $ d’actifs ont été créés… grosso modo… pour chaque once d’or extraite du sol au cours de la décennie passée.
* (Mieux vaudrait vérifier ces calculs une seconde fois, cher lecteur…)
* La conclusion de base : l’or va probablement grimper. [Et pour profiter au mieux de cette hausse, continuez votre lecture...
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*** La Chronique Agora présente ***
"En 2030, le prix réel moyen du brut est estimé à plus de 59 $ le baril en dollars de 2005, soit environ 95 $ le baril en dollars nominaux" -- telles étaient les prédictions de l'AIE concernant le pétrole citées hier par Justice Litle. Il regarde cela d'un peu plus près, ci-dessous...
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DES PREDICTIONS AMUSANTES -- 2ème PARTIE
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Par Justice Litle (*)
Cette prédiction de l'Agence internationale de l'énergie (AIE) est positivement comique. Pour que le pétrole brut soit un peu au-dessus de 59 $ en 2030 -- c'est-à-dire assez proche de son niveau actuel -- il faudrait que tout reste plus ou moins en l'état par rapport à la situation actuelle. Et quelle prévenance, de la part de l'AIE, de nous indiquer que 59 $ de 2005 feront 95 $ en 2030 ! Cela implique un taux d'inflation merveilleusement bénin ; un peu plus de 2% seulement par année qui nous sépare de 2030.
Vous l'aurez sans doute deviné : l'idée, ici, est de ne pas se fier aux prédictions des agences gouvernementales. Au lieu de ça, mieux vaut remettre en perspective la situation de long terme.
En tant qu'agence gouvernementale et branche du département US de l'Energie, l'AIE est génétiquement optimiste dans ses conclusions -- un peu comme le Bureau américain des statistiques de l'emploi est génétiquement aveugle à l'inflation. Et avec toutes les données à sa disposition, le canal de long terme prévu par l'AIE pour un pétrole à 50 $-60 $ (plus ou moins) est vraiment optimiste.
Une telle prédiction écarte presque complètement les profondes implications du Peak Oil, et repose sur des suppositions extrêmement agressives concernant les forages en eau profondes et les sables pétrolifères du Canada. Cette prédiction requiert également une naïveté presque touchante en termes de politique monétaire américaine : peut-on réellement croire que l'inflation n'atteindra que 2,1% annuels durant les 23 années à venir ? (Que se passera-t-il lorsque le dollar s'effondrera ?)
Il y a bien trop de variables pour faire une estimation vraiment solide sur le prix du pétrole brut en 2030. Mais nous avons assez d'informations pour noter qu'avec les myriades de données disponibles, les scribouillards optimistes de l'AIE voient le brut rester ferme sur le long terme. En fait, leur canal de 50 $-60 $ est un scénario béat, qui ignore totalement les possibilités inquiétantes -- mais bel et bien réelles -- qui se dessinent.
Nous pouvons déduire autre chose des prédictions de l'AIE : personne ne sait rien. En d'autres termes, toutes les données de la planète ne peuvent prédire l'avenir lointain. Pour comprendre combien ce genre de prédictions spécifiques est ridicule, il suffit d'observer le sort de ceux qui les élaborent. Dans le monde réel, le mieux qu'on puisse faire, c'est de réunir les faits pour déterminer ce qui est possible et ce qui ne l'est pas... ce qui a un sens et ce qui n'en a pas. Si l'on tient compte de cela, les observations larges concernant le cours possible des événements futurs devraient être basées sur les lois de la physique. Ce qui grimpe doit redescendre... ce qui ne peut durer doit prendre fin... et ainsi de suite.
A court terme, un marché peut faire à peu près n'importe quoi -- en particulier s'il est dominé par des spéculateurs ayant un horizon-temps trimestriel, voire mensuel. Mais à long terme, comme le notait Jesse Livermore, vos meilleures alliées, les plus solides, sont les conditions sous-jacentes. Vous verrez toutes sortes de chiffres voler en tous sens dans les prochaines semaines et les prochains mois, et les investisseurs se rueront de droite et de gauche... mais au-delà de tout ça, le paysage énergétique de long terme n'évoluera guère.
Nous avons affaire à un changement radical et profond -- non un phénomène saisonnier et éphémère.
Voilà pourquoi je ne m'inquiète guère de la récente glissade du brut. Il n'y a jamais de profits à faire en courant partout comme une poule qu'on viendrait de décapiter. Les traders s'appuient sur la vitesse et les réflexes, les investisseurs sur la patience et la fermeté. En fait, les montagnes russes de court terme donnent une longueur d'avance à ceux qui ont le goût du long terme.
Meilleures salutations,
Justice Litle
Pour la Chronique Agora
(*) Justice Litle, rédacteur de la lettre Outstanding Investments, possède des connaissances uniques qui lui ont bien servi sur les marchés. Justice a étudié la littérature et la philosophie dans des endroits aussi divers qu'Oxford, en Angleterre, l'université Pulacki (Olomouc, République Tchèque) ou l'université Macquarie (Sydney, Australie). Alors qu'il se destinait à une carrière universitaire, sa vie a pris un tout autre chemin après qu'il ait découvert The Investment Biker, la chronique de Jim Rogers sur l'investissement macro-économique... et la moto.
[NDLR : Le pétrole, le pétrole, le pétrole... Où va-t-il ? Retrouverons-nous le brut à 20 $ avant la fin de la décennie ? Grimpera-t-il à 100 $, 150 $... ou plus ? Les investisseurs ont-ils quelque chose à y gagner ? Patience, cher lecteur... La réponse arrive !]
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(c) Les Publications Agora France, 2002-2007
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Nota bene : reproduction partielle ou totale de la présente Chronique STRICTEMENT INTERDITE sans accord écrit de la société éditrice.
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