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LA CHRONIQUE AGORA
Paris, France
Jeudi 4 mai 2006
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*** C’est peut-être le moment de développer les négatifs…
Pourquoi les investisseurs devraient réviser les bases de la photographie argentique…
*** Le pétrole est toujours aussi brûlant
Pour Eric Fry, les signaux d’alarmes se multiplient sur le brut…
*** Retour vers le futur
Bill Bonner se laisse aller à échafauder des hypothèses sur un avenir… doré.
*** Les saisons de l’or (1)
Le marché du métal jaune suit son propre rythme…
—————————– (publ.)
La Chine… l’immobilier français… l’Europe de l’Est… l’or… l’inflation
Tous ces éléments ont un point commun :
ILS PEUVENT VOUS RAPPORTER DES PROFITS RAPIDES ET SIMPLES
Pour découvrir comment, continuez votre lecture…
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Bonjour,
*** C’EST PEUT-ETRE LE MOMENT DE DEVELOPPER LES NEGATIFS…
** Mais que se passe-t-il donc ? La séance boursière de mardi s’inaugurait sous les meilleurs auspices… or Paris a clôturé en repli de 0,9%, très exactement au plus bas du jour — et ce dans des volumes étoffés, puisqu’il s’est échangé pas moins 5,4 milliards d’euros sur les 40 vedettes de la cote, dont 80% terminent la journée en repli contre une proportion inverse lors de l’ouverture.
Tout avait si bien commencé, pourtant… Le CAC 40 inscrivait vers 10h un nouveau record annuel à 5 267,5 points — mais il a suffi que le baril de pétrole rechute de 1,5% vers 72,8 $ dans l’après-midi pour que le soufflé retombe… ainsi que l’indice phare parisien, sous les 5 200 points.
Nous nous demandions depuis le mois de décembre si les investisseurs qui photographient chaque jour l’actualité macro-économique ne trouvent pas plus satisfaisant d’en rester au stade des négatifs, ce qui économise du temps, de l’acide et du papier. Voilà qui pourrait expliquer que toutes les zones d’ombres ressortent en clair, et les rares plages lumineuses en marron foncé.
Mais cette explication ne tient pas la route, puisqu’en dehors de quelques rares amateurs qui ne jurent que par les pellicules argentiques, l’écrasante majorité des opérateurs que nous fréquentons sont convertis de longue date à la photo numérique… et ne font même plus l’effort de calculer les meilleurs réglages (diaphragme, temps d’exposition), puisqu’ils utilisent la fonction caméra de leurs téléphones portables pour un usage quotidien.
A moins… ce n’est qu’une supposition… à moins qu’ils ne négligent totalement l’éclairage ambiant et ne s’acharnent à filmer les marchés à contre-jour — auquel cas le numérique engendre des effets visuels assimilables à du film négatif sortant du bain !
Dans ce cas, la tension des taux, la chute du dollar sous les 1,2650/euro, la flambée du pétrole à 74 $/baril et les conséquences désastreuses de la diplomatie américaine au Proche-Orient (sans oublier son impact catastrophique sur le déficit budgétaire américain) pourraient être jugés très "positifs", en prenant au premier degré l’illusion d’optique engendrée par un usage maladroit de l’appareil.
** Depuis presque six mois de hausse ininterrompue des indices boursiers, plus l’environnement macroéconomique se dégrade, plus les actions semblent exercer une attraction irrésistible. Nous soupçonnons que d’importants flux de liquidités désertent simultanément les marchés obligataires mais également l’immobilier.
Les prix ont atteint de tels niveaux que les investisseurs les plus fortunés jouent désormais au Monopoly entre eux. Les acteurs qui ne touchent que 20 000 euros à chaque tour de circuit (soit le gros du bataillon des acquéreurs potentiels, dont le salaire annuel est assez proche d’une telle somme) ont été éjectés de la partie depuis longtemps.
La rue de Vaugirard est maintenant au prix de l’avenue Foch il y a 10 ans… Belleville, devenu un quartier branché, s’arrache au prix des Champs-Elysées des années 80 — lesquels tentent de combler leur retard sur Oxford Street ou Picadilly Circus.
La rumeur court à présent d’une remontée des prix de l’immobilier aux Etats-Unis. Le spectre de la hausse des taux amène les derniers acquéreurs potentiels à précipiter leur décision d’achat. Si nous avions jugé pertinent d’acheter n’importe quelle bicoque en contreplaqué (avec toiture en matériau synthétique) du côté de San Francisco ou Los Angeles, nous nous précipiterions pour la leur revendre sans un semblant d’hésitation.
