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LA CHRONIQUE AGORA
Paris, France
Jeudi 27 juillet 2006
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*** Tsahal fait sauter la banque
Philippe Béchade nous donne une explication économique du conflit au Liban
***20 000 Lieues sous les mers
Ou plutôt 12 km sous la surface de l’océan…
*** Pourquoi ce "E" ne deviendra jamais un "P"
Bill Bonner examine un autre des Cinq E…
*** "Nous", ça veut dire les Chinois aussi (1)
Des fluctuations aussi soudaines et désordonnées sont complètement étrangères à des systèmes stables
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Bonjour,
*** TSAHAL FAIT SAUTER LA BANQUE
** Si le moral des consommateurs américains reste au beau fixe au mois de juillet, les Allemands, peut-être déçus de ne pas avoir atteint la finale de la Coupe du Monde qui se déroulait sur leur territoire, ont montré moins de confiance dans l’avenir que le consensus ne le prévoyait. Le baromètre du moral des chefs d’entreprises a reculé de 1,2 points, à 105,6 contre 106,8 au mois de juin, retrouvant ainsi ses niveaux de la mi-mai.
Parmi les principales inquiétudes évoquées lors des dernières enquêtes (l’institut consulte pas moins de 7 000 patrons chaque mois), le conflit au Proche-Orient figure au premier rang. Le probable ralentissement économique planétaire vient en deuxième, la hausse des coûts de production en troisième, et la hausse de la TVA, problème strictement interne mais souligné de façon récurrente, en quatrième.
Les Allemands se veulent pragmatiques et font rarement preuve de fantaisie s’agissant l’analyse de la conjoncture géopolitique ou macro-économique ; rien à voir avec les investisseurs américains, qui affichent leur satisfaction de voir l’allié israélien se charger de terminer le travail commencé par les troupes US en Irak 40 mois auparavant — sans aucun résultat positif pour la "sécurité" de la planète ou l’équilibre budgétaire des Etats-Unis.
Les néoconservateurs sont de nouveau les bienvenus sur FOX TV, et leurs avis sur la reconfiguration du Proche-Orient sont consignés avec ferveur par les grands quotidiens conservateurs.
Quelques journalistes osent parfois demander aux experts du Pentagone si le conflit ne risque pas de s’étendre et de dégénérer, mais la réponse ne varie jamais : Israël a le droit de lutter contre la menace terroriste, et d’instaurer une zone de sécurité au Liban qui mettrait son territoire à l’abri des roquettes du Hezbollah.
Vladimir Poutine, qui soignait jusqu’à présent ses bonnes relations diplomatiques avec Téhéran, approuve à son tour — et après mûre réflexion — le principe des opérations militaires en cours.
** Beaucoup d’observateurs s’interrogent sur l’ampleur des destructions orchestrées par Tsahal dans les quartiers chiites de Beyrouth : des dizaines d’immeubles rasés, bien que désertés par leurs habitants, et par extension, par les combattants du Hezbollah. Quel était donc le véritable mobile stratégique des frappes aériennes, puisqu’il ne s’agissait pas de détruire des caches d’armes ou des postes de tir menaçant l’armée israélienne ?
La raison est d’ordre économique ! La plupart des immeubles soufflés par les bombes abritaient les trois ou quatre banques (ainsi que leurs succursales locales) finançant ouvertement le Hezbollah. D’après les experts de l’armée israélienne qui se sont prêtés au jeu de la transparence sur CNN mardi soir, un tiers des liquidités dont disposait le Hezbollah il y a 15 jours ont été anéanties avec la destruction systématique des agences bancaires "ennemies" de la capitale libanaise.
Sur injonction du Département d’Etat, la banque américaine Wachovia a dû cesser toute relation commerciale avec certaines banques libanaises répertoriées comme soutenant plus ou moins ouvertement le Hezbollah ; les comptes non-résidents suspects ouverts dans ses livres sur le territoire américain ont été gelés.
Les opérations semblent avoir pour but non pas d’écraser militairement les combattants guérilleros du Hezbollah, mais bien d’asphyxier financièrement les milices chiites implantées au Liban… en faisant "sauter la banque".
