Récession, dettes : nous sommes tous foutus

Rédigé le 1 septembre 2012 par | Inflation, dettes et récession Imprimer

▪ Neil Barofsky, employé fédéral chargé d’auditer le programme TARP déclare que « les Etats-Unis sont carrément foutus ». Le Huffington Post rapporte qu’il n’est pas le seul à recourir à un vocabulaire vigoureux pour décrire la situation des Américains :

« Christina Romer… ancienne présidente des conseillers économiques du président Obama, a déclaré à Bill Maher l’an dernier que les Etats-Unis étaient ‘plutôt foutus’ le soir où Standard & Poor’s a dégradé la note obligataire du pays ».

« Un autre officiel de Washington connu pour son langage coloré ? Nul autre que Tim ‘j’ai été le secrétaire au Trésor le plus de transparent de toute l’histoire de ce pu***n de pays !’. »

La semaine dernière, nous avons découvert que quoi que ce soit qu’il faille pour provoquer une pu***n de vraie reprise… avec une vraie pu***n de croissance… et de la vraie pu***n de prospérité… les banques centrales ne l’ont pas.

Tout ce qu’elles ont, c’est la capacité de manipuler les marchés du crédit… et imprimer plus d’argent. Si c’est tout ce qu’il fallait pour rendre les gens riches, pu***n, les habitants du Zimbabwe seraient les gens les plus prospère de toute cette pu***n de planète, suivis par les pu***n d’Argentins.

Nous découvrons à présent qu’en dépit d’efforts herculéens de la part des pu***n de banquiers centraux, une part de plus en plus grande de l’économie mondiale est néanmoins foutue. Les banques centrales ont doublé leurs pu***n d’actifs (ainsi que les fondations de la masse monétaire mondiale) en quatre petites années. La Banque d’Angleterre a été particulièrement énergique ; elle a triplé ses pu***n d’actifs. Pourtant, la récession se poursuit au Royaume-Uni. Aux Etats-Unis, la pu***n de récession est peut-être déjà là. Si ce n’est pas le cas, elle est probablement juste au coin de la pu***n de rue.

Les ventes de McDonalds sont à un plus bas record. Si vous ne pouvez pas vous permettre un pu***n de BigMac, que pouvez-vous vous permettre ? David Rosenberg annonce que les commandes à l’exportation s’effondrent aussi. Les deux dernières fois que ça s’est produit, nous étions dans une pu***n de récession.

▪ Nous avons également officiellement appris que la France est elle aussi dans une pu***n de récession.

« La France est foutue« , nous a dit un ami lors d’un dîner.

« Tout est truqué… et re-truqué. François Hollande est un homme riche. Il a trois maisons sur la Côte d’Azur. Mais il prétend détester les riches… et il obtient des voix en promettant de punir les riches avec des hausses d’impôts ».

« Ils doublent déjà l’impôt sur la fortune. Et maintenant, ils mettent les impôts sur le revenu à 75%. Evidemment, ça n’a pas vraiment d’importance. La mesure s’applique uniquement aux gens qui gagnent plus d’un million par an. Peu de gens gagnent ce genre de somme en France. Et quand c’est le cas, ils partent ».

« Ils disent donc que c’est symbolique. Mais symbolique de quoi ? D’un gouvernement stupide et hypocrite… qui prétend pouvoir traiter les gens qui créent de la richesse comme s’ils étaient des vaches à lait. Il les vide jusqu’à la dernière goutte… puis leur botte le derrière ».

« Vous savez quoi ? Moi aussi je peux faire quelque chose de symbolique. Je peux quitter la France ».

Voilà pourquoi la France est foutue. Les gens qui ont du cran s’en vont. Ils peuvent aller à Londres. Ils peuvent aller à Genève. Ils peuvent aller à Bruxelles. Ils peuvent bien vivre dans chacune de ces villes.

Un autre invité était agriculteur :

« Je suis allé à une réunion organisée par notre bureau agricole local la semaine dernière. Ils nous ont expliqué toutes les choses extraordinaires qu’ils font pour nous. Ils avaient une présentation PowerPoint… avec de belles photos d’eux au travail… montrant toutes les ressources que nous avions à notre disposition ».

