Qui veut la peau de Donald Trump ?

Rédigé le 19 mai 2017 par | Bill Bonner, Deep State Imprimer

Mercredi, les actions ont chuté.

Et la volatilité s’est envolée.

Selon Bloomberg :

« L’indice Dow Jones Industrial Average a perdu plus de 370 points, les bons du Trésor US ont enregistré le plus fort rally depuis juillet, et la volatilité a bondi plus haut alors que la tourmente secouant le gouvernement Trump agitait les marchés financiers tout autour du globe.

Les principaux indices américains ont enregistré leur plus forte baisse sur huit mois, tandis que l’indice de volatilité du CBOE [il mesure les fluctuations des cours du S&P 500 anticipées par les investisseurs] connaissait sa plus forte hausse depuis le vote britannique en faveur d’une sortie de l’Union européenne, en juin dernier, et brisait la période de calme qui s’était emparée des marchés le mois dernier, la crise menaçant de faire capoter l’agenda de mesures qui, pas plus tard que lundi dernier, propulsait encore les actions à des plus-hauts record ».

Les quelques spéculateurs ayant suivi notre suggestion de lundi dernier d’acheter du VIX – qui misait sur une hausse de la volatilité – ont dû se frotter les mains…

Sur le sentier de la guerre

Cette semaine, on a appris que Rod Rosenstein, procureur général adjoint, avait chargé Robert Mueller, ex-responsable du FBI, de mener une enquête sur les liens potentiels entre la campagne de Trump et la Russie.

Là, le risque de guerre fratricide au sein du Deep State est monté d’un cran.

Certaines factions – celles qui portent des costumes Armani venant de Manhattan ou des galons dorés venant du Nord de la Virginie – soutiennent le président.

D’autres initiés – notamment les médias, les universités et l’establishment de Washington –sont partis sur le sentier de la guerre contre le président des Etats-Unis.

Comment cela va-t-il finir ?

Quel dommage que M. Trump ne s’intéresse pas à l’histoire. Il pourrait en retirer de bonnes idées. Ou de mauvaises. Sur ce que l’on peut attendre à ce stade du déclin de l’empire, par exemple. Au moins, il pourrait agrémenter ses conversations de références historiques ‘oe’ en clignant de l’oeil pour signifier qu’il nous a bien compris.

Le président est accusé d’avoir bavardé avec l’ex-directeur du FBI à propos d’enquêtes en cours. Il aurait peut-être même suggéré, sotto voce, qu’il serait bon pour la carrière de M. Comey qu’il lève le pied sur l’enquête concernant Mike Flynn, l’ex-conseiller de Trump à la sécurité nationale.

Ces choses n’ont pas vraiment l’air de mériter l’intérêt médiatique, à plus forte raison une destitution. La plupart des gens baillent puis zappent, préférant regarder le catch. C’est plus divertissant et plus authentique.

De la folie… et du glamour

A ce stade avancé de dégénérescence de l’empire, il nous faut plus de glamour… de folie… et de sexe.

Le président ferait tout aussi bien de transformer le Capitole en lupanar, par exemple. Il pourrait décréter que son cheval est consul. Ou encore, ce que nous préférons : il pourrait afficher son fameux sourire malicieux, et nous dire que l’on doit l’adorer… et non s’acharner à lui tirer dans les pattes.

Il devrait se rebaptiser « Neos Helio » (le nouveau soleil) ; au moins les latinistes et les mordus de l’époque romaine rigoleraient un bon coup.

L’empereur romain Caligula a été accusé de toutes ces choses.

Et comme le montre son histoire, à mesure qu’un empire acquiert de la maturité et dégénère, il faut que les crimes et les écarts de conduite soient plus pittoresques… et plus grotesques… pour être à sa mesure.

Oubliées, les règles et vertus ancestrales qui ont fait sa réussite.

On joue des coudes… et puis on dégaine les couteaux. Le pouvoir se concentre de plus en plus entre les mains du chef d’Etat… lequel finit souvent avec un couteau planté dans le dos.

Pauvre Caligula

Rome était une république dont les traditions démocratiques remontaient à des centaines d’années. Mais après Jules César et une guerre civile qui dura 20 ans, l’ancien système disparut.

Caligula accéda au pouvoir à la mort de son grand-oncle, Tiberius… et après que la plupart des membres de sa famille furent assassinés.

