Renault vient de Venus, General Motors vient de Mars

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LA CHRONIQUE AGORA
Paris, France
Mardi 04 juillet 2006
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*** Renault vient de Venus, General Motors vient de Mars
Philippe Béchade se penche sur l’offre de General Motors…

*** Oussama Ben Laden et la bulle immobilière
La guerre fait rage sur tous les fronts…

*** Inflation, déflation… ou krach ! (2)
Réduire les dépenses et épargner aurait été la chose prudente à faire, mais ce n’aurait pas été aussi amusant.

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Bonjour,

*** RENAULT VIENT DE VENUS, GENERAL MOTORS VIENT DE MARS

** Au moment où nous achevons la rédaction de cette chronique, les opérateurs américains ont déjà terminé leur journée. Wall Street fermait à l’heure du déjeuner, afin de permettre à tous ceux qui y travaillent de consacrer leur après-midi à l’achat des ingrédients indispensables à la confection du plus grand barbecue de la planète, qui se déroule chaque année le 4 juillet aux Etats-Unis.

Le 4 juillet, c’est aussi le jour béni où les Américains pulvérisent presque chaque année le record mondial de consommation d’essence et de diesel… sans parler naturellement du charbon de bois made in USA sans lequel les grillades n’auraient pas cette saveur patriotique qui rappelle l’indépendance du pays il y a 230 années.

La hausse des indices américains hier (+0,85% pour le Nasdaq et +0,7% pour le Dow) apparaît plutôt flatteuse compte tenu des statistiques du jour. L’Institute for Supply Management (ISM) a mis en lumière un fléchissement de l’activité manufacturière en juin. L’indice PMI (Purchasing Managers Index) est en effet retombé de 54,4% à 53,8% au mois de juin, bien en deçà des attentes des analystes, avec un consensus des opinions voisin de 59%.

Une comparaison s’impose avec l’Europe : la dernière enquête mensuelle que NTC Economics mène pour The Royal Bank of Scotland (RBS) confirme que l’activité manufacturière de la zone euro a continué de croître le mois dernier, au rythme le plus élevé observé depuis six ans. L’Indice des directeurs d’achat IDA RBS/NTC Eurozone (industrie manufacturière) poursuit son rebond de 57 à 57,7 — son plus haut niveau depuis le mois d’août 2000.

Pas de quoi déclencher l’euphorie des places européennes, mais le second semestre 2006 démarre sur de bonnes bases avec un gain de 0,38% de l’EuroStoxx 50 — et même de 0,55% pour l’Eurotop 300, qui inclut les valeurs britanniques. Londres se venge ainsi de l’élimination de l’équipe britannique samedi, de la blessure de David Beckham et de l’expulsion de Wayne Rooney en infligeant un 2-1 à l’Allemagne et un 3-1 à la France : le FT 100 a en effet grimpé de 1% contre 0,5% pour le DAX et un modeste 0,3% pour le CAC 40.

Pour ne rien vous cacher, nous avons suivi avec un peu plus de passion un certain match France-Brésil que cette séance de lundi en Europe ou aux Etats-Unis. L’absence de nombreux "titulaires" s’y est faite ressentir — un peu comme si Wall Street avait fait jouer son équipe de réserve : choix tactiques indéchiffrables (aucun secteur de la cote n’a émergé), l’essentiel de la partie se déroulant au milieu du terrain jusqu’en début d’après-midi ; le CAC 40 a tardé à se résoudre à grappiller quelques dixièmes de pourcentage sur le tard

** A l’image d’un Brésil en panne de percussion et d’inspiration, General Motors pourrait avoir recours aux services d’un nouvelle entraîneur : Kirk Kerkorian — ainsi que les représentants du fonds Tracinda, dont Jerry York — espère que Carlos Ghosn, le président de Renault et de Nissan saura insuffler une nouvelle jeunesse au plus gros groupe automobile mondial.

Mais grosseur rime avec obésité dans le cas présent. Le chiffre d’affaire semble en conflit permanent avec les marges depuis près de deux décennies, du fait du nombre excessif de modèles et de marques en portefeuille. Le groupe General Motors n’est plus que l’ombre de ce qu’il fut des années 40 au premier choc pétrolier de 1973, et sa capitalisation est inférieure à celle de Renault.

