Plongeon de l’argent et paupérisation trans-générationnelle

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LA CHRONIQUE AGORA
Paris, France
Vendredi 21 avril 2006
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*** Plongeon de l’argent et paupérisation trans-générationnelle
Etre jeune en France, c’est déjà difficile… mais être retraité, c’est pire encore !

*** Orgie sur le cuivre
Ravissement et terreur : un mélange intéressant, voire délicieux… sauf sur les marchés

*** Changements
Bill Bonner fait un retour sur son passé

*** Evolution économique (2)
Justice Litle continue son parallèle entre théories de l’évolution et paysage économique planétaire.

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Bonjour,

*** PLONGEON DE L’ARGENT ET PAUPERISATION TRANS-GENERATIONNELLE

** La furia haussière s’est nettement calmée hier soir à Wall Street. Les opérateurs ont fini par se demander si un baril de pétrole à 72 $ et des taux longs qui refusent obstinément de refluer sous les 5% ne pouvaient pas constituer à terme un minuscule frein pour les indices boursiers.

Heureusement que la chute du dollar sous les 1,23/euro et les 117,5 yens vient opportunément donner un coup de pouce aux valeurs exportatrices. Les entreprises américaines bénéficient largement de cet atout monétaire — à double tranchant s’il dévissait trop brutalement.

Les valeurs européennes ont contre elles la dégradation des marchés obligataires, la flambée du coût de l’énergie, plus naturellement, et le repli du billet vert de 3% en une semaine : cela fait en tout trois handicaps. Et nous pourrions en ajouter un quatrième avec les prévisions de croissance du FMI, qui font de l’Europe le dernier de la classe en 2006, même si l’activité devrait s’avérer plus soutenue qu’en 2005 (avec +2% contre +1,4%).

Il y a tout de même quelques bonnes surprises avec le tassement de l’inflation en zone euro au mois de mars : +2,2% en données globales, mais +1,4% hors alimentation et énergie.

Les prix de l’énergie ont justement progressé de 10,5% au mois de mars (en glissement annuel), mais cela traduit un ralentissement par rapport aux +12,5% du mois de février et aux +13,6% de janvier.

Gageons qu’avec un baril à 71,2 $ sur le Nymex et 73,5 $ pour le Brent à Londres, le mois d’avril permettra de sauter la barre des +14%. Pour les Français, la facture "essence" s’est alourdie de 35% depuis que la flambée des cours a débuté en mars 2003 — et le prix du fuel domestique suit de près. Le pouvoir d’achat des ménages s’en ressent mais fort heureusement, les consommateurs ont de plus en plus souvent recours au crédit.

** La surprise de la dernière enquête réalisée auprès des banques réside dans la forte hausse des demandes émanant de personnes appartenant à la tranche d’âge supérieure à 60 ans. Les retraités subissent — c’est bien connu — une chute mécanique de leur niveau de vie avec la cessation de leur activité, mais beaucoup parvenaient à compenser ce phénomène en quittant les grandes métropoles réputées chères (loyers, impôts locaux, transports, restauration…) pour habiter en périphérie, voire carrément en province sous des cieux plus cléments.

Mais les voici rattrapés par la hausse du fuel et des carburants… lequel vaut le même prix sur les Champs-Elysées que sur les bords de la Garonne ou dans le Languedoc (nous en profitons pour saluer ceux de nos lecteurs qui habitent ces belles régions).

Les jeunes s’endettent également d’avantage, mais ils ont au moins l’espoir de voir leurs revenus progresser au fil des années. Ce n’est pas le cas pour leurs aînés, sur lesquels les ponctions fiscales (CSG, RDS, frais de collecte des ordures ménagères…) s’amplifient insidieusement — et dans le silence assourdissant des médias — de mois en mois : +0,25% sur les revenus immobiliers par-ci, +0,1% sur les dividendes et les "bons de capi" par là et ainsi de suite à chaque collectif budgétaire… sans parler des frais médicaux : consultations, forfait hospitalier, médicaments de confort dé-remboursés.

Cette paupérisation des populations âgées semble irréversible. C’est un processus qui n’est pas sans précédent dans une démocratie occidentale dite riche : une majorité des retraités américains — qui ne dorment que rarement sur un matelas d’actions épais et moelleux — éprouvent ce genre de difficultés depuis les années Carter.