Voilà qui éclaire d’un jour assez singulier la stratégie poursuivie par Jérusalem depuis les premières heures du conflit. En revanche, la destruction d’un poste d’observation de l’ONU fait figure au mieux de regrettable bavure et au pire d’avertissement : c’était la position de l’ONU la plus proche de la frontière libanaise, et la plus proche également des derniers bastions du Hezbollah dans cette zone.
Tout ce qui précède est destiné à vous prouver qu’une guerre d’un genre bien particulier a débuté le 11 juillet. Les enjeux et les moyens diffèrent assez largement de ce qu’un examen superficiel des articles de presse — ou des reportages des journaux télévisés — laisse supposer : les véritables munitions du Hezbollah visées par Israël sont financières tout autant que conventionnelles.
Il est plus facile de détruire une agence bancaire et sa salle des coffres qu’une batterie de roquettes, qu’elle soit mobile ou dissimulée dans un discret abri souterrain, hors du champ de vision des satellites militaires ou des drones espions.
Les combattants du Hezbollah risquent bientôt de ne plus devoir leur salut qu’à une aide extérieure directe… C’est bien là que se situe, depuis l’origine, le risque d’extension du conflit hors du seul théâtre des opérations libanais.
** Vous comprendrez, dans ces circonstances, que nous n’accordions aujourd’hui qu’un espace réduit au commentaire des molles oscillations du CAC 40 entre 4 930 et 4 950 points qui se sont succédées jusque vers 16h. Il s’est ensuite produit une consolidation de -0,1% vers 17h dans le sillage de Wall Street, avant qu’un coup de reins de dernière minute permette aux valeurs françaises de grappiller +0,2%, et de renouer ainsi avec leur niveau d’ouverture.
Les volumes d’échanges sont demeurés très stables à Paris depuis mardi dernier. Ils s’étagent entre 3,35 et 3,95 milliards d’euros pour les vedettes du CAC 40, et entre 4,5 et 5,2 milliards d’euros pour les valeurs du SRD. La séance de forte hausse de lundi (+2%) fut également la plus creuse observée depuis une semaine… ce qui nous rend sceptiques quant à la robustesse du mouvement de reprise amorcé mercredi dernier sur 4 700 points.
Il faut souligner également qu’une bonne partie de l’animation du marché parisien fut entretenue par le titre Peugeot, en chute libre (-10,1%) après la publication d’une marge d’exploitation décevante et d’une révision à la baisse de ses ambitions industrielles et commerciales pour le second semestre 2006. Les échanges sur Peugeot ont représenté jusqu’à 10% du total négocié au sein du CAC 40, et les opérateurs n’ont tenu aucun compte de la légère décrue du pétrole — revenu en cours de séance sous les 74 $/baril — qui pourrait, en cas de confirmation, alléger les coûts de production du constructeur sochalien.
Pour l’anecdote, c’est l’envol du titre Total (+1,55%) au cours de la dernière heure de cotations qui permet à Paris de terminer dans le vert. Effet de levier maximum pour une mise de fond minimum — et à la clé, l’inscription symbolique d’une troisième séance de hausse consécutive; l’Euro-Stoxx avait, lui, clôturé dans le rouge pour 0,05% mardi !
A Wall Street, c’est Amazon qui a constitué hier le principal centre d’intérêt des investisseurs : le titre dévisse de -20%. Il est une nouvelle fois question d’une déception sur les marges (chute de 58% du bénéfice par action), le résultat étant plombé, mais oui, par les coûts de livraison — gallon de carburant à 3 $ oblige.
La chute d’Amazon serait-elle le symptôme avant-coureur de difficultés dans le secteur de la consommation ? N’oublions pas que cette dernière est le dernier moteur de l’économie américaine… depuis que les prix de l’immobilier apparaissent stabilisés : si le prix moyen des maisons à la revente est stable par rapport à juin 2005 — autour de 230 000 $, le refinancement hypothécaire à 30 ans s’est en revanche renchéri de 100 points de base en un an, ce qui alourdit la facture de 10 000 $ pour 200 000 $ empruntés.
Philippe Béchade,
Paris
PS : Vous ne savez pas quelles conclusions tirer de la séance en cours ? Retrouvez une analyse complète de Philippe Béchade au 0899 707 009 dès 15h45 cet après-midi… et toutes ses recommandations pour adapter votre portefeuille aux conditions du moment.
