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La Chronique Agora
Paris, France
Vendredi 15 décembre 2006
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*** Célébrons la divine proportion des 15%
Les marchés ont tout préparé pour une belle "journée des trois sorcières"
*** Placez vos paris
Jouer contre le lever du soleil… ou contre le rebond de fin d’année ?
*** Manque d’oxygène
Les investisseurs sont arrivés si haut qu’ils ont du mal à réfléchir…
*** Des complots pas si bénins (2)
Ben Bernanke sème le bonheur sur un terrain qui lui est familier
—————————– (publ.)
Comment le marché actuel peut faire de vous un investisseur heureux…
… tout en faisant passer votre portefeuille à la vitesse supérieure !
C’est plus simple qu’il n’y paraît… il suffit de suivre les bons indicateurs : continuez votre lecture pour tout savoir
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Bonjour,
*** CELEBRONS LA DIVINE PROPORTION DES 15%
** Ainsi donc, nous y voilà ! La petite fête annuelle des marchés financiers — intercalée entre la Saint Nicolas et le réveillon de Noël — s’annonce particulièrement réussie cette année : les opérateurs n’ont pas lésiné sur les préparatifs afin que la "journée des trois sorcières" du millésime 2006 laisse un souvenir impérissable.
Prenez par exemple l’Eurotop 100, qui retraçait hier son record annuel à 3 100 points. L’indice paneuropéen le plus représentatif des places boursières du Vieux Continent aligne pas moins de neuf séances de hausses consécutives — soit un ébouriffant sans faute depuis le 1er décembre. Cela malgré la dégringolade du dollar sous les 1,33/euro (survenue entre le 25/11 et le 13/12), malgré la remontée du baril de pétrole de 60 $ jusque vers 62,5 $ ce jeudi 14/12, et malgré la hausse de 0,7% des prix à l’importation (hors énergie) au mois de novembre aux Etats-Unis.
Nous pourrions certainement allonger la liste des "malgré" en passant en revue toutes les statistiques publiées aux Etats-Unis depuis Thanksgiving… mais les investisseurs auraient choisi par bonheur de ne retenir dans l’intervalle que les rares rayons de soleil observés entre deux averses de chiffres macro-économiques médiocres.
Quelques éclaircies se sont développées dans le secteur du marché du travail… mais nous n’avons pas le souvenir que les embauches aient jamais reculé au mois de novembre depuis le début du siècle, compte tenu des recrutements massifs de salariés temporaires dans la grande distribution ou les enseignes spécialisées. L’embellie est également incontestable sur le front des ventes des détails (la chute du prix des carburants à la pompe a permis aux ménages d’accroître leurs dépenses festives de 1% fin novembre)… mais Wal-Mart s’attend à une stagnation de son chiffre d’affaire (à périmètre constant) en 2007.
Le tableau devient nettement moins réjouissant aux Etats-Unis lorsqu’il s’agit de la production industrielle, des commandes de biens durables, et du déficit commercial… Pour ce dernier, la diminution mécanique de -8,5% en octobre — dans le sillage des coûts de l’énergie — dissimule mal une dégradation structurelle dans le domaine des services ou des produits finis et semi-finis, principalement face à la Chine, mais également face à l’Inde ou la Corée du Sud, en passant par Taiwan, Hong Kong et Singapour.
Mais comme nous l’a expliqué Ben Bernanke, ce qui constituerait un handicap rédhibitoire pour n’importe quelle autre nation belliqueuse, fortement débitrice et amatrice de gaspillages de toute nature, ne ferait que renforcer l’attrait qu’exercent les Etats-Unis sur les capitaux asiatiques ou moyen-orientaux. Comme nous l’expliquions la veille, l’Amérique possède une alliée économique infaillible qui s’appelle Boucles d’Or.