Ils sont de plus en plus nombreux à devoir travailler "jusqu’à plus d’âge" pour pouvoir seulement espérer survivre… c’est-à-dire manger à leur faim et garder un toit au-dessus de leur tête. En ce qui concerne les soins, ils ne peuvent compter que sur les établissements du secteur caritatif, et la qualité des services médicaux est très inégale en fonction de la richesse des états ou des comtés.

Si nous ouvrons cette parenthèse, c’est pour pointer du doigt que le problème macro-économique majeur qui se profile à moins d’une décennie de distance, ce n’est pas seulement la délocalisation du travail qualifié et des emplois de services vers les pays émergents ; c’est aussi la délocalisation trans-générationnelle de la richesse, au détriment de la population atteignant le troisième âge.

La génération qui part maintenant à la retraite en France compte beaucoup d’actionnaires qui ne sont pas malheureux de voir le CAC 40 re-franchir les 5 200 points et le S&P flirter avec ses records historiques. Leur situation financière et patrimoniale ne les incite pas encore à sortir du marché (sauf de celui du travail), mais aux Etats-Unis, la plupart des ex-épargnants n’a guère le choix.

Il leur faut d’ores et déjà réaliser une partie de leur portefeuille boursier… tandis que les jeunes générations, prises à la gorge par le coût du crédit découlant de la flambée de l’immobilier, n’ont plus les moyens d’investir dans les actions — sauf par le jeu des prélèvements quasi-obligatoires dans le cadre de l’épargne d’entreprise.

Autrement dit, si les riches étrangers (enrichis par le pétrole ou la manne des bonus dans les services financiers) ne se ruaient pas sur les actions du CAC 40 ou de l’Euro-Stoxx en dépit de la chute du dollar, la physionomie souriante des indices boursiers pourrait rapidement devenir grimaçante… et nous nous demandons qui serait dans ce cas "l’acheteur en dernier ressort".

La pyramide des âges ne plaide pas en faveur des seniors ni des nouveaux entrants dans la vie active.

** Mais ce qui nous importe dans l’immédiat, c’est la ventilation de la pyramide des liquidités. Très clairement, le secteur obligataire voit déserter ses supporters ; les spécialistes de l’immobilier pressentent déjà que les 500 000 emplois créés dans ce secteur l’an passé (agents commerciaux, promoteurs, spécialistes du crédit) pourraient fondre de moitié si le nombre de transactions continue de chuter au rythme observé depuis décembre dernier.

Les matières premières constituent en revanche le nouvel Eldorado de la spéculation. Nous ne serions d’ailleurs pas étonné que quelques "gros bras" secouent vigoureusement les branches pour en faire dégringoler ceux dont les mains sont un peu trop fragiles pour leur permettre de rester cramponnés aux plus grosses branches… L’once d’or perd par exemple 20 $ depuis jeudi matin et retombe vers 619 $, l’argent prend une claque monumentale de -20% en 48 heures, à 12,45 $ après avoir culminé au-dessus de 15 $ en début de semaine.

Face à une telle volatilité, certains préfèreront se retirer prudemment du jeu durant quelques jours. Dans ce cas, pourquoi ne pas réinvestir les gains dans des marchés d’actions jugés plus sages et plus surs, alors que la déferlante des trimestriels s’avère de bonne facture et soutient les cours dans la plupart des cas ?

Nous voyons effectivement là l’une des principales raisons, si ce n’est la raison, qui permettent au CAC 40 de se hisser au-dessus des 5 200 points avec une ferme détermination (et 90% de titres en hausse) comme en témoignent des échanges portant sur plus de 5,4 milliards d’euros au sein du CAC 40 et 6,5 milliards sur l’ensemble des compartiments.

** Paris se retrouve à 1% seulement de son zénith historique. La rapidité du rebond — 3% en 48 heures — est surprenante, et la séance de jeudi a été ponctuée par deux bouffées d’euphorie : la première vers 12h45 avec les trimestriels de Nokia (+5,5% sur l’annonce d’un bénéfice trimestriel supérieur à 1,05 milliards d’euros) puis la seconde vers 16h avec le soudain envol de Thomson (+6,3%), qui bénéficie de rumeurs de LBO suivi d’un éventuel retrait de la cote.

Si le CAC 40 en restait là aujourd’hui, le bilan de cette courte semaine serait positif de 2%… mais il n’est pas certain qu’il en soit ainsi, car Wall Street montre des signes d’hésitation.

