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LA CHRONIQUE AGORA
Paris, France
Lundi 20 mars 2006
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*** Electrochoc et méduses
Petit regain de vigueur sur les marchés vendredi…
*** Saint Patrick à New York
Joel Bowman, collègue d’Eric Fry, nous raconte sa première St Patrick dans la Grosse Pomme…
*** Que nous réserve le prochain chapitre ?
L’Histoire s’écrit une page à la fois…
*** Un caprice du Congrès (1)
John Mauldin nous explique le fonctionnement d’un cycle économique… et comment y mettre du désordre…
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Il y a six mois de cela, la donne financière a radicalement changé… et les conséquences commencent seulement à se faire sentir.
Cinq en particulier représentent un danger immédiat pour votre portefeuille… tandis qu’une autre pourrait vous rapporter des profits à trois, voire quatre chiffres.
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Bonjour,
*** ELECTROCHOC ET MEDUSES
** La "méduse" chère à Philippe Béchade a connu un petit sursaut de vigueur vendredi — une sorte d’électrochoc administré aux marchés par les futures et options sur indices, qui arrivaient à expiration en fin de semaine.
Les séances ont donc été plus agitées que de coutume ces derniers temps, permettant notamment au CAC 40 de toucher un nouveau plus-haut annuel en séance… avant de retomber dans une relative torpeur en fin de journée. Il a tout de même terminé à 5 141 points, soit un gain de 0,29% — c’est mieux que le Footsie londonien et ses +0,11%… et bien meilleur que le Dax allemand, qui a clôturé sur une perte de 0,26%.
De l’autre côté du vaste océan Atlantique (où traînent peut-être également quelques méduses, sans doute un peu moins anémiques que leurs consoeurs boursières…), la hausse a été unanime : +0,23% pour le Dow Jones, qui a ainsi terminé la semaine à 11 279,65 points. Le Nasdaq et le S&P 500, de leur côté, étaient à égalité sur une hausse de 0,15% vendredi, les portant à 2 306,48 et 1 307,25 points respectivement.
** L’expiration des produits dérivés n’est pas la seule explication à ce regain de combativité ; les marchés avaient aussi quelques chiffres à se mettre sous la dent — même s’ils étaient, eux aussi, plus flasques encore qu’un invertébré marin pris au piège dans le seau d’un gamin aventureux. La production industrielle de la zone euro, ainsi, n’a pas bougé en janvier (après un gain de 0,2% en décembre) — mais on peut noter toutefois que le coût de la main d’oeuvre a pour sa part augmenté de 2,4% au dernier trimestre 2005 (en rythme annualisé).
Aux Etats-Unis, même apathie pour les consommateurs : pour mars, l’indice de confiance de l’Université du Michigan est resté le même qu’au mois de février, à 86,7 — évidemment, on attendait une hausse. La production industrielle américaine, par contre, a grimpé de 0,7% ; un rebond rassurant après la chute de 0,3% enregistrée en janvier.
C’est dans l’aquarium allemand, cependant, d’après le journal La Tribune, qu’il semble se passer le plus de choses : "Le baromètre de l’institut de conjoncture Ifo, mesurant le moral des chefs d’entreprise en Allemagne, a atteint en février un sommet inégalé depuis quatorze ans, à plus de 103 points. Le baromètre GfK annonce, lui, le décollage tant attendu de la consommation des ménages".
Hm… quelques ombres planent toutefois sur ce tableau : "la réalité de l’embellie allemande est débattue. D’abord, elle sera inévitablement freinée dès 2007, en raison de la hausse de la TVA. Au-delà, le marché de l’emploi reste très mauvais, avec plus de 5 millions de demandeurs d’emploi. ‘La reprise allemande est dans les enquêtes, certes. Mais depuis 2003, on sait bien que l’indice IFO n’est plus significatif’, affirme Philippe Brossard, directeur de la recherche chez Euler Hermès Sfac, qui rappelle que la croissance allemande a été nulle au quatrième trimestre 2005".
Bref, la locomotive de l’Europe n’est pas encore tout à fait prête à tirer des wagons… et surtout pas celui de son voisin hexagonal.
** Sur les marchés de l’or noir, par contre, on ne s’est jamais endormi à la tâche — et surtout pas la semaine dernière. Le pétrole avait grimpé à plus de 63 $ le baril, mais l’OPEP est intervenue bien à propos avec une copie revue à la baisse : elle prévoit désormais que la demande mondiale de brut devrait progresser de 1,8%, à 84,5 millions de barils par jour — soit un peu moins que les 84,64 millions de barils prévus en février.
