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LA CHRONIQUE AGORA
Paris, France
Mercredi 07 juin 2006
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*** Périlleuse sortie du hammam…
Même les plus vigoureux risquent d’attraper un sérieux rhume…
*** Une vieille nouveauté, la suite…
Dan Denning continue ses réflexions sur le charbon, entamées lundi.
*** Volcker, bis
Ou quelque chose qui lui ressemble, en tout cas…
*** Gardons le cap !
Quelles sont les conséquences de la chute des marchés pour les petites valeurs ?
—————————– (publ.)
Encore 2,40% de baisse pour le CAC 40…
COMMENT TRANSFORMER CETTE DEBACLE EN PROFITS ?
Un système d’investissement bien particulier peut vous y aider… comme vous pourrez le constater en poursuivant votre lecture.
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Bonjour,
*** PERILLEUSE SORTIE DU HAMMAM…
** Les investisseurs viennent, pour la troisième fois en moins de quinze jours, de déraper sur le sol trop humide du hammam boursier — dont la température vient à nouveau de chuter de 2% à 2,5% en l’espace de quelques heures. Le cours de nombreuses actions était manifestement en surchauffe… et l’intense dégagement de vapeur qui remplit maintenant la pièce rend les déplacements vers la sortie périlleux, du fait du manque de visibilité ambiante et de flaques traîtresses sur le carrelage.
Par deux fois déjà, les plus habiles (ou les plus chanceux) ont réussi à éviter l’accident en se raccrochant à une table de massage ou à un morceau de tuyauterie courant le long des parois. Ceux qui n’ont réussi à empoigner qu’un morceau de rideau de douche — ou un frêle tabouret — gisent déjà tous nus par terre, en se demandant comment ils ont pu se montrer négligents au point de rentrer sans enfiler une paire de sandales ni repérer le chemin qui les ramène vers les vestiaires.
Tout comme on s’offre un petit séjour de remise en forme avec soins orientaux et massages relaxants, beaucoup d’opérateurs sont rentrés en bourse cette année sans la moindre appréhension, guidés par la douce fragrance des senteurs de camphre et d’eucalyptus.
La chaleur promise était bien au rendez-vous depuis octobre dernier, les vapeurs émollientes également — avec force arguments haussiers de type "pompe à brouillard"… Mais c’est au niveau de la sudation que la clientèle boursière vient de connaître ses premières désillusions : au lieu de transpirer tranquillement sur une banquette en tek de Birmanie en évacuant le stress du quotidien, voici que leur front et leur échine se couvrent soudain de sueurs froides.
Saisis d’angoisse et tout grelottants, ils font appel au personnel d’accueil, qui délivre d’ordinaire peignoirs moelleux et serviettes parfumées, afin que soit rétabli sans plus tarder le climat de moiteur tropical qu’ils affectionnent. Et voilà qu’au lieu de cela, le directeur du centre fait ouvrir toutes grandes les baies vitrées du côté le plus venteux de l’établissement et leur délivre, pour s’essuyer, une pile de vieux linge humide et glacé.
** Le directeur en question, vous l’avez sans doute reconnu, c’est Ben Bernanke… qui a relancé lundi bien des interrogations relatives à la probabilité d’une 17ème hausse du prime rate le 20 juin prochain. Premier coup de froid… puis la température est devenue polaire hier lorsque William Poole, président de la Fed de Saint Louis, s’est appliqué à dissiper les derniers doutes sur la stratégie qui sera poursuivie au cours des prochains mois.
W. Poole indique très clairement que la Fed doit maintenir un biais monétaire haussier et fixer des objectifs de taux susceptibles de juguler les anticipations de dérapages inflationnistes.
Il s’agit d’une invitation très ferme à privilégier le scénario de taux portés à 5,25% d’ici une quinzaine de jours — voire 5,50% d’ici la rentrée si les entreprises américaines se retrouvaient contraintes de répercuter leurs coûts auprès du client final.
** En Europe, l’enquête mensuelle d’une grande banque britannique (mais d’appellation écossaise) a mis en évidence les germes d’une reprise économique potentiellement inflationniste : l’indice PMI des services qui a grimpé à 58,7 contre 58,3 le mois dernier.
