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LA CHRONIQUE AGORA
Paris, France
Mercredi 05 juillet 2006
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*** Penaltys contre l’inflation…
… et carton rouge contre la croissance
*** Saint-Ouen et la Fed
La banque de Ben Bernanke a des choses à apprendre de la banlieue parisienne…
*** Inflation, déflation… ou krach ! (3)
Ce n’est pas l’inflation des prix à la consommation que l’économie américaine doit craindre le plus ; c’est l’inflation sous une forme plus agréable — celle des prix des actifs
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Bonjour,
*** PENALTYS CONTRE L’INFLATION…
** Pendant que les bookmakers britanniques étaient en pleine ébullition, occupés à encaisser les derniers paris avant les demi-finales de la Coupe du Monde, les traders de la City se morfondaient mardi devant leurs écrans. Londres est cependant parvenu à se joindre in extremis au concert haussier des autres bourses européennes continentales.
Le FTSE 100 alignait, grâce à un gain symbolique de 0,12%, une cinquième séance consécutive de hausse. A Paris, le CAC 40 n’a grappillé que 0,07%, dans un volume d’échanges inférieur de plus de moitié à ceux de la veille — la faute aux Américains qui faisaient, dans leur grande majorité, le pont du 4 juillet depuis vendredi dernier.
Les Etats-Unis organisaient hier une gigantesque "barbecue party" dans tout le pays. Pendant que des milliers de tonnes de travers de porc et de chicken wings lâchaient leur graisse sur les charbons de bois incandescents ou des pierres à braserades — provoquant l’apparition d’un vaste nuage de fumée bleue s’étendant de San Diego jusqu’au large de Terre-Neuve (vaporisation des lipides poly insaturées –, les habitants de l’Europe continentale n’avaient qu’à jeter un morceau de steak sur le capot de leur automobile garée en plein soleil pour obtenir au bout de cinq minutes une cuisson à point… ce qui s’avère beaucoup plus écologique et moins chargé en cholestérol.
Il fut assez peu question de bourse dans les salles de marché en ce mardi 4 juillet en Europe… mais plutôt de pari sur les millions d’hectolitres de bière qui auront été engloutis en Allemagne lors du match Allemagne / Italie.
** Nous avons le sentiment que c’est toute cette semaine qui est placée sous le signe des saucisses frites/pack de bière sur la majeure partie des terres émergées de la planète foot — euh non, nous voulions dire de la planète Terre ! Cela contribue certainement à l’instauration sur les marchés d’une ambiance de type camping, où les questions de politique monétaire, de flambée du baril, de ralentissement de la croissance passent au second rang des préoccupations du moment.
Oui, le monde entier retombe en adolescence ; les gérants d’OPCVM délaissent l’étude du risque de leur portefeuille-titres au profit de la recherche des dernières figurines Panini qui manquent à la collection de leurs rejetons — les plus chanceux ayant déjà revêtu le maillot tricolore floqué du nom de leur joueur favori (une fois sur deux, cela commence par un Z… mais il ne s’agit pas de Zorro !).
Selon les calculs de la FFF (mais si, vous savez bien, la Fédération française de f..tb.ll), il devrait se vendre 500 000 maillots de l’équipe de France d’ici ce week-end. La préfecture de police de Paris anticipe déjà la présence de plus de 500 000 supporters en délire mercredi soir sur les Champs-Elysées si Zidane et ses coéquipiers atteignent la finale… et plus de 100 000 si le Portugal de Louis Figo, Deco ou Christiano Ronaldo se qualifie ; de toutes façons, ce sera la fête sur la plus belle avenue du monde.
Mais le cœur économique de l’Europe demeure l’Allemagne, avec ses 125 milliards d’excédents commerciaux et son immense réserve de travailleurs (et d’ingénieurs) qualifiés, basés dans les ex-Républiques soviétiques, de la Baltique à la Mer Noire. Le monde entier a les yeux braqués sur notre voisin d’outre-Rhin, mais les derniers chiffres concernant la consommation ne sont pas très rassurants. Les ventes de détail ont en effet reculé de 2,2% au mois de mai, malgré des magasins d’électroménager pris d’assaut par toute une génération de supporters convertis aux téléviseurs à écrans plats.