*(1,35 euros l’appel + 0,34 euro/minute)
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1 740,11% de gains cumulés au total sur le premier semestre 2006…
Une performance moyenne de 23,84%…
Des gains de +50%… +69,77%… +67,86… +88,10%… depuis début mai 2006…
Sans compter les plus-values de 106,90%… 100%… 104%… 91,80%… 117,10% et même 679%… engrangées durant la première partie du 1er semestre 2006 !
Quels investissements permettent d’engranger ce genre de gains ?
Continuez votre lecture pour tout savoir…
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Justice Litle nous donne les dernières nouvelles de Wall Street
*** 20 000 LIEUES SOUS LES MERS
** Un article passionnant dans le dernier numéro de la MIT Technology Review — magazine américain spécialisé dans les technologies émergentes et leurs implications — met en lumière les efforts désormais nécessaires pour trouver de l’énergie.
- Le Discoverer Deep Seas est un navire qui n’extrait pas de pétrole, mais qui fore des puits — il en coûte à la société Chevron 250 000 $ par jour pour la concession, et 500 000 $ pour le fonctionnement. Avec ses 254,5 mètres, le Deep Seas est aussi long qu’un immeuble de 80 étages.
- Bourré de machines en tous genres, avec ses flancs rouillés et son énorme derrick sur le pont, on dirait "un pétrolier fantôme qui essaierait de s’enfuir avec la Tour Eiffel".
- Si l’on met de côté l’aspect esthétique, cette merveille technologique était dernièrement à l’œuvre à 225 km des côtes de la Louisiane, forant à travers 1 310 mètres d’eau et 7 300 mètres de fond — plus de 8 km en tout.
- Mais tout cela n’est qu’un début. Bryan Urstadt, auteur de l’article, nous en dit plus : "Chevron et Transocean ont déjà mis en place une concession de long terme sur un navire plus grand encore, Discoverer Clear Leader, qui doit être livré en 2009, et dont la construction coûtera environ 650 millions de dollars à Transocean".
- Ressemblant à Deep Seas par de nombreux aspects, ce navire aura un plus grand élément moteur au sommet du derrick, ce qui lui permettra de forer à travers 3 650 mètres d’eau, allant jusqu’à 12 190 mètres sous le niveau de la mer.
- Imaginez l’incroyable ingéniosité et la technologie nécessaires pour mener un bateau jusqu’à un point exact de l’océan, percer entre 8 et 12 km sous la surface, insérer des tuyaux concentriques de plus en plus petits jusqu’au trou nouvellement foré, avant d’y amener une immense plate-forme flottante, construite ailleurs et remorquée jusqu’au chantier, pour extraire le pétrole brut.
- Et réfléchissez au fait que tout cela entraîne des coûts de fonctionnement standard qui vont de plusieurs millions à plusieurs milliards de dollars.
- Lorsque nous avons discuté de cet article, mon collègue Byron King a noté avec ironie : "imagine tout le travail pour récupérer ce pétrole — et nous, on le brûle en patientant dans des embouteillages, moteur au ralenti". C’est vrai que c’est vertigineux.
- Tous ces efforts… et pour quoi ?
** Heureusement, vous et moi n’avons pas à justifier la manière dont nous utilisons le pétrole dans nos réservoirs ; le libre-échange s’en charge pour nous, en fixant un prix pour ce que valent le pétrole et les autres produits dérivés du brut.
- Quant aux coûts écologiques, qui font couler beaucoup d’encre, et la manière dont nous nous en sortirons lorsque les prix de l’énergie grimperont à des niveaux socialement inacceptables, c’est une autre paire de manches.
- Si l’on met de côté la question de la durabilité, les efforts à fournir illustrent bien à quel point il devient difficile de trouver et d’extraire de l’énergie. Les ressources bon marché ont bel et bien disparu — sinon en quelques endroits du Moyen-Orient — et les enjeux technologiques sont de plus en plus importants.
- La quantité totale d’organisation, de coopération et de capitalisation requise, déjà impressionnante, ne fait qu’augmenter.
- Voilà pourquoi les dirigeants de sociétés énergétiques bien gérées ont des horizons de bien plus long terme que les places boursières. Ils comprennent les défis — et les opportunités — qui nous attendent…
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OU SONT LES PETITES VALEURS QUI GRIMPENT ?