Cependant, les investisseurs ont occulté cette indication plutôt favorable pour se focaliser sur la composante "prix payés" : elle a augmenté pour la neuvième fois consécutive et culminait au mois de mai à 54,5 contre 53,3 en avril.
Les industriels se félicitent notamment d’avoir retrouvé une certaine liberté en matière de fixation des prix. Les coûts salariaux ont joué jusqu’ici le rôle de variable d’ajustement, avec la bénédiction de la BCE — mais la méthode a ses limites, et la flambée du coût des matières premières et de l’énergie s’avère plus rapide que la progression des gains de productivité.
Chacun semble par ailleurs convenir qu’une petite dose d’inflation n’est pas désagréable, si elle reste maîtrisée : après tout, elle stimule l’activité économique (réduction mécanique de l’endettement des ménages), et concourt à la restauration des marges des entreprises — et par extension, à la satisfaction des actionnaires, heureux de percevoir de plus copieux dividendes.
Si seulement les banques centrales pouvaient faire comme si elles n’avaient rien vu et renoncer à faire systématiquement la démonstration de leur pouvoir de régulation de la température interne du hammam ! Elles pourraient alors se contenter de réduire un peu le régime de la chaudière, entrebâiller une ou deux portes… Mais non : il faut qu’elles ouvrent grand les fenêtres les unes derrière les autres pour créer, à force d’insister, un grand courant d’air glacé qui risque de transformer les salles de relaxation en chambres froides — et les clients en un régiment de bronchiteux terrassés par un brusque accès de quinte de toux.
** Manifestement, les marchés obligataires européens s’enrhument ; ils reculaient de 0,25% en clôture hier, tandis que le rendement des Bunds et des OAT tutoie les 4,00% (3,98% et 3,995% respectivement).
Si les indices boursiers européens n’avaient pas décroché de 2,1% en moyenne ce mardi, la purge aurait certainement été plus sévère et les taux longs auraient pu se tendre au-delà de 4%. Il est intéressant de noter que la prime en faveur du dollar est passée en moins de trois semaines de 120 points à 103 points de base, sans que le dollar en souffre de façon alarmante. Le billet vert remontait même de 1,2935 à 1,2820 après l’intervention de William Poole.
C’est l’or qui en subit directement le contrecoup, puisque l’once chute de 1% à 627 $/once, et s’éloigne du palier de soutien apparu vers 640 $. Le récent plancher des 620 $/once pourrait être rapidement enfoncé si le mouvement de consolidation sur les matières premières s’amplifiait avec les anticipations de ralentissement économique à l’échelle mondiale.
Un bémol doit cependant être introduit au sujet des risques d’excès de zèle des banques centrales en général, et de la Fed en particulier. Il se pourrait que la dégradation de la tendance à Wall Street (-3% sur le Nasdaq en à peine une séance et demie) joue en faveur du statu quo monétaire.
Si les indices boursiers traduisent une trop grande nervosité des principaux agents économiques (banquiers, investisseurs et entreprises), la soudaine évaporation de l’illusion de richesse boursière aura tôt fait de calmer les ardeurs des consommateurs américains.
** N’oublions pas non plus les signaux de fléchissement de l’activité dans le secteur immobilier, puisque l’association américaine des agents immobiliers (NAR) a abaissé mardi de 6,8% ses prévisions de reventes de logements anciens et de 13,5% celle des ventes de maisons neuves aux Etats-Unis cette année.
Et si la bulle immobilière éclate outre-Atlantique, l’onde de choc provoquera en quelques semaines une lourde consolidation du secteur en Angleterre et en Irlande, puis en Espagne et en Italie… et l’Ile de France puis Paris n’en sortiront probablement pas indemnes.
Mais avant que les prix de l’immobilier se mettent à corriger, les secteurs du BTP et du crédit auront certainement déjà perdu beaucoup de terrain en bourse. Le CAC 40 (-2,4% hier) vient d’enfoncer "à la marge" le support graphique et technique des 4 800 points pour la première fois depuis la mi-janvier.
