Politique spectacle et finances publiques

Rédigé le 6 juillet 2017 par | Deep State, Simone Wapler Imprimer

La démocratie française restera une farce tant que le rôle de l’Etat ne sera pas débattu.

Les « Etats généraux des comptes de la Nation » se déroulent en ce moment même à Bercy, au ministère des Finances.

« Etats généraux » nous rappelle les grandes heures de l’Histoire de France. « Nation » a quelque chose de plus majestueux que pays. Ces Etats généraux sont donc censés être un grand événement, prélude à une Révolution.

Ne vous égarez pas, cher lecteur, malgré cette abondance de majuscules majestueuses. Nous resterons dans la politique spectacle. Cette politique spectacle que nous décrit si bien Bill Bonner côté américain avec Poutine Le Méchant, Trump Le Vulgaire…

Là où les Américains font dans le catch, nous, les Français, faisons dans l’opérette.

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Hier, je vous parlais chiffres. Pour que l’Etat français ait un budget équilibré, il faut augmenter les impôts de 28%. Je vous remets ces chiffres sous les yeux, au cas où ils ne vous auraient pas fait pleurer hier.

Prévisions de déficit public pour 2017 :

Recettes fiscales nettes prévues pour 2017 : 292,3 Mds€

Ainsi, le nouveau déficit pèsera selon les nouvelles prévisions 27,7% des recettes fiscales nettes prévues.

Augmenter les impôts de 27,7% et confirmer le statut d’enfer fiscal de la France ne résoudrait cependant pas le problème de la dette accumulée. La vraie solution passe par moins d’Etat. La grande Faucheuse Austérité va-t-elle rentrer en scène ou sera-ce encore une fois l’Arlésienne de Bizet dont on parle tant sur scène mais qui ne vient jamais ?

Notre président marcheur-parleur a été élu sur un programme. Dans ce programme, rien de concret et substantiel sur la réduction des dépenses publiques. Aucune réflexion sur le rôle de l’Etat.

Quasiment aucune critique étayée du programme de Macron n’a été relayée par les médias plutôt concentrés sur les agitations d’encensoir. Pour mémoire, nous publions ici celle qu’avait sortie l’Institut Thomas More au moment de la campagne.

Aucune réflexion sérieuse sur le rôle et la place de l’Etat, donc, mais est-il humain de demander cela à des énarques ? Mord-on la main qui nous nourrit ?

Nous aurons donc droit à de l’opérette où chacun ira de sa rengaine.

Réduire le budget de l’armée ? Horreur ! Poutine, Trump, la méchante Corée, l’Iran, l’Irak… Pas du tout le moment

Dégraisser le Mammouth ? Non, il nous faut des enseignants en nombre pour que les enfants de la Nation soient bien éduqués. Vous ne prétendez pas immoler l’avenir pour de vulgaires questions pécuniaires ?

Réduire les participations de l’Etat et le capitalisme de copinage ? Vous voulez tuer Colbert et De Gaulle ?

La police ? Etes-vous prêt – vous et vos proches – à périr dans un attentat terroriste fomenté par des barbares ? Il faut bien des gens pour les ficher S !

La justice ? Mais elle est déjà engorgée, il lui faut – au contraire – plus de moyens.

L’hôpital, l’APHP, la Sécurité sociale, l’Assurance-maladie ? Nos rues seront encombrées de cadavres. Est-ce cela que vous voulez : trébucher sur les corps des malheureux que vous aurez refusé de soigner ?

La recherche ? Vous voulez égoïstement sacrifier l’avenir pour un problème de fin de mois difficile ?

Le logement ? Misérable, nous sommes le pays des Droits de l’Homme et le Droit au logement fait partie de la dignité humaine !

La Culture ? Selon vous, il faudrait que la France soit un pays de barbares regardant de la téléréalité faute de pouvoir avidement arpenter des musées ?

Soyons sérieux… Tout ce que fait l’Etat est utile et bon car sinon, évidemment, il ne le ferait pas !