** Les Russes continuent de résister à ce genre contes de fées (il est vrai que les légendes slaves ne baignent pas dans le miel et les bons sentiments) : ils considèrent le dollar ou les T-Bonds comme de la monnaie de singe. Poutine et ses principaux lieutenants, qui ont fait main basse sur 70% des richesses du pays (estimation "conservatrice" des experts occidentaux), ont certainement de bonnes raisons de se méfier du miracle à la Bernanke, et de se gausser de la prétendue influence protectrice du merveilleux sortilège baptisé Goldilocks.
Les agences de renseignement héritières du KGB ont mis leur talent et leur capacité à collecter de l’information au service des oligarques moscovites. Ces derniers se préoccupent désormais beaucoup moins de préparer une future guerre froide que des moyens les plus judicieux de recycler les masses de pétrodollars qu’ils encaissent en tant que premier producteur mondial de brut.
Et nul ne doute qu’avec l’appui financier et technologique de la Chine et du Japon, la Russie va creuser encore un peu plus l’écart avec l’Arabie Saoudite et les Emirats du Golfe Persique au cours des dix années à venir.
L’influence de l’OPEP (réunie à l’heure où j’écris ces lignes à Abuja, au Nigeria) s’étiole pour cause d’indiscipline de ses membres. Une nouvelle réduction des quotas de production (-500 000 barils/jours à 25,8 millions de barils/jour) peut bien être votée pour le début de l’année 2007, cela n’émeut personne. Les bons connaisseurs du marché physique savent en effet pertinemment que de nombreux pays trichent — et notamment ceux qui ne font pas mystère de leur anti-américanisme viscéral !
L’OPEP tente cependant de reprendre la main et d’accentuer son emprise sur l’évolution des prix pétroliers : le conseil vient de voter à l’unanimité l’admission de la République d’Angola, qui devient ainsi le douzième membre de plein droit. Elle pèse actuellement 1,4 millions de barils/jour mais pourrait monter à deux millions d’ici 2010.
La manœuvre semble avoir en partie réussi, puisque le WTI se hissait à proximité des 63 $ ce jeudi soir sur le NYMEX, ce qui ne freinait en rien l’irrésistible ascension du Dow Jones. L’indice phare américain fera une fois encore la une de tous les journaux télévisés avec son nouveau record historique inscrit à plus de 12 425 points jeudi soir (soit +0,9%).
** Les +0,6% du CAC 40, qui vient d’égaler — à un mois de distance — son précédent zénith annuel des 5 516 points (le 16 novembre dernier) font "petit joueur", en comparaison… mais le marché parisien a déjà assuré l’essentiel, à savoir respecter la "divine proportion" de 15% de retour sur investissement.
Les valeurs françaises s’offrent même un petit bonus de 2% supplémentaires, alors que le Dow Jones se contente d’un dépassement symbolique de 1%… Le Nasdaq, qui grimpait in extremis de 0,9%, reste loin du compte avec 11,3% de performance annuelle.
Cela représente tout juste la moitié des gains engrangés par les valeurs allemandes, et à peine le tiers des 34% de hausse des valeurs espagnoles, dopées par le dynamisme des pays émergents d’Amérique du Sud ou d’Amérique Centrale — sans oublier le premier d’entre eux : le Mexique.
Et pendant que l’Espagne caracole de record en record et encaisse des excédents budgétaires et commerciaux, la France découvre qu’elle est victime d’une gigantesque arnaque à la TVA (à base d’entreprises exportatrices fantômes) portant sur 12 à 15 milliards d’euros… Tandis que toute la classe politique française ne savait plus comment exprimer son émoi devant l’annonce de l’exil fiscal de notre Johnny national vers les contrées helvétiques. Nous sommes passé l’an dernier devant son chalet de Gstaad : il n’a rien de tapageur, ce n’est qu’un "deux pentes" parmi tant d’autres, avec une belle haie de conifères et un tas de bûches rangé à l’aplomb du toit. Il en existe de beaucoup plus imposants et de plus luxueux aux alentours, tous équipés de l’incontournable abri anti-atomique.
