La plus grosse bulle de tous les temps croise la plus grosse épingle | La Chronique Agora


La plus grosse bulle de tous les temps croise la plus grosse épingle

Rédigé le 8 février 2018 par | Banques Centrales, Bill Bonner Imprimer

bulleAttention aux éclaboussures : la plus grosse bulle de tous les temps va croiser la plus grosse épingle…

Marchés financiers ou guerres, une fois qu’on prend parti ou qu’on est impliqué, il est impossible d’être lucide. On devient une partie de la chose qu’on essaie d’observer.

Il a neigé pendant deux jours.

La neige sied à Paris. La ville est silencieuse et enchanteresse… comme une très belle femme sur le point de révéler un secret.

Paris sous la neige

16 millions de morts

Dimanche dernier, nous sommes allé à la messe dans la petite église d’un village de campagne.

Tandis que le prêtre prononçait un sermon sur l’importance de suivre les traces du Christ, nous avons remarqué deux grandes plaques sur le mur – similaires à celles qu’on voit dans toute la France.

« A nos héros », était-il inscrit au sommet. Au-dessous, une très longue liste de noms de jeunes hommes tués durant la Grande Guerre de 14-18.

Nous avons essayé d’imaginer ce que le Christ aurait pensé d’une guerre visant à rendre le monde « plus sûr pour la démocratie »… et ce qu’il penserait d’une église célébrant les hommes qui y sont morts…

… Mais ce qui nous a le plus impressionné, c’est le nombre de noms. Cassat. Cassares. Catillion. Et ainsi de suite.

D’où venaient-ils, nous sommes nous demandé ?

Qu’est-il arrivé au village alors que tant de ses jeunes hommes étaient morts ? Y a-t-il eu quelqu’un pour coupé le foin ? Est-ce que quelqu’un a courtisé les jeunes filles ? Qui a endossé l’habit pour entrer dans les ordres ?

Comment les Européens d’une époque civilisée ont-ils pu se laisser entraîner dans une guerre aussi désespérément stupide… et ne pas arrêter de s’entretuer avant d’avoir fait 16 millions de morts ?

Cette question nous hante. Nous y revenons encore et encore.

Qu’est-ce qui pousse les êtres humains à faire des choses qui – vues à distance, du moins – sont de toute évidence auto-destructrices ?

Les marchés financiers ont été transformés en casinos

Pendant ce temps…

Les marchés continuent de s’agiter. Une troisième journée de prix fluctuants a laissé les actions et les obligations en déroute… tandis que la presse financière clamait ses craintes démesurées… et ses petits mensonges apaisants.

Mais depuis hier, nous commençons à revoir des chiffres dans le vert. Nous ne savons pas encore si la situation va déboucher sur le grand krach que nous anticipons, mais elle a déjà livré un message : prudence !

Bloomberg abordait le sujet avec Carl Icahn :

« ‘La bulle actuelle, c’est l’investissement passif, et c’est un grand danger’, a-t-il dit.

En fin de compte, elle implosera et pourrait mener à une crise plus grave que 2009, a-t-il ajouté.

‘Lorsqu’on commence à utiliser les marchés comme un casino, c’est une gigantesque erreur’, a dit Icahn. »

Les banquiers centraux fournissent l’agent frelaté aux casinos

Qui a transformé les marchés en casino ? Alan Greenspan, Ben Bernanke et Janet Yellen.

Ils ont distribué de l’argent factice trop facilement et pendant trop longtemps. Et chaque fois que les marchés ont essayé de corriger – en 1987, 2000 et 2008 –, ils ont redoublé leurs efforts inopportuns, apportant encore plus d’argent brûlant dans le casino.

Nos lecteurs américains nous accusent souvent de « critiquer » le président… ou le Congrès… ou la Fed – sans jamais offrir de solutions constructives.

Non, nous ne critiquons jamais. Et non, nous n’offrons pas de solutions constructives.

Si nous trouvons des solutions, vous pouvez être certain qu’elles sont entièrement inapplicables et proposées par pure plaisanterie.

