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La Chronique Agora
Paris, France
Mardi 19 juin 2007
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*** Quand la devise nipponne sert la devise olympique
Philippe Béchade repasse son bac économique…
*** Tout dépend du contexte
Surtout en matière de monnaies…
*** Trois mariages et un enterrement (2)
De mariages financiers montés de toutes pièces…
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Bonjour,
*** QUAND LA DEVISE NIPPONNE SERT LA DEVISE OLYMPIQUE
** La potion magique concoctée par les "quatre sorcières" (surnom du troisième vendredi du mois de juin ou du mois de décembre, qui coïncide avec l’expiration de multiples échéances sur les produits dérivés d’actions et d’indices boursiers) cesserait-elle de produire ses effets dopants sur les athlètes du monde de la finance ? Ils ont pourtant adopté la devise olympique : citius, altius, fortius — "toujours plus vite, toujours plus haut, toujours plus fort".
Toujours est-il que le marché parisien reprend son souffle après avoir piqué son plus beau sprint haussier depuis trois mois. Moyennant un gain hebdomadaire de 3,8% (et 4,5% depuis le plancher des 5 850 points testé le 13 juin), le CAC 40 se hissait, vendredi 15 juin, à moins de 1% de son record annuel (le 1er juin, inscrit à 6 168 points).
Mais pas de quoi s’offrir un tour d’honneur devant des supporters tricolores en délire… Francfort a littéralement ridiculisé la concurrence européenne, le DAX affichant une envolée de 5,8% en cinq séances, la performance la plus spectaculaire enregistrée outre-Rhin depuis fin octobre 2003.
Avec une hausse de 0,8% supplémentaires lundi matin, les valeurs allemandes engrangent 22% depuis le 1er janvier, contre 10% pour l’Euro-Stoxx 50. Elles peuvent également se vanter d’avoir grimpé de 50% très exactement en un an jour pour jour, le DAX inscrivant son deuxième meilleur score historique intraday à 8 095 points, après les 8 136 points du 7 mars 2000, pour une clôture intervenant à 8 064 points.
Voici la preuve que les exportations vers la Chine — grâce aux délocalisations de la production vers les pays de l’Est — puis la hausse de la TVA (que les Allemands ne rougissent pas de qualifier de "sociale" sans déplorer d’effets inflationnistes) constituent le cocktail gagnant pour l’économie allemande.
** Wall Street n’est pas parvenu à suivre la cadence infernale imposée par les places européennes (gain hebdomadaire de 4%). Les indices américains ont dû se contenter d’une performance moyenne voisine de +2%… mais la proximité immédiate des sommets historiques limitait mécaniquement la marge de progression du Dow Jones.
Ce dernier retraçait, à trois points d’indice, son record absolu des 13 691 points de la fin mai. De son côté, le S&P 500 tutoyait à 0,2% près son zénith 2007, avant de terminer au contact des 1 535 points (troisième meilleure clôture de tous les temps).
Et puisqu’il n’est question depuis le début de cette chronique que de records tous azimuts, il est en un qui méritait une mention spéciale : les volumes sur le CAC 40 ont atteint vendredi dernier par moins de 11,5 milliards d’euros. Ce fut la troisième journée la plus active de l’histoire à Paris, et ce après 9,5 milliards d’euros jeudi… soit 20 milliards en 48 heures, du jamais vu au mois de juin.
Qui s’en plaindrait ? Qui y trouve à redire ? Pas grand monde, si l’on en juge par la consolidation symbolique des indices boursiers lundi soir (-0,4% en moyenne sur le Vieux Continent, -0,1% à Wall Street à la mi-séance). Les investisseurs semblaient encore sous le charme des statistiques de l’inflation en mai aux Etats-Unis (+0,7% en mai, +0,1% hors énergie, ce qui minore la progression annuelle de -0,1% à 2,2%).
