Quel monde fou, fou, fou…

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▪ "Les ventes de dette soulignent des conditions anormales", titrait le Financial Times cette semaine.

Anormales ? Farfelues. Bizarres. Etranges.

La dernière vente aux enchères de TIPS — de la dette du Trésor US protégée contre l’inflation — a produit une curiosité. Les investisseurs étaient prêts à payer 105 $ pour 100 $ de notes protégées contre l’inflation.

Allez comprendre.

Qu’est-ce que ça signifie ? De quoi s’inquiètent les investisseurs ? A vue de nez, ils se préparent à une perte intégrée au produit. Les TIPS offrent toujours moins d’intérêt que les obligations normales. On abandonne du rendement pour payer la protection contre l’inflation. Mais les acheteurs de TIPS acceptent désormais des rendements négatifs. En d’autres termes, ils paient le privilège de posséder les obligations. L’inflation doit dépasser les attentes… et de loin… avant qu’ils puissent ne serait-ce que rentrer dans leurs frais.

Tout ça est très étrange. S’ils ont si peur de l’inflation, pourquoi ne pas acheter d’or ? Pas de rendement négatif. On paie 100 $… on a pour 100 $ d’or.

Et inutile également de s’inquiéter de ceux qui sont chargés de faire les calculs. Dans le cas des TIPS, ceux qui vendent les bons sont ceux qui déterminent combien ils valent — puisque c’est eux qui calculent l’indice des prix à la consommation. En plus, nous n’avons pas étudié le sujet de près, mais la dernière fois que nous y avons jeté un oeil, nous nous sommes aperçu qu’il y avait un délai avant que les ajustements ne soient faits. Si bien que durant une période de vraie hyper-inflation, le processus d’ajustement serait dépassé par les événements. Lorsque la Hongrie a connu son hyper-inflation en 1947, par exemple, le pengo perdait la moitié de sa valeur toute les 13 heures. Aucun ajustement au monde ne peut tenir un tel rythme de perte… un détenteur de TIPS serait ruiné. Un acheteur d’or, en revanche, serait… eh bien… en or.

Une autre étrangeté de la protection des TIPS contre l’inflation : il n’y a pas d’inflation digne de ce nom. Selon les gens qui tiennent les statistiques, le taux d’inflation des prix à la consommation US dépasse tout juste les 1%. Et selon les gens qui achètent de la dette du Trésor US normale, non-ajustée, il n’y a pas non plus d’inflation à l’horizon.

Tout cela rend les enchères de TIPS de plus en plus curieuses…

▪ Et ce n’est pas tout ! Bizarre, vous avez dit bizarre ?

De Bloomberg :

"Le dollar gagne du terrain sur l’euro suite à des spéculations sur le fait que l’assouplissement de la Fed déclenchera de l’inflation".

Hein ? Les investisseurs s’inquiètent de l’inflation du dollar — donc ils achètent des dollars ? Eh oui.

"Le dollar s’est raffermi par rapport à l’euro pour la première fois en trois jours suite à des spéculations sur le fait qu’une augmentation des rachats de dette par la Réserve fédérale accélérera l’inflation".

"’Les attentes d’inflation ont été augmentées parce que les gens pensent que la Fed réussira, a déclaré Marc Chandler, directeur de la stratégie devises chez Brown Brothers Harriman & Co., à New York".

"Le Dollar Index, utilisé par IntercontinentalExchange Inc. pour suivre le dollar par rapport aux devises des six grands partenaires commerciaux des Etats-Unis — dont l’euro, le yen et la livre sterling — a augmenté de 0,7%, à 77,6533. L’indice a chuté de 1,4% en octobre suite à des spéculations sur le fait qu’une hausse des rachats de dette, également connus sous le nom d’assouplissement quantitatif, fera s’effriter la valeur du billet vert. La Fed devrait décider de sa politique lors de sa réunion des 2 et 3 novembre prochain".

Les marchés sont sérieusement embrouillés. Inflation ? Déflation ?

Et nous, qu’allons-nous faire ?

Nous allons garder notre or. Nous allons rester assis. Nous allons rire. Et nous attendrons que toute cette affaire fasse un grand boum.

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Bill Bonner

Bill Bonner est le fondateur et président d'Agora Inc., une maison d'édition publiant des lettres d'information confidentielles – probablement l'une des plus brillantes au monde. Auteur de la lettre e-mail quotidienne The Daily Reckoning (450.000 lecteurs... ), il intervient également dans La Chronique Agora, directement inspirée du Daily Reckoning.

La passion de Bill Bonner pour la finance, les voyages et les grandes idées lui a permis d'engranger des succès incontestables pour son entreprise. Il a débuté en 1979, avec la publication des lettres d'information International Living et Hulbert's Financial Digest. Puis Agora Publishing a connu une croissance très importante, et s'est spécialisée dans la publication de lettres confidentielles sur la finance, la santé, le développement personnel et les voyages. Depuis le début des années 1990, Agora Publishing s'est encore développée. Le siège social est à Baltimore, mais aujourd'hui, Agora compte des bureaux à Paris, Londres, Waterford (Irlande), Melbourne, Johannesburg, Madrid et New-Delhi.

Agora compte aussi des maisons d'éditions se spécialisant dans la littérature classique et académique : Pickering & Chatto à Londres, et Les Belles Lettres à Paris.

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