Peak Oil : l’envers du décor

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Paris, France
Mercredi 23 mai 2007
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*** Comment ca se dit, en mandarin ?
Philippe Béchade est à la recherche d’un dictionnaire financier français/chinois…

*** Peak Oil : l’envers du décor
La situation devient nettement plus tendue, dans le secteur pétrolier…

*** +100 000% en 30 ans
Peu de secteurs peuvent se vanter d’une telle performance…

*** Le deuxième boom des gratte-ciel, 2ème Partie
En Asie, les classes moyennes prennent de la hauteur…

—————————– (publ.)

Un principe d’investissement si simplissime
… que vous l’avez probablement OUBLIE !

Pourtant, il vous aurait permis de doubler votre mise en six mois
Pour savoir comment, continuez votre lecture…

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Bonjour,

*** COMMENT CA SE DIT, EN MANDARIN ?

** Nous étions prêt à parier hier matin sur l’effacement des 0,18% perdus lundi par le CAC 40. Notre conviction s’inspirait d’un nouveau record historique pulvérisé par l’indice de référence SSE de Shanghai (+0,95% à 4 110 points en clôture, après un pic à 4 136 en milieu de séance), et de l’absence complète du moindre signe de nervosité pouvant préfigurer une consolidation à Wall Street — qui poursuit sur sa lancée, même si les gains initiaux apparaissaient symboliques mardi.

Nous étions pratiquement certain de la matérialisation de notre pronostic dès 11h, avec la publication de l’indice ZEW, qui mesure le sentiment des milieux d’affaires allemands vis-à-vis de la conjoncture économique outre-Rhin. Ce baromètre mensuel a en effet progressé de 7,5 points (bondissant vers les 24 points), ce qui a immédiatement propulsé Francfort (+0,5%) vers de nouveaux sommets, le DAX culminant à 7 676 points environ à l’heure du déjeuner.

Mais la locomotive boursière allemande s’est offert une escapade en solitaire, laissant à quai la plupart des wagons européens (sauf Amsterdam). Paris, Bruxelles et Madrid terminaient inchangés, le CAC 40 donnant le sentiment de caler pour la troisième séance consécutive sous le zénith annuel des 6 111 points.

** Rien n’est plus déprimant que de regarder son propre train en panne au milieu des voies depuis 48 heures alors que le TGV chinois continuer de passer en rugissant. Nous sommes comme tous ces passagers qui ignorent si le chef de gare est parvenu à contacter le chauffeur d’une motrice de secours afin de débloquer la situation.

Si tel était le cas, et sans même qu’un haut-parleur diffuse la moindre annonce, nous ne doutons pas un seul instant que les traders — apparemment endormis sous des panneaux d’affichage littéralement figés depuis 48 heures — se lèveraient en sursaut et se précipiteraient pour prendre le train en marche (même s’ils en ignorent sa destination).

Pour notre part, nous y réfléchirions à deux fois, de peur de nous retrouver aiguillés sur une voie de garage du fait de l’annulation pure et simple — et sans préavis — du train de la hausse. Nous préférons savoir où nous mettons les pieds, même si cela doit nous valoir encore un peu de retard supplémentaire.

** En ce qui concerne l’express chinois, nous redoutons que le conducteur de la locomotive n’ait été victime d’une syncope alors que la commande principale est bloquée sur "vitesse maximum". En effet, il n’a pas observé le premier signal (une hausse de taux de 0,27%) lui enjoignant de réduire sa vitesse, pas plus que le second signal (augmentation de 5% des réserves obligatoires des établissements de crédit) qui lui intime l’ordre de rouler au pas en attendant que s’effectue une meilleure régulation du trafic.

Cette question sera probablement au coeur du "dialogue économique stratégique" sino-américain qui débutait ce mardi. Le secrétaire d’Etat au Trésor américain Hank Paulson reçoit à Washington une délégation conduite par la vice-première ministre Wu Yi, qui fait également fonction de directrice de la Banque centrale.

Histoire de ne pas arriver les mains vides, la Chine vient de consentir un élargissement symbolique de la bande de fluctuations du yuan. Ce dernier est désormais autorisé à varier chaque jour de plus ou moins 0,5% (au lieu de 0,3% précédemment) autour du cours pivot officiel… et le yuan en a profité pour inscrire 48 heures plus tard un nouveau zénith (7,6550 $) depuis sa première réévaluation officielle de juillet 2005.

