Aucun « rebond Trump » de l’économie

Rédigé le 10 juillet 2017 par | Bill Bonner, Desinformation Imprimer

Macron a promis de débloquer la France et Trump de rendre sa grandeur à l’Amérique. En réalité rien ne change. L’Etat investisseur reste un mauvais investisseur.

« Rien ne change vraiment ».

Assise près de nous, au petit-déjeuner, l’une des personnes présentes à table lisait un article sur le n°2 du gouvernement français, Edouard Philippe, dans Le Monde.

Le gros-titre promettait de nous indiquer comment le pays allait se « débloquer ».

Le Monde

Mais en les étudiant de près, les propositions sont ces bonnes vieilles âneries concernant le fait de privilégier les énergies « vertes »… de modifier la fiscalité pour récompenser un groupe et en pénaliser un autre… et de dépenser plus d’argent sur divers projets bidon.

Par exemple, Philippe affirme que la France va « investir » 50 Mds$ en programmes de formation professionnelle, nouvelles industries et infrastructures.

L’idée en toile de fond, bien qu’elle ne soit pas formulée expressément, c’est qu’un futur plus éclatant nous attend au bout du tournant, et que les politiciens et technocrates français sont plus qualifiés que les Français eux-mêmes pour faire en sorte qu’il se réalise.

« Exactement comme aux Etats-Unis », a poursuivi cette Américaine.

Pour « investir » 50 Mds$ dans cette « transition écologique », l’Etat doit bien trouver de l’argent quelque part.

Où ?

Il ne gagne pas d’argent. Il ne peut qu’obtenir ces fonds en les prenant aux autres via les impôts, ou en empruntant.

Dans les deux cas, ce qui est utilisé pour construire une nouvelle route ou embaucher un nouveau salarié doit être prélevé sur ce qui est utilisé pour des projets enclenchés par d’autres personnes ayant honnêtement acquis les ressources nécessaires.

La seule manière dont l’économie, ou l’ensemble de la population, pourrait bénéficier du transfert de ressources du privé vers le public, ce serait dans le cas où l’Etat les allouerait mieux, en quelque sorte. Cette idée est risible.

Les gens investissent de multiples façons, toutes différentes. L’un veut une nouvelle voiture. L’autre prépare sa retraite. Un autre encore réaménage sa maison : il rapproche le réfrigérateur de l’écran de télévision pour ne rien rater lorsqu’il va se chercher une autre bière.

L’Etat, lui, ignore totalement ces investissements. Il n’a aucune considération pour eux. Il prélève simplement de l’argent… et l’utilise pour réaliser ses propres desseins farfelus.

L’Etat est un très mauvais investisseur

L’Etat a peu, si ce n’est aucune, expérience du monde réel des affaires. Il n’a jamais gagné un sou. Il n’évalue pas le risque. Il n’a jamais mis son propre argent en jeu, alors il n’a jamais rien appris.

Ses motivations sont toujours déformées par le désir de réélection, les pots-de-vin ou un avantage politique.

C’est la routine mais les choses changent pourtant. Plus les ressources sont détournées d’une utilisation sérieuse… et transférées à des compères et des zombies… plus l’économie souffre. [NDLR : Vous souhaitez investir avec succès dans l’économie réelle ? Rejoignez ces « nouveaux millionnaires » qui repèrent les meilleurs projets et les entreprises les plus prometteuses avant même qu’elles ne soient cotées en bourse. Cliquez-ici pour savoir comment faire pour viser des plus-values de x10, x50 à horizon de trois ans sans passer par les marchés financiers.]

Pour que les gens s’enrichissent, cela exige un vrai labeur, des innovations et une concurrence réelles… de véritables ressources et du temps. En France tout comme aux Etats-Unis, l’économie réelle souffre tandis que les programmes reposant sur du vent et les « investissements » bidon se multiplient.

Dans les années 1950, 1960 et 1970, le gouvernement français contrôlait environ 40% de l’économie : la croissance et la prospérité ont explosé. C’est ce que l’on a appelé les « Trente Glorieuses ».

