Ovide, Boucles d’or et Junk bonds

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La Chronique Agora
Paris, France
Jeudi 30 novembre 2006
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*** Quand Wall Street s’enivre, c’est le CAC qui trinque
Les investisseurs titubent dès le 10ème verre…

*** Consommer ou ne pas consommer…
… telle est la question que ne se posent pas les Américains…

*** Ovide, Boucles d’or et Junk bonds
Bill Bonner regarde où en sont les obligations… puis se cultive un peu…

*** Réalités économiques et fictions politiques (1)
D’une royale leçon de démocratie…

—————————– (publ.)

L’OR EST SUR LE POINT DE TRIPLER
Allez-vous rester les bras croisés alors que d’autres investisseurs multiplient les gains ?

Toutes les conditions sont réunies pour que le cours de l’or grimpe en flèche. Vous pourriez voir sa valeur atteindre des sommets encore inexplorés… alors préparez-vous, parce que si vous êtes assez rapide, vous pourriez voir des gains de 150%, 200%… et plus encore dans les semaines et les mois qui viennent.

Découvrez comment profiter de ce spectaculaire marché haussier…

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Bonjour,

*** QUAND WALL STREET S’ENIVRE, C’EST LE CAC QUI TRINQUE

** La fin de l’année approche ; l’essentiel des opérations d’habillages de bilans devraient être achevé d’ici une quinzaine de jours. Toutes les positions sur les marchés dérivés — et en particulier les couvertures de portefeuilles et toutes les stratégies indicielles basées sur des options ou des contrats à terme — expireront le vendredi 15 décembre, à l’occasion de la séance de bourse la plus technique de l’année, la fameuse "journée des quatre sorcières".

Les investisseurs vont être partagés entre la tentation de matérialiser de copieux bénéfices (+15% en moyenne sur les places européennes, +10% sur les valeurs américaines) et l’impératif de soutenir les cours. Cette dernière option s’impose aux gérants soucieux de soigner leur performance relative et leur classement au sein des départements Asset Management.

Nous anticipons une fin d’année placée sous le signe de la volatilité alors que le dollar vient, sur le tard, jouer les trouble-fête. De brusques mouvements de consolidation puis de reprises tout aussi spectaculaires pourraient alterner d’ici la trêve des confiseurs — de quoi donner le mal de mer aux épargnants et retourner les estomacs avant même de leur infliger un régime sursaturé en graisses et en calories entre Noël et le jour de l’An !

** Le rebond qui s’est matérialisé hier a marqué un net regain d’appétit pour les actions. Un peu comme si le marché avait été victime d’une petite indigestion passagère et ressentait soudain les affres de la faim après cinq jours de diète sévère — et une perte cumulée de 4% par rapport à ses sommets du 16 novembre dernier.

Mais quelques sensations douloureuses au niveau de l’abdomen peuvent s’interpréter de deux façons : soit notre corps réclame avec insistance sa ration de nourriture, soit les crampes d’estomac constituent le symptôme avant coureur d’une méchante gastro-entérite. Dans ce cas, se jeter goulûment sur une nourriture jugée appétissante ne fera qu’aggraver les problèmes initiaux.

Nous verrons bien — et très rapidement, si la reprise se poursuit au rythme actuel — si les marchés ont eu les yeux plus grands que le ventre. Si tel est le cas, la période de digestion des derniers rachats à bon compte pourrait s’avérer douloureuse. Il faudra alors se mettre au régime bouillon et biscottes sans sel d’ici le réveillon !

Les analystes techniques, qui sont en quelques sorte les internes de garde des marchés financiers (leur rôle se borne le plus souvent à établir un diagnostic, et non à remettre les malades sur pied), ne sont pas surpris de voir débarquer des cohortes de patients pliés en deux après une bacchanale haussière un peu trop prolongée. Il leur est par contre difficile de déterminer à partir de quel moment les foies cessent d’absorber les excédents d’alcool — ce qui débouche au mieux sur quelques maux de tête… et au pire sur de violentes nausées et un teint qui vire au jaune puis au verdâtre.