Le mois de juin, avec l’explosion des recettes touristiques, devrait en revanche être de bonne facture. Cependant, un surcroît de croissance au second semestre 2006 dépend encore et toujours de la victoire finale de la Mannschaft — le suspens sera donc largement éventé lorsque vous prendrez connaissance de cette Chronique.
** La France a jusqu’à mercredi soir pour rêver… et elle ne devrait pas s’en priver. Ensuite, ce sera le retour aux dures réalités : certes le chômage a régressé de 2,2% au cours des quatre dernières semaines, à coup d’apprentissage et de contrats aidés, mais les salaires ne progressent pas — et il y a sans cesse davantage d’embauches au SMIC et de RMIstes.
L’accès à la propriété demeure problématique pour l’écrasante majorité des primo-accédants. Un effet de ciseaux se fait durement ressentir depuis le début de l’année, avec une remontée de 80 points du coût moyen des crédits à taux fixes, et des exigences de solvabilité beaucoup plus grandes de la part des établissements de crédit.
La limite mécanique de l’élasticité à la hausse des prix immobilier semble atteinte dans l’Hexagone. Selon la FNAIM, les prix des appartements ont progressé de 9,1% sur un an dans l’ensemble de la France. La progression atteint précisément 8,7% pour les appartements et 9,8% pour les maisons, mais il s’agit d’une moyenne glissante qui ne rend pas compte du ralentissement sous-jacent.
Pour se faire une idée plus juste, il faut jeter un œil sur l’indice provisoire du coût du logement du premier trimestre 2006. Il avait atteint un score de 181,3, ce qui représente une augmentation de 1,9% et de 14,3% sur les douze derniers mois.
Selon les dernières données dont nous disposons (à fin mai), le prix des appartements, inflation déduite, serait en baisse de 0,3%. L’ancien poursuit son rattrapage, mais le rythme ralentit beaucoup plus fortement que dans le neuf ; l’ampleur de la hausse en donnée trimestrielle reste plus importante pour les appartements (+2,3%) que pour les maisons (+1,5%).
Il y de cela quatre mois (début 2006), le glissement annuel faisait apparaît une hausse échevelée de 15% par an dans 80 des plus grandes villes françaises.
En conclusion, il va vraiment falloir un miracle footballistique pour faire oublier aux Français que l’effet de richesse lié à l’immobilier s’évapore… et aux Allemands qu’une hausse de 3% de la TVA risque de plomber la croissance l’an prochain. Et tout ça parce que la BCE a pour seule obsession de siffler des penaltys contre l’inflation — quitte à sortir les cartons rouges pour expulser la croissance du terrain si cela sert son but ultime de stabilité monétaire.
Une quête anachronique et totalement dérisoire si nous en jugeons par le rebond de 10% de l’once d’or depuis la mi-juin — à 620 $ l’once en ce jour d’Independance Day.
Philippe Béchade,
Paris
PS : En attendant France-Portugal, pourquoi ne pas regarder où en est votre portefeuille ? Pour vous y aider, retrouvez les analyses de Philippe Béchade au 0899 707 009 : compte-rendu de la séance en cours, suivi des positions ouvertes, recommandation du jour… tout ce dont vous avez besoin pour passer une journée boursière profitable !
*(1,35 euros l’appel + 0,34 euro/minute)
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QU’EST-CE QUI FAIT GRIMPER CES ACTIONS ?
Des gains de 74%, 53,8%, 43,17%, 60%…
24,9% de gain moyen en 2004…
24% de performance moyenne en 2005…
Quelles valeurs continuent de bien faire malgré la baisse des marchés — et surtout, comment faisons-nous pour les dénicher ?
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Bill Bonner, co-fondateur de La Chronique Agora, à Londres
*** SAINT-OUEN ET LA FED
** "Les téléphones n’arrêtent pas de sonner, c’est fou", déclare le président d’une société de conseil sur l’endettement en Floride.
* Les Yankees sont ruinés.
* Les téléphones deviennent fous parce que les consommateurs eux-mêmes sont devenus fous… après que la Fed soit devenue folle. La Fed a fait la folie de créer une bulle de dette mortelle. Les consommateurs ont fait la folie d’en devenir les victimes. Mais que peuvent-ils faire, à présent, sinon appeler un conseiller en crédit ?
* "Les gens ont refinancé (leurs maisons) il y a six mois ou un an de cela, si bien que la ‘maison-banque’ est vide", explique un conseiller. "La plupart des gens ne peuvent extraire la valeur de leur maison une seconde fois".