Henry Paulson juge cette mesure largement insuffisante et presse ses hôtes d’accélérer les réformes économiques : selon l’ex-patron de Goldman Sachs, le différend entre les deux superpuissances porte moins sur la façon de rééquilibrer la balance commerciale que sur le rythme adopté par les autorités chinoises ("les Américains sont par nature portés vers l’action et manifestent vite leur impatience").

Mme Wu Yi — qui sait ce que "se hâter lentement" signifie — a indiqué qu’"il faut résister aux tentatives visant à politiser les sujets économiques ou commerciaux, et se garder de toutes accusations réciproques d’être responsables des problèmes intérieurs de l’autre". Et d’ajouter que "les controverses doivent se régler dans le calme, dans le cadre des lois économiques en vigueur" ; toute la question, actuellement, réside dans qui les édicte… et qui est censé les respecter.

** Nous ne pouvons nous empêcher de sourire : nous n’aurions pas assez de trois chroniques quotidiennes complètes pour dresser l’inventaire des règlements et autres "lois économiques" violées par les deux protagonistes. Là où ils se rejoignent, cependant, c’est sur une création monétaire galopante et le gonflement de bulles boursières et immobilières qui ne profitent en réalité qu’à une micro-minorité d’agents économiques — tandis que la main d’oeuvre sert de variable d’ajustement.

Le pouvoir d’achat des salariés américains ne cesse de se déliter depuis 20 ans. Parallèlement, l’épargne des travailleurs chinois ne cesse de se précariser : elle est en effet pour partie adossée à la dette américaine — qui ne peut être remboursée en l’état –, et pour partie tributaire de l’évolution de la bourse chinoise, susceptible à tout moment de subir une monumentale correction.

C’est là que le serpent se mord la queue : Shanghai ne peut en aucun cas poursuivre au même rythme (cours de bourse multipliés par quatre en 20 mois)… et surtout pas avec "l’effet pauvreté" qui résulterait de la conjonction d’une baisse durable de l’immobilier aux Etats-Unis associée à une forte correction de Wall Street dans le sillage de marchés asiatiques retombant comme des soufflés.

En d’autres termes, Pékin n’a guère d’autre choix désormais que de continuer de financer les fins de mois difficiles de l’Amérique… tout en soutenant Wall Street à bout de bras, car c’est le dernier moteur capable de tirer la consommation américaine vers le haut.

Vous avez dit "fuite en avant" ? Nous aimerions en connaître l’équivalent en version chinoise !

Philippe Béchade,
Paris

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Byron King vous donne les dernières nouvelles de Wall Street

*** PEAK OIL : L’ENVERS DU DECOR

** Mon collègue Kevin Kerr observait que la Chine établit des relations serrées avec la plupart des grands producteurs pétroliers de la planète.

- Ce n’est pas le cas des Etats-Unis.

- Les Chinois investissent des milliards de dollars dans diverses opérations étrangères, tout en négociant des contrats de ravitaillement de long terme avec des pays comme le Canada, la Russie et le Venezuela.

- L’expansion agressive de la Chine dans les champs pétroliers du Canada, de l’Amérique du Sud et d’ailleurs peut mettre en danger le futur ravitaillement énergétique de l’Occident… ou au moins le PRIX de ce ravitaillement. Parallèlement, plusieurs pays producteurs de pétrole sont devenus de plus en plus hostiles à l’égard des Américains et des entreprises privées… plus particulièrement à l’égard des Américains possédant des entreprises privées dans le secteur de l’extraction pétrolière.

** "On assiste à la mondialisation des investissements, mais pas des ressources naturelles", déclarait Bernard Mommer, député et ministre de l’Energie du Venezuela, il y a quelques jours.

- "Les ressources naturelles appartiennent au peuple, et je ne connais pas une seule personne qui pense autrement", a-t-il ajouté. Mommer, mathématicien de formation, est largement reconnu comme étant l’architecte du vaste plan mis en place par le président vénézuélien, Hugo Chavez, visant à nationaliser de larges segments de l’économie du Venezuela.

- A ce jour, le gouvernement vénézuélien a beaucoup avancé dans la nationalisation de terrains, de parties du secteur bancaire, et de secteurs industriels comme la génération d’électricité, les télécommunications, les mines et la production pétrolière.

- En septembre dernier, le président Chavez a annulé toutes les concessions minières et a annoncé un moratoire sur les nouveaux accords avec des sociétés transnationales — tout cela faisant partie d’une restructuration plus large du secteur. Chavez notait : "Récemment… nous avons décidé, après avoir examiné ceci et cela, d’annuler toutes les concessions minières. Nous n’accorderons plus de concessions aux [entreprises] transnationales". Ce n’était qu’un avant-goût de ce qui allait suivre pour le secteur des matières premières.