La hausse de 0,6% du Dow Jones (qui retrace les 11 300 points) résulte presque exclusivement de la flambée de 9,5% de General Motors. Le Nasdaq perd en revanche 0,4% à mi-séance, malgré les +6% du titre Apple, dopé par les ventes d’iPod : il ne gagne plus que 1,5% sur les quatre premières séances de la semaine.

Si un rééquilibrage transatlantique s’opère, la journée de vendredi pourrait donner lieu à pas mal de mouvements contradictoires sur les places européennes, lesquelles sont globalement revenues au contact de leur zénith du 3 au 6 avril dernier ; cela les expose au classique danger de formation d’un double sommet de fin de vague.

Ce genre de figure se caractérise souvent par un dernier mouvement de hausse très impulsif des indices boursiers dans un environnement qui justifierait une évolution inverse : c’est ce que nous évoquions la veille — une sorte de fuite en avant et une ruée d’acheteurs restés sur la touche depuis des semaines, qui ont peur de rater le dernier train.

L’exemple de la correction sur les métaux précieux des dernières heures devrait leur donner non seulement des sueurs froides… mais également matière à réflexion.

Philippe Béchade,
Paris

PS : Sueurs froides et matière à réflexion : pour éviter les premières et nourrir la seconde, consultez sans plus attendre le 0899 707 009. Vous découvrirez les toutes dernières recommandations boursières de Philippe Béchade, le suivi de notre portefeuille et une analyse complète de la séance en cours.
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—————————– (publ.)

LE TRADER FOU A ENCORE FRAPPE !
2 291,08% de gains cumulés au premier trimestre 2006… des plus-values de 679% en une semaine… 103% en huit semaines… 180% en un peu plus d’un mois…

Mais comment fait-il ?

Toutes les réponses sont ici…

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Eric Fry nous livre ses dernières analyses des marchés.

*** ORGIE SUR LE CUIVRE

** Le prix du cuivre à plus de 3,00 $ est un monstre de la nature — un croisement entre l’argent des fonds d’investissement en matières premières et une spéculation indécente.

- Quelque chose ne va pas chez cette créature. 16 des 20 dernières séances se sont soldées par une hausse du cours du cuivre, qui a ainsi gagné 30%… Cela ne nous semble pas raisonnable, surtout quand on pense que le marché immobilier américain ralentit notablement.

- En pleine ébullition dans un marché déjà bouillant, le cuivre semble donc la matière la plus susceptible de connaître un renversement de situation soudain et douloureux. Nous aimons toujours les matières premières — y compris le cuivre — pour les cinq années à venir, mais nous les aimerons un peu moins (nous ne disons jamais "détester") durant les cinq prochaines semaines.

- Les cours sont bien trop agités sur la plupart des marchés de matières premières, et le lien fondamental entre le prix et la demande est trop ténu. Les hausses de prix paraboliques dans les marchés sont aussi nombreuses que des stalagmites dans une caverne profonde. Les métaux vils se sont montrés d’une vigueur particulièrement notable.

- En tant que haussiers de long terme sur les matières premières, nous n’avons certes rien à redire à une hausse des cours. Par contre, nous avons des objections contre les baisses de prix, que nous craignons de voir très prochainement. Les prix des actifs ont une manière assez incroyable de chuter très sévèrement — et très soudainement — juste après une hausse parabolique.

- En d’autres termes, nous sommes ravis, mais terrifiés. Ce délicieux assortiment d’émotions est peut-être le bienvenu sur des montagnes russes… voire dans une chambre à coucher, mais pas lorsqu’on est assis devant un écran de cotation.

** Aucun marché ne nous effraie plus que le marché du cuivre. A plus de 3,00 $ la livre, son prix est le double de ce qu’il était il y a un an de cela.

- Ce pic est peut-être justifié, mais nous en doutons.

- L’économie chinoise est peut-être en plein boom, comme ne se lassent jamais de répéter les haussiers du cuivre, mais les marchés immobiliers occidentaux ralentissent visiblement. Cela ne sonne peut-être pas le glas du cuivre, mais cela pourrait bien faire retentir la cloche des ventes.

- Le secteur américain de la construction consomme environ 10% de l’offre annuelle de cuivre extrait. Ainsi, à la marge, un ralentissement de la construction résidentielle américaine pourrait avoir une influence sur le prix. Et si un ralentissement du marché immobilier indique une faiblesse économique plus généralisée, le prix du cuivre pourrait radicalement chuter.