* "Arrive un mois où l’on ne paie pas la mensualité de la voiture, puis c’est au tour de la mensualité de la maison. Ensuite, on fait le bonheur de plein de petits créditeurs pendant un mois, peut-être deux. Puis il devient évident qu’il faut rattraper les versements sur la voiture, et tout le reste s’effondre".
* Apparemment, des millions d’Américains se sont empressés de se déclarer en faillite avant le changement de loi qui a eu lieu à l’automne dernier. Ces dossiers ont temporairement joué sur les statistiques de défauts de paiement et autres mesures des problèmes financiers de consommateurs.
* "A présent, nous voyons une nouvelle vague de gens commençant à être dans le pétrin", déclare l’expert. "Ils ne peuvent plus suivre. Ce sont les plus affectés par la hausse des prix du pétrole et des taux d’intérêt".
* Lorsqu’une société résiste aux petits changements, elle finira par succomber à une révolution majeure. Il en est ainsi pour toutes les institutions collectives ; les entreprises, le gouvernement, et même des économies entières.
* Les marchés sont un moyen naturel, pour les économies, de s’adapter à un changement de circonstances. Lorsque le pétrole se fait rare, par exemple, le prix grimpe. Cela signale aux consommateurs d’en utiliser moins. Et cela informe les investisseurs qu’il est temps de mettre plus d’argent dans la production pétrolière. Graduellement — même si, parfois, les chocs et les crises peuvent être rudes et inattendus — les ajustements nécessaires se font, et les choses trouvent un nouvel équilibre, même s’il n’est que temporaire.
* Mais les institutions n’aiment pas les changements. Certaines personnes y résistent instinctivement. D’autres ont appris à utiliser l’institution dans leur propre intérêt — souvent aux dépens du reste du monde. Ils hésitent à abandonner leurs privilèges, leurs subventions et leurs places de parking. Ils utilisent donc la force — par le biais d’interventions gouvernementales — pour résister. Contrôle des prix, restriction des importations, réglementations, taxes douanières, permis, licences, impôts, interdictions, prohibitions — tous sont conçus pour éviter les ajustements naturels et faire plier les prix dans la direction que préfèrent ceux qui sont au pouvoir.
* Isolés des mouvements libres des prix, bien entendu, les investisseurs et les consommateurs reçoivent les mauvais signaux et font les mauvais choix. Dans son livre emblématique — "La route de la servitude" — Friedrich Hayek a affirmé que l’absence d’informations exactes fournies par des prix libres de leurs mouvements mènerait au désastre. Il parlait de l’économie soviétique, qui était alors considérée par beaucoup de gens comme un modèle à imiter. Hayek n’était pas de cet avis ; lorsque la planification centrale remplace le marché, cela mène inévitablement à une catastrophe centrale. Il avait raison. L’Union soviétique avait, et a toujours, abondance de ressources naturelles. Mais puisqu’ils manquaient d’information exacte, les Soviétiques utilisaient leurs ressources pour fabriquer des produits finis ayant moins de valeur que les matières premières ayant servi à les faire. La planification centrale avait créé l’absurdité ultime — une économie soustrayant de la valeur à ses propres ressources naturelles. Durant longtemps, la vérité a été masquée par des chiffres menteurs et des théories trompeuses. Mais dans les années 80, il devint évident même pour les Soviétiques que leur économie était désastreuse. Elle s’effondra peu de temps après.
** A présent, nous nous tournons vers la France contemporaine — et un article dans les journaux du week-end :
* Reuters nous apprend que la maire communiste de Saint-Ouen, banlieue ouvrière du nord de Paris, s’est à tel point lassée des plaintes concernant les prix de l’immobilier, inabordables pour les budgets de ses administrés, qu’elle a élaboré un plan pour les maintenir au plus bas.
* Lorsque son bureau trouve que le prix demandé par un vendeur pour une propriété est trop élevé, elle bloque simplement la vente. Les promoteurs n’obtiennent de permis de construire que s’ils promettent de vendre les nouvelles propriétés à un prix préétabli.
* "Saint-Ouen est traditionnellement une région industrielle", a déclaré Fabrice Marine, porte-parole de la mairie. "Si nous avions laissé le marché déterminer les prix, cela aurait été très difficile pour les habitants de Saint-Ouen".
