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La Chronique Agora
Paris, France
Vendredi 27 octobre 2006
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*** Buy lower… or sail away
Achetez le moins cher possible… ou mettez les voiles!
*** Regardez le Dow !
Admirez la manière dont les Etats-Unis sauvent la planète…
*** Le Rose et le Noir (2)
Vol au-dessus d’un nid de perspectives économiques.
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Bonjour,
***BUY LOWER… OR SAIL AWAY
** Nous vivons un mois d’octobre d’anthologie. Pour s’en convaincre, il suffit de regarder les chaînes d’information anglo-saxonnes qui diffusent des données boursières en continu : les journalistes économiques affichent des mines aussi réjouies que s’ils commentaient en temps réel la remontée fantastique de leur équipe favorite de football américain, alors qu’elle était menée cinq touchdowns à zéro à la fin du premier quart temps.
Un tel miracle ne les amène pas à s’interroger sur la soudaine baisse de forme de l’équipe adverse… ni sur la succession historique de "gains de terrain" sans la moindre interception de passe… ni la moindre mise en échec du pack des avants qui tentent de passer en force pour atteindre la ligne d’embut.
Le tableau de marque semble tourner comme une horloge, mais d’un seul côté — tandis que les supporters déchaînés en demandent toujours plus. Ils exultent à chaque remise en jeu, puisque rien ne vient freiner l’élan de leur équipe, qui avance comme un véritable rouleau compresseur face à une opposition devenue inexistante.
** Oui, l’équipe des "Bulls de Wall Street" se montrent carrément irrésistibles ; l’équipe des "Bears de l’Alaska" est laminée, K-O debout, pantelante, le regard perdu dans le vague. Leur entraîneur est déjà rentré au vestiaire, peut-être pour y percevoir l’enveloppe promise pour se laisser infliger une défaite humiliante devant les caméras du monde entier ?
A l’heure ou nous écrivons ses lignes, le Dow Jones pulvérise de nouveaux plus hauts absolus, au-delà de 12 150 points, alors que la partie semblait bien mal engagée : les chiffres relatifs aux ventes de logements neufs — abondamment commentés dans les prochains paragraphes — font apparaître une chute des prix en rythme annuel sans précédent depuis le mois de décembre 1970 !
Mais les indices boursiers sont apparemment sommés de prendre le relais de marchés immobiliers en déconfiture. Leur mission consiste à entretenir un sentiment de richesse qui est en train de voler en éclat chez les inconditionnels de la pierre et des villas équipées d’un jacuzzi, home vidéo grand écran et cuisine intelligente (les derniers gadgets incontournables lorsqu’il s’agit de trouver dans l’urgence un acheteur).
** Peu importent les lourds nuages qui barrent l’horizon de l’immobilier et tétanisent les promoteurs les plus aventureux ; Wall Street rayonne comme jamais, soutenue par la publication d’un flot de trimestriels de bonne facture (supérieurs aux estimations dans 80% des cas) et la divulgation de profits historiques par les établissements de crédit, les majors du secteur pétrolier et les leaders mondiaux de l’armement (Raytheon, Lockheed Martin, Carlyle).
Dopé par quelques très beaux trimestriels (France Télécom, Air Liquide, Michelin, Business Objects) le CAC 40 a inscrit hier un troisième record annuel en l’espace de quatre séances. Il a culminé vers 5 460 points, dans des volumes considérables — plus de six milliards d’euros. Cela semble traduire une véritable panique à la hausse : l’indice avait en effet rouvert sur un gap de plus de 20 points à 5 447, avant de le refermer in extremis en fin d’après-midi (inscrivant un plus bas en séance à 5 422 contre 5 425 points au plus haut la veille).
Le CAC 40 est venu tester dès le début de la matinée une résistance oblique court terme (sommet du canal haussier inauguré le 11 septembre dernier), et s’est rapproché à moins de 1% de l’objectif psychologique des 5 500 points.
Il n’est pas inutile de souligner qu’en débordant les 5 412 points dès le 23 octobre, l’indice CAC 40 matérialisait un gain de 3 000 points par rapport à son plancher du 13 mars 2003. Cela revient à +225% en très exactement trois ans et demi, ce qui est seulement comparable — en proportion — à la période s’étendant de décembre 1995 à juillet 1999.
L’Euro-Stoxx 50 affiche également des dispositions haussières hors du commun, puisqu’il avait lui aussi ouvert en matérialisant un gap de +0,4%. Compte tenu d’une série impressionnante de plus hauts annuels — une des plus longue observée depuis cinq ans — une telle accélération constitue statistiquement un évènement exceptionnel et caractéristique d’une polarisation haussière univoque du marché depuis le 11 septembre dernier.
