Or et argent

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LA CHRONIQUE AGORA
Paris, France
Vendredi 07 avril 2006
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*** Pas de clé et encore moins de serrure
Vous reprendrez bien une petite once d’or, dans ce cas ?

*** Comédie romantique ou tragédie déchirante ?
Eric Fry se demande quel film les marchés nous jouent actuellement…

*** Or et argent
Pas de trace de Bill aujourd’hui… mais nos correspondants américains ont pris le relais…

*** La troisième Révolution industrielle (2)
Le Dr. Hans Sennholz approfondit le phénomène de délocalisation…

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Et si trois indicateurs suffisaient pour faire des profits en Bourse ?

Attendez… en fait… oubliez même ces trois indicateurs, puisque je me charge de les surveiller pour vous ! Et avec des gains cumulés de plus de 234%, je pense que vous ne le regretterez pas…

Continuez votre lecture pour en savoir plus…

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Bonjour,

*** PAS DE CLE ET ENCORE MOINS DE SERRURE

** La séance de mercredi nous avait laissé perplexe (molle reprise de 0,3% en Europe)… mais que penser du repli de 0,07% de l’Euro-Stoxx 50 ce jeudi ?

Quel message nous adresse un Euro-Stoxx dont les fluctuations depuis vendredi (inclus) s’inscrivent toutes au sein de la fourchette 3 840/3 880 points — c’est-à-dire que la volatilité des cours ne dépasse pas 1% depuis une semaine ?

Il suffirait d’un petit coup de pouce de 0,1% ce vendredi pour que les places européennes inscrivent une 17ème progression hebdomadaire, sur une série de 23, depuis le 28 octobre 2005. Pourquoi les marchés européens se refuseraient-ils ce cadeau ?

Beaucoup de questions et pas beaucoup de réponses… Le suspens demeure, et chacun peut rêver que les indices reprennent leur souffle avant de pulvériser de nouveaux records — sinon se contenter du sentiment qu’entre 5 200 et 5 250 points, il était plus que temps de prendre ses profits et de sortir du marché.

** Si vous nous lisez avec un certain recul et mettez de côté les sarcasmes dont nous accablons les sherpas de la politique budgétaire et monétaire américaine, il ne vous aura pas échappé que nous avons clairement identifié nombre des facteurs qui aiguillonnent la hausse des indices boursiers : arbitrages au détriment des marchés obligataires… vague de fusions/acquisitions… santé financière insolente de multinationales qui surfent sur la croissance mondiale… distribution aux actionnaires de dividendes d’un montant jamais observé en 100 ans (85 milliards d’euros en 2005 rien que pour les 100 premières capitalisations parisiennes).

Et vous êtes libre d’ajouter à cette liste toute une série d’arguments macroéconomiques d’une égale pertinence : inflation maîtrisée, retour de la croissance en Europe, abondance des liquidités, confiance des milieux d’affaires.

Cela ne nous empêchera pas de souligner en gras et surligner au feutre fluorescent cette date du 6 avril 2005… et la raison n’est certainement pas liée à notre désir de garder en mémoire le souvenir d’une des séances de bourses parmi les plus soporifiques des 18 derniers mois !

La raison est naturellement la suivante : ce premier jeudi du mois restera marqué par une pluie de records sur le marché des métaux, vils ou précieux. L’once d’or a culminé à 600 $, au plus haut depuis le 20 janvier 1981, tandis que l’argent s’avançait au-delà des 12 $ (12,10 $) et que le cuivre inscrivait un plus-haut de tous les temps à 5,750 $ la tonne.

** Une tonne de cuivre, ce n’est certes pas aussi poétique qu’une once d’or ou un carat de diamant… et personne n’aurait l’idée d’en stocker dans son garage pour ses vieux jours. Cependant, le métal verdissant reste le champion toutes catégories de la plus-value pour ceux qui s’y sont intéressé il y a trois ans au travers des contrats à terme sur le NYMEX ; le pétrole fait figure de parent pauvre et l’or paraît bien sage en comparaison.

Nous espérons qu’il continuera d’en être ainsi… car nous voyons poindre le risque d’une méchante correction sur le marché du cuivre, où la volatilité s’emballe et ou l’intox règne en maître : les thèses les plus fantaisistes circulent sur l’état des stocks chinois et sur des tentatives de manipulation des marchés à terme par de grands importateurs privés qui tenteraient de doper artificiellement la valeur de leurs réserves.

