Quand les "Ations" convergent

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La Chronique Agora
Paris, France
Vendredi 17 août 2007
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*** Faut-il hisser le drapeau de sauve-qui-peut ?
… Ou bien peut-on attendre encore un peu ?

*** Une réponse simple à une question compliquée
Doug Casey a des convictions bien arrêtées sur ce qui constitue le meilleur investissement du moment

*** Grandes vacances et carry trade
Bill Bonner prend des congés… ou pas

*** Quand les "Ations" convergent (2)
Des frites sans fin… ni cesse

—————————– (publ.)

Une forme d’investissement parfaitement adaptée aux conditions actuelles

Le CAC 40 continue sa dégringolade, et la volatilité, l’incertitude et le manque de visibilité règnent : des conditions IDEALES pour la stratégie mise en place par Sylvain Mathon… et qui lui a déjà permis d’engranger 155% de gains en… 73 jours seulement !

N’attendez pas pour en faire profiter votre portefeuille : tout est expliqué ici…

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Bonjour,

*** FAUT-IL HISSER LE DRAPEAU DE SAUVE-QUI-PEUT ?

** "Mais quand est-ce qu’en plus du drapeau d’Alerte au Krach on dresse le drapeau ‘Sauve-qui-peut’ ?" me demandait hier ma collègue Nathalie.

Hmm… c’est vrai que la journée d’hier avait un sérieux goût de débâcle. "Nouveau jeudi noir sur les places boursières", pouvait-on lire dans les dépêches financières ce matin. Deux jeudis noirs en deux semaines, voilà qui commence à faire beaucoup pour un mois d’août… Mais comment qualifier autrement une journée qui a vu le CAC 40 rejoindre les 5 265,47 points en clôture, soit une chute de 3,26% en une seule séance ? A Londres, le Footsie a perdu 2,02%, tandis qu’à Francfort, le DAX plongeait de pas moins de 4,1%. [NDLR : Au passage, je vous rappelle que lors d'une croisière organisée en partenariat avec La Vie Financière, Philippe Béchade donnera une conférence dont le thème est particulièrement pertinent actuellement, puisqu'elle s'intitule "Comment performer dans un marché en consolidation durable". Si vous voulez tout savoir sur ce moyen de bronzer utile, continuez votre lecture...]

Et ce n’était pas mieux en Asie : Séoul a continué à dégringoler — après une perte de 6,93% jeudi, elle a terminé avec 63,19% ce matin ; à Hong Kong, ce sont 6% qui ont disparu de l’indice Hang Seng en une seule séance.

Au Japon, les choses se compliquent plus encore : le Nikkei a chuté de 5,24% ce matin. Selon La Tribune, "la crise du subprime pousse les investisseurs japonais à rapatrier leurs avoirs placés aux Etats-Unis et dans d’autres pays à taux d’intérêt élevés, afin de se mettre à l’abri du risque, ce qui entraîne une brusque appréciation du yen ces derniers jours par rapport au dollar et aux autres monnaies".

D’autant que le dénouement de bon nombre de positions de carry trade vient perturber la donne monétaire : "le brutal renchérissement de la devise nippone pénalise les grandes sociétés exportatrices japonaises, dont les titres baissent en conséquence", continue le journal. "De plus, des fonds d’investissement ayant perdu beaucoup d’argent dans les crédits subprime tentent de se renflouer en vendant des actions japonaises".

** Ce sont les dernières nouvelles de Countrywide Financial — le numéro un du financement immobilier aux Etats-Unis — qui ont provoqué la panique générale : le titre a perdu plus de 10% suite à des rumeurs persistantes concernant de possibles difficultés de financement…

Ajoutez à cela de mauvaises nouvelles en provenance de l’immobilier, avec un net recul des mises en chantier de logements : ils ont atteint le rythme annualisé de 1,381 millions d’unités en juillet, contre 1,405 millions attendus. Même faiblesse pour ce qui est des permis de construire délivrés, à 1,373 millions le mois dernier, contre 1,40 millions attendus et 1,413 millions en juin — c’est aussi le chiffre le plus bas jamais atteint depuis octobre 1996…

Ah, et n’oublions pas les inscriptions au chômage US, en augmentation de 6 000 sur la semaine du 11 août, à 322 000 contre 313 000 prévus… Et cette petite pépite : l’indice de la Fed de Philadelphie — mesurant l’activité économique dans le Delaware, le New Jersey et la Pennsylvanie — est tombé à… 0 tout rond, contre 9,2 points le mois dernier.