Cette progression inexorable et carrément irrésistible des indices contraste avec le peu de visibilité conjoncturelle à un horizon de trois ou six mois.
L’Euro-Stoxx 50 est aspiré vers des sommets, jour après jour, au sein d’une "tendance en ligne" qui pourrait signifier que les opérateurs découvrent chaque jour de nouvelles raisons d’acheter en ignorant les fondamentaux, les résistances historiques ou hebdomadaires.
Les oscillateurs techniques (qui mesurent la vélocité haussière des indices) n’ont pas eu la moindre occasion de se détendre depuis six semaines. Ils atteignent des niveaux de sur-achat proprement vertigineux, qu’on n’avait plus observés depuis décembre 1999 ou mars 2000.
L’Euro-Stoxx 50 se dirige donc sans la moindre appréhension vers 4 055/4 060 points, à un rythme voisin de dix points par jour depuis six semaines. Une telle fuite en avant est impérative, car le support oblique court terme transite déjà par delà les 4 000 points (4 010 ce vendredi) : la marge de sécurité est inférieure à 0,5% mais la détermination des investisseurs écarte jusqu’à l’hypothèse d’un pullback qui menacerait la perpétuation de la spirale haussière.
** Des investisseurs qui demeurent d’ailleurs imperturbables quelles que soient les circonstances. Le département du Commerce américain a indiqué hier que les ventes de logements neufs avaient progressé de 5,3% le mois dernier aux Etats-Unis, pour un total d’environ 1,075 millions d’unités. C’est bien au-delà des attentes des analystes, qui tablaient sur un chiffre rond de un million — mais même en intégrant cette soudaine embellie, les ventes de logements neufs aux Etats-Unis ressortent en baisse de 14,2% en glissement annuel.
Là n’est pas le point crucial, cependant : le prix de vente médian d’un logement a une nouvelle fois chuté le mois dernier, à hauteur de 9,7 % par rapport à septembre 2005, pour s’établir à 217 000 dollars. Pour prendre la pleine mesure de la tendance sous-jacente en vigueur depuis six mois, il est impératif de retenir que le plongeon atteint 15,5% par rapport au mois d’avril dernier (prix médian de 257 800 $). Ce trou d’air est le plus vertigineux jamais enregistré aux Etats-Unis depuis le mois de décembre 1970.
Wall Street, qui est au plus haut depuis 36 ans, semble fort bien s’accommoder des soldes qui sont pratiquées dans le secteur immobilier depuis mai dernier. Nous avions pressenti cette évolution dans une chronique postée il y a tout juste deux mois (nous misions sur une politique de rabais agressifs par les promoteurs pour déstocker — et se désendetter — au plus vite), ainsi que l’émergence d’un potentiel phénomène de vases communicants.
Ainsi, une nouvelle bulle chasse l’autre… mais nous situons l’épine qui la fera éclater entre le 6 et le 8 novembre prochain, tandis que nous anticipons une forte remontée des prix pétroliers : cela devrait achever de dissiper le béatifiant scénario de l’atterrissage économique en douceur aux USA et de l’évaporation naturelle de l’inflation !
Pour l’heure, la maxime qui rallie tous les suffrages à Wall Street (et ce sera particulièrement de circonstance le 7 novembre prochain) c’est buy high, sell higher — achetez à un prix astronomique, et revendez si vous le pouvez à un cours stratosphérique. Celle que nous vous proposons c’est buy lower or sail away ! : achetez le moins cher possible, ou mettez les voiles !
Philippe Béchade,
Paris
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Comment investir aujourd’hui ?
Eh bien… nous n’avons pas de recette miracle, mais…
… que pensez-vous d’un système qui dépasse les 24% de croissance annuelle moyenne depuis 2003… en accumulant des gains de 74%, 53,8%, 43,17%, 60%… et bien d’autres encore !
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Bill Bonner, co-fondateur de La Chronique Agora, à Londres
*** REGARDEZ LE DOW !
** Ces sacrés Asiatiques épargnent tant d’argent — il faut bien que quelqu’un l’emprunte.
* Dieu soit loué, les Américains sont là ! Sans leur volonté de consommer plus qu’ils ne produisent, la planète entière pourrait entrer en récession.
* Voilà, cher lecteur, l’idée que Ben Bernanke se fait du véritable problème actuel : un "excès d’épargne mondial".
* Il a raison… d’une certaine manière.
Après tout, la bataille de Little Big Horn pourrait aussi bien être décrite par "le général Custer et ses hommes ont aidé les Sioux à recycler leur surplus de flèches".
