Pauvre Donald Trump !

Rédigé le 22 août 2016 par | Bill Bonner, Deep State, Desinformation Imprimer

« The Donald » a remanié son équipe de campagne. Mais le spectacle continue : le mythe de « l’homme fort » va affronter celui de la « professionnelle compétente ». Ce pauvre Donald Trump.

Il a dû présenter des excuses pour avoir froissé des gens. Il a dû remanier son équipe de campagne. Il a été si malmené par la presse qu’il commence à se cacher derrière les rideaux.

En ce qui nous concerne, nous sommes pour les causes perdues, les marginaux et les losers.

« The Donald » pourrait prochainement faire partie des trois catégories.

Le nid vide

Nous reviendrons à la course présidentielle dans un instant… pour définir pourquoi les élections américaines de cette année sont réellement un « Choc des Mythes ».

En attendant, il ne se passe pas grand’chose sur les marchés.

Il ne se passe pas grand’chose à Ouzilly non plus. Les derniers membres de la famille sont partis ce week-end — le nid est à nouveau vide.

Comme tous les parents, nous nous demandons à quel point intervenir dans la vie de nos enfants, désormais jeunes adultes.

Faut-il dire quelque chose ? Ou se taire ? Donner des conseils paternels ? Ou les laisser comprendre les choses par eux-mêmes ?

Dans la famille, le paternel tend vers le « laissez-faire ». Leur mère est plus activiste, plus interventionniste. Tous deux veulent aider. Mais tous deux sont conscients qu’ils ne peuvent protéger leurs enfants contre la vie.

« La sagesse, c’est la connaissance nécessaire pour éviter les erreurs graves », dit le père avec sérieux.

« Et comment obtient-on la sagesse ? » demande le fils.

« En faisant des erreurs », vient la réponse.

Monstres et funambules

Mais revenons-en à la politique américaine…

Comme nous le disions la semaine dernière, pour survivre aux trois prochains mois, nous suggérons d’envisager la campagne électorale US comme un spectacle.

C’est un cirque — avec des clowns, des gaffes, des numéros de funambule et des monstres.

« Attendez un peu », protestez-vous peut-être. « Les élections présidentielles sont un sujet sérieux. Où que l’on soit, il faut se montrer bon citoyen et décider de l’avenir du pays… de manière responsable ».

Oui… eh bien… il est peut-être flatteur de le penser. Personne ne se soucie vraiment de ce que nous pensons, cependant… et ça n’a de toute façon pas d’importance.

Le plus grand mythe de tous, c’est que les élections transforment la politique en une sorte de marché, où les électeurs votent comme des gens enchérissant lors d’une vente ; on n’obtient pas toujours la meilleure affaire, mais c’est le seul « moyen équitable ».

Les marchés découvrent honnêtement les prix.

Les gens enchérissent avec leur propre argent lorsqu’ils repèrent un besoin ou une occasion. Ils acceptent les conséquences lorsqu’ils font une erreur, avant d’ajuster leur enchère — et, en permanence, ils apprennent… ils corrigent… ils progressent.

Les plus mauvais perdent tout et sont exclus de la vente aux enchères ; les meilleurs restent dans la course jusqu’à ce qu’eux aussi fassent faillite… ou prennent leur retraite.

Les élections, elles, sont bidon.

La plupart des électeurs n’ont pas la moindre idée de ce pour quoi ils enchérissent. La moitié d’entre eux n’a pas d’argent avec lequel enchérir. La plupart essaie simplement d’obtenir quelque chose en l’échange de rien. Certains veulent simplement forcer les autres à faire ce qu’ils ordonnent.

Lorsque les électeurs font une erreur, tout le monde souffre… même ceux qui ont « acheté » l’autre candidat. Personne n’apprend rien. Et le candidat le plus attardé est élu président.

Par ailleurs, ce que les acheteurs pensent acheter — la richesse et le pouvoir — n’est pas à vendre ; les initiés contrôlent les éléments les plus importants. [NDLR : Il est cependant possible de reprendre le contrôle de la situation à votre échelle. Il suffit d’un peu de temps… des bons conseils… et d’une vision lucide de la réalité : cliquez ici pour tout savoir.]

Donald Trump, un Poutine yankee ?

Revenons à la situation actuelle.

Hillary d’un côté, Donald de l’autre. Le mythe de « la professionnelle compétente » rencontre le mythe de « l’homme fort ».

Une Angela Merkel rouge-blanc-bleu contre un Poutine yankee.

Quels défis le/la nouveau/elle président/e rencontrera-t-il/elle ? Un cinglé instinctif et impérieux réagira-t-il mieux qu’une politicarde expérimentée et prudente ?

Personne ne le sait.

Et personne ne sait à quel point chaque candidat correspond à son mythe.

Hillary est-elle vraiment une professionnelle compétente ? Donald est-il vraiment un homme fort ? Ou bien ne sont-ils que des caricatures… des fraudes prétendant être des mythes ?

A suivre…

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Bill Bonner
Bill Bonner
Fondateur de AGORA

Né en 1948, Bill Bonner est le fondateur d’AGORA, le plus large réseau d’entreprises indépendantes de presse spécialisée au monde.

En 1978, depuis sa ville natale, Baltimore (Maryland, Etats-Unis), Bill Bonner a voulu développer un « marché » (« Agora » en grec) des idées. Pas de l’information homogénéisée telle que les médias grand public relayent sur nos écrans et journaux, mais une source d’idées diverses avec des opinions et des avis originaux, alternatifs et surtout utiles. Bill a à cœur d’aider les lecteurs à mieux comprendre le monde dans lequel ils vivent, et à agir en conséquence. Que ce soit en matière de géopolitique, de macro-économie ou tout simplement dans le domaine de l’épargne, Bill incite ses lecteurs à cultiver un esprit vif et anticonformiste.

« Parfois nous avons raison, parfois nous avons tort, mais nous sommes toujours dans le questionnement », telle est la devise de Bill.

Bill a également co-écrit des livres qui ont tous figuré dans la liste des best-sellers du New York Times et du Wall Street Journal : L’inéluctable faillite de l’économie américaine (2004), L’Empire des dettes. À l’aube d’une crise économique épique (2006) et Le Nouvel Empire des dettes. Grandeur et décadence d’une bulle financière épique (2010).

Dans son dernier livre, Hormegeddon, quand trop de bien nuit (2015), paru aux Belles Lettres (www.lesbelleslettres.com), Bill décrit ce qu’il advient lorsque l’on abuse d’une bonne chose dans les sphères de la politique, de l’économie et des affaires. En bref, trop de bien conduit au désastre.

Vous pouvez retrouver les notes de Bill au quotidien dans La Chronique Agora.

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