Ils appartiennent à des familles saoudiennes, des acteurs anglo-saxons (nous avions croisé au détour des rues piétonnes du centre du village des visages familiers comme Jude Law, Nicolas Cage ou Jack Nicholson), des industriels et banquiers helvétiques, des têtes couronnées de l’Europe entière… mais également du continent africain.
Des "résidents" souvent 10 fois, 100 fois, voire 1 000 fois plus riches que Jean-Philippe Smet… mais qui payent moins d’impôts dans leur pays d’origine que l’artiste d’origine franco-belge : il va de soi que rien ne doit changer chez nous, c’est au reste de la planète d’adapter sa fiscalité à celle qui s’applique dans l’Hexagone.
De même, il n’y a toujours aucune raison de s’émouvoir que l’actionnaire tricolore parte avec un handicap de -27% par rapport à un membre de sa famille opérant depuis Bruxelles ou Amsterdam. La France a de grands principes en matière de justice sociale, et les grands principes, ça se paye… d’un grand éclat de rire pour ces 5 000 Français qui ont délocalisé entre 10 et 12 milliards d’euros hors de nos frontières en l’espace de 25 ans.
Philippe Béchade,
Paris
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Nos spécialistes vous donnent les dernières nouvelles de Wall Street
*** PLACEZ VOS PARIS
** Parier contre un rebond boursier de fin d’année, c’est un peu comme parier contre le lever de soleil de demain. Mais tout de même, nous pensons que le pari en vaut la peine — contre un rebond, bien entendu.
- C’est un fait : les rebonds de fin d’année arrivent presque aussi régulièrement que les levers de soleil. Ces 78 dernières années, le marché a chuté seulement 13 fois entre le 13 décembre et le Nouvel An. En d’autres termes, il s’est repris dans 83% des cas.
- Tout le monde sait qu’il en sera de même tous les ans.
- Et non seulement ce rebond est prévisible, mais il est aussi vigoureux. Il semble surmonter tous les obstacles macro-économiques se tenant sur son chemin. En dépit des ravages de la Grande dépression, par exemple, et des traumatismes de la Seconde guerre mondiale, ce rebond a eu lieu tous les ans, de décembre 1934 à décembre 1953 — un cycle de 20 ans qui a fourni des gains moyens de 3,0% en fin d’année. Plus étonnant encore, les gains cumulés de ces rebonds sur 20 ans ont représenté 86% ou plus de la moitié des gains totaux du marché sur cette période de deux décennies.
- Nous devons cependant nous rappeler que ces statistiques impressionnantes suggèrent simplement des probabilités. Elles ne garantissent rien. L’année dernière, le marché a glissé de 1,4% entre le 13 décembre et Nouvel An. Ne pourrait-il pas chuter à nouveau cette année ? Si, bien entendu. Mais 73 ans ont passé depuis la dernière fois où le marché a trébuché deux fins d’années de suite. Durant la Grande dépression — en 1932 et 1933 –, les marchés boursiers américains ont produit de légères pertes entre le 13 décembre et la fin de l’année.
** Mais 2006 n’est pas une année de dépression… sauf pour les vendeurs à découvert positionnés sur les actions des marchés émergents. Le marché immobilier est peut-être en train de se désintégrer, l’Irak est peut-être en pleine implosion, le dollar est peut-être en train de s’effondrer et la calotte polaire est peut-être en train de fondre, mais les marchés boursiers semblent fêter tout ça. Depuis qu’il a atteint un creux à 10 706 points le 13 juin, le Dow Jones a grimpé de plus de 1 600 points — ou 15,2% — sans faire de pause durant sa montée.
- Les prix des actions grimpent depuis tant de mois, désormais, que la plupart des investisseurs sont persuadés qu’ils continueront de le faire. C’est bien connu, il faut acheter des actions. Malheureusement, ce fait bien connu est peut-être aussi une complète folie. Il ne "faut" pas toujours acheter des actions — surtout quand tout le monde le fait.