** Une dérive des prix à la consommation jugée modérée, même avec un gallon d’essence culminant à 3,50 $ dans les stations-service de Manhattan. Cela a fait retomber la pression sur les marchés obligataires — avec des taux longs qui refluaient enfin sous les 5,20%, puis les 5,15% ce lundi — au moment même où les arbitragistes tiraient les cours de bourse… ce qu’ils auraient fait de toute façon, quand bien même le 30 ans se serait envolé vers 5,30%.
En cette fin de premier semestre 2007, outre le respect à la lettre de la devise olympique mentionnée en préambule, l’autre maxime cardinale semble être : "les chiens aboient, la caravane passe". Ceci donne, une fois décliné en mode "finances" : "les marchés obligataires hurlent à la mort, Wall Street avance imperturbable au milieu des sables mouvants".
Nous ne sommes en effet pas capable de citer d’exemple d’indices boursiers revenant tester des sommets historiques à 15 jours d’intervalle tandis que le rendement des T-Bonds US venait de bondir de 30 à 35 points de base. Il y une demi-douzaine d’années, tout étudiant passant l’épreuve du bac "éco" risquait une très sale note en affirmant que les mécanismes complexes des marchés financiers autorisaient la matérialisation d’un tel scénario.
Les correcteurs se seraient étranglés, s’ils avaient découvert un candidat jugeant qu’une création monétaire galopante sur fond d’éclatement d’une bulle immobilière aux Etats-Unis n’aurait aucune conséquence fâcheuse pour les valeurs mobilières, les investisseurs fuyant les bons du Trésor pour trouver refuge sur des marchés d’actions de plus en plus euphoriques…
Cette journée de lundi fut pratiquement vierge de tout indicateur économique, à l’exception d’un rapport de l’Association américaine des constructeurs de maisons individuelles. Verdict : les perspectives pour le second semestre de l’année 2007 sont les pires jamais observées depuis 16 ans. L’indice conjoncturel du NAHB (National Association of Home Builders) chute de 14 points par rapport au mois de juin 2006, à 28 contre 42… et même 72 en juin 2005. C’est le plus mauvais score enregistré depuis février 1991, date de la première offensive de la coalition occidentale en Irak.
** Appliquons sans hésiter le même raisonnement exposé au cours de l’avant-dernier paragraphe au sujet du compartiment obligataire : puisque l’immobilier est en crise et qu’il ne va pas se relever de sitôt, c’est le moment où jamais de se ruer sur les actions et d’imiter les fonds d’investissement.
Les brasseurs d’argent — dont Blackstone devient un emblème caricatural, servi par une dialectique guerrière ("tuer impitoyablement ses rivaux, éternellement") outrancière — semblent prêts à racheter les actions de la terre entière… afin de reconfigurer, restructurer, découper, démanteler, hacher menu toutes les entreprises dont le modèle économique fut conçu à une époque où la croissance de la masse monétaire mondiale était sous contrôle.
Nous parlons d’une époque où les possibilités d’endettement des ménages et des Etats-Unis n’apparaissaient pas illimitées. En d’autres termes, un lointain passé où le carry trade ne constituait pas l’alpha et l’oméga d’une sur-inflation perpétuelle des actifs financiers.
Et le carry trade — la pompe à liquidités planétaire — s’est remis en marche avec un débit redoublé. Il faut en remercier la hausse de rendement du dollar depuis la fin mai et les dernières déclarations du patron de la Banque centrale japonaise (le jeudi 14 juin). Ce dernier ne voit aucune urgence à resserrer le loyer de l’argent dans l’Archipel : avec une population vieillissante et déclinante, une consommation qui stagne, des produits high tech importés à bas coût du voisin chinois… il n’y a aucune raison de renoncer à la politique d’argent gratuit — ni d’empêcher le yen de dégringoler de 2,5% en 72 heures, passant sous les 165,8/euro et 123,5 $ (l’euro illustrant à son tour l’idéal olympique citius, altius, fortius).