Le conseil d’administration de Nissan s’est réuni ce lundi sous la présidence de M. Ghosn, et a donné son feu vert à l’ouverture de négociations préliminaires, en vue de d’étudier l’alliance en question. Le dernier exemple de coopération transatlantique — l’absorption/restructuration de Chrysler par le groupe allemand Daimler — n’a pas fait la fortune des actionnaires ni contribué à créer de la valeur… et encore moins des emplois, naturellement.

La course à la taille mondiale a montré ses limites dans le domaine automobile ; les synergies et les réductions de coûts n’ont aucune efficacité sur le long terme si le projet se limite à exiger de meilleurs tarifs des fournisseurs et une polyvalence du réseau commercial.

Au lieu de cela, il faudrait que Renault/Nissan et GM mettent en œuvre un projet technologique et industriel novateur — développement d’une gamme de véhicules hybrides, de moteurs moins polluants acceptant des carburants biologiques ou dérivés du gaz liquéfié…

Rien d’efficace ne se fera cependant sans le concours des Etats (le coût social de la main d’œuvre semble un problème insoluble aux Etats-Unis), des raffineurs (leurs chimistes savent convertir le gaz en combustible compatible avec les moteurs à explosion classiques, ils savent même transformer le charbon de bois en une huile qui trouverait sa place comme additif dans nos réservoirs), et des ingénieurs qui conçoivent l’outillage équipant les usines du futur — à quand des bâtiments intelligents et autosuffisants en matière de chauffage ou de climatisation grâce aux panneaux solaires ou à l’énergie géothermique ?

L’automobile n’a peut être pas fini de nous faire rêver, mais il y a peu de chance que cela se situe dans le domaine des sensations procurées par la conduite sur des routes de plus en plus encombrées et sous haute surveillance radar et vidéo… sans oublier certaines grandes villes, à prétention olympique, qui sont résolues à faire de chaque déplacement un véritable cauchemar urbain que redoutent même les pompiers et les ambulanciers, certains hôpitaux parisiens devenant inaccessibles en cas d’urgence !

En revanche, nos véhicules se présentent de plus en plus comme des extensions mobiles du confort que nous procurent nos bureaux et nos habitations, le multimédia embarqué rendant les déplacements moins fastidieux pour nos enfants et plus sûrs pour des conducteurs distraits ou maladroits.

Et il faut bien admettre que dans le domaine du "fantasme automobile", entre l’Europe, le Japon et les Etats-Unis, c’est encore le choc des cultures. Les Européens et les Japonais sont sous l’influence de Vénus… les Américains sous celle de Mars — avec l’ambition immanente de masquer les rayons solaires, comme sur Vénus, par le biais d’un épais nuage de gaz… d’échappement !

Philippe Béchade,
Paris

PS : Vous ne savez pas quoi faire de vos investissements aujourd’hui ? Composez vite le 0899 707 009 : vous y retrouverez tous les conseils de Philippe Béchade sur la séance en cours… et sa recommandation du jour !
*(1,35 euros l’appel + 0,34 euro/minute)

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LE PROCHAIN CHOC ENERGETIQUE MAJEUR
…et pourquoi il pourrait faire la fortune des investisseurs qui se positionnent dès maintenant

Il faut maintenir les lumières allumées… les machines en marche… les champs arrosés… et les réservoirs pleins : nos vies — et notre économie — en dépendent

Voilà pourquoi un torrent de liquidités afflue dans une poignée de sociétés destinées à renforcer et développer l’approvisionnement en énergie et en ressources naturelles de la planète.

Ces actions ont déjà connu une hausse considérable au cours de l’année passée — et elles peuvent vous rapporter plus encore aujourd’hui si vous vous positionnez à temps!