- Depuis le 30 novembre, le Dow et le S&P 500 ont quelque peu grimpé, tandis que le Nasdaq et le Russell 2000 ont quelque peu chuté. En gros, le marché a stagné. Mais nous pensons que c’est sur le point d’évoluer — à la baisse.
- Ces deux dernières semaines, la plupart des chiffres concernant les sentiments des investisseurs sont devenus plus extrêmes encore. 59,8% des conseillers financiers sondés par Investors Intelligence sont désormais haussiers — c’est le plus haut pourcentage de l’année. Par contraste, seuls 23,9% des conseillers sont baissiers. En d’autres termes, les haussiers sont quasiment trois fois plus nombreux que les baissiers. Ce n’est pas vraiment de bon augure pour les prix des valeurs. Ces derniers chiffres forment un contraste frappant avec les sentiments pessimistes de la mi-juin, où les haussiers et les baissiers étaient à égalité, avec 35% pour chaque camp.
- "Historiquement, les haussiers sont entre 55% et 60% lorsque les indices atteignent des sommets record", selon Mike Burke et John Gray, rédacteurs de la rubrique "Sentiments des conseillers" dans Investors Intelligence. "Ces niveaux d’optimisme extrêmes se révèlent souvent négatifs, parce qu’ils reflètent des positions complètement investies, ne laissant guère de liquidités pour d’autres achats".
- La récente suite de sept mois positifs consécutifs pour le Dow Jones est la série gagnante la plus longue depuis plus de dix ans. Les gains mensuels, hebdomadaires et quotidiens des marchés ces sept derniers mois n’ont pas été particulièrement impressionnants, au total, mais ils ont été incroyablement réguliers. Pas étonnant donc que les investisseurs fassent preuve d’un excès d’optimisme. Des gains boursiers apparemment sans efforts les poussent souvent à des excès de complaisance confortable.
- Ne reste plus qu’à placer vos paris…
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Bill Bonner, co-fondateur de La Chronique Agora, à Sydney
*** MANQUE D’OXYGENE
** Où sommes-nous ? Quelle heure est-il ? * Nous perdons les pieds. Mais partout où nous allons… partout où nous regardons… nous voyons de véritables piles d’argent, d’immobilier, de dettes et de crédit. Des tours. Des tours sur le marché boursier. Des tours sur le marché immobilier. Des tours empilées sur des tours.
* Par conséquent, voici une première, pour aujourd’hui : une "alerte au krach".
* Non que nous ayons des informations ou des idées particulière sur le sujet. Nous regardons simplement par la fenêtre.
* "L’homme est un être pensant plein d’expectative", déclarait Edmund Phelps, récent lauréat du Prix Nobel. L’économiste aurait dû insérer un "ou" au milieu de sa phrase. L’être humain tend à espérer… ou à penser. Il fait rarement les deux à la fois.
* Actuellement, sur toute la planète, les êtres humains — ou plutôt les hommes et les femmes ayant de l’argent — pensent que le beau temps est parti pour durer. Ils ont vu leurs investissements immobiliers grimper en flèche. Ils ont vu leurs investissements boursiers atteindre de nouveaux records. Et ils sont certains que les banques centrales ont maîtrisé l’art de maintenir la stabilité. "Les choses vont bien", se disent-ils, "et ça va continuer".
* On dit que les voyages élargissent votre horizon de pensée. Mais de nos jours, faire le tour du monde tend à concentrer votre attention, plutôt que de la disperser. Où que vous alliez, ou presque, les gens sont tous pareils. Que vous soyez à New York, Londres, Bombay ou Sydney, vous trouverez des actions et de l’immobilier plus élevés que jamais… et des investisseurs que leurs actifs ont hissés si haut que leurs pieds ne touchent plus terre. A une telle altitude, avec le manque d’oxygène, leur cerveau cesse de fonctionner.