Peu importe que cette baisse soit due à des facteurs plutôt négatifs (contraction de la demande aux Etats-Unis et perspectives moroses pour les économies asiatiques non-membres de l’OCDE), le baril de WTI New York a terminé la semaine sur une petite baisse, à 62,77 $.
** Du côté des taux et devises, ça ronronne : sur le marché obligataire, les taux se sont tendus — le rendement du bon du Trésor US à 10 ans se tendant de 3 points de base, à 4,67%. Le dollar a été victime vendredi d’une petite baisse de tension, à 1,2191 $ pour un euro. Quant à l’or… toute ces méduses ne lui conviennent pas : il a chuté de 2,75 $ au second fixing de Londres vendredi, pour arriver à 552,75 $ l’once.
** Enfin, cher lecteur, Philippe Béchade sera absent les prochains jours, pour cause de vacances bien méritées — c’est donc moi qui aurai le plaisir de vous accompagner tout au long de la semaine…
Françoise Garteiser,
Paris
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Les dernières nouvelles de Wall Street
*** SAINT PATRICK A NEW YORK
** Samedi matin, j’ai ouvert les yeux sur l’image la plus épouvantable qu’il m’ait été donné de voir. Le plus étonnant, c’est que l’image en question me regardait depuis le miroir de ma salle de bains. Vendredi soir, je me suis joint à des millions de fêtards brandissant quelques pintes de Guinness pour célébrer la Saint Patrick. Et samedi matin, j’étais de l’avis de pas mal d’entre eux en jurant de mettre la pédale douce l’année prochaine.
- La Saint Patrick est vraiment une occasion unique de rapprocher les peuples. Les Ecossais chantent joyeusement avec les Anglais, les Américains boivent avec les Français, et les Australiens font la fête avec leurs voisins néo-zélandais. Unis par une mission commune — boire et s’amuser — les gens dans le monde entier sont ravis de jeter leurs inhibitions aux orties pour un soir, et de porter des chapeaux irlandais ridicules et des colliers verts.
- En ce qui me concerne, avant d’enfiler mon élégant gilet vert citron pour sortir, j’ai comparé mes plans à ceux de mes amis faisant la fête en d’autres endroits. Je pouvais déduire, d’après les chansons qu’on entendait à l’arrière-plan, que les festivités avaient déjà bien commencé.
- "Alors, est-ce qu’ils font les choses différemment, chez toi ?" ai-je demandé à une amie américaine temporairement délocalisée, vivant en Ecosse pour l’instant.
- "Pas vraiment, non", déclara-t-elle par dessus des cris et des applaudissements. "Beaucoup de Guinness, beaucoup de gens chantant My Wild Irish Rose très très faux, et beaucoup de désastres vestimentaires parce que les gens sortent leurs seuls habits verts pour l’occasion."
- Je regardai mon gilet vert, étalé sur le lit, et fronçai les sourcils.
- "Et toi, tu as des plans pour ta première Saint Patrick à New York ?" demanda-t-elle, sachant parfaitement que même une invasion d’extra-terrestres ne me forcerait pas à rester à la maison ce jour-là.
- "Je pense que je vais rester à la maison, me préparer un plateau-repas et regarder un DVD", ai-je dit.
- "Eh bien, si tu décides de t’aventurer dehors, bois un verre à ma santé", réclama-t-elle.
** Lorsque j’ai enfin raccroché mon téléphone, je m’étais engagé à boire des bières pour mon cousin à Melbourne, deux amis sur la côte, un collègue à Baltimore et un autre ami à Edimbourg. Le programme de la soirée étant ainsi plein, je partis remplir mes promesses.
- J’arrivai à ma destination, sur la 50ème rue, entre Madison et Park, un peu après six heures. Prenant place au bar avec mes amis, je m’émerveillai devant la décoration pleine de goût. Les lumières étaient chaleureuses, et, sur les murs et le bar, du bois ciré ajoutait à l’ambiance confortable de l’endroit.
- "Une Guinness, s’il vous plaît ", demandai-je en élevant la voix pour couvrir le bruit ambiant. C’était la première fois que je mettais les pieds dans le bar ; je fus agréablement surpris d’entendre le barman me répondre avec un accent irlandais à couper au couteau.
