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La Chronique Agora
Paris, France
Mardi 13 mars 2007
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*** Quand la déprime du subprime s’exprime
Les investisseurs frôlent la gastro-entérite…
*** Quelque chose doit céder
Mais les lumpeninvestisseurs semblent s’être rendormis à poings fermés…
*** L’inflation veut manger vos enfants (2)
Aujourd’hui, le Mogambo Guru nous parle d’inflation, de pénuries et des CMRMJ…
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Bonjour,
*** QUAND LA DEPRIME DU SUBPRIME S’EXPRIME
** Le marché parisien a fait pâle figure ce lundi. Le CAC 40 a rechuté sous le palier des 5 500 points à l’issue d’une séance caractérisée par une hausse initiale en direction de 5 565 points, correspondant au prolongement de mouvement de reprise amorcé lundi dernier sur le seuil graphique des 5 300 points. Il a ensuite basculé dans une phase de consolidation assez impulsive en fin de matinée — Paris perdait jusqu’à 1% et testait les 5 480 — alors que les opérateurs se mettaient à redouter une journée "délicate" sur les marchés américains.
Wall Street se montrera finalement plus résistant que prévu à l’ouverture, les indices affichant au pire un repli limité de 0,15% (S&P 500), ou une légère hausse : le Dow Jones grappillait 0,1%. Deux thématiques dominaient les conversations depuis le début de la matinée outre-Atlantique : les plus récentes statistiques concernant l’économie américaine — et les chiffres de l’emploi dévoilés vendredi — autorisent l’espoir d’un assouplissement monétaire par la Fed avant l’automne si la tendance au ralentissement se renforçait.
** L’autre thématique du jour en découlait presque mécaniquement : une baisse du loyer de l’argent ne constituerait-elle pas la meilleure réponse au risque systémique — que chacun s’accorde à juger insignifiant — lié à la faillite en cascade des organismes de crédit qui ont attiré cyniquement des centaines de milliers d’Américains désargentés dans le piège de la dette via les emprunts exotiques (dits subprime) ?
Nous faisons allusion à la très médiatique banque californienne New Century Financial, qui voit tous ses bailleurs de fonds ayant pignon sur rue à Wall Street (Morgan Stanley, en l’occurrence) lui couper les vivres. Cela accule la société à se placer sous la protection de l’article 11 de la loi sur les faillites ; l’annonce de cette issue calamiteuse ne serait qu’une question d’heures, après que le titre ait perdu 80% de sa valeur en une semaine.
New Century Financial, c’est l’un des principaux artisans de la bulle immobilière sur la côte ouest des Etats-Unis. Ce spécialiste des prêts à haut risque se retrouve à la tête de 51 milliards de dollars d’encours de crédits potentiellement en déshérence… mais qui ont servi de sous-jacent à une série d’émissions obligataires au haut rendement, sur lesquels de nombreux hedge funds se sont jetés comme des fourmis sur un reste de hamburger gorgé de ketchup.
Les grandes banques commerciales se disent non concernées par l’effondrement des organismes de prêts accordés à des clients dispensés de fournir un apport, et même de rembourser les intérêts (ne parlons pas du principal) durant une période de grâce pouvant aller de six mois à deux ans : ce n’est pas le genre d’activité qu’elles agréent (on a sa fierté) !
Sauf qu’elles sont très heureuses d’encourager les vautours à tirer la moindre parcelle de moelle du marché immobilier en pleine ébullition. Elles n’émettent pas de prêts subprime (à moins que certains salariés indélicats se soient montrés peu regardants sur la qualité de certains dossiers, afin de faire du chiffre…) mais cautionnent ceux accordés par de nombreuses sociétés désormais acculées à la faillite.
Elles leur accordaient également des lignes de crédit en quantité quasi-illimitée, quand tout allait bien — c’est-à-dire tant que les prix immobiliers évoluaient à la hausse. Cela ne manquait pas d’arriver, puisque des personnes qui n’auraient jamais dû acheter un bien se mettaient à participer à la grande Roue de la Fortune.
Les grandes banques accordaient également toute leur confiance — et les fonds qui vont avec — aux hedge funds qui se gavaient de junk bonds immobilières (prétendant savoir en maîtriser les risques), alors que les organismes qui les émettaient savaient pertinemment qu’une bonne partie de leur clientèle était incapable dès l’origine de rembourser la moindre mensualité d’un montant "normal" (intérêt + principal).