Cet argent, mis à disposition du système économique global, n’a aucune vocation à se transformer en augmentation des salaires (cette catégorie de revenus ne concerne pas les "super bonus" et autres golden parachutes) ou en hausse des prestations sociales en Chine et dans le monde anglo-saxon. Non, les journalistes des chaînes financières américaines guettent avec gourmandise les prochaines enchères chez Sotheby’s à New York, qui devraient permettre à quelques toiles de Claude Monet ou Juan Miro d’atteindre des sommets qui défient l’imagination.
Cela nous rappelle une histoire très en vogue à Moscou, devenue la ville la plus chère du monde car les gardes du corps deviennent hors de prix… Deux nouveaux milliardaires discutent de leurs derniers achats. L’un déclare : "je viens de me faire livrer un Aston Martin de Londres — toutes options y compris le blindage — pour 400 000 $". L’autre lui répond : "tu parles bien de la DB-9 turbo 12 cylindres 650 CV ?" "Oui, bien entendu" lui répond le premier. "Alors tu t’es fait rouler, je viens de commander la même pour 500 000 $" !
Philippe Béchade,
Paris
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ENFIN RÉVÉLÉS !
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C’est comme si vous aviez votre propre casino privé… où vous pouvez faire pencher les chances de VOTRE côté pour des gains rapides de 102,94%… 101,94%… 100%… 180,96% et plus !
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Bill Bonner, co-fondateur de La Chronique Agora, à Londres
*** TOUT DEPEND DU CONTEXTE
** Tant de choses dépendent du contexte.
* C’est une chose lorsque votre épouse depuis 30 ans annonce qu’il est l’heure de se coucher. C’en est une autre lorsque ces mêmes mots sont prononcés par une blonde de 30 ans que vous venez de rencontrer dans un bar.
* Notre frère nous rend visite et trouve que les choses sont les mêmes… tout en étant très différentes… en Europe.
* "Un taxi depuis l’aéroport coûte la même somme. Idem dans les restaurants. Tout est à peu près pareil — je veux dire que les chiffres sont les mêmes. 30 pour le taxi… 80 pour un bon dîner… etc. Mais une livre sterling, c’est deux fois un dollar"…
* "Ca me fait penser qu’on a la belle vie, en Virginie. Tu te souviens de cette maison, près de Charlottesville ? Sur une colline, avec vue sur la Rockfish River ? C’est un endroit magnifique, avec 60 acres… des écuries… des prés… et la maison a probablement été conçue par un disciple de Jefferson. Toutes ces briques dorées… très joli. Eh bien, le marché a un petit coup de mou, là-bas. Les prix chutent, dit-on. Ce qui chute vraiment, ce sont les attentes des gens. Les acheteurs s’attendent désormais à pouvoir obtenir une réduction. Et les vendeurs n’attendent plus les gains énormes qu’on voyait il y a quelques années de ça".
* "J’ai mis l’endroit en vente à un million de dollars. Ca fait plus d’un an, et on n’a eu que des offres de 700 000 $ environ. L’idée, c’est qu’un million de dollars, ça achète pas mal de choses aux Etats-Unis — même dans une région comme Charlottesville. Bon, la maison est un peu loin de la ville. Mais ici, avec un million, on n’achète pas grand’chose".
** Dans le même ordre d’idée, notre ami Steve Sjuggerud en est arrivé à la conclusion que le dollar est sous-évalué. En dépensant des dollars aux Etats-Unis, on en a bien plus pour son argent qu’en dépensant des dollars en Europe. Etant donné le contexte du pouvoir d’achat, dit-il, le dollar devrait en fait grimper.
* Mais pensez-y en ces termes. Les Américains dépensent plus qu’ils ne gagnent, et le déficit commercial US dépasse les trois-quarts de 1 000 milliards de dollars par an. Le dollar est, dans les faits, la reconnaissance de dette des Etats-Unis. Il y a déjà des milliers de milliards de billets verts cachés sous les matelas, dans les portefeuilles et dans les coffres de la planète. Les gens semblent encore en vouloir, cela ne fait aucun doute. Les gouvernements et les entreprises continuent d’offrir de la dette basée sur le dollar à un taux incroyable. Mais à mesure que la quantité augmente, il semble raisonnable de voir la qualité diminuer. Chaque reconnaissance de dette s’appuie sur une quantité d’actifs plus petite. Dans le contexte des marchés des changes internationaux, il semblerait normal de voir le dollar chuter.