Mais nous n’aurions jamais acheté 200 000 $ une maison de cinq ou six pièces qui, une fois passée une tornade (et les débris rassemblés), tient toute entière dans un container tel que ceux que vous utilisez lorsque vous vous rendez dans une déchetterie pour y déposer vos "encombrants".
Nous nous demandons également si l’économie américaine toute entière — à l’image de ces alignements de pavillons middle class d’apparence pimpante des banlieues résidentielles US — ne s’apparente pas à un décors hollywoodien qu’un coup de vent un peu brutal pourrait broyer et disperser aux quatre vents.
** Mais pour l’heure, les fondamentaux demeurent apparemment solides. La croissance américaine apparaît très soutenue au mois d’avril (+4,8%) et s’inscrit dans le droit fil du rythme mesuré par la Fed et les services gouvernementaux au cours du premier trimestre 2006. En contrepartie — mais qui s’en préoccupe ? — les rendements obligataires continuent de se tendre et de battre des records en Europe (4,00% pour les Bunds, 4,03% pour les OAT) et plus nettement encore aux Etats-Unis, où les T-Bonds à 5 ans franchissent le cap des 5% ; le 10 ans affiche de son côté 5,16% tandis que le 30 ans se cale au-dessus des 5,25% — c’est-à-dire au niveau de taux anticipé fin juin si aucune décélération de l’économie ne se dessine.
Car les signaux inflationnistes se renforcent de semaine en semaine. Il suffit de s’attarder sur la composante "prix payés" de l’indice ISM des services pour s’en convaincre : l’objectif des 2% de dérive annuelle est désormais un objectif totalement hors d’atteinte. Et c’est forcément pire dans l’industrie ou le bâtiment — la hausse du coût de l’énergie et des matériaux s’envole à une vitesse supérieure à 4% (deux fois la norme fixée par la Fed).
Cette dernière pourrait à juste titre s’alarmer de la vigueur des statistiques américaines publiées ce mercredi, et qui sont un sujet d’étonnement pour bon nombre d’observateurs. La dernière étude mensuelle de l’Institute for Supply Management révèle que l’indice des directeurs d’achats du secteur des services a progressé de 2,5 points pour s’établir à 63 au mois d’avril (un chiffre situé au-delà de 50 signale de la croissance, au-delà de 65, c’est de la surchauffe, cela ne laisse plus guère de marge).
Plus surprenant encore : les commandes à l’industrie ont littéralement explosé de 4,2% en mars (plus forte hausse depuis mai 2005) alors que le consensus tablait sur +3% à +3,5% après un piètre mois de février. Là encore, les facteurs ponctuels — la reconstruction de la Nouvelle-Orléans s’accélère — ou climatiques — les beaux jours reviennent — n’expliquent pas un tel écart par rapport aux prévisions.
** C’est à se demander si les donneurs d’ordre ne se dépêchent pas maintenant de passer commande avant que l’inflation ne devienne — officiellement — un réel souci dont la presse et les journaux télévisés se feraient l’écho. La seule inflation avouable ne concerne que le prix des carburants et du fuel domestique, mais elle n’émeut guère les hauts fonctionnaires gouvernementaux ou les propriétaires des grands médias dont les frais de déplacement sont intégralement remboursés, comme il se doit.
Si l’or — l’inaltérable relique barbare — devait constituer un baromètre fiable des anticipations inflationnistes, il y aurait de quoi s’alarmer sérieusement : à 674 $, l’once a pulvérisé mardi soir un record vieux de 25 ans.
Mais les amateurs de métal précieux sont inspirés par d’autres motivations plus fondamentales que nous avons maintes fois évoquées. Ils ne veulent plus détenir un dollar de plus que nécessaire, et les 115 points de prime de rendement qu’il affiche par rapport à l’euro ne suffisent même plus à le mettre à l’abri de la pression vendeuse : le voici revenu mercredi soir sous les 1,2650/euro et les 113,5 yens, au plus bas depuis sept mois… et il ne manifeste aucune velléité de rebond.
Nous ne savons pas vraiment à quoi ressemble un lingot d’or, un Napoléon ou une pièce de 50 pesos pris en photo et restant au stade d’un négatif… Mais même si cela ressemblait à un bloc d’anthracite ou à une pastille de charbon, il vaudrait de toute façon mieux continuer d’en accumuler que de détenir une liasse de billets verts. Au minimum, cela nous tiendra chaud l’hiver prochain — et allez donc savoir quelle quantité de fuel un billet de 20 dollars permettra encore d’acheter d’ici l’automne prochain !