Avec des gains de 74%, 53,8%, 43,17%, 60%… 24,9% de gain moyen en 2004… et 24% de performance moyenne en 2005…
… nous avons sans doute la réponse !
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Bill Bonner, co-fondateur de La Chronique Agora, à Vancouver
*** POURQUOI CE "E" NE DEVIENDRA JAMAIS UN "P"
** Nous parlions hier des "Cinq E" que nous voyons se profiler.
* Après l’Energie hier, nous passons aujourd’hui à l’Expérience monétaire. La devise bizarre pèse sur le prix de l’énergie et du reste. Il est parfaitement possible, par exemple, que le prix du pétrole grimpe alors même qu’il ne se produit aucun changement dans l’offre ou la demande d’énergie elle-même. C’est parce que nous travaillons avec un instrument de mesure élastique. A mesure que la demande augmente pour les ressources énergétiques, les producteurs commencent à considérer leur gaz et leur pétrole comme des actifs précieux, se demandent ce qu’ils peuvent obtenir en retour… et comment en obtenir plus.
* Partout, le pétrole est calibré en dollars, notent-ils. Mais en quoi le dollar est-il mesuré ? La réponse, c’est qu’il flotte dans les airs comme une feuille de saule. Si les vents lui sont favorables, il reste en altitude ; s’il est pris dans un courant descendant, il chute.
* Les Etats-Unis ont ainsi un système financier "expérimental". On n’a jamais rien vu de tel. Nous ne voulons pas dire par là que ce soit la première expérience avec une devise plus légère que l’air. Non, le Trésor US n’a pas inventé la monnaie-papier pure. Cela a déjà été tenté à maintes reprises — mais pas avec des résultats positifs. Et jamais sur une si grande échelle. Aujourd’hui, quasiment toutes les devises de la planète s’appuient sur le dollar, tandis que le dollar lui-même ne s’appuie sur rien. En fait, le système financier planétaire repose sur les épaules d’une seule devise — dont tout le monde sait qu’elle tire au flanc.
* Jusqu’à présent, les devises papier s’appuyaient sur l’or, ou parfois sur l’or et/ou l’argent-métal, et occasionnellement sur des terres ou autres choses censées avoir une valeur réelle. La raison en est évidente : si l’on ouvre un banquier central, il a les mêmes organes internes que quiconque. Comme tout le monde, il est sensible aux influences et à la tentation. Si les gens hésitent à utiliser une devise n’ayant pas suffisamment de réserves de métal précieux, c’est parce qu’ils pensent que les banquiers en place peuvent succomber à la tentation aussi facilement que n’importe qui ; ils peuvent imprimer tant d’argent que chaque billet perd une partie de sa valeur. Ils peuvent créer autant de morceaux de papier qu’ils veulent et ne pas tenir leurs promesses. Mentir. Tricher. Voler. Les banquiers centraux peuvent faire tout cela. Mais les gens savent aussi que les banquiers ne peuvent créer de l’or. L’or ne ment pas. Il ne s’enfuit pas dans un pays étranger. Il ne trafique pas les comptes. Il ne s’envole pas en fumée. Il est ce qu’il est.
* En fait, le dollar s’appuyait sur l’or, ne serait-ce que de manière imparfaite — jusqu’à il y a 35 ans de cela. Puis, le 15 août 1971, l’administration Nixon a coupé le cordon ombilical entre le dollar et l’or. Nous nous en souvenons avec nostalgie. Nous traversions le pays en voiture, et nous sommes entré à Albuquerque, au Nouveau-Mexique, en pleine guerre des prix du pétrole. Toutes les stations-service que nous croisions affichaient un prix plus bas, jusqu’à ce que nous arrivions au centre-ville, où nous avons trouvé de l’essence normale à 25 cents le gallon. Nous ne nous rappelons pas l’avoir jamais vu si bas — avant ou après. A présent, il est 2 500% plus cher. Nous ne pensons pas que cela soit dû uniquement au fait que les consommateurs en veulent plus, ou que les producteurs en ont moins. L’essence est plus chère aussi parce qu’elle est mesurée en dollars, et parce que le dollar a été mis à mal par l’inflation. Chaque billet représente désormais une plus petite partie de la richesse mondiale.