* En hausse ou en baisse ? Les deux, selon nous. Dans les années qui viennent — et ce n’est là qu’une supposition — le dollar achètera probablement une quantité plus grande de certaines choses et plus petite d’autres choses. Vous pourrez probablement obtenir plus d’actions, par exemple. Le rendement actuel du S&P n’est que de 1,8%. C’est un marché où les Américains n’en ont guère pour leurs dollars. Nous pensons qu’ils en auront plus — beaucoup plus — dans les années qui viennent. Par contre, nous ne sommes pas certain qu’ils aient beaucoup plus de dentifrice. Ou d’automobiles. La production de choses augmente elle aussi — mais pas aussi rapidement que la production de dollars. Nous sommes d’avis que les Américains auront moins de choses pour la même quantité d’argent dans les années qui viennent. Nous notons déjà une tendance troublante : le journal L.A. Times rapporte que le petit-déjeuner devient plus cher — au rythme de 8% par an. Pourquoi ? A cause du maïs ! Les prix des céréales généralement — et du maïs en particulier — grimpent. La valeur du dollar baisse donc, par rapport aux Corn Flakes ou aux Frosties.
* Mais qu’en est-il de l’immobilier ? C’est là que la plupart des Américains ont placé la majeure partie de leur argent. Le dollar achètera-t-il plus d’immobilier en 2010… ou moins ?
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Le CAC 40 à 6 500 points… ou à 4 600 ?
Le pétrole à 45 $… ou à 80 $ ?
Economie mondiale en plein boom… ou krach globalisé ?
2007 pourrait être une année agitée : vos investissements sont-ils prêts à tout ?
Avec une performance moyenne de 92,34% depuis 1992… et des gains de 69,77%, 35,52%, 29,56%, 42,90% (entre autres) en 2006… voici le moyen d’ affronter tout ce que l’avenir boursier peut nous réserver !
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*** La Chronique Agora présente ***
Bill Bonner nous parle mariages financiers — et même mariages immobiliers : aujourd’hui, fin de l’idylle entre Mitsubishi Estate et le Rockefeller Center… puis accordailles entre Morgan Stanley et All Nippon Airways — entre autres.
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TROIS MARIAGES ET UN ENTERREMENT — 2ème PARTIE
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Par Bill Bonner (*)
Après avoir investi près de 300 milliards de dollars pour acquérir des propriétés prestigieuses aux Etats-Unis dans les années 80, les Japonais ont rapidement décidé qu’ils préféraient sortir de là, et ont vendu pendant les 15 années qui suivirent. Les prix de l’immobilier commercial aux Etats-Unis ont perdu jusqu’à 50% au début des années 90. Les acheteurs du Rockefeller Center comptaient sur une hausse des loyers ; au lieu de cela, ces derniers ont chuté, les locaux vides se sont multipliés, et les pauvres samouraïs au destin contraire ont été enterrés sous les dettes. Ils finirent par perdre entièrement le contrôle de leur prestigieux trophée. R.I.P.
Nous sommes désormais 20 années plus tard. L’intrigue de la tragédie est toujours la même, mais les protagonistes ont changé. Il y a quelques jours de ça, Morgan Stanley a fait les gros titres. All Nippon Airways (ANA) possédait une chaîne de 13 hôtels au Japon. La compagnie voulait se débarrasser d’eux pour environ 100 milliards de yens, et a annoncé qu’elle accepterait des offres. Trente prétendants se sont présentés. Nous parlions de l’un d’entre eux hier : M. Jonathan Gray, qui a offert 235 milliards de yens. Puis est arrivé un autre beau gosse, Morgan Stanley, avec 280 milliards de yens ; il a remporté les faveurs d’ANA avec une offre 2,8 fois plus élevée que ce qu’attendaient les Nippons.