- "Ce sera tout pour le moment ?"
- "Pour le moment, oui." En voilà un qui saura servir une bonne Guinness, pensai-je. Mais il fit quelque chose de très bizarre. Tirant ce qui ressemblait à un verre à vin de sous le bar, notre barman retourna une canette de ma stout préférée, versant la bière dans le verre en une seule fois.
- J’aimerais faire remarquer ici qu’il n’y a qu’une seule bonne manière de servir une Guinness : il faut tenir le verre à un angle de 45° et verser jusqu’à ce qu’il soit plein aux trois quarts. Il faut ensuite laisser le verre reposer durant une minute environ avant d’y ajouter le reste. Mes amis se sont moqués de moi lorsque j’ai demandé à ce qu’on me laisse me servir mon deuxième verre… mais ils n’ont pas tardé à changer de ton après avoir goûté ma bière, bien meilleure.
- Rien de tel qu’une pinte de Guiness parfaite le jour de la Saint Patrick… à condition simplement de s’assurer de ne pas promettre d’en boire une à la santé de tous ses amis.
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Bill Bonner, co-fondateur de La Chronique Agora, à Londres
*** QUE NOUS RESERVE LE PROCHAIN CHAPITRE ?
** Voilà, une semaine de plus est passée. A quels événements historiques avons-nous assisté ? Eh bien, le déficit courant américain a atteint un nouveau record. Les économistes américains ont écarté cela d’un revers de main, mais c’est un avertissement : l’histoire est en chemin.
* Ni une personne ni une économie — pas même un empire — ne peuvent dépenser plus qu’ils ne gagnent pendant bien longtemps.
* Mais de quelle histoire parlons-nous ? Une saga sur l’économie américaine telle que "La richesse américaine : autant en emporte le vent" ? Ou une narration sentimentale du rôle de Ben Bernanke : "L’attrape-Fed" ? Ah, voilà le problème avec l’Histoire : on ne peut la lire qu’après qu’elle a été écrite. Nous ne connaissons pas même le titre. Pas de bandes-annonces, pas de diffusion prématurée, pas de synopsis ou de résumé. Lorsque nous écrivons un livre, tout le monde sait, des mois à l’avance, ce qu’il dira. L’éditeur en a la matière principale entre les mains avant même que nous commencions à écrire. Puis, une fois le manuscrit achevé, nous l’envoyons à nos amis et collègues afin de voir comment ils réagissent. S’ils ne sont pas trop consternés, nous faisons imprimer [NDLR : c'est d'ailleurs exactement ce qui s'est passé pour le deuxième livre de Bill Bonner et Addison Wiggin, bientôt disponible en France...].
* Il n’en va pas de même pour l’Histoire. Aucun oeil mortel ne la voit avant les faits, avant que ce se soit produit, avant que les dommages n’aient été causés. Jusqu’alors, nous ne pouvons que deviner et chuchoter sans rien de plus à nous mettre sous la dent que ce que l’histoire a écrit jusqu’à présent. Cette guerre en Irak ressemblera-t-elle à celle de la Grande-Bretagne en Irak dans les années 20 ? Ou plutôt à la France et la guerre d’Algérie dans les années 50 ? Le prochain marché baissier de Wall Street sera-t-il comme celui de 2000-2001, ou plutôt celui de 1966-1982 ? Oui, comme Dan Brown ou Tom Clancy, l’Histoire a ses intrigues préférées, ses personnages habituels, ses rebondissements familiers. Mais elle doit aussi nous tenir en haleine, sans quoi nous cesserions de lire.
** Comment l’histoire actuelle du déficit courant va-t-elle se terminer ? Nous regardons les précédentes oeuvres de l’Histoire, et nous ne trouvons pas grand’chose pour nous aider. En général, ce sont les républiques bananières du Tiers-Monde qui ont des déficits de cette ampleur, et non les empires devenus fous. Lorsque les déficits atteignent 5% du PIB, les investisseurs du reste du monde ne tiennent en général pas le coup. Ils se débarrassent de la devise et des obligations du pays et jurent qu’on ne les y reprendra plus — pas même pour aller en vacances.