* Bien entendu, nous rions. Les mangeurs de grenouilles sont-ils bêtes ? S’ils contrôlent les prix à la baisse, personne ne voudra construire de nouvelles maisons. Au lieu de baisser, les pressions s’exerçant sur les prix des habitations disponibles les feront grimper plus encore. Et de toute façon, à quoi pensent-ils ? Pour chaque acheteur, il doit y avoir un vendeur. En fait, il doit y avoir exactement le même nombre d’acheteurs que de vendeurs. Quel principe de justice ou d’économie les pousse à favoriser un groupe plutôt qu’un autre ?
* Nous ne pouvons que supposer. Il doit y avoir beaucoup d’électeurs dans la région voulant acheter — et relativement peu voulant vendre.
* Pauvre propriétaire, qui a travaillé toute sa vie, dans la triste banlieue de Saint-Ouen. A présent, l’heure de la retraite ayant sonné, il veut enfin se débarrasser de son appartement et déménager sur la Côte d’Azur — et voilà que la maire arrive, lui disant qu’il ne peut obtenir le prix qu’il veut. Heureusement, les Français sont des gens souples et intelligents. Notre propriétaire obtiendra probablement le prix qu’il demande — même si une partie doit passer sous la table !
* Mais notre point de vue est simple, modeste et évident : en essayant d’empêcher les ajustements du marché, la maire ne fera qu’empirer la situation. Il en va de même pour la Réserve fédérale — la Banque de Ben Bernanke — qui, en essayant de ralentir la correction de 2001-2002, n’a fait qu’empirer la situation de 2006. A présent, elle est confrontée à des millions de propriétaires immobiliers qui se trouvent à court d’argent. Au cours des cinq dernières années, ils en sont venus à dépendre de l’immobilier comme source d’argent de poche. Maintenant que les reventes de l’immobilier s’amenuisent… il en va de même pour leur source d’argent disponible. Bientôt, prédisons-nous, ils cesseront de dépenser avec tant de largesse.
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LE PROCHAIN CHOC ENERGETIQUE MAJEUR
…et pourquoi il pourrait faire la fortune des investisseurs qui se positionnent dès maintenant
Il faut maintenir les lumières allumées… les machines en marche… les champs arrosés… et les réservoirs pleins : nos vies — et notre économie — en dépendent
Voilà pourquoi un torrent de liquidités afflue dans une poignée de sociétés destinées à renforcer et développer l’approvisionnement en énergie et en ressources naturelles de la planète.
Ces actions ont déjà connu une hausse considérable au cours de l’année passée — et elles peuvent vous rapporter plus encore aujourd’hui si vous vous positionnez à temps !
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*** La Chronique Agora présente ***
Nos deux groupes de pensée — celui qui pense que la Fed sait désormais ce qu’elle fait, et celui qui n’est pas d’accord avec ce point de vue — continuent de s’affronter… Alors, inflation ou déflation ? Bill Bonner opte pour une troisième voie…
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INFLATION, DEFLATION… OU KRACH !– 3ème PARTIE
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Par Bill Bonner (*)
Tandis que la Fed mène sa fausse bataille contre l’inflation, son véritable ennemi s’empare du champ de bataille — et c’est à peine si on s’en aperçoit. C’est là que nous nous séparons des économistes, des mouches du coche et des commentateurs des deux côtés de la discussion. Les contradicteurs affirment que l’incapacité de la Fed à lutter contre l’inflation garantit une hausse du prix de l’or. Comme le dit Dan Denning, "la Fed n’a qu’un seul et unique moyen de gérer les niveaux de dette élevés, tant pour les consommateurs que pour le gouvernement : elle doit augmenter sa masse monétaire". Peut-être, mais ce n’est probablement pas le combat contre l’inflation qui sera perdu le premier. Lorsque les choses tourneront à l’aigre, la Fed s’effondrera. Tout comme elle est incapable de lutter contre l’inflation, il lui est impossible de lutter contre la déflation. Elle s’est littéralement tiré dans le pied.
Bienvenue à l’ironie cruelle. Bienvenue à la douce revanche. Bienvenue à Tokyo !