Ceci dit, tout ça n’a pas empêché les places américaines de terminer en limitant les dégâts — on peut en remercier les investisseurs qui ont décidé de profiter des bonnes affaires. Ils ont fait leurs courses parmi des valeurs aux cours "cassés", permettant ainsi aux principaux indices US de finir la séance avec des scores honorables : le Dow Jones n’a baissé que de 0,12% à 12 845,78 points, tandis que le Nasdaq perdait 0,32% à 2 451,07 points, et que le S&P glissait de 0,33% à 1 402,05 points.

** Du côté monétaire, le dollar continue de remonter (à 1,3407 pour un euro, le billet vert est bien loin du sommet de 1,3852 atteint en juillet) — un phénomène dont Bill Bonner nous parle un peu ci-dessous. Et l’or, pendant ce temps, ne va nulle part : il a perdu 5 $ sur l’ensemble de la journée hier à Londres, terminant à 662,25 $ l’once.

Alors, hisserons-nous le pavillon du Sauve-qui-peut, en fin de compte ? Je ne sais pas, cher lecteur… mais en ce qui me concerne, j’attendrais encore un peu. Comme le disait ce matin Dan Denning dans la version australienne de la Chronique Agora, "nous assistons à une correction massive — mais on ne peut pas encore la qualifier de krach. Un krach, c’est plutôt un déclin boursier de l’ordre de 20%-30% — ce qui reste une possibilité tant que les marchés ignorent qui est le plus exposé à la dette adossée à des crédits mobiliers".

Nous en resterons donc au drapeau d’Alerte au Krach pour l’instant… mais nous gardons le Sauve-qui-peut à portée de main !

Françoise Garteiser,
Paris

   PS : En l’absence de Philippe Béchade, la mise à jour du Téléphone Rouge est momentanément suspendue. La situation reviendra à la normale dès le retour de Philippe à la fin du mois.
*(1,35 euros l’appel + 0,34 euro/minute)

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Doug Casey vous donne les dernières nouvelles de Wall Street

*** UNE REPONSE SIMPLE A UNE QUESTION COMPLIQUEE

** Où devriez-vous placer votre argent en ce moment ? C’est très simple : dans l’or.

- Je ne connais tout simplement pas d’investissement qui soit meilleur, ou moins cher, pour y placer votre patrimoine. Honnêtement, de toutes les choses au monde — et je suis très éclectique, je regarde tout et n’importe quoi, je suis prêt à acheter à peu près tout tant que le prix en vaut la peine — l’or est la meilleure affaire de la planète en ce moment. Il ne va pas simplement grimper ; il va grimper en flèche. L’or connaîtra une panique à l’achat à couper le souffle dans les prochaines années. Le marché haussier de l’or n’a même pas encore commencé.

- J’achète de l’or par sécurité, par prudence, et en guise d’assurance. Je ne considère pas ça comme de la spéculation. Je considère ça comme de la stratégie financière : où en suis-je personnellement, qu’est-ce que je fais avec mon argent ? Enfin, pas tout mon argent, mais une bonne partie : je spécule dans les actions minières. C’est ma spécialité depuis toujours. Les petites actions minières constituent le marché le plus volatil au monde — plus volatil encore que les valeurs internet d’il y a dix ans.

** Et pour les valeurs minières, nous sommes dans un marché haussier en trois phases.

- Pour commencer, il y a eu la "phase de vente" — qui est terminée depuis longtemps. Elle a duré de la fin des années 90 jusqu’en 2003 environ, lorsqu’un bon nombre de ces valeurs se vendaient pour moins cher que l’argent qu’elles avaient en banque. Elles étaient vraiment bon marché. En 1999, toutes les semaines, une société minière se transformait en société high tech ou en dot.com. Voilà où en étaient les choses à l’époque. Entre 2000 et 2003, on a donc assisté à un marché haussier furtif, où ces valeurs, dans leur ensemble, ont grimpé entre cinq et dix contre un. C’est beaucoup. Et les gens ne savaient même pas qu’elles existaient, parce que durant une génération entière l’or, et les matières premières en général, n’avaient rien fait — sinon baisser. Et si vous investissiez dans ce secteur, on vous considérait comme un idiot ou un dinosaure.