Cela nous rappelle cet aphorisme de George Best, footballeur anglais qui s’est illustré sur les terrains dans les années 70, puis dans les bars et les boîtes de nuits au cours des 30 années qui ont suivi sa retraite sportive : "je suis encore rentré saoul la nuit dernière, mais il faudra bien que je parvienne un jour à déterminer si je commence à tituber à partir du 13ème verre seulement, ou du 14ème verre ".

** Le marché est tout aussi incorrigible : il recommence l’expérience à chaque cycle — de hausse ou de baisse –, en imaginant qu’il saura se montrer raisonnable et s’arrêter au 12ème verre. Sauf qu’à partir du septième, il n’est déjà plus en état de compter… et à partir du dixième, il commence carrément à perdre la mémoire.

Les analystes graphiques ont vu la courbe de l’imprégnation alcoolique progresser avec une singulière régularité depuis la mi-juin dernier. Le sentiment de confiance puis d’invulnérabilité du marché a progressé de façon symétrique au fil des mois : peut-être le CAC 40 avait-il la bouche pâteuse et les idées embrouillées ? Cependant, les ennuis n’ont véritablement commencé que lorsqu’il s’est avisé de quitter le bar sur lequel il était solidement accoudé depuis cinq mois !

Le retour à la position verticale lui fut fatal, c’était inévitable. Restait à déterminer à partir de quel moment il lui faudrait gagner le coin des lavabos — et cela, personne n’avait réussi à le prédire ces dernières semaines.

Aucun chartiste n’avait remarqué que les voyants (il existe des myriades de critères techniques plus ou moins sophistiqués, qui deviennent pertinents lorsqu’on les combine) passaient collectivement au rouge le 20 novembre. Cela fait des semaines que les occasions de voir le marché se replier se multipliaient — il y a toujours deux ou trois indicateurs sur le point de se retourner ou qui apparaissent "surtendus"… et la situation n’était pas plus alarmante le 16 novembre (jour du zénith annuel à 5 518 points) qu’elle ne l’était 15 jours auparavant.

Il y a toujours un moment où les marchés se prennent les pieds dans le tapis et se retournent. Ce phénomène est généralement précédé soit d’une accélération terminale à la hausse, soit d’un accès de nervosité des opérateurs (volatilité), soit d’un gonflement des volumes, ou encore de l’apparition de figures caractéristiques de type "tête/épaules", "sommet en tour", "M baissier". En fait, il y a souvent un peu de tout cela à la fois.

Force est de constater que les signaux de retournement du 20 novembre étaient des plus subtils, car aucun des grands précurseurs classiques ne permettait de cerner le timing de la baisse.

Il était un peu plus aisé de deviner à partir de quel moment le CAC 40 enregistrerait son premier rebond technique. Il fallait un support — ce fut 5 300 points le 28/11 –, et le sentiment que le repli n’avait que trop duré, une thèse défendue par Wall Street dès mardi soir. Le marché parisien a donc repris en une seule séance (+1,4%) la moitié des pertes subies au cours des cinq précédentes séances — et autant de baisses consécutives.

** Le CAC 40 affichait d’entrée de jeu +0,6% et re-franchissait ainsi les 5 330 points, ex-record annuel de la mi-mai. Les rachats à bon compte se sont accélérés en fin de journée, et Paris s’est envolé de 0,5% supplémentaires au cours des 90 dernières minutes, en dépit de la publication à 16h d’un chiffre des ventes de logements neufs en chute libre aux Etats-Unis au mois d’octobre : -3,2% et à peine plus d’un million d’unités négociées en rythme annuel. Le passage sous cette barre symbolique est imminent : cela ne devrait être survenir dès l’issue de ce mois de novembre, si ce n’est déjà fait au moment où nous rédigeons cette Chronique.