Le secteur a commencé à courir à la catastrophe lorsque les intérêts à taux variables sont passés de 7% (deux fois le tarif consenti à l’époque aux meilleurs emprunteurs en 2005) à 10% en 2006. Le système va probablement exploser lorsque la surprime va passer les 12% : ce sont en effet plus de 650 milliards de dollars de prêts pourris qui sont concernés, dont 230 milliards de dollars poseraient réellement problème en l’état actuel des choses.
Les sociétés de prêts — qui n’en accordent plus faute de garanties en amont ou en aval ! — commencent à licencier massivement. C’est même le cas de la filiale crédit WMC Mortgage du géant General Electric, lequel vient de biffer d’un trait de plume 20% de ses effectifs. Les salariés peuvent d’ailleurs s’estimer heureux : chez New Century, cela pourrait concerner 90% du personnel… et chez certains autres, c’est déjà du 100% !
** Nous avons déjà souligné à de nombreuses reprises que le fameux "plein emploi" à l’américaine a été obtenu, ces trois dernières années, grâce aux recrutements massifs opérés dans tous les secteurs liés de près ou de loin à la bulle immobilière — du promoteur à l’agent immobilier en passant par l’architecte et l’employé de banque formé en quelques semaines au montage de dossiers de crédit à géométrie variable, sans apport initial et sans fiches de paye !
Alors que le marché immobilier se retourne, les faillites personnelles — suivies de saisie des biens des clients en difficulté financière — se chiffrent en dizaines de milliers chaque mois depuis le début de l’année 2006.
Cet afflux de biens immobiliers à prix cassés, associé au durcissement des conditions d’attribution des prêts, engendre un risque systémique que Susan Bies et Gary Stern, de la Fed, ont identifié il y a déjà plus de 18 mois. Ils viennent de renouveler leurs avertissements en fin de semaine dernière, ce qui a alimenté de nouvelles spéculations sur une baisse des taux, et non pas sur une réaction en chaîne qui impacterait directement les grandes banques qui prétendent encore — sauf HSBC — ne pas s’être sali les mains avec les "prêts pourris".
Les marchés sont décidément incorrigibles !
** Wall Street a donc — en serez vous surpris ? — choisi lundi soir le camp des optimistes, ceux qui attribuent à la crise du secteur des "prêts exotiques" un caractère anecdotique, à l’image de ce que pourrait représenter pour l’économie globale la chute de la cote d’Andy Warhol lors d’une vente aux enchères à Los Angeles. Le Dow Jones a ainsi clôturé à 21h (les Etats-Unis sont passés à l’heure d’été avec un mois d’avance !) en hausse de 0,34% et le Nasdaq en progression de 0,6%.
Les investisseurs se sont focalisés sur la revente des activités pharmaceutiques d’Akzo Nobel, regroupées au sein d’Organon BioSciences, à l’américain Schering-Plough… sur le rachat d’Aston Martin (dont Ford était le principal actionnaire depuis 1988) pour près de un milliard de dollars par David Richards, l’ancien patron de l’écurie de Formule 1 Benetton… et sur l’offre de 10 milliards de livres sterling du fond américain KKR sur le britannique Alliance-Boots, qui l’a rejetée en fin d’après-midi.
Face à tant d’opportunités de gains rapides sur les marchés, se chiffrant en centaines de millions — voire en milliards — de dollars, pourquoi les principales banques d’affaires américaines qui règnent en maître sur ce Monopoly mondial auraient-elles dû perdre du terrain ? Pas question de se laisser intimider par le nouveau plongeon de 50% de New Century Financial en clôture ce lundi, la baisse de 10% de Fremont, de 5% de DR Horton ou de 4,5% de Pulte Homes, ou encore par la chute de 3,2% de Kaufman & Broad… sans oublier les -2,5% de Countrywide ou Fannie Mae.
Il faut vraiment avoir l’esprit empâté par des décennies de théories économiques obsolètes (qui postulent par exemple que l’on ne saurait obtenir quelque chose — autre que de sérieux ennuis — en l’échange de rien) pour estimer que le merveilleux mirage de Goldilocks pourrait se dissiper du fait de l’éclatement de la bulle immobilière et du crédit qui va avec. Ces inconvénients ne concernent finalement qu’un malheureux secteur d’activité représentant la bagatelle de 10 500 milliards d’encours de crédit, dont 12,75% sont constitué de prêts à haut risque, soit une masse de 1 300 milliards de dollars.
Sur ce montant (qui nous apparaît colossal parce qu’il représente 130% du PIB de l’Espagne), 80% sont composés d’emprunts à taux variables dont le surcoût va mettre en sérieuse difficulté 50 à 60% des emprunteurs imprudents. Autrement dit, près de 700 milliards de dollars de créances sont considérées comme potentiellement irrécouvrables (soit l’équivalent du PIB de l’Inde)… et 250 milliards de dollars sont d’ores et déjà considérées comme telles (soit l’équivalent du PIB de l’Arabie Saoudite ou de la Norvège).