Ce signal d’alerte — pris isolément — ne suffirait pas à valider l’anticipation d’un retour du CAC 40 dans la zone des 4 550 points. Cependant, cette hypothèse se trouve largement confortée par la dégringolade de l’Euro-Stoxx sous le support majeur des 3 540 points du fait d’un trou d’air de -2,1% à Paris, Francfort et Amsterdam.
Les volumes à la vente sont certes moins étoffés qu’au cours de la période s’étendant du 11 au 31 mai (plus de 7,5 milliards d’euros en moyenne quotidienne), mais la totalité des valeurs du CAC 40 a terminé dans le rouge. Les valeurs moyennes ont été laminées : le SBF 80 plonge de 3%, sous le seuil des 5 500 points, et pas un seul secteur n’en a réchappé.
Inutile de préciser que la séance d’aujourd’hui va constituer un tournant majeur, quelle que soit la tournure prise par les évènements, sur les places boursières mondiales. Nous avons pour notre part déjà exploré pas mal de scénarios, qui vont d’une consolidation de -5%/-6% jusqu’à -10%… tandis que les chances de rebond se retrouvent actuellement limitées à un sursaut technique de +2,5% à +3% avant que ne sonne l’heure de vérité.
Philippe Béchade,
Paris
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Dan Denning nous donne les dernières nouvelles de Wall Street
*** UNE VIEILLE NOUVEAUTE, LA SUITE…
** Le charbon est abondant… le charbon est bon marché… le charbon est sale. Choisissez l’intrus dans cette liste.
- Si vous avez choisi "le charbon est sale", vous avez la bonne réponse. Mais si le charbon était plus propre ? Il serait toujours abondant, bien entendu, mais il ne serait probablement pas aussi bon marché. Voilà pourquoi nous aimons le charbon. Une nouvelle génération de technologies de "charbon propre" pourrait augmenter la demande de ce carburant fossile sale, faisant grimper son prix… peut-être radicalement.
- Aucun pays ne pourrait bénéficier plus des technologies de charbon propre que les Etats-Unis. Ils ont 250 ans de réserves de cette matière. Ils trouveront sans doute un moyen efficace — et propre — de l’utiliser.
- "Tout au long du 20ème siècle, les Etats-Unis ont consommé de l’énergie à outrance", affirment quelques chercheurs de l’armée américaine. "La croissance rapide de l’économie était basée sur une énergie abondante et bon marché. On n’a que peu réfléchi et planifié la transition vers les réalités du 21ème siècle, où les ressources en pétrole et en gaz naturel s’épuiseront. L’économie américaine utilise 50% plus d’énergie par unité de PIB que tout autre pays développé au monde (AIE 2004). L’économie basée sur l’énergie fossile, centrée sur l’automobile, et à usage unique n’est pas un modèle viable pour les Etats-Unis ou le reste du monde à long terme. C’est insoutenable".
- Je suis d’accord. De toute évidence, un modèle économique reposant lourdement sur l’énergie bon marché n’est pas soutenable dans un monde où l’énergie est chère — le monde dans lequel nous sommes. A mesure que le prix du brut grimpe inexorablement, les économies gourmandes en énergie chercheront des alternatives viables.
- Les sources renouvelables comme le vent, l’eau ou les biocarburants joueront certainement un rôle. Mais l’une des alternatives les plus viables n’est pas vraiment une alternative… c’est le charbon.
** De nouvelles technologies ont créé des opportunités pour ce carburant fossile abondant mais méprisé.
- Le gouverneur de l’état du Montana, Brian Schweitzer, a fait de la création d’usines de gazéification et de liquéfaction du charbon une véritable mission. Il est convaincu que créer des carburants liquides à partir du charbon est la réponse au problème de dépendance à l’énergie, et que "le nettoyer" par gazéification (qui élimine certains des ingrédients nocifs) aidera à résoudre les problème environnementaux évidents du charbon.