C’est peut-être le bon moment de développer les négatifs…
Philippe Béchade,
Paris
PS : Retrouvez Philippe Béchade tous les après-midi au 0899 707 009* dès 15h45 : analyse approfondie de la séance en cours, conseils et suivi de notre portefeuille, nouvelles recommandations — un complément idéal à votre Chronique quotidienne !
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Eric Fry nous donne les dernières nouvelles de Wall Street
*** LE PETROLE EST TOUJOURS AUSSI BRULANT
** "Le pétrole brut est devenu une matière première brûlante… et séduisante", remarquions-nous mercredi dernier, en suggérant aux investisseurs de "tourner le dos" à ce marché durant un petit temps. Quasi-immédiatement après la parution de cette chronique, le prix du brut a causé de belles émotions aux investisseurs — chutant de trois dollars sur les trois dernières séances de la semaine dernière, avant de reprendre quatre dollars au cours des trois premières séances de cette semaine — et voilà ! Un gain de un dollar !
- Ce genre de volatilité ébouriffante ne nous réconcilie pas avec le marché du brut, surtout quand plusieurs indicateurs importants sont passés à l’orange. Nous répétons donc notre avertissement de la semaine dernière : "flirtez avec [le pétrole] si vous le voulez… mais nous n’aimerions pas que vous vous y brûliez les ailes". Les réserves américaines de brut restent supérieures de 11% environ à leur moyenne à cinq ans — ce qui est probablement une raison suffisante de rester à l’écart du brut et des actions pétrolières. Et notre pro des options, Jay Shartsis, a une deuxième raison plus convaincante encore :
- "Le ratio put/call à 21 jours pondéré en dollars sur les futures du brut montre environ 0,25 $ de puts échangés pour chaque dollar de calls", note-t-il. "C’est un chiffre EXTREMEMENT haussier — ce qui, en tant qu’indicateur contrarien, est très baissier. Ces données sur les options montrent le plus grand optimisme de la part des traders depuis de nombreuses années. Par comparaison, 0,25 $ en puts contre 1,00 $ en calls est bien en ça des chiffres de décembre dernier, où 1,75 $ de puts environ s’échangeaient pour chaque dollar de calls. (Décembre ayant bien entendu été une excellente période pour acheter du pétrole et des actions pétrolières)."
- "Les chiffres actuels, cependant, sont exactement ceux auxquels on pourrait s’attendre lors d’un sommet", conclut Shartsis. "Etant donné la situation en Iran et ailleurs, je dois admettre qu’il est difficile d’imaginer une chute du pétrole. Mais d’un autre côté, ces chiffres trop haussiers suggèrent que tous les facteurs haussiers du pétrole, bien connus, sont déjà pris en compte dans le marché."
- "Vendre vos actions pétrolières ? Probablement."
** La plupart des traders "commerciaux" semblent être d’accord avec Shartsis. Ces derniers jours, ils ont augmenté leurs positions à découvert sur le brut, déjà considérables.
- Comme nous l’avons déjà noté, les "Commerciaux" sont considérés comme étant "l’argent intelligent", suivant leur tendance à se positionner correctement sur les points d’inflexion importants. Par contraste, les "grands spéculateurs" tendent à mal se positionner aux extrêmes. Les haussiers de l’or ne seront donc guère réconfortés par le fait que les grands spéculateurs achètent du brut en masse… aux Commerciaux.
- Pour terminer, nous aimerions souligner que le prix du brut a atteint des extrêmes vis-à-vis du prix du gaz naturel. Au cours de la décennie passée, le brut a atteint un prix onze fois plus élevé que celui du gaz naturel à quatre reprises seulement. Après chacun des trois cas précédents, le prix du brut a chuté radicalement au cours des semaines qui ont suivi. Plus spécifiquement, après que ce ratio a atteint son pic en mars 1997, le brut a chuté de 15% au cours des deux semaines qui ont suivi. Après le sommet de 2000, le brut a abandonné 30% en quatre semaines. Et après que le ratio pétrole/gaz a atteint son pic en septembre 2001, le brut a dégringolé de 35% en huit semaines.
- Nous n’oserions pas insister sur le fait que l’Histoire se répétera… mais nous n’oserions pas non plus écarter cette hypothèse.
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Des plus-values de 350%… 273,28%… 234,19%… 281,12%… 401,22%… 521,52%… 771,17%…
et 36,34% de gains par an en moyenne depuis 14 ans !
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Bill Bonner, co-fondateur de La Chronique Agora, à Londres
*** RETOUR VERS LE FUTUR
** Les prix des futures sur l’or ont grimpé à 667,40 $ mercredi. Ceux qui ne comprennent pas l’or sont perplexes. Que se passe-t-il, se demandent-ils.