* C’est ainsi que les producteurs ont découvert le véritable but de la science des banques centrales modernes — qui n’est rien d’autre que gonfler la devise en douce. Et maintenant que les gens sont au courant, la magie ne fonctionne plus. Au lieu d’augmenter la production en réponse à l’augmentation de la demande (plus de dollars), les hommes d’affaires augmentent simplement le prix. Ca s’appelle de la stagflation. Nous ne nous attarderons pas sur le sujet, mais hier, nous avons eu un entretien avec le réalisateur d’un documentaire, qui nous a demandé ce que nous en pensions. "Que craignez-vous le plus : l’inflation, la déflation ou la stagflation ?" nous a-t-il demandé.
* "Nous n’en craignons aucune", avons-nous répondu. "En fait, nous les attendons toutes. La Fed gonfle la masse monétaire, ce qui signifie que nous aurons de la stagflation, avec une hausse des prix et peu ou pas de croissance économique réelle. Il faudra ensuite s’attendre à une déflation générale, les consommateurs étant forcés de réduire leurs dépenses. A ce moment-là, la Fed paniquera. On n’appelle pas le chef de la Fed ‘Helicopter Ben’ pour rien. Il nous a déjà dit ce qu’il fera si la déflation menace l’économie : il larguera des dollars depuis des hélicoptères. Cela entraînera une hyperinflation et la destruction du dollar".
* Nous abordons cette petite discussion uniquement pour démontrer que ce E — un système monétaire Expérimental — ne se transformera probablement pas en P — un système monétaire Permanent. Pour commencer, aucun système monétaire n’est jamais permanent. Et un système qui n’est pas lié à des choses ayant une valeur réelle — comme l’or — a des chances de durer encore moins longtemps. 35 ans, c’est déjà un record. Nous pensons que le dollar a encore quelques années devant lui, mais pas beaucoup. Et lorsque la fin viendra, ce sera la même que dans toutes ces expériences. Le système monétaire mondial — où le dollar ne flotte que sur de l’air — s’effondrera et sera remplacé par quelque chose d’autre. Quand, comment, et à quel prix ? Nous n’en savons rien, mais si l’on en juge par la manière dont la quantité de dollars, de dette et de produits dérivés a augmenté ces dix dernières années, nous supposerions que le changement sera accompagné d’une crise, qu’il se produira d’ici 10 ans, et que ce sera douloureux.
** Henry a eu 16 ans lundi.
* "Que penses-tu vouloir faire dans la vie ?" lui avons-nous demandé. "Peut-être que tu veux rejoindre l’entreprise familiale ?"
* "Non, je ne pense pas. Je préférerais faire quelque chose où on voyage beaucoup".
* "Mais on voyage déjà beaucoup".
* "Non, je veux dire voyager pour s’amuser. Nous, on travaille toujours, quand on voyage. Tu nous emmènes à chaque fois dans des endroits où il y a de vieilles maisons à réparer. Voilà dix ans qu’on restaure cette maison. Et maintenant, il faut qu’on s’y mette dans le ranch que tu as acheté en Argentine".
* "Ce n’est pas du travail", avons-nous protesté, "c’est du plaisir. D’ailleurs, il faudrait te changer, parce qu’il y a plein de pierres à déplacer pour construire le mur du jardin".
* "Certaines personnes ont une conception plutôt étrange du travail et des loisirs", a répondu Henry. "Voilà pourquoi je ne veux pas travailler pour toi, Papa".
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*** La Chronique Agora présente ***
Pour des raisons incompréhensibles aux yeux du Mogambo Guru, les Chinois ont décidé de répéter les erreurs de politique monétaire commises par les Etats-Unis. Donc lorsque le Mogambo affirme que nous sommes tous maudits, il ne parle pas uniquement de l’Occident…
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"NOUS", CA VEUT DIRE LES CHINOIS AUSSI — 1ère PARTIE
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Par le Mogambo Guru (*)
Le policier crie dans son mégaphone : "pourquoi es-tu si en colère, Mogambo ? Sors du célèbre Bunker Mogambo (BM) dans le calme, les mains en l’air, et parlons-en tous les deux!"
Je tire donc une nouvelle rafale de mitraillette par-dessus leurs tête afin d’être sûr d’avoir toute leur attention, et je crie par la meurtrière : "ne me dis pas que tu n’es pas au courant que la Réserve fédérale a changé de cap depuis sa précédente injection de crédit de 11 milliards de dollars dans le système bancaire, sale menteur de flic ! Ne m’insulte pas en faisant comme si tu ne savais pas que le crédit total de la Fed s’est monté à six milliards de dollars la semaine dernière !"