- Il est également utile de mentionner que la Chine et l’Inde ont décidé que les projets de gazéification et liquéfaction étaient des priorités dans leurs stratégies énergétiques nationales respectives. Lorsque George W. Bush a signé un accord avec l’Inde pour aider ce pays à développer l’énergie dont son économie a besoin pour croître, cela a fait la première page des journaux. Ce qui est resté plus discret, par contre, c’est qu’un Groupe de travail sur le charbon formé entre les deux pays co-développe des technologies permettant d’exploiter le méthane sur couche de houille, et travaille aussi sur la gazéification et la liquéfaction du charbon, et autres technologies liées au charbon propre.
- Et que serait une analyse des tendances énergétiques mondiales sans chercher à savoir ce que fait la Chine ? Le gouvernement chinois travaille dur pour développer sa propre technologie de liquéfaction et la gazéification du charbon. La Chine a désespérément besoin de réduire sa pollution liée au charbon. En fait, elle a décrété que les usines sans émissions liées au charbon faisaient partie des buts essentiels.
- La Chine — ou tout autre pays, d’ailleurs — parviendra-t-elle à rendre le charbon propre ? Voilà une question qui reste ouverte. Ce que j’apprécie, dans tout ce débat, c’est que le charbon est l’un des rares secteurs où la technologie puisse vraiment mener à une utilisation plus propre et plus efficace d’hydrocarbures abondants.
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Bill Bonner, co-fondateur de La Chronique Agora, à Londres
*** VOLCKER, BIS
** Nous ne savons pas ce que cela présage, mais cette semaine, Ben Bernanke s’est rendu au Congrès. Il devait être monté sur échasses. Parce qu’il a réussi, d’une manière ou d’une autre, à faire penser à l’ancien Paul Volcker. Nous nous souvenons du temps où le géant Paul parcourait la terre à la tête de la Fed. Le monde était différent à l’époque ; les prix à la consommation grimpaient à un rythme à deux chiffres, et les taux d’intérêt flottaient au-dessus des 15%. Mais Volcker s’est levé et a fait ce qu’un chef de la Fed est censé faire ; il a arrêté l’inflation.
* Même récemment, s’adressant à un auditoire dont faisait partie l’un de vos correspondants américains de la Chronique Agora, Volcker a déclaré qu’il était surpris de voir que les USA avaient pu se tirer d’une si longue période d’expansion du crédit sans déclencher un nouvel accès d’inflation des prix à la consommation. Il s’est demandé comment tout cela était arrivé, et quand cela se terminerait. Mais lui, tout comme nous, n’avait pas de réponse sûre.
* Et voilà qu’arrive son successeur, Ben. Parlant en public hier, l’ancien chef du département économique de Princeton ne semblait pas tout à fait être un guerrier de l’inflation… mais plutôt une mauviette de l’inflation. L’inflation, a-t-il déclaré, "n’est pas bienvenue". Pas exactement des termes très vigoureux contre l’inflation, mais cela a suffit à mener les investisseurs à craindre une nouvelle hausse de 0,25% des taux. Vague de vente sur les actions… qui ont fait baisser les marchés plus encore.
* Pendant ce temps, la Banque centrale européenne semble avoir elle aussi trouvé une touche de "volckerisme". "La hausse des taux de la BCE est une affaire conclue", déclare l’AFP.
* "L’âge d’or des liquidités est en train de prendre fin", ajoute le International Herald Tribune. "Liquide, crédit, instruments financiers liés… les liquidités ont grimpé durant la dernière décennie, nourries par les politiques monétaires détendues des banques centrales, la mondialisation, les nouvelles technologiques et des instruments financiers exotiques comme les produits dérivés. Chacun leur tour, ils ont fait baisser les taux d’intérêt et les rendements obligataires, et ont encouragé les investisseurs à injecter plus d’argent dans des actifs plus risqués, faisant grimper les marchés boursiers."
* Mais à présent…
* "L’ère de l’offre constante de capitaux sous-évalués prend fin", ajoute David Roche, stratégiste financier à Londres.
** C’est l’argent facile qui a nourri la bulle immobilière des Etats-Unis. A présent, cette bulle semble avoir une fuite.