Les investisseurs auraient dû accuser le coup — surtout au lendemain du rebond infinitésimal des reventes de logements anciens sur la même période. Malgré tout, ils n’ont voulu retenir que la révision à la hausse de la croissance américaine du troisième trimestre 2006 : le PIB aurait augmenté de 2,2% et non pas de 1,6%, la première estimation publiée par le département du Commerce début novembre.

Les cambistes — et c’est le seul bémol de la fin de journée d’hier — ne se sont guère enthousiasmés pour la révision du PIB américain, puisque le dollar ne parvient pas à repasser au-dessus des 1,3150/euro : il reste à 1,3160/euro et 116,2 yens. Nous ne sommes guère inquiet pour les conséquences commerciales de ce réajustement des parités monétaires, cependant : ce qui impacte les cours de bourse en Europe, c’est la possibilité pour les investisseurs US de réaliser des gains sans lever le petit doigt.

Ils n’ont qu’à se donner la peine de passer un ordre de vente pour améliorer de 3% leur performance en l’espace d’une semaine. Ils engrangent 15% sur les actions européennes depuis le 1er janvier — un score flatteur auquel il faut ajouter les 10% de hausse de l’euro : c’est champagne pour les gérants américains… mais c’est le CAC 40 qui trinque ! Quand Wall Street par trop s’enivre, c’est l’Europe qui écope de la gueule de bois…

Philippe Béchade,
Paris

PS : Pour éviter le mal aux cheveux boursier, consultez le 0899 707 009* dès 15h45 cet après-midi : vous retrouverez une analyse complète de la séance en cours, ainsi que la dernière recommandation de Philippe Béchade pour votre portefeuille.
*(1,35 euros l’appel + 0,34 euro/minute)

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Eric Fry nous donne les dernières nouvelles de Wall Street

*** CONSOMMER OU NE PAS CONSOMMER…

** D’une manière ou d’une autre, en dépit d’improbabilités statistiques impressionnantes, le consommateur américain semble toujours inventer de nouvelles manières de dépenser de l’argent qu’il n’a ou n’a pas — pour des choses dont il a ou n’a pas besoin.

- Depuis la Grande Dépression, le consommateur américain n’a jamais fait de pause dans ses emprunts et ses dépenses infatigables. La guerre de Corée, la guerre du Vietnam, l’embargo pétrolier, la stagflation de l’ère Carter, le krach pétrolier du milieu des années 80, le krach boursier post-2000, le début de krach immobilier qui a suivi — rien de tout cela n’a réussi à freiner la consommation.

- Au contraire, chaque nouvel obstacle semble nourrir des moyens plus créatifs encore de financer une consommation épique. Et si cette dernière a des limites, les consommateurs US ne les ont pas encore trouvées. Il se pourrait, cependant, que ce jour approche. Le consommateur américain n’a jamais endossé tant de dettes qu’aujourd’hui. Malgré cela, les ventes post-Thanksgiving ont grimpé de près de 19% par rapport à l’année dernière. Lors d’une stupéfiante vague de consommation, les acheteurs ont dépensé le record de 360,15 milliards de dollars durant le week-end de Thanksgiving.

- "Quasiment toutes les tendances financières actuelles nous recommandent de ralentir nos dépenses", explique Addison Wiggin, auteur avec Bill Bonner du livre L’Empire des Dettes, "mais nous avons clairement la ferme intention de vivre au-dessus de nos moyens".

** Nous ne savons pas exactement d’où provient cet argent, ou pendant combien de temps encore il continuera d’affluer. Nous savons seulement que les Américains dépensent bien plus d’argent que ne leur fournissent leurs salaires. Aujourd’hui, "l’épargne" est devenue une pièce de musée. A un moment ou à un autre, les Américains devraient donc commencer à dépenser moins.

- Durant les années 60 et 70, les Américains ont dépensé environ 9 $ pour chaque dollar épargné. Mais ces cinq dernières années, les Américains ont dépensé plus de 60 $ pour chaque dollar épargné !

- Loin de nous l’idée de reprocher aux Américains leurs plaisirs financés par la dette. Non, nous ne jugeons pas — nous sommes simplement muets de stupéfaction.