* Peu à peu, ils commenceront à réaliser. Quelques-uns se rendront compte que quelque chose est sérieusement pourri dans le système financier mondial. Ils se demanderont comment les Etats-Unis peuvent continuer à accumuler de tels déficits sans détruire le dollar. Ils voudront savoir pourquoi les Chinois et les Japonais continuent de prêter, et quand leur appétit de dette américaine pourrait être satisfait.
* Ils pourraient même entendre un "fanatique de l’or" interrogé à la télévision ou dans le journal. Ils appelleront ensuite leur courtier et demanderont quelques actions du Central Fund of Canada — un moyen simple et pratique de se positionner sur le métal — au cas où ces cinglés auraient raison.
* Ou peut-être iront-ils chercher des pièces. Ils rentreront dans la boutique, d’une manière un peu furtive et embarrassée — comme s’ils s’étaient glissés dans un sex shop. Puis, peut-être pour la première fois de leur vie, ils tiendront une pièce d’or entre leurs mains. Ils en aimeront le poids — solide, lourd, réel. Voilà quelque chose que je peux conserver, se diront-ils. Ils en achèteront une, et peut-être une autre à donner à un petit-enfant. "Voilà de la véritable monnaie", diront-ils lorsqu’ils la transmettront, comme s’ils l’avaient su toute leur vie.
* La plupart des investisseurs remarqueront simplement que le prix de l’or grimpe. Ils n’y réfléchiront pas. Au lieu de cela, ils se diront juste : "il faut que je me positionne ! C’est dingue !" Ils achèteront de l’or aussi, mais pour la mauvaise raison — simplement parce qu’il grimpe.
* "Notre intelligence est achetée par la spéculation", a écrit J.K. Galbraith, disparu cette semaine. "Participer à une bulle pousse les investisseurs à se croire intelligents. L’argent qu’ils gagnent confirme cette assertion."
* Les spéculateurs achèteront donc plus. Et le prix grimpera en flèche. Mais nous en sommes encore loin. L’or est toujours à peine visible pour l’investisseur moyen. Il lit encore des titres dans la presse financière qui lui annonçaient cette semaine que les actions grimpent : "Le Dow à 12 000", prédisait la couverture du journal Barron’s.
* Mais voyons voir. Si le Dow passe de 11 400 à 12 000, ce sera un gain de 5% à peine. Vous voulez rire ? L’or fait la même chose chaque semaine ! Et les spéculateurs commencent à tendre l’oreille.
** Mais il n’y a pas de bulle de l’or — pour l’instant. Aucun garçon d’ascenseur ne vous donnera de tuyaux sur des actions minières. Aucun titre de journal ne vous annonce l’or à 2 000 $. Aucune entreprise de biotechnologie n’est passée à la prospection aurifère. Tout cela reste à venir ; les spéculateurs sur l’or seront alors des génies, Alan Greenspan et Ben Bernanke seront des crétins, et le ratio Dow/or chutera à 10, puis à 5, et peut-être même à 1.
* C’est vrai : il y a 25 ans de cela, vous auriez pu acheter tout le Dow pour une seule once d’or. Il est très probable que cela sera à nouveau possible dans les années qui viennent. C’est là que vos amis et voisins achèteront à pleines poignées…
* … et que nous vendrons.
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*** La Chronique Agora présente ***
Etant donné la tendance de l’or actuellement, Doug Casey nous explique pourquoi les investisseurs avisés devraient donner à l’or et aux actions aurifères une place appropriée dans leur portefeuille.
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LES SAISONS DE L’OR — 1ère PARTIE
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Par Doug Casey (*)
De nombreuses personnes sont déjà conscientes d’un phénomène affectant les marchés des matières premières, généralement appelé "basse saison" — et que j’ai tendance à considérer comme étant la "saison des achats".
On peut aussi l’appeler été.
En général, le métal jaune fait preuve de faiblesse entre février et avril, rebondit en mai, puis baisse durant l’été. En août, l’or commence généralement à rebondir et poursuit cette hausse durant la majeure partie de l’année. Bien entendu, c’est là une moyenne, qui n’est pas invariable. Sur les 30 dernières années, on en a enregistré dix où l’or a chuté au quatrième trimestre.
Même ainsi, les données à long terme suggèrent qu’il vaut la peine de prêter attention au schéma moyen.