Et nous voulons assurer à tous nos lecteurs que nous n’avons pas voté Hillary. Ni Trump.

Nous ne votons pas pour les mêmes raisons que nous ne critiquons pas et n’offrons pas de solutions.

Une fois qu’on prend parti, il est impossible de voir clair. On devient une partie de la chose qu’on essaie d’observer. Lorsqu’on a des enjeux dans un combat, on se soucie de son issue.

Le bruit des canons couvre les voix de la sagesse

C’est tout le problème de la politique partisane.

Si l’on y fait attention… on commence à s’en soucier. On se met à se dire que tout est une question d’une équipe contre une autre.

Les rouges contre les bleus. Les conservateurs contre les progressistes. Eux contre nous.

Soit on gagne… soit on perd. On concentre donc naturellement son énergie émotionnelle et intellectuelle sur le fait de gagner.

C’est comme partir en guerre. Des voix réservées et intelligentes peuvent vous expliquer pourquoi le combat n’en vaut pas la peine… pourquoi des choses plus importantes sont en jeu… et pourquoi une guerre va ruiner la nation, détruire le gouvernement et tuer ses jeunes gens.

Mais une fois que les canons commencent à tonner, les voix pleines de sagesse se taisent… et l’on ne pense plus qu’à la victoire. Ou à la survie.

Mots clé : - -

Bill Bonner
Bill Bonner
Fondateur de AGORA

Né en 1948, Bill Bonner est le fondateur d’AGORA, le plus large réseau d’entreprises indépendantes de presse spécialisée au monde.

En 1978, depuis sa ville natale, Baltimore (Maryland, Etats-Unis), Bill Bonner a voulu développer un « marché » (« Agora » en grec) des idées. Pas de l’information homogénéisée telle que les médias grand public relayent sur nos écrans et journaux, mais une source d’idées diverses avec des opinions et des avis originaux, alternatifs et surtout utiles. Bill a à cœur d’aider les lecteurs à mieux comprendre le monde dans lequel ils vivent, et à agir en conséquence. Que ce soit en matière de géopolitique, de macro-économie ou tout simplement dans le domaine de l’épargne, Bill incite ses lecteurs à cultiver un esprit vif et anticonformiste.

« Parfois nous avons raison, parfois nous avons tort, mais nous sommes toujours dans le questionnement », telle est la devise de Bill.

Bill a également co-écrit des livres qui ont tous figuré dans la liste des best-sellers du New York Times et du Wall Street Journal : L’inéluctable faillite de l’économie américaine (2004), L’Empire des dettes. À l’aube d’une crise économique épique (2006) et Le Nouvel Empire des dettes. Grandeur et décadence d’une bulle financière épique (2010).

Dans son dernier livre, Hormegeddon, quand trop de bien nuit (2015), paru aux Belles Lettres (www.lesbelleslettres.com), Bill décrit ce qu’il advient lorsque l’on abuse d’une bonne chose dans les sphères de la politique, de l’économie et des affaires. En bref, trop de bien conduit au désastre.

Vous pouvez retrouver les notes de Bill au quotidien dans La Chronique Agora.

Un commentaire pour “La plus grosse bulle de tous les temps croise la plus grosse épingle”

  1. Djamel,

    Prenez ma voix Française pour faire la balance avec les voix américaines et critiquer ceux qui vous accusent de trop critiquer le gouvernement US.
    Mais bon, pour apaiser vos compatriotes (qui doivent déjà supporter Trump, les pauvres) allez-y avec le parlement et le gouvernement français : on a les même à la maison.
    Allez-y gaiement ! Je vous les prêtes, ils méritent largement votre plume.
    Vu l’abysse dans lequel ils vont nous plonger, ils peuvent bien endosser quelques saillies verbale. C’est pas cher payé.
    Quant aux solutions, y en a 2 applicables par un gouvernement réduit et peu onéreux : laisser faire le marché et serrer les fesses.

Laissez un commentaire