Etes-vous d’accord pour augmenter de 28% les impôts et surtout ceux que les riches paient ? Oui ? Eh bien voilà, tout va bien.

Eteignez les lumières, le spectacle est terminé, j’espère qu’il vous a plu.

La démocratie est une sinistre farce et ressemble de plus en plus à la caricature de Mencken : « deux loups et un agneau votent pour le repas du soir »…

Cette farce sinistre aura cependant une fin, rassurez-vous. Un jour « l’argent des autres » ne suffira plus à payer les bons sentiments. Ce jour-là, nous aurons une vraie crise de la dette.

Il n’est pas trop tard pour vous y préparer.

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Simone Wapler
Simone Wapler
Rédactrice en Chef de Crise, Or & Opportunités et de La Stratégie de Simone Wapler

Simone Wapler est ingénieur de formation. Elle a travaillé dans le secteur de l’ingénierie aéronautique. Cette double casquette ingénieur/analyste financier est un véritable atout qu’elle met au service des abonnés.

Elle aborde les marchés avec l’oeil du professionnel, de l’ingénieur, de l’industriel, et non celui du financier.

Son expertise, notamment dans le secteur des métaux de base et des métaux précieux, lui donne une longueur d’avance, une meilleure compréhension des vrais tenants et aboutissants du marché des ressources naturelles — un marché par ailleurs en pleine expansion, dont Simone Wapler connaît parfaitement tous les rouages, notamment au niveau de l’offre et de la demande.

Pour en savoir plus sur Crise, Or & Opportunités et La Stratégie de Simone Wapler.

3 commentaires pour “Politique spectacle et finances publiques”

  1. Sans commentaire :

    http://www.lepoint.fr/economie/les-impots-augmenteront-en-2018–05-07-2017-2140718_28.php

  2. Indubitablement, la politique est un spectacle : catch, opérette, guignol ou tragédie, c’est varié !
    Je propose le scénario d’une opérette : Mafiosi Furiosanni
    M. Parmesan constate que ses clients le boudent. Ils vont chez Gorgonzola qui est moins cher, car il emploie de la main d’œuvre étrangère et échappe ainsi à de nombreuses taxes. On murmure qu’il a des complicités politiques. Parmesan demande à son gouvernement de baisser les taxes. Pas question lui rétorque-t-on. Au contraire, nous les augmentons, car nous avons des chômeurs, par exemple les gens comme vous qui ferment leur commerce.
    Là-dessus, un couple sympa l’aborde et lui propose une affaire. Si tu es gentil et nous donne une petite somme, on t’amène des étrangers pour pas cher.
    Ca marche ! Désormais, pour M. Parmesan les clients reviennent. Ses concurrents se font rares… Récemment, même Gorgonzola a fermé et pointe au chômage…
    Le seul problème, c’est que les clients sont de plus en plus souvent des cas sociaux au chômage. Ils ont tous une ardoise qu’ils oublient de payer ! Et puis, il y a tous ces nouveaux arrivants qui ouvrent eux aussi un commerce…
    Je propose aussi un roman où un « changeur » de la Renaissance prête d’énormes sommes à des nobles, sachant bien qu’ils ne pourront pas les rembourser. Son but, c’est de les ruiner et de s’emparer de leur palais.
    Eh oui, l’histoire est un perpétuel renouvellement qui reprend de vieilles rengaines.

  3. Je cite: « Quasiment aucune critique étayée du programme de Macron n’a été relayée par les médias ». Voici une sentence qu’un ami a débattu avec un rédacteur en chef de France Télé de ma connaissance. Ce dernier s’appuyait sur 2 piliers argumentaires:
    1) cette opinion est invérifiable (scientifiquement)
    2) pendant 6 mois, les medias ont laissé la parole aux contradicteurs, contrairement à aucun autre pays totalitaire, donc les électeurs pouvaient se faire un avis éclairé avant de voter.

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