Pour en savoir plus…

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Bill Bonner, co-fondateur de La Chronique Agora, à Londres

*** OUSSAMA BEN LADEN ET LA BULLE IMMOBILIERE

** Aujourd’hui, on est le 4 juillet. Le Jour de l’Indépendance pour les Etats-Unis, pays d’immigrants. De nombreux Américains profitent d’un long week-end. Mais dans les bureaux londoniens de la Chronique Agora, nous ne connaissons pas les jours fériés. Il y a toujours quelque chose à raconter, quels que soient l’heure du jour et le pays d’origine. Aujourd’hui, nous nous penchons sur le fait que l’or a remonté depuis sa récente correction, et se trouve à nouveau au-dessus de notre cible d’achat de 600 $.

* Nous avançons une supposition sur ce qui se passe : les Etats-Unis suivent encore le Japon dans une longue et difficile crise — et l’affaiblissement de l’immobilier ouvre la voie.

* "Le jour du jugement est proche pour les Etats-Unis", déclarait un titre du magazine MoneyWeek cette semaine. Citant Alan Abelson, du journal Barron’s, MoneyWeek remarque qu’"il s’agit de la plus grande bulle immobilière depuis que l’homme, cherchant un abri, est sorti pour la première fois de sa caverne humide".

* Les bulles immobilières ne peuvent durer éternellement. Même les plus grandes de l’histoire doivent prendre fin à un moment ou à un autre. Pourquoi pas maintenant ?

* Dimanche, nous avons appelé un ami se trouvant au cœur de la bulle — dans le sud de la Floride, juste au-dessus de Miami — pour prendre la température. "As-tu réussi à vendre ta maison ?" avons-nous demandé.

* "Non, il y a trop de choses à vendre", nous a-t-il répondu. "Il est difficile d’obtenir que quelqu’un prenne notre maison au sérieux".

* Maintenant que nous avons terminé nos recherches, nous revenons à la théorie et au prêche.

* "Un ralentissement de l’immobilier est particulièrement inquiétant, le secteur ayant étayé la croissance ces dernières années", met en garde MoneyWeek. Pourquoi ? Parce que la récession de 2001-2002 a été suivie par une très faible croissance de l’emploi. Les quelques postes créés étaient en général liés à l’un de ces deux grands secteurs : l’immobilier et la guerre. Les deux ont prospéré grâce au crédit bon marché. Les acheteurs immobiliers ont besoin de taux bas afin d’acheter des maisons qu’ils ne pourraient pas se permettre autrement. Ils ont également besoin de crédit bon marché pour pouvoir refinancer… retirant le peu de valeur qu’ils ont pour pouvoir dépenser l’argent en choses dont ils n’ont pas vraiment besoin. Et l’empire a besoin de taux bas pour financer sa guerre contre la terreur — et plus spécifiquement, ses guerres périphériques visant à calmer les cultivateurs d’opium en Afghanistan et les tribus du désert mésopotamien.

** Nous faisons une petite pause pour réfléchir à l’un des protagonistes de la guerre contre la terreur — Oussama ben Laden. L’homme a publiquement annoncé sa stratégie. Il pousserait le Grand Satan à gaspiller son énergie, son argent et sa réputation dans une guerre futile. Pour chaque millier de dollars investi par les forces de Ben Laden, les Etats-Unis devraient dépenser 100 millions de dollars ! Tôt ou tard, l’empire serait épuisé. Il serait saigné à blanc, ruiné — incapable de se défendre.

* La stratégie était simple. Elle n’était guère surprenante, et encore moins inspirée ; c’est une stratégie typique d’une guérilla. Ce qu’il y a de plus étonnant, c’est que l’empire américain ait la faiblesse d’esprit de tomber dans le piège avec autant d’abandon. Le coût de ces guerres périphériques vient de dépasser les 500 milliards de dollars, lisait-on dans la presse la semaine dernière. Qu’a acheté cet argent ? Selon un sondage parmi des stratèges tant républicains que démocrates, il ne nous a rien apporté. Les terroristes sont une menace plus importante aujourd’hui que lorsque la guerre a été annoncée.