Nous nous préparons donc à une secousse… mais elle pourrait n’être destinée qu’à faire chuter les feuilles et les branchages mal arrimés à un tronc qui nous semble solide. Pour l’heure, il y a trop de monde sur l’escabeau, comme en témoigne le chiffre record des positions ouvertes !

Parmi les facteurs pouvant occasionner une correction, il y a ce risque de voir les intermédiaires se montrer beaucoup plus vigilants sur les couvertures, voire instituer un relèvement temporaire du montant des deposits afin d’accélérer le débouclement de certaines positions "fragiles" — comprendre à très haut risque en cas de demande d’exercice, c’est-à-dire d’exigence de livraison du sous-jacent.

L’autre épine susceptible de provoquer l’éclatement de la bulle, c’est la hausse générale des taux… des taux qui continuent de se tendre inexorablement de part et d’autre de l’Atlantique.

** Les rares opérateurs jouant une reprise technique cette semaine ont cru leur heure venue avec la conférence de presse de la BCE accompagnant le maintien attendu du "repo" à 2,5%. J.C. Trichet explique que la Banque Centrale "fera ce qu’elle est censée faire depuis sa création" (s’assurer que la stabilité monétaire est maintenue), et que les pressions inflationnistes restent "contenues"… mais il renonce à l’emploi du terme "vigilance", d’où une embellie aussi soudaine qu’éphémère (vers 14h30/14h45) sur les Bunds, lesquels rechuteront encore plus lourdement au cours des heures suivantes !

Et notre bien-aimé Banquier Central de poursuivre : "la croissance semble sur de bons rails, la politique monétaire est de ce point de vue ‘accommodante’… mais le risque de dérive haussière des prix subsiste du fait de répercussions de second tour liées aux coûts de l’énergie et de certains prix administrés".

J.C. Trichet confirme en revanche que le marché a raison de s’attendre à une nouvelle hausse de taux d’ici le mois de juin (puisque c’est le message que la BCE avait voulu faire passer lors de sa dernière réunion)… mais il avertit que le consensus tablant sur un tour de vis dès la réunion de mai prochain est une extrapolation non pertinente du "sentiment" des gouverneurs de la BCE.

** Aux Etats-Unis, les marchés obligataires restent sur la défensive (-0,3% pour 4,90% de rendement sur les T-Bonds contre 4,84% mercredi soir). Les Bunds, de leur côté, chutent encore de 0,28% (3,885% de rendement pour le 2016).

La rechute des T-Bonds est venue opportunément soutenir le dollar (+0,7% à 1,2215/euro), qui profite de l’élargissement de l’écart de rémunération avec les Bunds — hausse de la prime à 101 points de base contre 97 points la veille — pour s’éloigner de la zone dangereuse des 1,23/1,2310/euro.

Sans cette consolidation de l’euro, les indices boursiers se seraient peut être repliés de 0,2% ou 0,3%, comme le suggère un mouvement naturel de repli observé en fin de matinée.

Nous persisterons donc à affirmer que le maintien — ou non — du dollar au-dessus des 1,2320/euro et 117 yens constitue la clé de l’évolution des marchés au cours des prochaines heures, conditionnant leur orientation pour les prochaines semaines.

Bien sur, nous ne détenons pas la clé… et comme le prétendent les adversaires du CPE, "même si nous étions en mesure de la fabriquer, de toute façon, il n’y a pas de serrure" !

Philippe Béchade,
Paris

PS : Quoi qu’il en soit, nous suivons de près la valeur recommandée hier lors d’une alerte spéciale… Pour la retrouver — ainsi que l’analyse de la séance en cours — il vous suffit de composer le 0899 707 009* dès 15h45 cet après-midi…
*(1,35 euros l’appel + 0,34 euro/minute)

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Eric Fry nous donne les dernières nouvelles de Wall Street

*** COMEDIE ROMANTIQUE OU TRAGEDIE DECHIRANTE ?

** Si la situation actuelle des marchés était un film, ce serait une comédie romantique légère. On entendrait fréquemment des rires chaleureux. Et même lorsque les personnages principaux se retrouveraient confrontés à des déceptions de courte durée, le dénouement heureux ne ferait aucun doute.

- Le marché, cependant, n’est pas un film ; c’est un vaste réservoir de données financières brutes et d’émotions humaines à fleur de peau. Aux extrêmes, les émotions comptent plus que les données. Lorsque les sentiments des investisseurs oscillent entre des extrêmes d’avidité et de crainte, les prix des actions grimpent… ou chutent. Dernièrement, les actions ont grimpé. Résultat : la plupart des instruments mesurant le sentiment des investisseurs enregistrent des niveaux de confiance et de complaisance élevés — les attributs même qui présagent souvent des pics importants sur les marchés.