- Mais ensuite, en 2003, alors que la hausse était entamée, bon nombre d’investisseurs ont découvert ces valeurs pour la première fois. A présent, nous avons atteint la phase du "mur d’inquiétude" — la seconde phase d’un marché haussier. Nous y sommes depuis 2003. C’est là que les haussiers et les baissiers s’affrontent, et que les prix des matières premières chutent parfois sévèrement pendant un temps — en majeure partie parce qu’ils ont déjà beaucoup grimpé lors des années précédentes.

- Le cuivre est passé de 0,60 $ à 4 $ ; le nickel de 2 $ à 20 $. Beaucoup d’investisseurs commencent donc à prédire que les prix vont chuter. D’autres affirment que "non, ils vont grimper à cause de la Chine et de l’Inde". Les débats font rage, tandis que les matières premières et leurs cours jouent aux montagnes russes. Mais la phase du "mur d’inquiétude" est en train de prendre fin.

- Nous allons entrer dans une "phase de folie", j’en suis convaincu. Alors que le dollar américain se transformera en papier-toilette, ou à peu près, dans les années qui viennent, nous verrons une bulle spéculative se former sur le secteur des ressources naturelles — et les gens vont s’y bousculer. Des entreprises qui se vendaient 10 cents l’action il y a six ou sept ans de ça pourraient s’échanger à 50 $ ou 100 $ l’action. Et je vous affirme donc, aujourd’hui, que nous sommes encore à la fin de la phase du "mur d’inquiétude". L’argent facile a disparu depuis longtemps pour ces valeurs. L’argent sûr a disparu aussi. Les gros profits restent à venir, mais ce sera plus risqué, et dans des conditions plus volatiles.

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Bill Bonner, co-fondateur de La Chronique Agora, à Londres

*** GRANDES VACANCES ET CARRY TRADE

** Nous sommes en vacances. Réellement. Officiellement. Pour de vrai. Jusqu’à la fin du mois. Nous partons toujours entre l’Assomption et le début du mois de septembre.

* Mais il y a des choses à examiner, et nous ne vous abandonnerons pas, cher lecteur. De toute façon, nous n’arrivons pas à nous éloigner.

* Nous noterons donc simplement, aujourd’hui, que le Dow continue de chuter. Les analystes techniques nous disent que les choses ont l’air mal parties — la configuration ressemble à celle d’un marché baissier. Et notre vieil ami Harry Schultz affirme que la crainte a remplacé l’avidité, parmi les émotions sous-jacentes sur les marchés.

* Nous n’en sommes pas si certain. Mais notre Drapeau d’Alerte au Krach est hissé depuis des mois… et nous le laisserons tel quel jusqu’à ce que ce marché se résolve. Malgré l’inquiétude exprimée à ce jour, le Dow est encore en territoire positif pour l’année. Ce qui signifie qu’il a encore beaucoup de chemin à parcourir à la baisse. Un jour, les actions seront à nouveau bon marché. Mais le Dow devrait être divisé par deux, environ, avant que ce soit le cas. Entre aujourd’hui et ce jour-là, nous préférons observer le jeu plutôt que de nous y joindre.

* Pendant ce temps, le dollar grimpe par rapport à l’euro, et baisse par rapport au yen. Pourquoi ? Une hypothèse : parce que les spéculateurs commencent à avoir peur… et parce qu’ils ont besoin de dollars pour rembourser leurs dettes et leurs factures. Les gens ont moins de dettes libellées en euros qu’ils n’ont de dettes libellées en dollars, si bien que le dollar grimpe par rapport à l’euro.

* D’un autre côté, les spéculateurs du carry trade ont d’énormes dettes en yens. Ils ont emprunté en yens à des taux bas pour acheter des investissements au rendement plus élevé — notamment des produits dérivés des créances subprime. A présent, ils doivent dénouer leurs positions en dollars et acheter des yens pour rembourser leurs prêts. Si bien que le yen grimpe par rapport au dollar.

* Nous verrons bien où tout cela nous mènera…

—————————– (publ.)

Investissez dans les "valeurs oubliées" !