* De Las Vegas nous parviennent des nouvelles à couper le souffle. Il y avait 2 992 maisons à revendre dans la ville en 2004. L’année suivante, il y en avait 10 493. Cette année, il y en a 17 121 — plus de cinq fois qu’il y a deux ans de cela. Si l’on ajoute à cela les nouvelles maisons, environ 20 000 habitations sont en vente à Las Vegas en ce moment même. Et on continue d’en construire, avec des centaines de nouveaux projets en construction, et plus de 500 bureaux de vente faisant affaire.
* Pendant ce temps, plus à droite, sur la côte de Floride, notre propre famille confirme que l’immobilier devient difficile à vendre.
* Nous nous rappelons un agent immobilier cité dans le New York Times il y a un an seulement :
* "La Floride du Sud", avait-il déclaré, "travaille sur un modèle économique totalement nouveau, qu’aucun de nous n’a jamais vu par le passé" — expliquant comment l’offre limitée et la demande illimitée créeraient une situation dans laquelle les prix augmenteraient éternellement.
* De nombreuses personnes pensaient la même chose. Mais il semble à présent ce que modèle économique n’était pas si différent, en fin de compte.
* "Oui, nous avons manqué le sommet", a rapporté notre source hier. "Nous sommes sans aucun doute sur une pente descendante, maintenant. Nous avons déjà réduit le prix par deux fois. Nous avons beaucoup de visiteurs, mais pas d’acheteurs. En fait, nous allons vendre au prix que nous pouvons obtenir, même s’il est moins élevé que ce que nous avons payé il y a deux ans de cela."
* Et nous voyons là quelque chose d’intéressant, cher lecteur. L’inflation n’est peut-être "pas bienvenue" dans les yeux embrumés des professeurs qui gèrent à présent la Fed, mais son absence est terrifiante pour les mirettes grandes ouvertes de la Nation de la Spéculation.
* "En deux mots", a expliqué Joseph Quinlan, chef stratégiste marchés chez Banc of America Capital Management, "l’ère de liquidités mondiales faciles et abondantes prend fin — un changement dans le paysage monétaire planétaire qui inflige généralement quelques douleurs aux classes d’actifs dépendant de l’argent facile."
* Or actuellement, ce sont les Etats-Unis tout entiers qui dépendent de l’argent facile. Le gouvernement américain s’appuie sur lui pour payer son pain et ses jeux. L’industrie financière en a besoin pour maintenir les prix des actions et des obligations au sommet. Les lumpeninvestisseurs en ont eux aussi besoin — sans lui, le prix de leurs maisons chutera. Et lorsque l’immobilier chutera, c’est tout l’édifice qui sombrera avec lui. L’économie américaine entrera en récession en six mois.
* Nous soupçonnons qu’il revient à Hank Paulson de le faire savoir au chef de la Fed.
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*** La Chronique Agora présente ***
Et les petites valeurs, dans tout ça ? Jean Chabru, rédacteur en chef de la lettre d’information Stratégie Small Caps, nous donne son analyse sur la chute des marchés… et ce qu’elle implique pour les petites et moyennes capitalisations françaises.
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GARDONS LE CAP !
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Par Jean Chabru (*)
Patatras ! Voilà deux semaines que les cours dégringolent — et les petites et moyennes valeurs ne sont pas épargnées… Comment réagir ? Faut-il tout vendre ? Est-ce la fin des petites valeurs ? A toutes ces questions, je n’ai qu’une seule réponse : pas de panique.
Revenons un peu sur les événements qui se sont produits ces dernières semaines. Rappelons certaines vérités générales sur le fonctionnement des marchés actions : d’abord qu’ils sont évidemment mus par les cycles (haussiers et baissiers) ; ensuite que le processus d’achat et de vente d’actions était le fait de comportements humains. Et lorsque les investisseurs commencent à avoir des doutes sur les perspectives des marchés et sur la pérennité de la croissance, une phase de prise de bénéfices s’enclenche et s’impose, surtout après un rally qui dure depuis janvier.