** Il y a seulement deux manières de s’enrichir — l’accumulation ou la spéculation. Soit on gagne de l’argent et on l’épargne… ou alors on a beaucoup, beaucoup de chance. Traditionnellement, la grande majorité de la richesse mondiale — tant individuelle que nationale — a été obtenue par accumulation. L’Australian Financial Review de mercredi, par exemple, nous dit que les salaires chinois ont doublé, ces cinq dernières années. Et tandis que leurs salaires grimpaient, les Chinois sont restés d’incurables écureuils, leur taux d’épargne étant le double de la moyenne mondiale.
* Ben Bernanke et Henry Paulson parcourent la Chine actuellement, essayant de persuader les Chinois de faire grimper leur devise par rapport au dollar. Ils feraient mieux de fermer leurs bouches et d’ouvrir les yeux. Le dollar chutera bien assez tôt, quoi qu’ils fassent pour essayer de le soutenir. Et puis ils pourraient apprendre quelques petites choses. Pendant que le reste du monde gaspille son argent en gadgets made in China, les Chinois eux-mêmes construisent leur richesse à l’ancienne : ils dépensent moins qu’ils ne gagnent. Bref, ils épargnent. Et plus l’épargne est élevée, plus la famille… l’entreprise… ou le pays… est riche.
* Pendant ce temps, dans le reste du monde, c’est comme si un raz-de-marée de liquidités s’était abattu sur les villages, les hameaux et les métropoles de la planète. Les gens ont eu tant de chance qu’ils pensent ne plus jamais avoir à épargner. Même les investisseurs soi-disant "sophistiqués" ont abandonné la bonne vieille méthode d’enrichissement par l’accumulation ; ils doivent tous se sentir extrêmement en veine.
* Sur les marchés, les dividendes sont minuscules… voire inexistants pour de nombreuses valeurs. Les profits des entreprises sont peut-être à des sommets historiques, mais un investisseur pensant atteindre la richesse en achetant des actions et en percevant des dividendes ne réfléchit pas. Ses dividendes n’atteindront même pas le taux d’inflation des prix à la consommation.
* Mais dans Barron’s, personne ne voit rien d’inquiétant. au contraire, leurs devins boursiers regardent l’avenir, et voient le S&P 500 grimper — de 8% en moyenne, selon leurs suppositions.
* Et personne, à part nous, ne s’inquiète d’un soudain renversement des actions. Le VIX, qui mesure l’inquiétude des marchés, frôle des planchers record.
* Pour l’instant, les actions et l’immobilier sont à des niveaux inégalés dans le monde entier. L’investisseur doit décider : doit-il acheter plus… ou vendre ? Les experts et les commentateurs sont tous positifs. Devant des sentiments aussi joyeux, notre investisseur a du mal à garder la tête froide. S’il ne peut pas compter sur sa maussaderie naturelle pour le sortir de là, il va devoir réfléchir.
* Et bien entendu, ça, aucun investisseur ne veut le faire.
* Mais si d’aventure il se mettait à penser, il devrait méditer le commentaire du joueur de base-ball Yogi Berra concernant un restaurant : "oh, plus personne n’y va ; il y a trop de monde". En ce moment, tout le monde s’entasse dans ces restaurants en forme de tours. La nourriture et le service — c’est-à-dire le rendement auquel pourrait raisonnablement s’attendre un investisseur — ont déjà atteint des planchers quasi-historiques.
* Attendez que quelqu’un crie "au feu" !
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Le CAC 40 semble en pleine forme : que cache cette apparente vigueur ?
Découvrez cinq "bombes à retardement" qui représentent un danger immédiat pour votre portefeuille…
… et surtout, le moyen de vous en protéger !
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*** La Chronique Agora présente ***
La Chronique Agora présente : Un "complot bénin" qui fait grimper les actions… des conseillers politiques pas tout à fait objectif… et Ben Bernanke confronté à "un défi extraordinaire pour une personne de très haute qualité" concernant la valeur du dollar. Justice Litle continue de développer les thèmes abordés hier.