A présent, l’Etat contrôle près de 60% de l’économie… et il se débat avec 10% de chômage et une croissance réelle négligeable.

« Tout comme aux Etats-Unis », a répété notre compagne de table.

Aux Etats-Unis, au cours des années 1950, 1960… et même 1970… les dépenses publiques représentaient environ 25% de l’économie.

Plus tard, en étendant la réglementation, l’Etat a pris le contrôle de nouveaux segments de l’économie : il a orienté l’argent vers les secteurs médicaux/pharmaceutiques, les écoles et les universités, le logement (via Fannie Mae, Freddie Mac et les déductions des intérêts d’emprunt), et Wall Street (via l’argent falsifié et le crédit bon marché).

L’Etat contrôle désormais 60% de l’économie : environ le même pourcentage qu’en France.

Pas de « Trump Bump »

L’économie américaine, elle aussi, peine à progresser.

Beaucoup de gens pensaient avoir vu un messie improbable, l’an dernier, en la personne de Donald J. Trump.

C’était un « perturbateur » désireux de secouer tout le système, un bagarreur prêt à s’en prendre à l’élite. La fiscalité et les dépenses allaient être réduites. La réglementation, également. L’économie allait prospérer.

Hélas pour l’économie, le « Trump Bump » n’a pas lieu. Du moins pas encore. Selon le New York Times :

« Alors que les chiffres de l’emploi du mois de juin devant être publiés vendredi devraient montrer que les embauches se sont poursuivies à un rythme positif le mois dernier, d’autres indicateurs récents, dans des domaines tels que les dépenses de consommation, la construction et les ventes de voiture, sont résolument moins solides.

Par conséquent, les prévisionnistes de Wall Street s’empressent de revoir leurs estimations de croissance à la baisse pour le deuxième trimestre, lequel s’est achevé vendredi dernier, tout comme ils ont dû le faire au cours des trois premiers mois de l’année. L’expansion économique enregistrée sur toute l’année ne semble pas dépasser désormais les 2%, soit la moyenne de la reprise actuelle, qui fête sa huitième année ce mois-ci.

Même si ce n’est pas calamiteux, ce n’est pas l’explosion de croissance – ce ‘Trump bump’ – que l’on espérait voir éclore d’une reprise de la confiance des consommateurs et des entreprises, à la suite de l’élection de M. Trump. »

« Qu’est-ce que je disais ? », nous a demandé notre compagne de table, avec éloquence.

Le nouveau président américain… et le nouveau chef d’Etat français, Emmanuel Macron… ont promis quelque chose de nouveau. Un souffle d’air frais. Mais pour réaliser un véritable changement, l’un et l’autre devraient restreindre le pouvoir et l’argent qui affluent actuellement en direction des élites.

Or ni l’un ni l’autre n’a envie de le faire.

« Une bouffée d’air frais ? », a-t-elle demandé à nouveau, sans poser la question mais en tirant une conclusion rapide : « moi, ce que je sens, c’est cette même odeur d’oeuf pourri. Et cela sent mauvais. »

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Bill Bonner
Bill Bonner
Fondateur de AGORA

Né en 1948, Bill Bonner est le fondateur d’AGORA, le plus large réseau d’entreprises indépendantes de presse spécialisée au monde.

En 1978, depuis sa ville natale, Baltimore (Maryland, Etats-Unis), Bill Bonner a voulu développer un « marché » (« Agora » en grec) des idées. Pas de l’information homogénéisée telle que les médias grand public relayent sur nos écrans et journaux, mais une source d’idées diverses avec des opinions et des avis originaux, alternatifs et surtout utiles. Bill a à cœur d’aider les lecteurs à mieux comprendre le monde dans lequel ils vivent, et à agir en conséquence. Que ce soit en matière de géopolitique, de macro-économie ou tout simplement dans le domaine de l’épargne, Bill incite ses lecteurs à cultiver un esprit vif et anticonformiste.

« Parfois nous avons raison, parfois nous avons tort, mais nous sommes toujours dans le questionnement », telle est la devise de Bill.