- Mais des influences fondamentales de ce type semblent aussi pertinentes pour le marché du cuivre que le journal de 20 heures l’est pour un lombric. Le marché du cuivre fait ce qu’il fait en grande partie parce que de l’argent spéculatif afflue sur les marchés. Les fonds d’investissement en matières premières ont plus d’influence sur le cours du cuivre, pour l’instant, que les constructeurs immobiliers américains ou les industriels chinois.

- L’étude Marketvane rapporte que 96% des conseillers en matières premières sont haussiers sur l’or. Bien entendu, ce pourcentage est le plus élevé qu’on ait jamais vu — un terrible signe d’exubérance irrationnelle.

- Comme nous l’avons déjà souligné à plusieurs reprises, l’argent des fonds d’investissement en matières premières afflue dans tous les coins et recoins des marchés de ressources naturelles. Et tandis qu’il parcourt ces marchés, il crée parfois des prix monstrueux — comme le cuivre à plus de 3 $.

- Je répète : le hausse du cuivre est l’enfant naturel de l’argent facile et de la spéculation indécente. Nous ne voulons pas faire la morale au marché… mais nous ne voulons pas non plus participer à son orgie.

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Bill Bonner, co-fondateur de La Chronique Agora, en Argentine

*** CHANGEMENTS

** Tout change, vieillit et se transforme.

* Nous pensons à notre propre vie.

* Nous nous sommes marié dans les années 70. Nous n’avions rien d’autre qu’une vieille voiture de sport rouillée et un emploi rapportant environ 39 000 $ par an. Un jour, en rentrant du travail, nous sommes passé sur une bosse ; le plancher de la voiture a cédé, et notre siège s’est retrouvé sur la route.

* Nous étions jeune et plein d’énergie. Nous avons acheté une vieille ferme et l’avons retapée nous-même. Les matériaux de construction étaient chers, nous allions donc souvent dans les décharges pour trouver des choses à recycler. Nous économisions. Nous travaillions dur.

* Au début des années 80, nous entrions probablement dans la classe moyenne — par la petite porte. Puis les problèmes arrivèrent. Nous avons divorcé et nous sommes à nouveau retrouvé sur la paille.

* Cela ne nous a pas arrêté bien longtemps. Nous nous sommes remarié et avons pris un nouveau départ. A l’époque, la colonne des actifs dans le livre de comptes de la famille Bonner se résumait à quelques lignes : un pick-up bleu Datsun dont la porte était cassée, et une très petite maison d’édition perdant de l’argent chaque année.

* A l’époque, Baltimore était bon marché. La ville avait si désespérément besoin de contribuables qu’elle distribuait des immeubles à quiconque était assez bête pour y emménager. Nos bureaux ont été achetés 1 $. Notre maison a coûté 27 000 $, achetée à crédit. Sans nous soucier des coups de feu et des revendeurs de crack, nous nous sommes mis au travail.

* A nouveau, nous avons tout fait nous-même, à la main, recyclant des matériaux là où nous pouvions les trouver. Et, à nouveau, notre sort s’améliora. Mais à mesure que la vie devenait plus confortable, nous avons abandonné nos habitudes économes.

* Nous avons été horrifié lorsqu’ Elizabeth voulut une nouvelle voiture… d’occasion, bien entendu. Aujourd’hui, nous avons quatre nouveaux véhicules.

* Nous avons été indigné lorsqu’elle a voulu faire appel à un menuisier professionnel : nos meubles faits maison ne lui convenaient-ils pas ?

* Nous avons été littéralement effrayé lorsqu’elle a voulu emménager dans une vraie maison, située dans un quartier respectable — cela coûterait du véritable argent. Où allions-nous l’obtenir, nous sommes-nous demandé ? Mais nous avons volontiers cédé — et nous sommes retrouvé avec une plus grande maison à chauffer. Cette nouvelle maison exigeait des meubles plus sérieux — et plus chers. Elle exigeait également une assurance plus élevée.

** Il y avait un boom aux Etats-Unis durant les années 80 et 90 — et nous avons suivi la même courbe ascendante. Au milieu des années 90, nous étions prêt à relever de nouveaux défis. Nous avons fait nos valises, déménagé en Europe, et trouvé là-bas assez de défis pour nous satisfaire. Mais nous avons dû laisser aux Etats-Unis — comme un vieil animal de compagnie — tout un ensemble d’inhibitions parcimonieuses. Dans notre nouvelle vie, nous avions besoin de plus de meubles, plus de dépenses et plus d’aide. Nous avons acheté une grande demeure à la campagne, mais nous avons découvert que nous devions également louer un appartement en ville.