Il existe un moyen simple et direct d’investir en toute confiance dans des valeurs SOLIDES aux cours abordables, souvent ignorées par la plupart des investisseurs… mais qui pourraient vous rapporter des gains de 74%… 53,8%… 35,14%… 43,17%… 60%… et bien d’autres encore

Un clic suffit…

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*** La Chronique Agora présente ***

Dan Denning nous explique le concept des "Ations", trois facteurs qui sont en grande partie responsables des bouleversements actuels sur les marchés. Après la titrisation, hier, nous voyons ci-dessous deux autres "Ations" dont on n’a pas fini d’entendre parler…

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QUAND LES "ATIONS" CONVERGENT — 2ème PARTIE
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Par Dan Denning (*)

La seconde "Ation", c’est la numérisation des échanges financiers. Selon Henry Kaufman, les technologies de l’information "ont soutenu les perspectives de crédit faciles désormais si répandues parmi les investisseurs. Les marchés étant reliés au niveau mondial par les réseaux électroniques, l’information financière circule quasi-instantanément ; les échanges informatisés et les transactions sont exécutés sans délai".

Ou, pour utiliser un terme plus simple, on peut comparer cela aux "frites sans fin" servies dans les restaurants Red Robin, aux Etats-Unis. Red Robin vend des hamburgers — qui n’ont rien de spécial. Mais les "frites sans fin", par contre, sont bien spécifiques ; elles signifient exactement ce que leur nom indique : l’offre de frites ne s’épuise jamais. Tant que vous continuez à manger, ils continuent à vous en servir.

L’équivalent économique des frites sans fin, c’est la loi de Say, qui affirmait — pour simplifier — que l’offre crée sa propre demande. La prolifération des actifs titrisés a créé une demande pour ces mêmes actifs. Les fonds de pensions, pleins aux as, les fonds d’investissement — sans parler des hedge funds — tous cherchent des actifs à acheter. Le boom du trading numérique, les flux d’information en continu et la titrisation ont créé un boom au sein de la base mondiale d’actifs échangeables (ou au moins "achetables").

Mais la troisième "Ation" est celle qui cause le plus de difficultés. La quantification. Il y a une tendance — particulièrement vigoureuse aux Etats-Unis, un pays qui aime les statistiques — à penser que les marchés financiers peuvent être transformés en tableaux tout propres, avec des signaux d’achat et de vente bien nets, tenant pleinement compte de toutes les relations entre les marchés grâce à des douzaines de variables. Bien entendu, il est fou de penser qu’un modèle mathématique puisse prédire avec précision le comportement d’un système organique complexe. Mais parfois, cela semble fonctionner.

Les modèles quantitatifs sur lesquels sont basées les stratégies de certains hedge funds et une bonne partie du program trading de Wall Street semblent fonctionner lorsque la volatilité boursière est basse. C’est-à-dire qu’en l’absence de comportements irrationnels, lorsque la relation entre les classes d’actifs et d’autres variables reste constante, certains modèles marchent. Ils cessent de fonctionner lorsque le monde commence à changer. Et au cas où vous ne l’auriez pas remarqué, le changement est bien plus constant que la stabilité.

Kaufman en conclut que la combinaison de ces trois "Ations" a mené à une perte de discipline sur les marchés. On trouve des prêteurs qui ne sont pas des banques — et qui prêtent de l’argent sans être pleinement conscient des risques de défaut de paiement. Le risque lui-même est perdu dans la bataille, du moins pendant un temps.

Mais le capitalisme ne peut pas fonctionner sans risque réel. Le risque contraint à la discipline non pas parce qu’il récompense l’effort et l’esprit d’initiative, mais parce qu’il punit impitoyablement l’échec. Si les marchés de capitaux ne condamnent pas le manque de discernement en permettant à une entreprise de faire faillite, les capitaux eux-mêmes sont gâchés, immobilisés dans de opérations qui ne produisent rien de valeur — ni pour la banque, ni pour l’entreprise, les actionnaires, la population ou le gouvernement (sous forme de recettes fiscales).

Ce qu’il nous faudrait, en ce moment, c’est un peu plus de faillites spectaculaires. Nous finirons par y arriver, bien entendu. Mais si la Fed ou d’autres banques centrales continuent de secourir les marchés, le jour du jugement sera un peu retardé. Cela nous donne plus de temps pour acheter de l’or.

Meilleures salutations,

Dan Denning
Pour la Chronique Agora

(*) Dan Denning est le rédacteur en chef de la lettre d’information Strategic Investment — il se spécialise dans les actions peu connues du grand public mais profitables. Installé depuis quelques mois à Sydney, Dan rédige également la version australienne de La Chronique Agora

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