* Mais l’histoire ne s’arrêterait pas là. Et dans le cas présent, c’est pareil.
* Ben Bernanke manque de nous dire une partie de l’histoire : le rôle croissant joué par les pays exportateurs de pétrole [dont Philippe Béchade nous a déjà parlé à maintes et maintes reprises, ndlr.]. A mesure que le prix du pétrole augmente, il en va de même pour les excès de liquidités entre les mains des producteurs pétroliers — comme l’Arabie Saoudite et la Russie. Cette année, la quantité totale d’exportations pétrolières nettes devrait dépasser les 800 milliards de dollars — ce qui équivaut à peu près au déficit courant américain. L’année dernière, l’excédent courant de l’Asie se montait à 263 milliards de dollars, tandis que les exportateurs pétroliers engrangeaient 242 milliards de dollars. Cette année, leur excédent courant devrait dépasser celui de l’Asie — aux environs de 311 milliards de dollars.
* Nous devons donc poser la question : que font-ils de tout cet argent ? En réalité, personne ne le sait vraiment. Une partie de cet argent est "traçable", bien entendu. La Chine possède désormais 1 000 milliards de dollars de réserves officielles ; il en va de même pour les exportateurs de pétrole. Mais des centaines de milliards restent invisibles.
** Et voilà qu’une pensée nous frappe : si les fondamentaux sont aussi faibles que nous le disons, pourquoi le Dow et le dollar sont-ils si vigoureux ?
* Nous en déduisons qu’une bonne partie de ces milliards doit échouer dans les investissements les mieux vus du moment : les actifs libellés en dollars, dont les actions américaines font partie.
* Un récent rapport publié par UBS Investment Research nous aide à expliquer ce phénomène : "les prix élevés du pétrole et du gaz donnent aux exportateurs pétroliers un statut financier autrefois réservé aux banques centrales asiatiques. Leurs réserves, de quelque manière qu’on les mesure, augmentent rapidement et leur influence sur les marchés financiers [des Etats-Unis] et d’ailleurs s’est développée en parallèle".
* Imaginez que vous contrôlez une énorme quantité d’argent pour le compte du Nigeria, de la Norvège ou de tout autre producteur pétrolier. Allez-vous investir dans une start-up se consacrant au lavage de voitures ? Ou dans un cabaret quelque part dans la Beauce ? Non, monsieur. Vous achèterez des T-bonds… et le Dow !
* Voilà pourquoi George W. Bush peut faire des apparitions télévisées en affirmant que l’économie est en pleine forme. Il suffit de regarder le Dow ! Regardez les bons du Trésor US à longue échéance ! Regardez le dollar ! Oui, tiens, regardez-le. Puis regardez une seconde fois. Les gens ne deviennent pas vraiment riches lorsque d’autres leur prêtent de l’argent ou rachètent leurs usines et leurs entreprises. Tandis que les Asiatiques ont pu payer un pétrole plus cher grâce à leurs propres exportations de produits manufacturés — et que l’Europe s’en est relativement bien tirée puisqu’elle exporte des produits de luxe tout en limitant sa consommation de pétrole –, le plus grand perdant de cette tendance, c’est l’Amérique, déclare l’étude d’UBS.
* Mais tandis que les actifs des exportateurs pétroliers augmentent, le déficit courant américain se creuse. Le pétrole coûte de l’argent, et les Etats-Unis — n’ayant pas le moyen de le payer — vendent leurs actifs et empruntent. La position du compte courant US, à moins 800 milliards de dollars, nous annonce en grandes lettres rouges à quelle vitesse les Américains se ruinent ; peu importe, ou presque, à quel niveau sont le dollar et le Dow.
* Réfléchissez-y. Le système monétaire mondial est désormais censé être une machine bien huilée, à la point de la technique — avec tous ces fonds de couverture… ces produits dérivés… et tant d’investisseurs et tant d’opportunités d’investissement — tous, désormais, protégés contre les accidents qui les ont mis à mal il y a quelques années de cela.
* Mais tous ces gens différents dans des endroits différents, les mains occupées par tant d’instruments différents, lisent quand même tous The Economist, le Wall Street Journal et le Financial Times. Ils assistent tous aux mêmes conférences… et pensent à peu près la même chose. En plus de cela, les décisions affectant réellement les marchés mondiaux sont prises par une poignée de personnes… et l’on sait de qui il s’agit : ils contrôlent les surplus de l’Asie et ceux des exportateurs pétroliers.
* Tout revient donc à ça : il suffira que ces quelques personnes décident de se débarrasser de leurs dollars pour changer la donne — du jour au lendemain.