La saisie de 1,2 millions de maisons et autres biens immobiliers en l’espace d’un an constitue déjà un triste record qui n’a d’équivalent que la période noire de la faillite des caisses d’épargne américaine au milieu des années 80. Ce phénomène avait coûté 300 milliards de dollars au budget fédéral, et 1 300 milliards (déjà) à l’ensemble des agents économiques. Il s’agissait principalement des propriétaires dépossédés de leurs biens puis des fonds de retraite et autres organismes de placement collectifs qui avaient misé sur les junk bonds pour améliorer l’ordinaire… et avaient indirectement ruiné des millions d’épargnants.
** Non, décidément, pas de quoi s’inquiéter pour si peu. Certains commentateurs n’hésitent pas à défendre la thèse selon laquelle fortunes et faillites font partie du système libéral américain, omettant de préciser que les premières se matérialisent souvent au détriment d’une masse d’acteurs économiques plus naïfs.
Cette crise ne devrait pas affecter l’industrie des hedge funds (certains vont faire faillite… tant pis pour eux, bon débarras !)… et en plus, elle devrait susciter de nouvelles opportunités pour les long-short (spécialisés dans les arbitrages entre secteurs d’activité et les ventes à découvert d’actions ou de produits obligataires).
En d’autres termes, et pour reprendre un aphorisme glané au hasard des analyses entendues sur les chaînes financières anglo-saxonnes, la crise du subprime ne serait guère plus inquiétante pour le système financier pris dans sa globalité que la grippe aviaire pour le secteur du fast-food l’an passé. Les gens qui vont cesser de consommer durant quelques temps des nuggets de poulet (et tous leurs dérivés tels que pilons rôtis aux épices et autres omelettes) vont se rattraper sur les hamburgers, les pizzas ou les sushi.
Un argument qui nous semble particulièrement indigeste, car le problème de fond, c’est que la clientèle est atteinte d’une épidémie massive de gastro-entérite. Le souci n’est plus de troquer les beignets bourrés de lipides contre des milk-shakes bourrés de glucides (ou les taux fixes au détriment des taux variables)… mais bien d’entamer une diète salutaire, c’est-à-dire une réduction de la consommation — boulimique — de crédit.
Philippe Béchade,
Paris
PS : Pour retrouver les analyses et conseils de Philippe Béchade, rendez-vous au 0899 707 009* dès 15h45 cet après-midi : explications sur la séance en cours, recommandation du jour, suivi des positions ouvertes… vous aurez toutes les cartes en main pour réagir aux conditions boursières du moment.
*(1,35 euros l’appel + 0,34 euro/minute)
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Evitez cette erreur, et vous deviendrez bien plus prospère que n’importe quel expert financier !
C’est exactement ce que fait notre spécialiste en se concentrant sur un secteur bien précis du marché — et son approche de l’investissement porte ses fruits, avec des gains réguliers de 74%… 53,8%… 35,14%… 43,17%… 60%… et bien d’autres encore.
Pour profiter vous aussi de ses conseils, continuez votre lecture…
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Bill Bonner, co-fondateur de La Chronique Agora, à Londres
*** QUELQUE CHOSE DOIT CEDER
** Que se passe-t-il ?
* Après le mini-krach qui s’est produit il y a deux semaines, nous nous attendions à de l’action sur les marchés financiers.
* Au lieu de cela, les investisseurs — qui ont été tirés de leur torpeur par le plongeon des cours dans le monde entier — ont éteint leur réveil, se sont retournés, et ont replongé dans les bras de Morphée.
* Pourquoi pas ? Les nouvelles de la fin de la semaine étaient plutôt apaisantes. L’emploi est en hausse aux Etats-Unis. Les salaires aussi. Un rapport des autorités affirme que le déficit commercial s’est réduit en janvier.
* Le Dow s’est repris. L’or se maintient au-dessus des 650 $. Le dollar est resté à peu près à sa place — où il est depuis bien longtemps.
* Et voilà un jour de plus de passé… La dette américaine frôle les 9 000 milliards de dollars… et environ deux milliards d’actifs américains supplémentaires sont passés entre des mains étrangères.
