Pauvre M. Obama !

Rédigé le 20 janvier 2009 par | Article Imprimer

** Tout à l’heure, le dénommé Obama prendra le poste de président des Etats-Unis. Pauvre homme. Il a l’air tout à fait bien. C’est vraiment dommage… qu’une telle chose lui tombe dessus.

* Mais il a traîné avec les mauvaises personnes — des gens de basse condition dans les hautes sphères de la politique — et regardez où ça l’a mené. Dans quelques temps, il devra se tenir devant des centaines de millions de spectateurs, poser la main sur la Bible et mentir.

* A la question — jure-t-il de respecter la Constitution des Etats-Unis d’Amérique –, il donnera la réponse qu’il a répétée. Yes I can ! Puis, comme quasiment tous les présidents américains depuis John Quincy Adams, il reniera sa parole.

* Mais avant de continuer à parler de l’avenir, revenons-en au passé… ou plutôt à vendredi dernier. Jusqu’à présent, cette année, les actions US sont en baisse de près de 7%. Mais au moins le Dow a-t-il rebondi un peu à la fin de la semaine dernière.

 * Les choses intéressantes, vendredi, se sont produites sur le marché de l’or — le métal jaune a grimpé de 32 $. Pourquoi l’or grimpe-t-il… alors que l’économie mondiale est clairement en baisse ? Nous n’en savons rien. Mais si nous étions M. Obama, nous approcherions notre nouvel emploi comme on loue une voiture dans une agence mal famée. Nous regarderions bien partout, et nous noterions tous les défauts et les bosses avant de quitter le parking. Nous ne voudrions pas payer l’amende pour les accidents du précédent conducteur !

* Les textes fondateurs des Etats-Unis ne parlaient pas de s’impliquer dans le secteur bancaire… ni dans l’industrie automobile… ou dans quelque activité que ce soit. Pas plus qu’ils ne permettaient les invasions de pays étrangers sans déclaration de guerre… ou n’imaginaient d’armée coûtant à peu près autant que toutes les autres armées de la planète réunies.

* Au début, le gouvernement américain était spécifiquement limité dans ses fonctions. A présent, il n’y a plus grand-chose qu’il ne puisse pas faire. Mais sur toutes les questions — grandes ou petites… qu’il s’agisse de torturer des gens ou de prendre leur argent — les dirigeants politiques doivent faire semblant d’agir dans l’intérêt national. C’est une sale affaire, pas très ragoûtante, qui attire en général des gens de la même trempe. Des gens comme George W. Bush et Joseph Biden… des gens qui n’ont aucun bon sens ou aucun principe, voire ni l’un ni l’autre. Des gens qui ne savent pas reconnaître un mensonge quand ils en entendent un… ou que ça ne dérange pas d’en raconter.

* Voilà pourquoi nous sommes navrés de voir Obama se lancer ; il semble si sympathique.

* Mais la politique… hélas, quelqu’un doit s’en charger. Comme le dit la vieille expression latine : les électeurs veulent être trompés — qu’il en soit ainsi.

** Tant de pigeons… si peu de temps. Bernie Madoff avait du mal à suivre le rythme des gens qui voulaient lui donner de l’argent. Les candidats s’inscrivaient à son country club de Palm Beach rien que pour avoir l’occasion de glisser quelques gros billets supplémentaires dans ses poches. Ses camarades recherchaient sa compagnie… brûlant de se séparer de leur fortune tout entière.

* Et regardez le marché obligataire américain ! Les gogos font la queue pour acheter des reconnaissances de dette à un débiteur fauché comme les blés qui doit déjà de l’argent à la planète entière. A présent, il distribue des reconnaissances supplémentaires… encore plus rapidement… pour des milliers de milliards de dollars. Non seulement ça, mais le débiteur en question a déclaré publiquement qu’il avait l’intention de baisser la valeur de son papier — quoi qu’il lui en coûte.