* Pendant ce temps, dans la mère-patrie, les choses tournent mal. En Argentine, par exemple, la classe moyenne a quasiment été balayée lors du dernier chapitre de ce classique sud-américain, Greenspan des Pampas. Les riches avaient mis leur argent à Miami — en dollars. Les pauvres n’avaient rien à perdre, mais ceux qui faisaient confiance au gouvernement, à sa devise et à ses promesses furent ruinés.
* Mais que voyons-nous ? Depuis 2001, le peso argentin a grimpé de 7% par rapport au dollar. N’est-ce pas là un rebondissement inattendu ? Désormais, à qui appartient la monnaie en péril ? A la classe moyenne américaine, non ? Les Etats-Unis ont accumulé un déficit courant de 7% du PIB — qui va en augmentant. Si nous pouvons déduire quoi que ce soit des autres farces financières de l’Histoire, nous supposerions que ce qui attend le dollar est l’inflation puis l’hyperinflation. La banque de Ben Bernanke est pour. Les consommateurs américains — profondément endettés — en ont désespérément besoin. Idem pour le gouvernement américain, lui endetté jusqu’au cou. Et dans le monde entier, les banques centrales font tout leur possible pour en créer.
* Personne ne veut d’une devise en hausse.
* Mais cela ne signifie pas pour autant qu’on n’en aura pas. Et voilà la tension dramatique de cette histoire : alors que tout le monde veut de l’inflation, d’autres facteurs travaillent contre. La Chine, l’Inde, internet, la mondialisation et Wal-Mart — tous poussent les prix à la baisse, non à la hausse. Et nous nous demandons également si l’Histoire écrirait une fable avec une morale si ambiguë. Des millions de débiteurs de la classe moyenne ont emprunté de l’argent, certains qu’ils n’auraient jamais à le rembourser. La banque de Ben Bernanke fera en sorte qu’il en aille ainsi, se sont-ils dit en tendant la main. Après tout, le président de la Fed a déclaré officiellement qu’il larguerait des dollars par hélicoptère, si besoin était, afin de s’assurer que le dollar de 2006 vaudrait plus que le dollar de 2007 — lequel vaudra à son tour plus que le dollar de 2008.
* Cependant, c’est une illustration de plus montrant le système de broyage de l’Histoire. Fut un temps où le dollar était stable et solide, et où la Fed s’assurait qu’il restait ainsi. A présent, au lieu de cela, la Fed détruit peu à peu le dollar et fournit une opportunité aux spéculateurs. Ils peuvent désormais anticiper le jeu de la Fed — et jouer le leur. Ils peuvent emprunter plus qu’ils ne le devraient, sachant que l’argent qu’ils remboursent vaudra moins qu’il le devrait. Ils peuvent se joindre à la Fed pour tromper les épargnants et les prêteurs (qui, bien entendu, font leur propre petite tambouille). Mais l’Histoire laissera-t-elle vraiment les emprunteurs américains s’en tirer si facilement ? Quel genre de conte moral cela serait si tous ces joueurs, opportunistes et escrocs obtenaient ce qu’ils attendent, plutôt que ce qu’ils méritent ?
* Nous n’en savons rien, mais nous avons lu la semaine dernière que l’inflation est sous contrôle — ce qui signifiera une fin prématurée au cycle de resserrement de la Fed. Les investisseurs sont excités à cette idée, déclare un analyste cité dans le International Herald Tribune. Ils pourraient être moins excités — et plus inquiets — s’ils pouvaient lire le prochain chapitre.
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*** La Chronique Agora présente ***
La débâcle portuaire avec Dubaï est-elle un événement unique, ou bien signale-t-elle une augmentation du protectionnisme ? John Mauldin examine l’impact économique négatif que l’incident pourrait avoir sur les Etats-Unis.
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UN CAPRICE DU CONGRES — 1ère PARTIE
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Par John Mauldin (*)
Les lecteurs de longue date savent que je ne pense pas que le monde va plonger dans une dépression molle à cause des déséquilibres du déficit commercial des Etats-Unis, ni de la taille de leur dette. Il faudra bien entendu régler ces problèmes, mais je pense que cela se fera dans le cadre normal d’un cycle économique. Une récession par ici, une chute du dollar par-là, et une croissance moyenne plus lente que la tendance au cours des cinq prochaines années environ, et nous seront revenus au point de redémarrage. Ce ne sera pas agréable, mais ce ne sera pas la fin du monde. C’est ce que j’appelle "une économique qui se dépatouille". En fait, je suis même plutôt optimiste concernant les opportunités d’investissements une fois cette période achevée — avec bien entendu les mises en gardes et les astérisques habituels.