* Les enfants devaient fréquenter une bonne école privée, tandis que nous devions travailler dans un vrai bureau. Une bonne école ? Qu’avions-nous à reprocher aux écoles publiques ? Elles avaient suffi pour nous, non ?

* "Les temps ont changé", nous répondit-on. A présent, les écoles publiques — même en France — sont censées être incompétentes et pleines de violence.

* Et dans la mesure où nous avons à présent deux résidences, nous devons les entretenir. Nous avons eu besoin d’une femme de ménage. Ah, et d’un jardinier aussi. Une chose mène à une autre. Une vieille habitude chute comme un immeuble désaffecté. En moins de temps qu’il n’en faut pour le dire, tout le quartier a disparu, remplacé par des cafés chics et des appartements luxueux. Des tâches faites autrefois par heureuse nécessité sont entamées à contrecoeur… par un sens persistant du devoir ou par nostalgie.

* "Pourquoi est-ce qu’on doit faire ça ?" gémissent les garçons quand on leur demande de réparer un mur ou de faire un peu de débroussaillage. "Pourquoi est-ce que tu n’appelles pas simplement quelqu’un qui sait ce qu’il fait ?"

* Durant les vacances familiales, nous rappelons-nous, nous entassions toute la famille dans le pick-up et allions au Canada. Au début des années 90, nous avons loué une maison sur un petit lac en Nouvelle-Ecosse. Les souris galopaient dans les coins ; l’endroit empestait le kérosène. Mais cela ne coûtait que 320 $ la semaine. Impossible de trouver moins cher.

* "C’est horrible, ici", avait dit Elizabeth.

* Et c’était effectivement horrible… mais nous avons bien aimé, malgré tout.

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Consterné par les manœuvres en tous genres qui faussent les marchés ?
Exaspéré par l’absence totale de transparence dans la gestion de vos actifs ?
Effaré par le manque d’indépendance de certains conseillers financiers ?

Eh bien… voici votre antidote personnel à l’industrie financière !

Un antidote qui aurait pu vous rapporter des gains cumulés de 165% en 2005…

Pour en savoir plus…

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*** La Chronique Agora présente ***

Retour de l’or en tant que devise de réserve mondiale et sélection naturelle… Justice Litle continue son parallèle entre théories de l’évolution et paysage économique planétaire.

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EVOLUTION ECONOMIQUE, 2ème PARTIE
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Par Justice Litle (*)

Ceux qui considèrent l’or comme une "relique barbare" tendent à penser qu’il est dépassé et obsolète. Ils pensent que notre maîtrise de la technologie moderne, notre capacité à manipuler les zéros et les uns de l’informatique, ont enlevé à l’or toute sa raison d’être. Ils réaliseront — après beaucoup de douleur et d’angoisse — que nous avons toujours besoin de l’or, parce que nous avons toujours besoin de quelque chose en quoi placer notre confiance. Et ils se rendront compte que plutôt que de faire concurrence à la technologie moderne, le retour de l’or en tant que nouvel étalon monétaire sera en fait lié à la technologie. La prolifération de la "monnaie numérique" au 21ème siècle mettra en valeur le statut de l’or en tant qu’ultime forme de devise, plutôt que de le diminuer. Plus nos transactions deviennent abstraites, plus nous dépendons des électrons, plus nous voudrons quelque chose de solide à l’autre bout de la chaîne, pour notre tranquillité d’esprit.

Si l’on examine l’économie mondiale ces 30 dernières années environ, on peut sans aucun doute voir l’évolution et la sélection naturelle au travail. Par le processus d’une concurrence sans merci, certaines entreprises survivent et prospèrent tandis que d’autres restent sur le carreau. Les marchés sont devenus plus sophistiqués et efficaces. Les procédures des entreprises se sont radicalement améliorées. Les cycles de production ont été réduits de moitié, puis encore de moitié. Des innovations comme la production "en flux tendus" ont révolutionné des secteurs entiers. De nouveaux secteurs d’activités sont apparus de nulle part. Des industries endormies ont été renversées ou complètement effacées. L’innovation, le fluide vital de la croissance économique, n’est en fait que la destruction créative de Schumpeter à l’œuvre — laquelle, à son tour, représente l’évolution et la sélection naturelle agissant dans le secteur privé.