Le risque de l’inflation des prix à la consommation, c’est encore plus d’inflation des prix à la consommation. Les gens voient la valeur de leur devise chuter et s’empressent de s’en débarrasser. Les prix grimpent plus encore. Dans le cas le plus spectaculaire de l’histoire moderne, sous la République de Weimar, l’inflation a atteint de tels niveaux que les employés insistaient pour être payés deux fois par jour. Un homme a envoyé son loyer à son propriétaire un matin — lorsque le courrier est arrivé le lendemain, l’argent du loyer valait moins que le timbre sur l’enveloppe.
Mais ce n’est pas l’inflation des prix à la consommation que l’économie américaine doit craindre le plus ; c’est l’inflation sous une forme plus agréable — celle des prix des actifs. Les maisons, en particulier, ont grimpé. Et les risques aussi sont différents ; ce n’est pas plus d’inflation, mais moins — ou la déflation. Les prix de l’immobilier ont déjà commencé à baisser.
Pendant ce temps, la hausse des coûts de l’énergie ôte des liquidités aux consommateurs américains, pour les diriger vers des endroits étranges et inamicaux : la Russie, le Venezuela et l’Arabie Saoudite. Le prix du carburant atteignait en moyenne 2,34 $ le gallon au premier trimestre de cette année. Il est désormais à 2,84 $. La demande de dollars augmente, alors même que leur valeur intrinsèque baisse. Mais Bernanke pense toujours qu’il lutte contre la première sorte d’inflation, non la seconde. Il pointe ses canons sur l’inflation des prix à la consommation, et fait du bruit. Pan ! Baoum !
Mais sur les vastes plaines de l’Amérique moyenne, les fleurs commencent à se faner. D’où proviendra l’argent pour rembourser ce prêt hypothécaire ? Comment faire le plein de la voiture ? Le temps que Bernanke mette en route ses hélicoptères et les charge de billets de 20 $, il sera peut-être trop tard. Le pays pourrait déjà être dans les griffes de la déflation — comme le Japon dans les années 90 ou les Etats-Unis dans les années 30 — le déclin des prix de l’immobilier épuisant les dernières forces vitales des dépenses de consommation. Si les prix des maisons chutent, qui empruntera pour en acheter une nouvelle ? Comment les fédéraux pourront-ils vendre leur dette lorsque le pays se rachètera une conduite ? Pourquoi les gens dépenseraient-ils maintenant, alors qu’ils peuvent faire de meilleures affaires le mois prochain ? Ne finiront-ils pas par sortir leur parapluie, en voyant les nuages se former à l’horizon ?
Un recul des consommateurs américains, causé par la baisse de l’immobilier, ferait passer le monde entier au séchoir. Les liquidités disparaîtraient. Même un soupçon de liquidités en moins, donné il y a quelques semaines de cela par les banques centrales elles-mêmes, a provoqué lèvres gercées et gorges desséchées. Les matières premières ont chuté de 20% ou plus. L’or a perdu 100 $. Les marchés émergents ont vacillé et tremblé. Imaginez ce que causerait une véritable déflation ! Si le ménage américain, trempé de dette, séchait, le monde entier entrerait en crise. Les usines chinoises s’arrêteraient. La demande de matières premières s’effondrerait. Le chômage augmenterait.
La hausse des salaires, aussi faible soit-elle, deviendrait négative. Même les revendeurs de dette devraient chercher du travail. Les refinancements pourraient se recroqueviller comme des feuilles mortes. Les défauts de paiement et les faillites grimperaient en flèche. L’or, l’ultime refuge, pourrait être la seule chose qui augmente. Quant au dollar, il pourrait chuter sur les marchés des changes, mais rester très demandé dans sa patrie.
Au lieu de se retrouver avec trop de dollars, les Américains pourraient réaliser qu’ils n’en ont pas assez.
Meilleures salutations,
Bill Bonner
Pour la Chronique Agora
(*) Bill Bonner est le fondateur et président d’Agora Publishing, maison-mère des Publications Agora aux Etats-Unis. Auteur de la lettre e-mail quotidienne The Daily Reckoning (350 000 lecteurs), il intervient dans La Chronique Agora, directement inspirée du Daily Reckoning. Il est également l’auteur des livres L’inéluctable faillite de l’économie américaine et L’Empire des Dettes
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(c) Les Publications Agora France, 2002-2006
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Nota bene : reproduction partielle ou totale de la présente Chronique STRICTEMENT INTERDITE sans accord écrit de la société éditrice.
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