* Mais à présent, Ben Bernanke mène sa propre guerre. Il est là pour prouver qu’il peut livrer bataille contre l’inflation, et gagner. Cette utilisation d’une force écrasante contre un ennemi mineur peut avoir des conséquences inattendues et déplaisantes. Elle pourrait déclencher une attaque surprise sur les flancs — par la déflation ! A mesure que la bulle immobilière se dégonfle, beaucoup de gens auront beaucoup moins d’argent en poche — agents, courtiers, fabricants de revêtements de sol, promoteurs et tous les millions de gens qui en sont venus à dépendre de la hausse des prix du logement pour leur argent de poche. Voilà pourquoi David Rose, de Merrill Lynch, met les probabilités d’une récession l’année prochaine à 40%… et pourquoi nous les mettrions plus haut encore.

* Qu’est-ce que cela signifie pour le prix de l’or ? Les récessions, en général, ne sont pas inflationnistes. Les gens dépensent moins, si bien que les prix ont tendance à ne pas grimper. L’or pourrait ne pas augmenter aussi vite ou aussi loin que le pensent ses plus ardents supporters, mais la récession pourrait être aussi étrange et grotesque que le boom qui l’a précédée. Tandis que les Américains de la mère-patrie pourraient réaliser qu’ils n’ont pas assez de dollars, les détenteurs à l’étranger pourraient se rendre compte qu’ils en ont trop. Le prix de l’or pourrait grimper, alors même qu’aux Etats-Unis, les prix à la consommation, l’immobilier et les actifs financiers baisseraient.

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Nous n’avons pas de solution miracle à la volatilité et aux incertitudes boursières…

…mais que pensez-vous d’un gain moyen de 25% ce dernier trimestre ?

Mieux encore, auriez-vous apprécié une plus-value de 44% enregistrée en quatre séances… alors même que le Nasdaq perdait 4,5% sur la semaine ?

Si oui… continuez votre lecture pour en savoir plus

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*** La Chronique Agora présente ***

Bill Bonner nous apprenait hier que deux groupes de pensée dominent, concernant l’économie américaine. Le premier pense que la Fed sait désormais ce qu’elle fait, et qu’elle est bien armée pour lutter contre ce qui peut se présenter — inflation, déflation… et le reste. Aujourd’hui, nous examinons le deuxième groupe…

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INFLATION, DEFLATION… OU KRACH ! — 2ème PARTIE
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Par Bill Bonner (*)

Le second groupe, plus sceptique que le premier — et positionné sur l’or à long terme –, pense que la Fed n’est ni aussi déterminée ni aussi compétente qu’elle le prétend pour lutter contre l’inflation. Ce groupe n’attend ni tristesse de la part de la Fed pour toute l’inflation qu’elle a engendrée, ni pitié pour tous les pauvres ménages qui doivent vivre sur un budget fixe et une épargne basse. La Fed veut peut-être lutter contre l’inflation, disent-ils, mais elle a les mains liées. Les comptes fédéraux sont dans le rouge de 500 milliards de dollars cette année. De plus, le Trésor US doit refinancer, dans les mois qui viennent, une montagne de plusieurs milliers de milliards de dollars de dette à court terme. Et il y a les électeurs eux-mêmes, confrontés à la hausse des taux d’intérêt, à la chute de la valeur des maisons et à 2 700 milliards de dollars de prêts à taux variables qui seront réajustés au cours des 24 prochains mois. Pas étonnant qu’ils veuillent des taux plus bas. Dans ces conditions, l’inflation des prix à la consommation devrait augmenter régulièrement, et le prix de l’or devrait grimper.

Nos réflexions du jour suggèrent que les deux groupes — les optimistes comme les pessimistes — ont tort. Nous commençons et terminons en soulignant l’évidence. Le monde a peut-être trop de dollars, mais il en a aussi trop peu. Les coffres des banques centrales, les poches des dealers de drogue et les caisses de Wal-Mart en sont peut-être pleins, mais il y a aussi un revers à la médaille. Les Américains moyens ont déjà du mal à trouver assez de dollars pour payer leurs factures. Lorsque les choses se compliqueront, ils en auront peut-être encore plus.