- Peu de temps après, Chavez se lança une révision complète de tous les contrats énergétiques et minéraux signé par le Venezuela avant qu’il ne soit élu président en 1998. Chavez a déclaré que selon lui, bon nombre des accords précédents "dépouillaient" le Venezuela de ses ressources naturelles. Au sujet de ses efforts de nationalisation, Chavez a déclaré qu’"[ils] visent à récupérer le pouvoir national et la souveraineté en matière de gestion de nos ressources".

- Bernard Mommer a amplifié les déclarations de son chef en décrivant ces mesures comme étant "une nouvelle image" du Venezuela. "Nous nous comportons simplement comme n’importe quel pays développé", a déclaré Mommer. "Nous disons ‘non’ aux arrangements coloniaux" — terme qui faisait référence aux récentes annonces du Venezuela sur le fait qu’il ne participerait plus aux d’arbitrages internationaux intervenant dans des conflits concernant des accords économiques.

- Selon Mommer, le système légal du Venezuela offre "une sécurité suffisante" à tout investisseur potentiel. "Si une entreprise insiste pour obtenir [un tel arbitrage], elle devra partir. Point à la ligne", a-t-il dit.

- Parlant de la récente saisie par le Venezuela de 60% de plusieurs gros projets pétroliers dans la région de l’Orénoque, Mommer a déclaré que le pétrole signifiait plus pour le pays que "juste du cash". Il a déclaré : "soyons clairs sur le fait que nous parlons d’une ressource naturelle qui est aussi propriété nationale ; je ne peux pas trouver une seule communauté qui ne soit pas d’avis qu’elle ne devrait pas profiter de ces richesses".

- Résumant les derniers rachats de champs pétroliers, Mommer a déclaré : "la loi a établi clairement que l’entreprise pétrolière nationale doit avoir le contrôle de ces opérations… Nous avions expliqué tout cela en détails, et nous avons agi. C’est écrit dans la loi. Il n’y a rien à négocier". – Tout est dit. Il n’y a rien à négocier. Bienvenue dans l’envers du décor du Peak Oil.
[NDLR : Pour en savoir plus sur la "nouvelle donne" pétrolière et les moyens d'en profiter, continuez votre lecture...]

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Bill Bonner, co-fondateur de La Chronique Agora, à Londres

*** +100 000% EN 30 ANS

** Plus nous vieillissons, plus nous rajeunissons. Nous rions des Chinois — parce que de toute évidence, ils n’ont encore jamais vu de marché haussier incontrôlable. Se débarrassant de leurs costumes Mao élimés… tout juste débarqués de leur campagne… ils semblent tomber de la dernière pluie.

* Mais c’est nous qui sommes né d’hier. Nous ouvrons les yeux, regardons autour de nous — et plus nous en voyons, moins le spectacle nous est familier. Nous avons eu plus d’informations sur les ventes d’art qui se sont tenues la semaine dernière… et elles ne font qu’augmenter notre perplexité.

* Mao à gauche… Mao à droite… il est presque aussi populaire que le Che !

* Il y a sept mois seulement, les amateurs d’art ont jeté un coup d’œil à l’une des concoctions d’Andy Warhol, et ont estimé qu’elle valait 17,37 millions de dollars. C’était un portrait photo de Mao Tse Toung, sorti d’une édition de 1963 du magazine Newsweek, sérigraphié plusieurs fois sur fond vert. Warhol était publicitaire. Il savait reconnaître une bonne image. Mais la manière dont il a transformé ses images rusées en "art" à collectionner est l’un des plus grands triomphes du marketing de masse et de la folie collective.

* Le International Herald Tribune (IHT) avait du mal à l’expliquer : au sujet de l’un des "Mao", le journal déclarait que "la répétition inégale donne l’impression d’une obsession récurrente dont le spectateur cherche en vain à se débarrasser". Elle peut aussi donner l’impression que Warhol n’a pas très bien appliqué son encre.

* Mais à présent, en mai 2007, un groupe d’acheteurs — tous apparemment sains d’esprit — a fait grimper une autre des œuvres de Warhol à 71,7 millions de dollars, un nouveau record valant plus de quatre fois le précédent. Ce second chef d’œuvre warholien est reproduit dans l’IHT de vendredi. C’est la photo d’une voiture en feu, entièrement teinte en vert. Warhol, poussant à l’extrême son génie créatif, l’a appelé Green Car Crash, or Green Burning Car ["Accident de voiture vert, ou Voiture en feu verte", ndlr.]. La dernière fois qu’elle a été mise en vente, c’était en 1978 ; elle est partie pour 70 000 $. En 30 ans, elle a grimpé de 100 000%.