Les mariages financiers, lorsqu’ils naissent d’enchères si enfiévrées, sont rarement heureux. Les amants, pris dans le tourbillon de l’action, le sang chauffé par des conditions de crédit gratuit et facile, se laissent emporter. Quelques mois plus tard, lorsque l’argent est plus difficile à trouver, ils regardent le visage étranger sommeillant sur l’oreiller à côté d’eux, et se demandent dans quel pétrin ils se sont fourrés. Avant même que Morgan Stanley ne mette la barre plus haut, les prix avaient considérablement grimpé à Tokyo. Dans le secteur immobilier japonais, les rendements, si on les compare aux rendements de T-Bonds à 10 ans, ont été divisés par deux ces cinq dernières années. Les taux de vacance n’atteignent pas les 3%. Au prix payé par Morgan Stanley, ce dernier pourrait bientôt se retrouver dans le brouillard, comme Mitsubishi Estate il y a 18 ans de ça.
Tandis que Morgan Stanley devenait l’un des plus grands opérateurs hôteliers du Japon, il s’est également accordé quelques instants pour faire la cour à Mitsubishi Estate Co. Cette fois-ci, ce sont les Japonais qui se sont laissé conter fleurette, acceptant de vendre une part de leur propriété valant — croyez-le ou non — 1,4 milliards de dollars, le montant exact de l’achat du Rockefeller Center.
Au moins les investisseurs immobiliers du Japon peuvent encore espérer obtenir assez de rendement pour couvrir leurs coûts de financement — grâce à des taux hypothécaires près de 2%. A Londres et New York, par contre, l’écart est devenu négatif.
Le plus grand accord de l’histoire immobilière du Royaume-Uni a eu lieu récemment lui aussi. Cette fois-ci, le fiancé était le géant de l’immobilier espagnol, Metrovacesa — le trophée étant le quartier général d’HSBC, sur Canary Wharf. A plus de deux milliards de dollars, le prix était lui aussi un trophée — le plus élevé jamais payé pour un bâtiment britannique. A Londres plus encore qu’au Japon… ou qu’à New York en 1989… un homme cherchant de bonnes affaires ferait aussi bien de rentrer chez lui. Les loyers auraient grimpé de 25% ces 12 derniers mois. Les prix au mètre carré sont deux fois plus élevés que ceux de New York. Et au prix payé par les Espagnols, leur nouvelle propriété ne rapportera pas plus que ce qu’ils auraient pu obtenir à Tokyo — 3,8%. Cependant, les coûts de financement sont bien plus élevés en Grande-Bretagne qu’au Japon. Même le prime rate au Royaume-Uni — à 5,5% — est bien plus élevé que le rendement attendu pour le bâtiment HSBC. Les Ibères pourraient obtenir de meilleurs profits avec des obligations gouvernementales — quasiment sans risque ni corvée.
Tout peut se résumer ainsi : vous pouvez apprendre comment faire un tableau d’amortissement à l’école, mais certaines choses doivent s’apprendre sur le terrain. Et chaque génération doit payer pour son éducation.
Lorsqu’on approche de la dernière étape d’une expansion de crédit, les "bulleurs" se précipitent la tête la première dans une série de mauvais investissements. Puis, lorsque les confettis ont cessé de voleter et que les cadeaux de mariage ont été rangés, ils découvrent que les unions contractées avec tant de hâte sont désormais à regretter.
En prenant tout son temps.
Meilleures salutations,
Bill Bonner
Pour la Chronique Agora
(*) Bill Bonner est le fondateur et président d’Agora Publishing, maison-mère des Publications Agora aux Etats-Unis. Auteur de la lettre e-mail quotidienne The Daily Reckoning (450 000 lecteurs), il intervient dans La Chronique Agora, directement inspirée du Daily Reckoning. Il est également l’auteur des livres "L’inéluctable faillite de l’économie américaine" et L’Empire des Dettes".
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(c) Les Publications Agora France, 2002-2007
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Nota bene : reproduction partielle ou totale de la présente Chronique STRICTEMENT INTERDITE sans accord écrit de la société éditrice.
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