** Les investisseurs craignant pour le destin à court terme du marché américain s’intéresseront donc de près à un nouvel indice d’options provenant du CBOE, le principal marché des options américain. Il y a quelques semaines de cela le CBOE a émis une nouvelle série d’options sur l’indice VIX. Ces options fournissent un moyen inédit de se couvrir contre une correction boursière très attendue.

- Plus de deux ans sont passés depuis la dernière fois que le S&P 500 a chuté de plus de 10%. Une telle tranquillité a favorisé une complaisance généralisée, comme le prouve l’indice VIX lui-même. A 11,13, le VIX se languit à un plancher quasi-historique. En d’autres termes, la crainte des investisseurs est à un plancher historique. Pour remettre tout cela en perspective, le VIX est passé au-dessus de 14 en janvier, et a grimpé au-delà des 40 deux fois ces cinq dernières années. 11,13, c’est donc très très bas. Un investisseur inquiet pourrait ainsi acheter des options call sur le VIX en espérant une correction boursière significative.

- Les plus bas du VIX ne sont pas les seuls signes de l’exubérance des investisseurs. Plusieurs indices boursiers globaux fournissent des éléments supplémentaires : le sommet de 5 ans du Nasdaq, le sommet historique du Russell 2000, le sommet historique du marché russe, le sommet historique du marché indien et d’une manière générale la quantité croissante de sommets historiques un peu partout dans le reste du monde

** Aux Etats-Unis, les sentiments haussiers approchent des extrêmes encore rarement constatés. "L’indice du sentiment quotidien à 10 jours (MBH Commodity Advisors) a atteint le chiffre vertigineux de 86,6% de haussiers la semaine dernière", note Jay Shartsis, professionnel des options. "Sur les 20 ans ou presque couverts par cet indice, seul huit jours ont été plus haussiers."

- Pour ajouter au nombre croissant d’indicateurs baissiers, Shartsis déclare : "au cours des six derniers mois, le Dow Jones Utility Average a baissé de 10%, tandis que le marché dans son ensemble a grimpé. Qu’est-ce que cette divergence signifie pour les jours qui viennent ? Une étude a observé les précédentes baisses de 10% de cet indice sur une période de six mois alors que le S&P 500 grimpait de 5% au moins sur la même période. Si l’on remonte jusqu’en 1950, on trouve seulement cinq de ces épisodes, et les performances boursières qui ont suivi se sont révélées plutôt négatives. Sur les trois mois suivants, le S&P 500 a perdu en moyenne 8,4%".

- "Le krach de 1987 a été précédé par l’une de ces divergences, tout comme le sommet de mars 2000. Ces divergences se poursuivent durant ce qui semble une éternité aux gens qui observent le marché tous les jours. Ce dernier, dans son ensemble, continue son bonhomme de chemin et rien ne semble avoir d’importance… jusqu’au jour où ça en a."

- Peut-être que ce jour approche rapidement. Nombre des marchés boursiers de la planète sont valorisés à la perfection… et la plupart des investisseurs semblent anticiper une continuation de cette perfection.

- Ce n’est pas notre cas.

- Nous n’anticipons pas non plus une imperfection extrême. Nous observons simplement que les prix des actions américaines sont relativement élevés, et que l’indice VIX est relativement bas. Le prix d’un pari sur l’imperfection a donc rarement été plus limité. Une option call août 15,00 sur l’indice VIX coûte 1,25 $. Ce n’est pas exactement bon marché. Mais cela ne semble plus si cher lorsqu’on se rappelle que le VIX n’est jamais passés SOUS les 15,00 en 2002, 2003 ou 2004.

- Nous n’exclurions pas une fin heureuse, mais nous préférerions nous préparer à une tragédie.

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Des gains de 74%, 53,8%, 43,17%, 60%… et bien d’autres encore…
24,9% de gain moyen en 2004…
24% de performance moyenne en 2005…

QU’EST-CE QUI FAIT GRIMPER CES ACTIONS ?
Et surtout… comment faisons-nous pour les dénicher ?

Toutes les réponses sont ici…

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Pas de trace de Bill aujourd’hui… mais nos correspondants américains ont pris le relais

*** OR ET ARGENT

** Lorsque nous avons allumé notre ordinateur hier matin, la première chose que nous avons vue, c’est que l’or avait considérablement grimpé — atteignant le niveau psychologique clé de 600 $ l’once. La dernière fois que l’or a vu de tels niveaux, on était en janvier 1981 ; les investisseurs achetaient du métal pour se prémunir de la hausse des taux du pétrole.