Selon le dernier rapport de Charles Gave et Anatole Kaletsky, les consommateurs n’ont pas réduit leurs dépenses afin d’équilibrer leurs comptes. Voilà pourquoi les dépenses ont été si vigoureuses. Elles ont grimpé au taux annuel de 5,1% au premier trimestre. Réduire les dépenses et épargner aurait été la chose prudente à faire, mais ce n’aurait pas été aussi amusant. Et pourquoi se donner tant de peine ? On épargne pour les mauvais jours… mais si la Fed est vraiment aussi bonne qu’elle pense l’être, on peut jeter les parapluies.

Au lieu de réduire leurs dépenses, ils ont emprunté plus — en dollars. Ces emprunts supplémentaires ont créé ce que l’on pourrait considérer comme une position à découvert massive sur la devise américaine. Les gens doivent avoir besoin de plus de dollars encore qu’auparavant, afin de rembourser leurs prêts passés tout en maintenant leur niveau de vie actuel. Gave/Kal écrivent :

"La chose à retenir, c’est que les consommateurs de pétrole dans le monde entier ont décidé de retarder autant qu’ils le peuvent le moment de faire les comptes — moment que la hausse des prix du pétrole aurait dû déclencher. Ils ont décidé d’emprunter des dollars (ou des yens ?) pour acheter du pétrole. Résultat, un certain nombre de pays vendent le pétrole à découvert, mais aussi, de plus en plus, le dollar. C’est-à-dire que, lentement mais sûrement, nous construisons un dollar américain similaire à celui que nous avions construit durant la période entre 1987 et 1980, ou entre 1995-1997"…

Leur conclusions : achetez des actifs dont le cash flow est libellé en dollars.

Les consommateurs se sont glissés plus profondément dans les dettes plutôt que d’affronter le déclin de leur pouvoir d’achat. A présent, ils vont plus mal que jamais. Ils n’ont aucune marge de manœuvre. Contrairement aux Japonais, ils ne peuvent pas faire le dos rond et attendre une récession ; ils ont des factures à payer ! Et la Fed s’est mise dans son propre pétrin bien à elle. Armée jusqu’aux dents pour lutter contre l’inflation ou la déflation, elle ne peut tirer une seule salve.

A l’horizon se trouvent les forces de l’inflation. Bernanke pointe ses canons sur un taux central de 2% comme le général Patton visant Metz. Il n’y a pas de véritable ennemi devant lui ? Personne ne se soucie de le lui signaler. Si l’inflation est un problème, les spéculateurs ne s’en sont pas rendu compte — ils ont récemment vendu des matières premières pour acheter du dollar ! Pas plus que l’inflation n’a de soutien de la part des salaires ; pour la plupart des gens, les salaires ne vont nulle part. Même l’or, cette ancienne couverture contre l’inflation, réagit comme s’il n’y avait aucun souci à se faire ; il ne grimpe pas plus vite que les métaux vils.

Mais que ferait la Fed si l’inflation attaquait réellement ? A la fin des années 70, Paul Volcker a dû mettre le prix du crédit à 15% afin de freiner l’avancée de l’inflation, causant la pire récession depuis les années 30. Des membres du Congrès ont réclamé sa démission. Le public, de son côté, a brûlé son effigie. Et c’était avant que le pays ne se lance dans sa fièvre emprunteuse. Un taux directeur de 15% n’est pas impossible aujourd’hui, mais il mettrait 10 millions de personnes sur la paille, et Ben Bernanke devrait fuir pour protéger sa vie.

Voilà pourquoi la véritable inflation des prix à la consommation, lorsqu’elle se produira, ne rencontrera guère de résistance de la part de la Fed.

Suite et fin dès demain…

Meilleures salutations,

Bill Bonner
Pour la Chronique Agora

(*) Bill Bonner est le fondateur et président d’Agora Publishing, maison-mère des Publications Agora aux Etats-Unis. Auteur de la lettre e-mail quotidienne The Daily Reckoning (350 000 lecteurs), il intervient dans La Chronique Agora, directement inspirée du Daily Reckoning. Il est également l’auteur des livres L’inéluctable faillite de l’économie américaine et L’Empire des Dettes

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(c) Les Publications Agora France, 2002-2006
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