Par contre, un domaine n’a PAS évolué et ne s’est pas amélioré significativement au cours des dernières décennies : l’administration. Quelques progrès ont été faits ici et là, de l’efficacité a été gagnée, mais, en moyenne, les grands gouvernements de la planète sont toujours aussi énormes, gonflés et inefficaces. Que se passe-t-il ? Comment pouvons-nous voir tant de changements positifs et d’avancées dans le secteur privé — alors que le secteur public progresse à un rythme d’escargot — quand il progresse ?

J’avancerais une seule réponse : les gouvernements évoluent différemment des entreprises privées. Ils ont moins de chances de s’améliorer rapidement pour une raison très évidente : ils n’en ont pas besoin. Dans le monde de l’entreprise, l’évolution et les améliorations sont le résultat de la pression concurrentielle. Dans le secteur public, il n’y a PAS de pression concurrentielle. Imaginez ce que deviendraient les dîners en ville si McDonald’s était le seul restaurant !

Dans la mesure où ils sont si gigantesques et lents, les gouvernements du 20ème siècle ressemblent moins à d’agiles mammifères qu’à d’énormes dinosaures patauds. Parmi les dinosaures, le roi n’était sans doute pas le Tyrannosaure, mais plutôt le Séismosaure, un descendant du diplodocus. Le Séismosaure est censé être la plus grande créature vivante ayant jamais existé — plus grande encore qu’une baleine bleue. Avec un cerveau de la taille d’une noix et un estomac qui ne pouvait digérer sa propre nourriture sans assistance, on peut voir pourquoi le Séismosaure est une métaphore appropriée des gouvernements modernes.

Fut un temps où l’environnement favorisait les énormes animaux comme le Séismosaure. Mais ils disparurent de manière soudaine, laissant le monde aux animaux à sang chaud. Une extinction similaire devrait se produire bientôt, au cours de laquelle les administrations gargantuesques actuelles laisseront place à des autorités politiques plus petites et plus agiles. La relative vitesse à laquelle cette transformation se produira fait appel à un autre terme évolutionniste : "l’équilibre ponctué".

En deux mots, l’équilibre ponctué est une théorie suggérant que les grands changements se produisent d’un seul coup, entre de longues périodes de stabilité. Durant 97% du temps, par exemple, tout est calme et stable, avec peu ou pas de changements dans la manière de faire les choses. Mais les 3% restant, les choses sont assez agitées et violentes pour faire radicalement évoluer le paysage physique et biologique.

La théorie de l’équilibre ponctué correspond-elle vraiment à l’évolution des espèces ? Qui sait — en tout cas, elle est bien pratique pour résumer l’histoire des gouvernements et des administrations. Les mastodontes gouvernementaux sont en général des entités stables et lourdes, leur pouvoir et leur horizon ne changeant guère, sinon peut-être pour augmenter lentement au cours du temps — jusqu’à ce que survienne l’événement catastrophique ou la tempête du changement qui les coupe en deux ou les détruit purement et simplement.

Si l’on considère la situation actuelle, il n’est pas difficile d’imaginer les conditions nécessaires pour que se produise un événement du type équilibre ponctué. Grâce à l’introduction de trois milliards de nouveaux capitalistes et la pénurie qui s’annonce sur les ressources naturelles mondiales, les gouvernements occidentaux subissent des changements et des révolutions comme jamais encore auparavant. Des décennies d’évolution seront entassées dans une courte période… et le résultat ne sera pas joli-joli. En fait, pour les gouvernements occidentaux obèses, l’un des aspects les plus pénibles de l’équilibre ponctué à venir sera la faillite.

Meilleures salutations,

Justice Litle
Pour la Chronique Agora

(*) Justice Litle, rédacteur de la lettre Outstanding Investments, possède des connaissances uniques qui lui ont bien servi sur les marchés. Justice a étudié la littérature et la philosophie dans des endroits aussi divers qu’Oxford, en Angleterre, l’université Pulacki (Olomouc, République Tchèque) ou l’université Macquarie (Sydney, Australie). Alors qu’il se destinait à une carrière universitaire, sa vie a pris un tout autre chemin après qu’il ait découvert "The Investment Biker", la chronique de Jim Rogers sur l’investissement macro-économique… et la moto.

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(c) Les Publications Agora France, 2002-2006
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