Pour éviter la fin du monde, Ben Bernanke compte sur son QE2 et sa planche à billets !

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▪ Je n’aime pas ça. Les marchés semblent repartis dans l’une de ces folles équipées où plus rien ne compte : révolutions, guerre, tremblement de terre, raz-de-marée, désastre nucléaire…

Depuis quelques semaines, nous avons assisté à une litanie de catastrophes qui ont de quoi faire pâlir d’envie le plus imaginatif des scénaristes hollywoodiens. “Cette fois-ci, c’est la bonne”, déclarait notre collègue jeudi, après avoir appris qu’un séisme de magnitude 6,8 avait secoué la Birmanie. “Les Incas avaient raison : 2012, c’est la fin du monde”.

Je ne sais pas où nous en serons l’an prochain, cher lecteur, mais si l’on en croit les marchés, une chose est sûre : Bernanke a la solution. QE3, QE4, QE5… sa capacité à injecter des dollars dans l’économie mondiale semble rassurer indéfiniment les investisseurs.

Chômage, baisse de l’immobilier, morosité boursière ? Faisons marcher la planche à billets — le placebo de l’”effet de richesse” suffira bien à contenter les populations…

Révolutions au Proche-Orient, guerre civile et interventions militaires des puissances occidentales ? Là encore, rien qu’un petit flot de billets verts ne puisse étouffer, si ?

La terre s’ouvre sous vos pieds ? Allez, encore un petit coup de nouvelle devise — qui sait, peut-être que tous ces billets suffiront à amortir les frottements entre deux plaques tectoniques…

Bref, pour l’instant, les investisseurs ont une foi aveugle dans l’efficacité des remèdes de la Fed.

Philippe Béchade ne disait pas autre chose vendredi  :

“Il n’existe plus aucune corrélation entre la hausse des indices et l’actualité au jour le jour. Les indices boursiers sont de nouveau gouvernés par la liquidité. L’argent, qui fuit tour à tour les émergents, puis le Japon, puis les dettes des pays périphériques, va s’investir partout où il y a un potentiel de plus-values à court terme”.

“Oubliée la centrale de Fukushima, oublié le Proche-Orient en ébullition, oubliées les mauvaises statistiques. Il faut bien faire quelque chose de l’argent sorti de nulle part et que la Fed déverse sur Wall Street chaque matin depuis début décembre”.

Cet argent, visiblement, a pris une direction bien précise, nous explique Simone Wapler dans la dernière édition de L’ Investisseur Or & Matières :

“Nous avions prévu que la création monétaire américaine se déverse pour une grande partie (mais difficile à chiffrer précisément) sur les marchés émergents, les matières premières, l’or et l’argent”.

“Depuis le début du QE2, en novembre 2010, les Bourses des pays émergents ont connu des fortunes diverses. L’Inde et la Chine ont plutôt reculé. Mais l’indice Reuters des matières premières, le CRB, a progressé de plus de 10%, l’indice RICI de 7%, l’or de 5% l’argent de 44% et le baril de Brent de 37%”.

“Visiblement, les marchés ont préféré le thème des matières premières à celui des actions. Maintenant que l’émotion du séisme japonais se calme, c’est speculation as usual et les arbitrages ne semblent pas avoir beaucoup changé”.

Jusqu’à quand ? Vous savez comme moi, cher lecteur, que lorsque les marchés changent d’avis et décident de retirer leur confiance… il y a généralement du tangage sur les cours.

Simone termine sur une conclusion pleine de bon sens : “comme d’habitude, profitons-en sans en être dupes. Nous avons senti passer le vent du boulet”.

Sur cette phrase à appliquer tous les jours dans votre conduite d’investisseur, je vous souhaite un très bon week-end !

Meilleures salutations,

Françoise Garteiser
La Chronique Agora

 
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Françoise Garteiser

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