Les Républicains ont perdu la Maison Blanche

Rédigé le 13 septembre 2017 par | Bill Bonner, Deep State Imprimer

Après avoir levé la limite du plafond de la dette, Trump est mûr pour créer son parti et le Trumpisme sera au service… du Deep State.

Jusqu’à la semaine dernière, les républicains contrôlaient la Chambre… le Sénat… et la Maison Blanche.

Mais qui contrôlait les républicains ?

Il s’est avéré que bon nombre d’entre eux – y compris le Républicain en chef – étaient incontrôlables.

Puis l’explosion s’est produite. Stupéfiés et sous le choc, les commentateurs, analystes et membres du parti conservateurs ont mis quelques jours à reprendre leurs esprits.

Sidérés et médusés, ils ont eu du mal à le croire, quand ils ont ouvert les yeux : les républicains avaient perdu le contrôle de la Maison Blanche !

Leur patron, Donald J. Trump, avait rompu avec le parti.

Désormais, il agit de manière indépendante, prêt à rompre le pain avec chaque parti, selon la direction dans laquelle souffle le vent.

Or dans un vieil empire dégénéré tel que les Etats-Unis, il n’est même pas nécessaire de regarder par la fenêtre. Les vents dominants soufflent dans une seule direction.

Les arbres ploient… les bâtiments oscillent… même les vaches penchent, tandis que des rafales dignes d’un ouragan aspirent l’argent des Américains moyens d’un bout à l’autre du continent… et le poussent dans la direction des initiés, de leurs clients zombies et des compères arnaqueurs.

Au bout du compte, le Deep State contrôle les deux partis. Il reste trop peu d’authentiques « conservateurs » ou d’honnêtes « partisans du social-libéralisme » pour qu’il y ait une différence.

Bientôt un parti Trump ?

Naturellement et à juste titre, les deux partis sont méprisés par tous ceux qui prennent le temps de réfléchir à ces choses. Voilà pourquoi la voie est désormais ouverte pour que le Grand Perturbateur quitte ses alliés républicains et constitue son propre parti.

Il a apposé sa marque sur du vin, des cravates, des steaks, des hôtels, des casinos, une université, une compagnie aérienne…

Pourquoi pas sur un parti politique ?

Emmanuel Macron l’a fait en France. Juan Perón l’a fait en Argentine. Hugo Chavez l’a fait au Venezuela. Adol… Bref.

Remontons en arrière et jetons un coup d’oeil sur nos données fondamentales, afin de voir si elles sont reliées tel que nous le pensons.

Les gouvernements sont toujours en quête de moyens permettant à une poignée de gens d’exploiter la multitude des autres. Il s’agit essentiellement de rackets gagnant-perdant, en échange d’une protection. Tu payes… ou sinon…

Dans les colonies américaines, les gens intelligents – Jefferson, Adams, Madisons, et d’autres – avaient érigé des remparts afin que l’Etat reste à sa place.

La Constitution et la Déclaration des Droits (le « Bill of Rights » qui contient les 10 premiers amendements à la Constitution américaine), en particulier, devaient protéger les citoyens de leur gouvernement prédateur.

Plus tard, en 1917, une autre protection a été mise en place : un plafonnement de la dette, afin de limiter l’argent que les initiés pouvaient emprunter au nom des citoyens.

Mais avec le temps, de plus en plus d’arnaqueurs se sont glissés dans le marigot de Washington. républicains et démocrates ont fait passer des lois, des réglementations et des mesures qui coûtent de l’argent public… mais qui rapportent aux initiés.

Les limites déplaisent au Deep State

Progressivement, le Deep State a pris forme. A présent, il prend les décisions importantes, peu importe ce que veulent les électeurs.

Petit à petit, les initiés ont défait les mesures qui avaient été mises en place pour les contenir. La semaine dernière, c’est la démolition du dernier rempart principal s’érigeant en travers de leur route – le plafond de la dette – qui a été programmée.

M. Trump, tournant le dos à son propre parti, a fait cause commune avec les leaders démocrates pour s’en débarrasser.

Qu’est-ce que cela signifie pour nous ? Pour le marché actions ? Pour l’économie ? Pour les obligations et le marché de la dette ?