Mécanique très simple qui s’est vérifiée au cours du mois de mai, validant du même coup le célèbre adage boursier Sell in May and go away, and don’t come back ’till St Leger day, ce qui peut se traduire par "vends en mai et ne reviens que pour la Saint Léger" (10 septembre). Autre signe qui n’engageait pas à la confiance, le fait que certains medias grand public comme le Journal Télévisé de 13h de TF1 ont commencé à évoquer la très bonne santé des marchés financiers.
Les premières valeurs à avoir été touchées mi-mai ont été celles qui avaient le mieux performé depuis le début d’année — en premier lieu Vallourec, dont la capitalisation avait tout simplement doublé depuis le 1er janvier, au même titre qu’Iliad, Soitec et autre Géophysique. Mais ce mouvement de consolidation apparaît bien naturel pour permettre aux investisseurs de prendre leurs bénéfices, afin d’investir le cas échéant ces profits dans de nouveaux titres permettant de soutenir une tendance haussière. Cependant, je me demande si la configuration actuelle des marchés et l’enfoncement de plusieurs seuils techniques (et psychologiques) n’a pas refroidi les ardeurs des investisseurs. Car ce que l’on a observé est que, malgré le dévissage des marchés, le rebond technique tant attendu n’a pas vraiment eu lieu. Signe que les investisseurs ont estimé que la purge n’était peut-être pas finie sur les marchés.
Le joli mois de mai n’est jamais très joli sur les marchés financiers, au même titre que le mois d’octobre. La raison en est simple : comme les marchés sont avant tout l’interaction de facteurs humains, il est clair que la façon de les percevoir varie selon les saisons, et cela entraîne des réactions périodiques. Si les fins d’années ne sont pas des phases très favorables pour l’évolution des indices, c’est parce que c’est le moment où les investisseurs font le point sur l’année et sont enclins à protéger leurs performances et donc prendre leurs bénéfices. De même, le mois de mai correspond généralement à une période où les gérants commencent à faire le point sur les performances du trimestre écoulé. En fonction des objectifs qu’ils se sont assignés, ils peuvent prendre leurs bénéfices à la faveur d’une bonne performance réalisée sur le début de l’année.
Cet adage a d’ailleurs été vérifié par différentes études menées en Grande-Bretagne et aux Etats-Unis. L’une des études britanniques montre en effet que la performance mensuelle des marchés entre mai et septembre se monte à 0,2% de rendement en moyenne — contre 0,7% pour la moyenne mensuelle sur longue période. Comme les marchés financiers sont une affaire de dominos, lorsqu’un titre baisse, les investisseurs couvrent leurs pertes en vendant un autre titre et ainsi de suite, pouvant entraîner un mouvement de correction généralisé.
Que faire dans ces cas-là ? Garder le cap. Ne pas se laisser gagner par la nervosité générale. Investir dans des valeurs aux fondamentaux solides et aux perspectives réelles. Et surtout… rester patient : les marchés finissent toujours par remonter — et avec eux, vos plus-values ! C’est en tout cas la ligne de conduite que nous allons adopter dans le cadre de Stratégie Small Caps. Elle m’a permis de surmonter nombre de "caps difficiles" depuis le début de la publication… et je suis certain qu’elle nous permettra de surmonter celui-ci.
Meilleures salutations,
Jean Chabru
Pour la Chronique Agora
(*) Depuis plusieurs années, Jean Chabru est à la tête de Stratégie Small Caps, une lettre d’information consacrée uniquement aux petites valeurs. S’appuyant sur l’une des plus grandes bases de données françaises sur les petites valeurs, Jean Chabru déniche les pépites cachées des marchés pour le plus grand profit de ses lecteurs. Pour tout savoir sur sa méthode de sélection, continuez votre lecture…
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(c) Les Publications Agora France, 2002-2006
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Nota bene : reproduction partielle ou totale de la présente Chronique STRICTEMENT INTERDITE sans accord écrit de la société éditrice.
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La Chronique Agora est une lettre électronique quotidienne gratuite distribuée par les services financiers des Publications Agora. Si vous désirez appliquer les conseils et évoqués dans cet e-mail, n’hésitez pas à vous abonner à l’une de nos lettres.
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