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*** La Chronique Agora présente ***
Raphaël Garaud continue de voir les choses en rose et noir : après les stock-options hier, c’est au tour des perspectives de l’économie mondiale d’être passées au crible. Espérons que vous n’êtes pas daltonien, cher lecteur…
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LE ROSE ET LE NOIR — 2ème PARTIE
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Par Raphaël Garaud (*)
Vol au-dessus d’un nid de perspectives économiques
Si vous regardez les dernières prévisions du FMI, vous constaterez qu’une certaine incertitude règne. J’en faisais part à un ami tout récemment qui remarquait, comme vous devez le faire vous aussi, que les prévisions de croissance mondiales avaient été relevées, pour nombre de pays, et ce tant pour 2006 que pour 2007. L’optimisme est de règle, et le rose domine. Oui, mais la suite est moins réjouissante. C’est là que je tire la sonnette d’alarme.
Les déséquilibres mondiaux existent toujours, les risques d’inflation sont bien réels et figurez-vous que les banques, au moindre signe de renchérissement de cette inflation, durciront leur politique monétaire ; dès lors, la croissance connaîtrait un sérieux recul. Scénario noir.
Que déduire de tout cela ? Que la croissance mondiale pour 2007 devrait être encore correcte, mais qu’elle pourrait aussi être moins bonne que prévu. Ce qui attire mon attention, c’est le bel optimisme manifesté par le scénario central du FMI.
L’an prochain il n’est prévu qu’un petit ralentissement de la croissance mondiale, qui passerait de 5,1% à 4,9%, inscrivant cette période parmi les plus fastes depuis les années 1970. Grâce à qui ? La Chine et l’Inde bien évidemment.
Les USA ne subiraient qu’un modeste recul de leur activité, qui passerait de 3,4% à 2,9%. La zone Euro suivrait en revenant de 2,4% à 2% ; seul le Japon pourrait marquer le pas de 2,7% à 2,1%. Pour la Chine, malgré les mesures de refroidissement prises vis-à-vis des investissements, c’est 10% de progression qui est encore attendu.
Donc le ralentissement annoncé par les économistes deviendrait presque négligeable ; c’est dire l’optimisme qui se dégage à la lecture de ces chiffres. La vie en rose vous dis-je.
Risques majeurs à l’horizon
Un des experts du FMI reconnaît que la prévision centrale dont je viens de vous entretenir ressortait d’un environnement plus incertain qu’à l’ordinaire. Faudrait-il donc mettre un bémol aux perspectives optimistes globales ?
Il est certain que si le ralentissement économique est un peu plus important que prévu, et que dans le même temps les tensions inflationnistes se manifestent plus fortement, la Fed se retrouverait très embarrassée.
Obligée de relever les taux pour stopper l’inflation, les belles prévisions s’évanouiront alors. Le noir l’emporterait haut la main. Mais ce n’est pas tout. Le pétrole en remontant et/ou le marché immobilier en ralentissant de façon significative pourraient avoir les mêmes effets. Le noir s’afficherait encore.
Certains pensent que la croissance mondiale est plus équilibrée dans son ensemble. Peut-être, mais rien ne dit que la zone euro et d’autres parties du monde ont une capacité de résistance suffisante en cas de refroidissement soudain de la conjoncture du pays de l’Oncle Sam. Tout ceci prouve qu’au sein même du FMI, tout le monde n’est pas d’accord et pour cause : les enjeux sont importants !
D’autre prévisionnistes pensent qu’un atterrissage en douceur est probable, mais à 45% seulement. Dans cette hypothèse, les marchés boursiers pourraient s’apprécier de l’ordre de 10% sur un période de six à huit mois. Revoilà du rose qui rassure.
Mais sans vouloir jouer les oiseaux de mauvais augure, je crois qu’il vous faut être conscient des dangers qui nous menacent : ne sous estimez pas les conséquences d’un recul du marché immobilier. La chute de l’immobilier ou le relèvement des taux de la Fed entraînerait un très net recul des places boursières, quel que soit le cas de figure. Noir c’est noir.
Meilleures salutations,
Raphaël Garaud
Pour la Chronique Agora
(*) Raphaël Garaud est rédacteur en chef de Vos Finances — La Lettre du Patrimoine. Ce service d’information financière offre à ses membres des moyens exclusifs et fiables de protéger et d’accroître leur patrimoine. Actions, fiscalité, immobilier, investissements alternatifs… Vos Finances — La Lettre du Patrimoine ne laisse rien au hasard lorsqu’il s’agit de faire fructifier votre capital ! Pour en savoir plus…
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(c) Les Publications Agora France, 2002-2006
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