« Ce qu’ils ne se sont pas donné la peine d’expliquer, c’est combien toute leur ‘aide’ est devenue coûteuse. En Europe, pour un seul agriculteur, on trouve désormais cinq bureaucrates travaillant dans un domaine ou un autre de l’administration agricole. En plus, ils augmentent la charge de travail d’un exploitant. Je passe désormais la moitié de mon temps à remplir les formulaires exigés par ces gens… ou à être contrôlé… ou à prendre des mesures pour respecter une nouvelle règle ou réglementation ».

« Quand on est arrivé à la fin de la présentation, ils ont demandé s’il y avait des questions. Je me suis levé. J’ai dit : ‘j’aimerais faire une proposition. Puisqu’il y a maintenant cinq personnes administratives pour chaque agriculteur dans le secteur… et puisque chaque agriculteur doit passer la moitié de son temps à gérer l’administratif… je propose que chaque exploitant se voie attribuer un rond-de-cuir pour son usage exclusif. Son travail sera de refiler les formulaires aux autres ronds-de-cuir’. »

« Les avantages d’un tel système sont faciles à voir. Il ne coûtera rien. Aucun emploi ne sera perdu. Les exploitants n’auront plus besoin de faire des choses non-productives. En théorie, ça devrait doubler la productivité de l’exploitant. Tout le monde sortira gagnant ».

« Le gars du bureau agricole a juste marmonné quelque chose puis ils ont mis fin à la réunion ».

Notre ami ne l’a pas dit en ces termes. Mais si les agriculteurs sont foutus, c’est à cause de la pu***n de bureaucratie agricole.

Mais qu’importe, finalement ? Nous sommes tous foutus, parce quoi qu’aient les pu***n de banquiers centraux, ce n’est pas assez pour générer une pu***n de vraie croissance dans la pu***n de vraie économie.

Comme nous l’avons vu, c’est précisément à cause des banquiers centraux et des planificateurs que l’économie est foutue. A présent, la seule chose qui apporterait une vraie croissance, c’est précisément celle qu’ils refusent de faire :

Arrêtez de la bidouiller, pu***n !

Meilleures salutations,

Bill Bonner
La Chronique Agora

Bill Bonner
Bill Bonner
Fondateur de AGORA

Né en 1948, Bill Bonner est le fondateur d’AGORA, le plus large réseau d’entreprises indépendantes de presse spécialisée au monde.

En 1978, depuis sa ville natale, Baltimore (Maryland, Etats-Unis), Bill Bonner a voulu développer un « marché » (« Agora » en grec) des idées. Pas de l’information homogénéisée telle que les médias grand public relayent sur nos écrans et journaux, mais une source d’idées diverses avec des opinions et des avis originaux, alternatifs et surtout utiles. Bill a à cœur d’aider les lecteurs à mieux comprendre le monde dans lequel ils vivent, et à agir en conséquence. Que ce soit en matière de géopolitique, de macro-économie ou tout simplement dans le domaine de l’épargne, Bill incite ses lecteurs à cultiver un esprit vif et anticonformiste.

« Parfois nous avons raison, parfois nous avons tort, mais nous sommes toujours dans le questionnement », telle est la devise de Bill.

Bill a également co-écrit des livres qui ont tous figuré dans la liste des best-sellers du New York Times et du Wall Street Journal : L’inéluctable faillite de l’économie américaine (2004), L’Empire des dettes. À l’aube d’une crise économique épique (2006) et Le Nouvel Empire des dettes. Grandeur et décadence d’une bulle financière épique (2010).

Dans son dernier livre, Hormegeddon, quand trop de bien nuit (2015), paru aux Belles Lettres (www.lesbelleslettres.com), Bill décrit ce qu’il advient lorsque l’on abuse d’une bonne chose dans les sphères de la politique, de l’économie et des affaires. En bref, trop de bien conduit au désastre.

Vous pouvez retrouver les notes de Bill au quotidien dans La Chronique Agora.

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Un commentaire pour “Récession, dettes : nous sommes tous foutus”

  1. Bonjour
    dans la continuité, je vous invite à consulter ce document

    http://www.fichier-pdf.fr/2012/09/04/budget-dettes-et-deficit-tous-coupables/

    cordialement

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