- Nous sommes stupéfaits par l’ampleur de la consommation américaine. Nous sommes stupéfaits de voir que tant d’Américains peuvent soutenir des niveaux de vie insoutenables. Nous sommes stupéfaits de voir le plus grand pays capitaliste au monde emprunter des milliers de dollars chaque année à la plus grande nation communiste. Nous sommes stupéfaits de voir que les Etats-Unis peuvent dépenser 1 000 milliards de dollars pour une campagne militaire à l’étranger — mais semblent incapables d’épargner un sou.

- Nous ne comprenons pas entièrement ces curiosités. Et nous ne comprenons certainement pas pourquoi elles devraient continuer. Etant donné les tendances actuelles, nous nous attendons à voir la popularité des actifs US décliner. Les actions US devraient chuter, les obligations US devraient chuter, et la devise US devrait chuter. Quant aux Américains devraient commencer à réduire leur consommation.

- Si les prix de l’immobilier chutent, si l’épargne disparaît et si les dettes sont déjà ingérables, comment les Américains vont-ils continuer à dépenser ce qu’ils n’ont pas ?

- Peut-être ne le feront-ils pas. Peut-être qu’enfin, les consommateurs se trouveront à court de moyens de dépenser plus qu’ils ne gagnent. En fait, peut-être qu’ils ont déjà commencé à épuiser les mécanismes d’emprunt et de dépense. La chute des ventes enregistrées ce mois-ci par Wal-Mart suggère que les consommateurs à revenus bas ont commencé à réduire leurs dépenses, en tout cas.

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Bill Bonner, co-fondateur de La Chronique Agora, à Londres

*** OVIDE, BOUCLES D’OR ET JUNK BONDS

** Le soleil a-t-il jamais brillé plus clairement ? L’air a-t-il jamais si suavement embaumé ? A-t-on jamais vu un monde plus beau ?

* Pas si l’on en croit le Dow… le VIX… ou même les spreads sur le marché immobilier.

* Le Dow n’a jamais été plus élevé que ces dernières semaines. La semaine dernière, le VIX a atteint un nouveau plancher record. Le VIX est un indice mesurant l’activité sur le marché options. Les gens achètent des options lorsqu’ils ont peur de voir les prix leur échapper. Un VIX au plus bas signifie que les investisseurs pensent que les beaux jours dureront éternellement.

* Autre plancher record ou presque : l’écart entre les junk bonds et le crédit de qualité. Lorsque les choses tournent mal — ou que les gens pensent qu’elles vont mal tourner — ils insistent pour avoir des obligations bien notées, et ne prêtent aux "mauvais" emprunteurs qu’à des taux d’intérêt plus élevés. Lorsque l’écart entre les junk bonds et les obligations bien notées se rétrécit, cela signifie que les investisseurs ne voient guère de risques.

* On ne peut pas jeter un prêteur hypothécaire d’un hélicoptère sans qu’il ne tombe sur un consommateur persuadé qu’un "atterrissage en douceur" se prépare pour le marché de l’immobilier. Et on ne peut tirer un coup de feu à Wall Street sans blesser mortellement un investisseur convaincu que le dollar restera éternellement fort.

* Hier, nous avons parlé d’un article de la Deutsche Bank indiquant "qu’un empire économique mondial — c’est-à-dire un cycle de fonds garantissant la prospérité planétaire — est en place, et que l’économie mondiale entre donc dans une période de prospérité à long terme". Youpi !

* Les investisseurs sont si confiants et si complaisants qu’ils prêtent au gouvernement US — le plus grand débiteur au monde — de l’argent sur 30 ans au taux annuel de 4,51% seulement. Après l’inflation et les impôts, ils ne leur reste pas grand’chose. D’une manière ou d’une autre, ils doivent s’attendre à ce que ça marche.