* A présent, les électeurs… le grand public… les lumpen-ménages — meurent d’envie d’entendre un mensonge aussi. Ils veulent que quelqu’un leur dise qu’il a la récession sous contrôle.

* Eh bien, s’il faut les tromper, il faut que quelqu’un leur raconte des mensonges. Barack… c’est à vous !

* Les gens veulent croire que si le président précédent n’avait pas été un tel brise-tout, nous ne serions pas dans un tel pétrin. En d’autres termes, si l’administration reprenait ses esprits, elle pourrait "faire quelque chose" pour qu’on en revienne au bon vieux temps.

* Nous avons rarement l’occasion de prendre la défense de George W. Bush. Mais là, nous allons l’affirmer sans sourciller : cette crise financière n’est pas de sa faute.

* Certes, il l’a aggravée en gaspillant 2 000 milliards de dollars pour sa ridicule guerre — la fameuse "Guerre contre la Terreur". Evidemment, il aurait dû se débarrasser de Greenspan dès le début de son mandat… il n’aurait pas dû signer tant de budgets sans tergiverser. Et c’est dommage qu’il n’ait pas compris ce qui se passait dans le secteur financier et n’en ait averti les gens — au lieu de chanter les louanges de l’économie américaine à qui voulait l’entendre. Mais après tout, qui l’a fait ? Il a agi comme un crétin, ça ne fait aucun doute. Mais qui s’est conduit autrement ?

* Alors donnons un peu de mou à George W. Bush. Qu’il retourne bouder dans son ranch sans qu’on essaie de lui attribuer l’effondrement financier. Il n’a pas causé les difficultés, il ne pouvait pas non plus les résoudre. Les problèmes financiers auxquels sont confrontés les Etats-Unis ne peuvent pas être résolus par des politiciens ; ils ne peuvent qu’être empirés par les politiciens.

* Le problème, c’est qu’il y a beaucoup de mauvais prêts, de mauvais investissements et de mauvaises entreprises qui doivent être purgés. Et tout ce que les politiciens peuvent faire, c’est essayer d’empêcher la purge.

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Bill Bonner
Bill Bonner
Fondateur de AGORA

Né en 1948, Bill Bonner est le fondateur d’AGORA, le plus large réseau d’entreprises indépendantes de presse spécialisée au monde.

En 1978, depuis sa ville natale, Baltimore (Maryland, Etats-Unis), Bill Bonner a voulu développer un « marché » (« Agora » en grec) des idées. Pas de l’information homogénéisée telle que les médias grand public relayent sur nos écrans et journaux, mais une source d’idées diverses avec des opinions et des avis originaux, alternatifs et surtout utiles. Bill a à cœur d’aider les lecteurs à mieux comprendre le monde dans lequel ils vivent, et à agir en conséquence. Que ce soit en matière de géopolitique, de macro-économie ou tout simplement dans le domaine de l’épargne, Bill incite ses lecteurs à cultiver un esprit vif et anticonformiste.

« Parfois nous avons raison, parfois nous avons tort, mais nous sommes toujours dans le questionnement », telle est la devise de Bill.

Bill a également co-écrit des livres qui ont tous figuré dans la liste des best-sellers du New York Times et du Wall Street Journal : L’inéluctable faillite de l’économie américaine (2004), L’Empire des dettes. À l’aube d’une crise économique épique (2006) et Le Nouvel Empire des dettes. Grandeur et décadence d’une bulle financière épique (2010).

Dans son dernier livre, Hormegeddon, quand trop de bien nuit (2015), paru aux Belles Lettres (www.lesbelleslettres.com), Bill décrit ce qu’il advient lorsque l’on abuse d’une bonne chose dans les sphères de la politique, de l’économie et des affaires. En bref, trop de bien conduit au désastre.

Vous pouvez retrouver les notes de Bill au quotidien dans La Chronique Agora.

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