Des milliers de milliards de déficit… de plus en plus de gens qui partent à la retraite… un empire incontrôlable… et une dette qui augmente.

Politiquement, il n’y a aucun moyen de stopper ce train… car les gens qui contrôlent le système en bénéficient également. Ils ne veulent pas que cela s’arrête.

Et à présent, il n’y a plus de rempart entre les Etats-Unis et une catastrophe financière nationale.

Un parti démagogique, socialiste et opportuniste

Aujourd’hui, restons-en à M. Trump… et imaginons un peu.

Est-il possible qu’il crée son propre parti politique ? Une « troisième voie », comme Macron, Perón ou Chavez ?

Oui, c’est possible.

Il va peut-être le faire en partie parce qu’il sera rejeté par les républicains, qui commencent à en avoir assez de se faire poignarder dans le dos… en partie parce que c’est en accord avec son tempérament égocentrique et idiot… en partie parce que cela va accroître son pouvoir, en lui permettant de devenir le véritable décideur et de jongler avec les propositions républicaines et démocrates.

Comme le crédo de Perón, le « trumpisme » sera ouvertement démagogique, socialiste du point de vue fonctionnel, et profondément opportuniste.

Et comme M. Perón, M. Trump s’adressera directement au peuple, en twittant des promesses d’opulence et de grandeur nationale. Il pestera contre les républicains qui bloqueront ses programmes idiots. Il râlera contre les démocrates qui résisteront à ses projets épouvantables. Il hurlera sur les médias qui diffusent des « informations bidon ».

Il feindra de défendre le « citoyen moyen » contre l’Establishment. Et Ivanka – sortant tout juste d’un petit-déjeuner avec la responsable de la Fed, Janet Yellen, où elles auront débattu du sort difficile des femmes qui travaillent – sera son Evita.

Ivanka représentera les pauvres… les coeurs solitaires… et les orphelins. Elle distribuera des cadeaux à Noël… et militera pour obtenir davantage de prestations pour les opprimés.

Alors que son père s’entourera de généraux… et se complaira dans l’aura de gloire de ces pseudo héros… Ivanka séduira l’âme prétendument féminine du peuple, offrant ce baume apaisant qu’est l’argent des autres.

S’il échoue – ce qui est très probable – M. Trump disparaîtra dans le chaos et l’ignominie de la crise financière qui s’annonce. S’il réussit, le trumpisme – comme le mouvement de Juan Perón en Argentine – rongera le paysage politique de l’Amérique au cours des 70 prochaines années.

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Bill Bonner
Bill Bonner
Fondateur de AGORA

Né en 1948, Bill Bonner est le fondateur d’AGORA, le plus large réseau d’entreprises indépendantes de presse spécialisée au monde.

En 1978, depuis sa ville natale, Baltimore (Maryland, Etats-Unis), Bill Bonner a voulu développer un « marché » (« Agora » en grec) des idées. Pas de l’information homogénéisée telle que les médias grand public relayent sur nos écrans et journaux, mais une source d’idées diverses avec des opinions et des avis originaux, alternatifs et surtout utiles. Bill a à cœur d’aider les lecteurs à mieux comprendre le monde dans lequel ils vivent, et à agir en conséquence. Que ce soit en matière de géopolitique, de macro-économie ou tout simplement dans le domaine de l’épargne, Bill incite ses lecteurs à cultiver un esprit vif et anticonformiste.

« Parfois nous avons raison, parfois nous avons tort, mais nous sommes toujours dans le questionnement », telle est la devise de Bill.

Bill a également co-écrit des livres qui ont tous figuré dans la liste des best-sellers du New York Times et du Wall Street Journal : L’inéluctable faillite de l’économie américaine (2004), L’Empire des dettes. À l’aube d’une crise économique épique (2006) et Le Nouvel Empire des dettes. Grandeur et décadence d’une bulle financière épique (2010).

Dans son dernier livre, Hormegeddon, quand trop de bien nuit (2015), paru aux Belles Lettres (www.lesbelleslettres.com), Bill décrit ce qu’il advient lorsque l’on abuse d’une bonne chose dans les sphères de la politique, de l’économie et des affaires. En bref, trop de bien conduit au désastre.

Vous pouvez retrouver les notes de Bill au quotidien dans La Chronique Agora.

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