Mais depuis de nombreuses années, je maintiens que la seule chose susceptible de changer mon optimisme serait une nouvelle vague de protectionnisme. Le sénateur Smoot et le député Hawley ont parrainé une loi tristement célèbre en 1930, qui augmentait les tarifs douaniers sur tout un éventail de produits afin de "protéger" les emplois américains. Bien entendu, le reste du monde ne resta pas inactif — et l’on passa d’une récession à une Dépression globale. Le chômage grimpa en flèche et tous les emplois "protégés" passèrent à l’étranger.
Les récessions font partie du cycle économique. La Fed ne peut pas les arrêter, aussi dur qu’elle essaie, pas plus que le Congrès ne peut écrire de législation les rendant illégales. Et dans l’ensemble, à quelques exceptions près, elles n’ont pas été si épouvantables. On pourrait affirmer qu’elles sont nécessaires pour corriger des déséquilibres et des "exubérances irrationnelles" ici et là. En général, le chômage augmente de quelques points mais recule après quelques années, les marchés chutent puis se remettent, et les profits baissent — avant d’atteindre de nouveaux sommets une fois qu’on a appuyé sur le bouton "redémarrer".
Je n’essaie pas d’être désinvolte. Si ce sont votre emploi, vos investissements ou vos profits qui sont atteints, cela peut signifier de longues nuits d’insomnie. Je le sais, je l’ai vécu. Mais pour la grande majorité des citoyens américains, la dernière récession n’a pas eu grand effet. Le chômage n’a jamais dépassé les 7%, et les profits des entreprises se sont bien remis. La prochaine récession pourrait être pire, mais elle ne tardera pas à prendre fin. C’est ainsi qu’un cycle économique fonctionne.
Mais alors que les récessions font parie intégrante du cycle économique, il faut l’intervention d’un gouvernement pour vraiment mettre du désordre et créer une dépression. Montrez-moi une dépression (et non une récession à plus court terme !) dans une société libre n’ayant pas été le résultat de l’incompétence gouvernementale ou autre forme d’ingérence directe du gouvernement. Vous n’en trouverez pas. En général, elles sont le résultat de plusieurs groupes gouvernementaux coordonnés, travaillant tous ensemble pour améliorer les choses… et ayant l’effet inverse.
Oui, je suppose qu’on pourrait dire que Smoot et Hawley ne faisait que répondre à l’esprit de leur temps, que les électeurs demandaient à ce que leurs emplois soient protégés, de manière à ce que le peuple américain obtienne ce qu’il méritait, mais le Congrès et la Fed ont joué leur rôle. Le président Hoover aurait dû y opposer son veto. Rien que pour cela, il méritait sa défaite, deux années plus tard.
Il y a une dizaine de jours, une version moderne du Congrès de Smoot et Hawley a mis en place un système étanche à tout veto pour empêcher les Emirats Arabes Unis d’acheter une société de gestion portuaire britannique gérant six ports américains. La sécurité était la raison ostensible, mais quiconque s’est penché quelque peu sur la question sait que la sécurité nationale américaine n’a jamais été mise en danger. Ce caprice du Congrès me dérange à plusieurs titres.
Les ports américains sont gérés par un certain nombre d’entreprises qui ne sont pas basées aux Etats-Unis. Cinq ports, par exemple, sont entre les mains d’entreprises danoises. Deux sont dirigés par les Chinois. A la base, ces entreprises transportent des marchandises. Elles les chargent ici et les déchargent là. Elles n’ont rien à voir avec la sécurité portuaire. La sécurité portuaire est du domaine des douanes américaines et des garde-côtes.
La suite dès demain…
Meilleures salutations,
John Mauldin
Pour la Chronique Agora
(*) John Mauldin est l’inventeur de la théorie financière Millennium Wave, et l’auteur de l’e-mail hebdomadaire Millennium Wave Investor. En plus de contribuer fréquemment à la lettre d’information Strategic Investment, M. Mauldin est en train d’écrire un livre intitulé "Absolute Returns", et qui couvre le secteur des fonds de couverture.
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(c) Les Publications Agora France, 2002-2006
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Nota bene : reproduction partielle ou totale de la présente Chronique STRICTEMENT INTERDITE sans accord écrit de la société éditrice.
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