Et tandis que j’engage une nouvelle cartouche dans mon arme, je braille : "et qu’en est-il du Japon, qui a finalement fait grimper ses taux d’intérêt de zéro à 0,25%, hein ? Les taux étaient à zéro depuis six ans, espèce de cochon gestapiste !" — et hop, une nouvelle rafale.
Comment expliquer à ces poulets gouvernementaux les perturbations étranges et effrayantes des les flux économiques ? Peuvent-il ne serait-ce qu’imaginer des choses comme le niveau épouvantable d’activité dans le marché des "repo" bancaires, où l’on s’attend désormais à 11 milliards de dollars par jour — avec des pics jusqu’à plus de 20 milliards ! Par jour !
Puis je réalise comment communiquer avec eux ! Je crie : "et le pétrole, bande de crétins ? Le cours est en hausse à près de 75 $ le baril, et il lui arrive de connaître des variations d’un dollar et demi par jour !"
Et ce n’est pas simplement la devise ; des fluctuations aussi soudaines et désordonnées sont complètement étrangères à des systèmes stables. Et il y a une chose terrifiante avec les incidents se produisant dans des flux lisses et constants : c’est qu’une crise chaotique et catastrophique ne tarde pas à apparaître.
C’est à ce moment-là que tout est devenu confus et incohérent, puisque soudain, ma femme et mes enfants étaient avec moi dans le bunker, pour une raison ou pour une autre, baignés dans une lumière étrange et vacillante, me poussant à affronter héroïquement la soldatesque pour mourir en fier martyr de l’étalon-or. Et tout à coup, je me suis réveillé !
Il s’avère que tout cela n’était qu’un rêve ! Ouf ! Malheureusement, les statistiques, ma panique et les impacts de balles dans les murs de mes voisins sont bien réels — tout comme leur sales avocats reptiliens.
Mais les plans louches de la Réserve fédérale sont une chose, les hallucinations paranoïaques du Mogambo en sont une autre. Et l’inflation réelle est elle aussi une chose, ce qui nous en fait trois en tout. Et sur cette note, parce que je ne voudrais pas que vous manquiez ne serait-ce qu’une seule syllabe, je ramasse mon Méga-Mégaphone Mogambo (MMM), et j’y crie : "l’indice des prix industriels JOC-ECRI a grimpé en juillet, passant de 128,18 à 130,17 ! Cette hausse des prix de 1,6% fait beaucoup d’inflation en un mois ! Ce qu’il y a de plus intéressant encore — si vous pensez qu’être dévoré vivant est ‘intéressant’, c’est que l’indice était à 108,95 seulement il y a un an de cela, soit un taux d’inflation de 19,5% !"
Bizarrement, et presque secondairement, Frank Holmes, PDG de US Global Investors, écrit quelques mots dans son rapport annuel, intitulé "L’ascension du consommateur chinois" : "la consommation énergétique de la Chine devrait être 69% plus élevée en 2010 qu’en 2002, selon l’Administration américaine sur l’information énergétique. Ce taux de croissance est cinq fois plus élevé que l’estimation pour les Etats-Unis, et quinze fois plus élevé que pour l’Europe. La Chine, en plein renforcement de son infrastructure, a utilisé l’année dernière la moitié du ciment de la planète et 40% de l’acier mondial, selon des statistiques gouvernementales".
La suite de cette intéressante digression dès demain…
Meilleures salutations,
Le Mogambo Guru
Pour la Chronique Agora
(*) Richard Daughty est associé gérant et directeur d’exploitation pour Smith Consultant Group, qui sert les secteurs financier et médical. Il est également l’auteur de la lettre d’information économique Mogambo Guru, un exercice visant à accumuler les sarcasmes sur ceux qui le méritent largement. Le Mogambo Guru est souvent cité dans le journal Barron’s ou dans le Daily Reckoning, l’équivalent américain de la Chronique Agora.
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(c) Les Publications Agora France, 2002-2006
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Nota bene : reproduction partielle ou totale de la présente Chronique STRICTEMENT INTERDITE sans accord écrit de la société éditrice.
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