* Quelle autre actif a été multiplié par 100 000 en 30 ans… ou a grimpé de plus de 300% depuis novembre dernier ? Nous ne trouvons rien. Ce qui doit signifier que ces acheteurs d’art doivent être encore plus intelligents que les Chinois qui se précipitent pour ouvrir des comptes chez les courtiers de Shanghai. Ou encore plus chanceux.

** Les actions chinoises ont atteint un nouveau record, après une chute sévère vendredi. Le marché a frissonné en fin de semaine dernière parce que la Banque populaire de Chine avait annoncé une hausse de ses taux d’intérêts — pour essayer d’éponger un peu des liquides spéculatifs qui s’écoulent sur les marchés. Mais c’est une bulle… et durant une bulle, toutes les nouvelles sont bonnes.

* Aux Etats-Unis, vendredi dernier clôturait sept semaines de hausse consécutive

* Sur Market Watch, Todd Harrison, se rappelant des années 90, appelle cela un "Vu Jadé" à cause de la fièvre de crédit :

* "A l’époque, le FOMC était sur la corde raide. Aujourd’hui, ils ajustent le nœud coulant. A l’époque, Julian Robertson capitulait. Aujourd’hui, Richard Russell semble faire la même chose. A l’époque, nous avions une économie basée sur la finance. Aujourd’hui, nous avons une économie dépendant de la finance".

* Et de l’art…

* La vente aux enchères de Christie’s "a dépassé les attentes les plus folles des experts, [et] a révélé une fièvre acheteuse sans précédent", conclut l’IHT.

* Nos conclusions sont légèrement différentes.

* Pour commencer, nous regardons les tableaux. Certains sont mignons. Certains sont futés. Certains sont assez décoratifs pour être suspendus dans la buanderie. Mais qui dépenserait de grosses sommes pour les acquérir ? Nous n’en savons rien.

* Ce que nous savons, par contre, c’est que quelle que soit la valeur que voyaient les acheteurs dans les tableaux de Warhol et autres artistes similaires il y a quelques années, ils en voient désormais beaucoup plus. Les prix ont radicalement augmenté. Rappelez-vous, ce sont là des objets sans "bénéfices" — sinon le plaisir qu’ont les acheteurs à les regarder. Dans la mesure où les tableaux eux-mêmes n’ont pas changé, nous devons en conclure que les acheteurs, eux, ont changé. Pour une raison encore inexpliquée, ils veulent posséder ces tableaux de manière plus pressante qu’auparavant… comme le prouve le fait qu’ils enchérissent les uns contre les autres pour voir qui est prêt à payer le plus cher pour les ramener à la maison.

* Ce phénomène est si remarquable, à nos yeux, que nous avons décidé de passer toute la nuit dernière à méditer et à prier pour essayer d’en trouver le sens. Malheureusement, à 23h, la bouteille de whisky était vide… si bien que nous sommes parti nous coucher sans aller au fond des choses.

** Mais ces quelques heures de contemplation ont suffi pour nous faire réaliser que l’OCDE a probablement raison. L’argent facile rend beaucoup de choses bien plus coûteuses qu’elles ne l’étaient — et le statut en fait partie. Dans le monde entier, les immeubles de prestige se vendaient à des prix inimaginables il y a quelques années de ça. Les rendements locatifs sont si bas qu’on dirait que les propriétaires veulent perdre de l’argent. Des yachts luxueux encombrent les ports, de Saint Tropez à Santa Monica.

* Les actions battent elles aussi des records — et pas uniquement en Chine. Le S&P 500 a touché un nouveau sommet, pulvérisant un record établi il y a sept ans de cela. Pendant ce temps, le pétrole a dépassé les 70 $ le baril… mais malgré cela, au sommet de l’échelle, les avions privés, gros consommateurs de carburant, deviennent de plus en plus à la mode. "La popularité des jets privés n’a jamais été si forte", déclarait hier le Financial Times. Mais le pauvre gestionnaire de hedge fund pressé d’accumuler les signes extérieurs de richesse est bien à plaindre : il commande le dernier modèle de jet, et découvre qu’il lui faut attendre quelques années avant d’être livré. Que peut-il faire ? Aller chez Christie’s et acheter un Warhol ?

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Les turbulences boursières sont-elles le seul danger menaçant votre patrimoine ?