Au départ, il avait tout l’air d’être homme de la situation. Jeune, séduisant… à l’aise avec l’armée. Mais ensuite, le jeune empereur tomba malade. Il guérit mais commença à se comporter d’une drôle de façon, inconstante, étrange, peu fiable.

Voire dangereuse.

Il se mit à envoyer en exil ou à faire exécuter des membres de sa propre famille. Il dépensa sans compter, dilapidant en quelques années à peine la fortune que Tiberius lui avait laissée. Ensuite il poussa la vanité jusqu’à apparaître en public déguisé en Hercule ou en Apollon.

Suétone, historien romain, nous apprend que Caligula s’est querellé avec le sénat, a déclenché des guerres absurdes et couché avec ses soeurs.

Finalement, les initiés en eurent assez. Après qu’il eût annoncé son intention de s’installer en Egypte et d’être vénéré comme un dieu vivant, les membres de la garde prétorienne – une unité d’élite de l’armée impériale romaine – poignardèrent Caligula à mort.

Ils assassinèrent la première dame et sa fille, également, tant qu’à faire.

Ensuite, ils dénichèrent leur Mike Pence à eux – Claudius, l’oncle de Caligula – planqué derrière un rideau.

Et ils le proclamèrent empereur.

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Bill Bonner
Bill Bonner
Fondateur de AGORA

Né en 1948, Bill Bonner est le fondateur d’AGORA, le plus large réseau d’entreprises indépendantes de presse spécialisée au monde.

En 1978, depuis sa ville natale, Baltimore (Maryland, Etats-Unis), Bill Bonner a voulu développer un « marché » (« Agora » en grec) des idées. Pas de l’information homogénéisée telle que les médias grand public relayent sur nos écrans et journaux, mais une source d’idées diverses avec des opinions et des avis originaux, alternatifs et surtout utiles. Bill a à cœur d’aider les lecteurs à mieux comprendre le monde dans lequel ils vivent, et à agir en conséquence. Que ce soit en matière de géopolitique, de macro-économie ou tout simplement dans le domaine de l’épargne, Bill incite ses lecteurs à cultiver un esprit vif et anticonformiste.

« Parfois nous avons raison, parfois nous avons tort, mais nous sommes toujours dans le questionnement », telle est la devise de Bill.

Bill a également co-écrit des livres qui ont tous figuré dans la liste des best-sellers du New York Times et du Wall Street Journal : L’inéluctable faillite de l’économie américaine (2004), L’Empire des dettes. À l’aube d’une crise économique épique (2006) et Le Nouvel Empire des dettes. Grandeur et décadence d’une bulle financière épique (2010).

Dans son dernier livre, Hormegeddon, quand trop de bien nuit (2015), paru aux Belles Lettres (www.lesbelleslettres.com), Bill décrit ce qu’il advient lorsque l’on abuse d’une bonne chose dans les sphères de la politique, de l’économie et des affaires. En bref, trop de bien conduit au désastre.

Vous pouvez retrouver les notes de Bill au quotidien dans La Chronique Agora.

2 commentaires pour “Qui veut la peau de Donald Trump ?”

  1. Bonjour,

    Les bouffonneries de l’Empire tombent dans le hideux.
    Plus ça communique et plus ça coince dans le délire. C’est plus fort qu’eux.
    L’élite corrompue est tellement enfoncée dans ses mensonges qu’elle va s’y noyer.
    Ça pue le désespoir et/ou la schizophrénie!
    Je plains D. Trump.

    Pour prendre un peu de hauteur, j’ajouterai juste une réflexion sortie tout droit de l’excellent site Dedefensa.org :

    « Nous l’avons déjà écrit et nous le répétons avec force : il ne peut y avoir, aujourd’hui, d’événement plus important pour la situation du monde qu’une dynamique de dislocation des USA. Nous pensons que la crise actuelle est à la fois, et contradictoirement, formidablement amplifiée et formidablement bloquée dans sa compréhension par la puissance de la communication. Ce phénomène ne cesse de dramatiser et d’attiser les conditions de la crise tout en renforçant la pression du conformisme de la pensée dominante pour ne pas mettre en cause les éléments qui sont les fondements de cette crise. »

    Je vous conseille la lecture de l’article entier : http://www.dedefensa.org/article/tristes-etats-de-lunion

  2. Joli coup sur le VIX !

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