Bill a également co-écrit des livres qui ont tous figuré dans la liste des best-sellers du New York Times et du Wall Street Journal : L’inéluctable faillite de l’économie américaine (2004), L’Empire des dettes. À l’aube d’une crise économique épique (2006) et Le Nouvel Empire des dettes. Grandeur et décadence d’une bulle financière épique (2010).

Dans son dernier livre, Hormegeddon, quand trop de bien nuit (2015), paru aux Belles Lettres (www.lesbelleslettres.com), Bill décrit ce qu’il advient lorsque l’on abuse d’une bonne chose dans les sphères de la politique, de l’économie et des affaires. En bref, trop de bien conduit au désastre.

Vous pouvez retrouver les notes de Bill au quotidien dans La Chronique Agora.

2 commentaires pour “Aucun « rebond Trump » de l’économie”

  1. Pour moi cette odeur d’oeuf pourri(soufre) s’appelle Récession. Et je le vois tout autour de moi. Fin 2017, la plupart des contrats d’Assu…rance-Vie arrivent à échéance… Les Assurances se comportent comme des banques et les banques utilisent les algorithmes des assurances. On ne construit plus des armes pour faire la guerre mais les complexes militaro-industriels déclenchent des guerres pour vendre de nouvelles armes. Les Multinationales de la Pharma rachètent les multinationales des pesticides pour boucler la boucle du consommateur/client: L’un rend malade et l’autre fait croire qu’il guérit en vendant de la merde. Pareil pour l’obligation de vacciner(11 vaccins obligatoires) alors qu’aucun vaccin n’a prouvé son efficacité et pire a montré sa nocivité! L’état construit ou fait construire sous influence des lobbies des autoroutes inutiles pour des futures voitures électriques tour aussi polluantes ou voire plus que les voitures à essence quand on pense au bilan énergétique, ressources rares et bilan carboné et vendues à un prix que plus personne ne pourra acheter sinon cette minorité qui vit du système, les zombies.Les services publics sont démantelés partout pour satisfaire les zombies actionnaires ou fonds de pension tout en payant gracieusement les directeurs et en diminuant les prestations aux retraités qui ont vraiment produit de la richesse. L’économie ne produit plus que des emplois fictifs du secteur tertiaire(les managers et fake « start-ups »). Internet est toujours plus rapide mais toujours plus restrictif et payant avec des clouds que personne ne contrôle sinon les grandes agences de renseignement et qui ont un bilan entropique catastrophique et que les entreprises n’utilisent pas ou peu car la masse d’informations est trop grande! Appelez votre fournisseur d’accès qui enregistre toutes vos conversations et quand vous avez un problème, c’est à chaque fois une personne différente et à l’étranger qui vous répond et qui n’a jamais lu votre dossier(cela m’arrive tous les jours..) et qui ne résout jamais rien mais qui vous envoie une facture!! Essayez le « Help Desk » de Microsoft et vous comprendrez l’inutilité de ces gens…!! Les exemples sont si nombreux que la place pour les écrire ici est trop petite! Cela ne peut que mal se terminer, car il n’y a plus de pilote et le train non seulement roule en aveugle mais de plus en plus vite…

  2. Non ! le miracle Macron n’aura pas lieu ……Sauf si notre president decide de reduire de façon très importante le nombre de fonctionnaires..et il n’aura pas le courage de le faire,étant lui – meme un énarque et ancien haut fonctionnaire….Le système a fonctionné tant que le secteur privé a pu fournir le carburant pour alimenter l’Etat;mais la crise des années 80-90,puis les années 2000-2017 (car cela continue) avec des pertes d’emplois industriels considérables ont mis la France à genoux….Ce n’est pas en modifiant le code du travail que l’on va créer de l’emploi ….tout cela c’est du vent….Le problème c’est qu’il n’y a plus de petites et moyennes entreprises…L’ Etat les a tuées ,à coup de lois et règlements,à coups de taxes et d’impots …..et tout nos grands fleurons industriels et bancaires ,qui eux n’ont pas subit le meme traitement,ne compenseront pas la défaillance des autres…. loin s’en faut !!!!

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