* Et nous notons également que la croissance massive des contrats dérivés — dont la valeur approche du demi-zillion de dollars (500 000 milliards) — doit également sa multiplication à l’équanimité irrationnelle des investisseurs institutionnels. Les sociétés d’investissement vendent des Credit Default Swaps à pleines charrettes — elles sont certaines qu’elles ne devront jamais payer parce que les crédits ne feront absolument certainement jamais défaut. "Personne ne s’inquiète de quoi que ce soit", déclare John Authers, du Financial Times.

* Ce n’est pas un scénario "Boucles d’Or", déclare Ed Yardeni, au nom de l’industrie financière et des fous incurables. C’est "mieux que Boucles d’Or".

* Mais la chose la plus drôle, dans ce drôle de monde, cher lecteur, c’est que plus les gens pensent que les choses resteront les mêmes, plus ils seront choqués et déconfits lorsque ce ne sera pas le cas. Ce n’est pas parce que tout le monde s’investit pleinement dans la stabilité que cela empêche la planète de tourner. Cela ne sert qu’à rendre les rotations plus douloureuses.

** A domicile, nous commençons à comprendre pourquoi le christianisme a eu tant de succès.

* Pour commencer, nous avons regardé une série télévisée sur "Rome". Pas un seul épisode sans scènes de perversion ou de violence.

* "Centurion, comment recommandez-vous de retrouver notre aigle (l’étendard de l’armée romaine, probablement volé par un terroriste gaulois quelconque) ?" demande César à l’un de ses subordonnés. "Je pense que nous devrions crucifier un homme de chacune des tribus, et continuer jusqu’à ce que quelqu’un nous dise où il se trouve", répond le soldat. Les crucifixions ont donc commencé… et l’étendard a été retrouvé.

* Ce n’était pas une époque très confortable. La pitié, la charité, l’amour fraternel… il n’y en avait guère de signes. Un homme ne pouvait compter que sur la force des armes, les alliances, le pouvoir et les gardes du corps — c’est du moins l’impression qu’on en a.

* Et hier soir, nous sommes allé voir une pièce jouée par Maria : "Les Fables d’Ovide". A nouveau, nous trouvons le monde antique plein de choses relativement désagréables. Une jeune femme se fait passer pour une autre afin de coucher avec son père… un homme viole sa belle-sœur puis lui arrache la langue afin qu’elle ne puisse en parler à personne (ladite belle-sœur se vengeant plus tard en tuant le fils de son violeur, qu’elle sert en sauce à son père)… le Roi Midas, quasiment mis à mort par sa propre avidité, est forcé de porter des oreilles d’âne… Narcisse, si énamouré de sa propre image, est ruiné par elle.

* Nous pourrions vous en dire plus, cher lecteur, mais nous avons été si perturbé par la vision de notre petite fille partiellement déshabillée que nous avons eu du mal à regarder. La nudité est peut-être à la mode sur la scène londonienne, mais un père ne devrait pas voir certaines choses…

—————————– (publ.)

Assez d’attendre les profits ?

1 740,11% de gains cumulés au total sur le premier semestre 2006… Des gains de +50%… +69,77%… +67,86… +88,10% depuis début mai 2006… et des plus-values de 106,90%… 100%… 104%… 91,80%… 117,10% et même 679%… engrangées durant la première partie du 1er semestre 2006 !

Parfois, c’est encore le court terme le plus performant. Découvrez pourquoi…

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*** La Chronique Agora présente ***

La Chronique Agora présente : Leçon de démocratie ou leçon d’incapacité ? Raphaël Garaud revient sur la récente désignation de la candidate socialiste — et en tire quelques conclusions sur l’économie et la finance…

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REALITES ECONOMIQUES ET FICTIONS POLITIQUES — 1ère PARTIE
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Par Raphaël Garaud (*)

J’ai une surprise pour vous, cher investisseur : je vais vous parler un peu de politique. Rassurez-vous, je ne commence nulle campagne pour mon compte personnel ou pour un quelconque futur candidat, mais il faut que je vous parle de certains sujets dont l’importance va vous apparaître au fil de votre lecture.