Pour en savoir plus — et découvrir comment réagir aux principales tendances qui nous attendent dans les mois qui viennent, continuez votre lecture…

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*** La Chronique Agora présente ***

En Asie, la classe moyenne est en plein boom — et pour la loger, il va falloir construire, et construire encore. Christopher Hancock continue son exploration du "2ème boom des gratte-ciel"…

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LE DEUXIEME BOOM DES GRATTE-CIEL — 2ème PARTIE
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Par Christopher Hancock (*)

Contrairement aux utilisations que l’on en fait dans les sociétés occidentales, les gratte-ciel d’Asie fourniront bien plus que de simples espaces de bureaux. Ils représenteront la majeure partie des logements de la classe moyenne, qui se développe rapidement dans cette région. Environ 50% de la population mondiale vit dans la partie du monde connaissant la croissance la plus dynamique. Rien que l’an dernier, ces économies ont représenté plus de la moitié du PIB mondial. Elles fabriquent à présent 43% des exportations mondiales, et détiennent 70% des réserves de change planétaires.

Et alors que les salaires de l’Occident développé stagnent ou chutent, les salaires des nations émergentes d’Asie du Sud-Est continuent d’augmenter.

La classe moyenne la plus récente au monde commencera donc à exiger des logements plus spacieux et plus pratiques dans un futur très proche.

Acheter de l’immobilier commercial en Asie aujourd’hui, c’est un peu comme investir dans l’immobilier américain à la fin de la Seconde guerre mondiale.

Il y a plus de 50 ans sont nés aux Etats-Unis ce qu’on appelait des Lewittowns. Ces quartiers soigneusement conçus fournissaient des logements abordables aux milliers de jeunes soldats revenant de la guerre. Plus important, ces lotissements servirent de modèle au style de vie urbain de toute la classe moyenne américaine, qui était alors en plein boom.

Les marchés émergents d’Asie du Sud-Est vivent actuellement une transformation similaire… à ceci près qu’ils ne parsèment pas le paysages de rues bordées d’arbres et de maisons comptant trois chambres et un étage et demi. Les gratte-ciel sont les nouveaux Lewittowns d’Asie. On pourrait facilement emménager dans l’un de ces immeubles sans jamais avoir à en sortir : ils sont entièrement équipés, et proposent épiceries, boutiques, salles de sport et piscines.

Les promoteurs asiatiques utilisent ce modèle en hauteur pour une raison spécifique : la superficie est limitée. La plupart des économies asiatiques n’ont pas les terrains que l’Occident possède en abondance.

Prenez Singapour, par exemple… Elle représente 3,5 fois la taille de Washington D.C., avec une économie plus grande que celle de la Nouvelle-Zélande et un taux de croissance qui représente le double de celui des Etats-Unis.

Hong Kong est un autre exemple : la région ne fait que six fois la taille de la capitale américaine, avec un PIB annuel égal à celui de l’Argentine et du Portugal.

Ce que je veux dire, c’est que les terrains sont — et resteront — les biens les plus précieux dans des endroits comme Hong Kong, Shanghai, Tokyo, Taipei et Singapour. Ces villes asiatiques n’ont pas la configuration nécessaire pour des développements urbains tels que ceux qui se produisent aux Etats-Unis dans des endroits comme Chicago, Washington, Houston, Los Angeles ou Atlanta.

Lorsqu’on ne peut pas construire à l’horizontale, on construit à la verticale. Et c’est exactement comme ça que ces économies asiatiques bâtissent leur croissance spectaculaire.

Je fais plusieurs voyages en Asie tous les ans. Que je sois à Hong Kong, Bangkok, Shenzhen ou Shanghai, le paysage change constamment. C’est dynamique… excitant… cela ne ressemble à rien de ce que le monde a jamais connu. On croirait voir un film en accéléré ; des milliers de grues couvrent l’horizon, hissant poutrelle après poutrelle à de nouvelles hauteurs. Un projet particulièrement ambitieux prévoit un gratte-ciel de 200 étages au bord du Victoria Harbour, à Hong Kong. C’est deux fois la taille de l’Empire State Building.

Le besoin de construire en hauteur explique également pourquoi sept des 10 immeubles les plus élevés de la planète se trouvent désormais en Asie.

Et il y a à la fois la place — et la volonté — d’en construire plus encore.

Meilleures salutations,

Christopher Hancock
Pour la Chronique Agora

(*) Christopher Hancock a passé les deux dernières années à faire des recherches d’investissement essentiellement concentrées sur les marchés émergents — en particulier la Chine et Hong Kong. Après avoir travaillé avec Citigroup à Hong Kong sur les défis et les opportunités associés à la future réforme du renminbi, Christopher a décidé de revenir aux Etats-Unis pour se lancer dans la recherche boursière.

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(c) Les Publications Agora France, 2002-2007
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