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DES COMPLOTS PAS SI BENINS — 2ème PARTIE
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Par Justice Litle (*)
Un défi extraordinaire, c’est le cas de le dire. Si extraordinaire qu’on peut se poser la question : pourquoi "prendre son médicament" — et rééquilibrer l’économie US — alors qu’on peut simplement patauger un peu plus profond dans la semoule ?
C’est sans aucun doute le meilleur choix, si on prend une perspective utilitaire de court terme : cela permet de maximiser la "répartition de bonheur" sur une longue période. Il suffit de se placer du point de vue du gentil Ben : la relance économique en douce semble la meilleure méthode. Vous amis sont heureux… les marchés sont heureux… le président est heureux… vos partenaires commerciaux ont l’air un peu fatigué, mais sont heureux néanmoins… personne n’est laissé pour compte — sauf ces obstinés de l’école autrichienne d’économie (qui ne sont jamais contents, de toute façon).
Etant une personne de qualité, Bernanke a choisi de faire son devoir et maintient les robinets grand ouverts pour ses amis. Alors que vous lisez ces mots, le cash est transformé en trash à vitesse grand V. L’"argent intelligent" achète avec libéralité, parce qu’il sait que les morceaux de papier qui flottent actuellement vaudront moins que les morceaux de papiers qui flotteront demain.
Combien de temps est-ce que ça peut durer ? Personne ne le sait vraiment. C’est un peu comme un jeu de chaises musicales. Tant que le vernis de stabilité psychologique ne craque pas — c’est-à-dire tant que la monnaie ne se dévalue pas trop rapidement — nous pourrions voir la tendance haussière des valeurs nominales se poursuivre, alors que la valeur réelle stagne, voire décline.
Tôt ou tard, l’or dépassera ses plus hauts de 1980 en termes nominaux (cela pourrait tout à fait se produire en 2007. Après ça, il dépassera ces mêmes sommets en termes ajustés à l’inflation — ce qui se révélera être un exploit bien plus remarquable.
On a toujours supposé que les conditions dans lesquelles l’or y parviendrait seraient plutôt moches. Les marchés actions se seront effondrés, l’enfer se sera déchaîné, et ainsi de suite. Cela pourrait certainement être le cas.
Mais il pourrait également arriver que le Dow continue de grimper régulièrement parallèlement à l’or, aussi calme qu’une mer d’huile ; si la fiction de la prospérité est maintenue, les investisseurs pourraient se contenter de rester sur leur manège, souriant comme des enfants qu’on aurait légèrement drogués.
Si l’on suit ce scénario, tout le monde est content sauf le pauvre homme de la rue, s’il n’a pas assez d’actifs papier pour compenser la hausse régulière de ses dépenses quotidiennes. Une lente dévaluation de la devise au profit des détenteurs d’actifs papier est donc un moyen ingénieux de dévaliser des millions de citoyens inconscients de ce qui leur arrive. Pas d’un seul coup, bien entendu, mais un peu par ici, un peu par là… petit à petit.
Le "complot bénin" de Currier n’est peut-être pas si bénin, en fin de compte.
Meilleures salutations,
Justice Litle
Pour la Chronique Agora
(*) Justice Litle, rédacteur de la lettre Outstanding Investments, possède des connaissances uniques qui lui ont bien servi sur les marchés. Justice a étudié la littérature et la philosophie dans des endroits aussi divers qu’Oxford, en Angleterre, l’université Pulacki (Olomouc, République Tchèque) ou l’université Macquarie (Sydney, Australie). Alors qu’il se destinait à une carrière universitaire, sa vie a pris un tout autre chemin après qu’il ait découvert L’aventurier capitaliste, la chronique de Jim Rogers sur l’investissement macro-économique… et la moto.
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(c) Les Publications Agora France, 2002-2006
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Nota bene : reproduction partielle ou totale de la présente Chronique STRICTEMENT INTERDITE sans accord écrit de la société éditrice.
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