* Pour le premier chiffre, nous avons été tenté de mettre un M majuscule aux milliards, puis nous avons changé d’avis. Inutile d’insister. Le plus gros tas d’argent jamais amassé dans toute l’histoire de la planète appartient désormais à de gens qui se disent communistes. Il est légèrement supérieur à 1 000 milliards de dollars — en majeure partie sous forme de reconnaissances sur des actifs US (dollars). Cependant, le gouvernement fédéral américain doit neuf fois cette somme, la moitié environ au public… dont plus de la moitié est constituée d’étrangers.
* A eux seuls, les intérêts sur la part appartenant au public se montent à 240 milliards de dollars par an — soit 11% des recettes fiscales. On prévoit que ce montant doublera ces 10 prochaines années… et dans 33 ans, il mobilisera 100% du budget fédéral dans son intégralité. De toute évidence, cela ne se produira pas. Le gouvernement américain serait en faillite.
* Au lieu de cela, quelque chose doit céder.
* Mais même si quelque chose doit céder, cela ne signifie pas que quelque chose doive céder tout de suite… Cela ne signifie pas non plus que la majorité des investisseurs n’agira pas comme si rien ne devait jamais céder… jusqu’au moment où l’enfer se déchaînera.
** Prenez le marché des prêts hypothécaires US, par exemple. Là aussi, quelque chose devait céder, mais cela n’a pas empêché beaucoup de gens très intelligents de prêter de l’argent jusqu’au moment où ils ont entendu les pare-chocs subprime grincer contre le macadam des saisies hypothécaires.
* Et même alors… les experts se sont empressés de nous affirmer que les dommages seraient mineurs. Nous avons nos ceintures de sécurité, nos airbags, ont-ils dit — rendormez-vous.
* Il y a moins de deux semaines, Scott Coren, analyste chez Bear Stearns, écrivait à ses clients que New Century Financial n’était pas un mauvais achat à 15 $, puisque l’action ne pourrait pas descendre sous les 10 $ environ "dans un scénario de ventes de sauvetage".
* Mais que voyons-nous ? La valeur s’échangeait à 3,21 $ la semaine dernière. Lorsque quelque chose a fini par céder chez New Century, où étaient les secours ?
* Le marché des prêts hypothécaires US dans son ensemble vaut 6 500 milliards de dollars — plus que le marché obligataire américain. Quelque chose semble céder dans les grandes largeurs mais, encore une fois, où sont les secours ?
* "Plus de deux dizaines de prêteurs ont déjà fermé ou fait faillite", rapporte Gretchen Morgenson dans le International Herald Tribune, "et les actions des grandes sociétés du secteur du prêt ont décliné significativement. Les défauts de paiement sur les prêts accordés à des emprunteurs plus risqués — connus sous le nom de prêts subprime — ont récemment atteint les 12,6%. Certaines banques ont également rapporté des problèmes croissants parmi les emprunteurs estimés moins risqués".
* Environ un tiers de tous les prêts accordés l’an dernier étaient subprime — une part qui a triplé ces trois dernières années.
* Lorsqu’on accorde tant de prêts à tant de gens qui ne peuvent vous rembourser, quelque chose doit céder tôt ou tard. Le moment actuel semble aussi bien choisi qu’un autre.
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*** La Chronique Agora présente ***
Hier, le Mogambo Guru nous parlait de l’Indice des prix à la consommation urbains — et ce n’était pas joli-joli. Aujourd’hui, il nous parle d’inflation, de pénuries et des CMRMJ…
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L’INFLATION VEUT MANGER VOS ENFANTS — 2ème PARTIE
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Par le Mogambo Guru (*)
Bizarrement, tout est calme, même si les prix à la consommation US ont grimpé de 0,2% sur le mois. Cela reflète essentiellement le fait que les prix de la nourriture, des voyages aériens et des soins de santé ont beaucoup grimpé. Et même l’inflation "centrale" (qui exclut l’énergie et l’alimentaire, ce qui est censé avoir un effet apaisant sur nos nerfs) a grimpé de 0,3% — ce qui n’était absolument PAS apaisant.
Même en dehors de ces statistiques stériles, nous obtenons la même chose de Sprott Asset Management, qui déclare : "dans le monde réel, selon toutes indications, les déficits malthusiens qui ont commencé il y a quelques années de ça avec l’expansion économique mondiale la plus récente se creusent réellement à mesure que 2007 progresse. Ce n’est nulle part plus évident que dans l’augmentation galopante des coûts (alias "inflation") que subissent les entreprises que nous analysons".
George Ure, du site UrbanSurvival.com, nous entend parler des déficits, en particulier malthusiens, et nous informe que ses robots internet (qui cherchent les références aux "déficits" et aux "pénuries" sur le net) ont, "pour la première fois depuis que j’ai commencé à suivre, dépassé le niveau des 20 000 requêtes". Deux gars ont donc noté que des pénuries apparaissaient ! Les pénuries sont en hausse !