Va-t-il tenir durant le marché haussier actuel ? Les données historiques sont rares, dans le sens où l’or ne s’échange librement que depuis que Nixon a fermé la fenêtre de l’or, le 15 août 1971. Cela a déclenché le seul marché haussier séculaire de l’or à ce jour — de 35 $ en août 1971 à 850 $ en janvier 1980. Pour l’instant, ne tenons pas compte de la première grande étape de ce marché, commencée en décembre 1974 (lorsque l’or a atteint les 200 $), afin de compenser des décennies d’inflation monétaire. La meilleure analogie pour les circonstances actuelles, c’est la période débutant en août 1976, où le métal a atteint un plancher de 103 $, et se terminant avec le sommet de l’or en 1980.
Pourquoi l’or-métal devrait-il suivre un schéma saisonnier ? Il y a plusieurs raisons à cela — parmi elles, la plus importante est le marché de la joaillerie, qui représente environ les trois quarts de l’or vendu chaque année.
Ce que nous voyons au quatrième trimestre de chaque année, c’est l’impact de la tradition des cadeaux associée au solstice d’hiver druidique — Noël, donc. On peut ajouter à cela la saison de Diwali, en Inde, qui commence en novembre et se poursuit jusqu’aux débuts de la saison traditionnelle des mariages, en décembre.
On peut constater des sommets notables tant en janvier qu’en septembre, des mois où les fabricants indiens reconstituent leurs réserves afin de répondre à la demande des deux saisons des mariages en Inde. La première, mentionnée ci-dessus, commence en novembre pour se terminer en décembre. La seconde dure de la fin mars jusqu’à début mai.
La bijouterie indienne peut-elle exercer une influence majeure dans la saisonnalité du marché de l’or ? Probablement. N’oubliez pas que l’or en tant que matière industrielle enregistre un déficit de l’offre depuis 1990 ; on en a utilisé plus qu’on en a produit, et le monde vit sur ses réserves. A présent, les banques centrales occidentales freinent leurs ventes malavisées, et les populations de Chine, de Russie, du Moyen-Orient et d’Inde achèteront en masse. De plus, en 2005, l’investissements dans les fonds indiciels aurifères et autres produits financiers similaires a enregistré une augmentation de 53%, à 203 tonnes. Et les choses ne font que commencer.
Etant donné l’offre limitée et la demande en hausse, nous avons un marché dont les prix sont nettement déterminés à la marge — et c’est là que l’Inde joue un rôle. Comme vous en êtes sans doute conscient, l’Inde a traditionnellement des affinités avec l’or, et cela s’exprime de manière particulièrement flagrante lors des mariages.
La propension à couvrir d’or les jolies mariées a augmenté au même rythme que la rapide croissance de la richesse du pays (la croissance de son PIB dépasse les 6% par an depuis le début des années 90, et devrait dépasser les 8,1% en 2006). Le succès économique a engendré en Inde toute une nouvelle classe moyenne (et aspirants à la classe moyenne) possédant de nouvelles richesses à accumuler et des voisins à impressionner. Cela ajoute une dimension importante au marché de l’or, favorisée par la tendance qu’ont les banques indiennes à promouvoir agressivement des prêts spécifiquement destinés à acheter de l’or durant la saison des mariages.
En fait, les ventes d’or de joaillerie en Inde ont grimpé de 25% en 2005 ; le pays représente à présent 23% des ventes d’or de consommation de la planète. Les Etats-Unis, n°2, ne représentent que 12%.
Les achats de joaillerie sont agréables… et contribuent très certainement à la saisonnalité de l’or. Mais comme nous le verrons dès demain, un seul facteur va réellement stimuler le marché : les achats d’or des banques centrales et du public, à mesure qu’ils réalisent que leurs dollars sont en train de fondre à vue d’oeil.
Meilleures salutations,
Doug Casey,
Pour la Chronique Agora
(*) Voilà 25 ans que Doug Casey, rédacteur de la lettre International Speculator, cherche — et trouve — d’incroyables opportunités d’investissement dans le monde entier. M. Casey est l’auteur des best-sellers "Crisis Investing" et "Crisis Investing for the rest of the 90′". C’est également l’un des correspondants les plus fidèles du Daily Reckoning, l’équivalent américain de la Chronique Agora.
[NDLR : Or-métal, joaillerie, actions aurifères, produits financiers dérivés... Au sein de l'équipe de Vos Finances - La Lettre du Patrimoine, on n'a pas attendu Doug Casey pour s'intéresser au marché de l'or. Pour bénéficier vous aussi de conseils sur ce marché en plein essor, il suffit de continuer votre lecture...]
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(c) Les Publications Agora France, 2002-2006
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Nota bene : reproduction partielle ou totale de la présente Chronique STRICTEMENT INTERDITE sans accord écrit de la société éditrice.
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