Pour beaucoup, le débat soi-disant interne (les médias et la place publique en ont pourtant bien profité) pour la désignation d’un candidat socialiste à la prochaine élection présidentielle a été une leçon de démocratie. Pour ma part, elle a été digne d’un classique en trois actes que vous trouveriez à la Comédie Française.

Un peu de réflexion tout de même
Autant vous dire franchement ce que j’en pense : en fait de leçon de démocratie, c’est une formidable leçon d’incapacité à laquelle nous avons eu droit. Ce parti influent refuse toujours de voir le monde tel qu’il est. Il ne veut rien savoir des contraintes de la mondialisation auxquelles nos entreprises sont confrontées. La réalité fait toujours plus peur que la fiction. Il ne veut pas regarder comment nos entreprises doivent s’y prendre pour s’implanter en Chine ou en Inde, ou dans tout autre endroit du monde où la croissance est nettement supérieure à celle de la zone euro.

Si la campagne n’est pas encore véritablement lancée, elle ne saurait tarder sitôt les agapes de fin d’année terminées. Mesdames et messieurs, le grand spectacle pourra alors commencer et chacun brandir ses valeurs, commenter ses propositions, détracter celles des autres — sans oublier de défendre son programme. Le suspens sera vite à son comble : attendez-vous à des intrigues, des rebondissements, des surprises, des coups fourrés, sans oublier les inévitables polémiques et autres surenchères. Du vrai théâtre gratuit — vous êtes prié d’applaudir les comédiens à leur sortie, voire de leur donner votre obole pour contribuer à couvrir les frais de campagne.

Nous devrions néanmoins avoir — ce serait à désespérer de tout sinon — un véritable débat d’idées, pourquoi pas sur la façon de manier les voiles pour profiter au mieux du vent de la croissance. Sans oublier la revalorisation du travail qui semble fort nécessaire, tout comme la réconciliation entre la population et ses entreprises. Voilà des problèmes réels qui ne vont pas se résoudre avec de la fiction.

Déconnexion totale
Ne nous leurrons pas : pour l’instant, les préoccupations des politiques sont totalement déconnectées de celles des entrepreneurs — c’est-à-dire entre la vision statique de notre économie et celle bien plus dynamique des entreprises et de la Bourse. N’oublions pas les très bons résultats de nos entreprises en opposition avec un certain fatalisme des élus ou de ceux qui prétendent l’être. Il leur faudra bien un jour devenir réalistes — ou adultes si vous préférez.

Heureusement, la Bourse n’a cure de tout cela et continue sa route, traversant tempêtes et beau temps sans tenir compte de ceux qui n’ont que l’invective à la bouche comme seule justification. Et nous revenons dans un milieu qui vous est plus familier déjà. Dame Bourse profite à ceux qui prennent des risques, font preuve d’audace et manifestent leur confiance en l’avenir. Qui sont-ils ? Les actionnaires… tout simplement.

N’en déduisez pas pour autant que l’on puisse gérer son portefeuille les yeux fermés, ou que la Bourse ne connaît jamais d’accident : des grains de sable viendront toujours enrayer la machine à un moment ou à un autre… Et c’est sans parler des dangers plus globaux, mais tout aussi réels, tels le terrorisme, les ambitions nucléaires de certains, les menaces environnementales et les défis énergétiques.

Vous imaginez bien la surveillance que cela nous demande, à Simone Wapler et à moi-même, pour vous aider à faire croître votre patrimoine dans le calme et avec une certaine sérénité.

La suite dès demain…

Meilleures salutations,

Raphaël Garaud
Pour la Chronique Agora

(*) Raphaël Garaud est rédacteur en chef de Vos Finances — La Lettre du Patrimoine. Ce service d’information financière offre à ses membres des moyens exclusifs et fiables de protéger et d’accroître leur patrimoine. Actions, fiscalité, immobilier, investissements alternatifs… Vos Finances — La Lettre du Patrimoine ne laisse rien au hasard lorsqu’il s’agit de faire fructifier votre capital ! Pour en savoir plus

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