Si vous portez votre Coûteuse Montre Ranger Mogambo Junior (CMRMJ), son alarme "ratio offre/demande" intégrée, à droite du cadran, doit être en train de siffler. Si ce n’est pas le cas, elle est certainement cassée, et vous ne pouvez rien y faire, parce que même si le certificat d’authenticité est très certainement valable, la garantie à vie (comme toutes les garanties des Entreprises InterStellaires Mogambo (EISM) pour tous nos produits et services) ne vaut pas le papier sur lequel elle est imprimée.
J’espère que vous vous consolerez en apprenant que la véritable valeur de cette montre ne réside pas dans la tocante elle-même (pour laquelle vous avez de toute évidence trop payé), mais dans la leçon que vous venez d’apprendre. En tant qu’astucieux Ranger Mogambo Junior (RMJ), vous n’avez aucun besoin de cette montre. Cela pourrait expliquer, bien entendu, pourquoi les ventes sont en baisse (et pourquoi les ventes de renouvellement sont à zéro)… et a sans doute déjà fait surgir dans votre imagination une représentation mentale du graphique de la dynamique offre/demande, dont la courbe de l’offre a été ajustée pour refléter ces pénuries déclarée, et qui dit : "hiii ! Une hausse des prix s’annonce !"
M. Sprott jette un coup d’œil nerveux dans ma direction, pour voir comment je prends ces nouvelles au sujet de l’inflation. Ma respiration est rapide et haletante, mais je ne hurle pas de terreur — en fait, je ne tremble même pas visiblement. S’enhardissant, M. Sprott continue : "les plus grandes entreprises du monde dans les secteurs miniers et industriels déclarent toutes quasiment sans exception que les estimations de coûts faites il y a quelques années pour certains de leurs plus gros projets sont désormais largement sous-estimés".
Notre lecteur George P. a lu ces mêmes remarques de Sprott, et a pensé que la phrase suivante était la plus remarquable : "nous avons entendu des estimations provenant de sources bien informées et affirmant que la masse monétaire mondiale a grimpé de 18% l’an dernier — c’est si choquant que c’en est presque incroyable".
Et si vous connaissez quelques exemples dans la pléthore de cas historiques montrant ce qui se passe lorsque la croissance de la masse monétaire devient si purulente, votre cœur est sans aucun doute en train de battre comme un marteau-piqueur, même si vous n’êtes pas exactement certain de savoir pourquoi. Si vous êtes plus éduqué que certains, et si vous êtes parfaitement familier avec ce qui est en train de se passer, vous pensez tout naturellement que même si vous avez une mitrailleuse Uzi dans chaque main, un couteau de chasse entre les dents, que vous êtes assis sur votre poids en or et en argent, que vous portez un chapeau en papier aluminium et des lunettes de soleil hyper-cool, vous vous sentez encore exposé et sans défense ! Et il vous faut un peu plus de tout ce que j’ai énuméré ci-dessus !
Le Mogambo vous le dit sur son ton le plus rassurant : "tout à fait ! C’est carrément terrifiant !".
Jusqu’à la prochaine fois,
Le Mogambo Guru
Pour la Chronique Agora
— Comme le dit le Mogambo : Je ne suis pas expert en signaux de détresse, mais des fusées s’allumant aux quatre coins de la planète, ça doit vouloir dire QUELQUE CHOSE ! Et si ça signifie ce que je crois que ça signifie, alors bientôt, plus que jamais, vous apprécierez l’immense valeur de l’or et de l’argent. Et il en ira de même pour tous les autres êtres pensants entre le ciel et la terre, comme l’attestera si dramatiquement l’augmentation météorique de leurs cours. Et ceux qui en auront acheté se trouveront — surtout par rapport à la pauvreté de tout le monde — riches.
(*) Richard Daughty est associé gérant et directeur d’exploitation pour Smith Consultant Group, qui sert les secteurs financier et médical. Il est également l’auteur de la lettre d’information économique Mogambo Guru, un exercice visant à accumuler les sarcasmes sur ceux qui le méritent largement. Le Mogambo Guru est souvent cité dans le journal Barron’s ou dans le Daily Reckoning, l’équivalent américain de la Chronique Agora.
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(c) Les Publications Agora France, 2002-2007
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Nota bene : reproduction partielle ou totale de la présente Chronique STRICTEMENT INTERDITE sans accord écrit de la société éditrice.
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