* Actuellement aussi, les causes de la hausse sont liées à l’envolée du pétrole, le brut ayant à nouveau augmenté à New York, approchant les 68 $ le baril. Les prix du carburant ont également grimpé après que le département de l’Energie américain a publié des données montrant un déclin des réserves.

* "Tout est haussier pour l’or", a déclaré Christoph Eibl, chef du trading en matières premières chez le Suisse Tiberius Asset Management AG. "Il suffit de regarder les prix du pétrole, l’euro, et les métaux de base. Les gens sont fous des matières premières."

* En général, on achète l’or pour se couvrir contre l’inflation… et le dollar a atteint un plancher de sept mois par rapport à l’euro hier, suite à des spéculations selon lesquelles les hausses de taux de la BCE pourraient commencer à dépasser celles de la Fed.

* Les investisseurs se tournent également vers l’or pour sa valeur de refuge — après que l’Iran a déclaré avoir testé avec succès un "bateau volant" et un missile terre-mer Kowsar qui, selon les analystes militaires, est destiné à couler des navires dans le Golfe, affirme Reuters.

* "Une résistance clé a été franchie du jour au lendemain, et dans la mesure où nous avons accumulé du soutien et une consolidation saine cette dernière semaine, nous sommes à présent sur une base solide pour grimper encore", déclarait Kevin Kerr ce matin sur MarketWatch.

* "L’or explose, et l’argent-métal n’est pas bien loin."

** Voilà qui ne fait aucun doute — l’argent s’échangeait hier à un sommet de 25 ans, à 12,01 $ l’once. Nombre des facteurs faisant évoluer l’or ont le même effet sur l’argent-métal — voilà pourquoi un ratio or/argent est intégré dans le prix.

* Mais il y a de nombreuses autres forces faisant grimper le prix de l’argent, bien différentes des méga-tendances que le métal blanc partage avec l’or. Peu de gens réalisent par exemple que l’argent est l’un des meilleurs conducteurs électriques au monde, et qu’il ne se corrode pas comme d’autres métaux.

* Cela signifie qu’il faut de l’argent pour fabriquer des appareils photo numériques… des iPods… des ordinateurs portables… des micro-ondes… des télévisions… et la liste continue. L’industrie de l’électronique à elle seule utilise 44% de tout l’argent produit chaque année — et vous pouvez parier que ce pourcentage continuera à grimper.

* Depuis que la demande d’argent-métal a grimpé, l’offre a baissé. Contrairement à l’or, lorsque l’argent est utilisé à des fins industrielles, il est utilisé et consommé. Voilà un petit quelque chose à méditer : l’offre totale d’argent-métal dans le monde a chuté de plus de 86% ces dernières années… tandis que la demande d’argent a grimpé.

* N’est-ce pas là une opportunité de profit… en or ?

[NDLR : Or, argent -- mais aussi cuivre, palladium, uranium et autres métaux de plus en plus précieux : toutes ces matières premières sont souvent abordées par notre spécialiste Simone Wapler au sein de Vos Finances - La Lettre du Patrimoine... et ses derniers conseils ont rapporté des plus-values à deux, voire à trois chiffres. Pour en profiter à votre tour, rien de plus simple...]

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*** La Chronique Agora présente ***

La troisième Révolution industrielle sera celle de la délocalisation, nous affirmait hier le Dr Sennholz. Aujourd’hui, il examine d’un peu plus près ce phénomène et ses implications.

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LA TROISIEME REVOLUTION INDUSTRIELLE — 2ème PARTIE
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Par le Dr Hans Sennholz (*)

Le terme "délocalisation" est apparu aux Etats-Unis pour qualifier toute organisation financière dont le siège social se situait hors du pays. Le terme a ensuite été élargi pour désigner les emplois industriels passant de pays où les coûts sont élevés à des pays où ils le sont moins. Il est certain que des emplois de services personnels ne peuvent être délocalisés ; mon coiffeur ne peut pas aller en Chine. Mais les nouvelles technologies ont rendu de nombreux emplois mobiles — ils peuvent donc aller là où les coûts sont les plus bas. Les services de comptabilité ou de programmation informatique peuvent être fournis via internet, et sont donc susceptibles d’être délocalisés. Selon une récente étude de McKinsey, 11% des emplois américains risquent ainsi d’être délocalisés, ce qui pourrait devenir une question politique majeure à l’avenir.

Un système de marché sans entraves permettrait aux réajustements nécessaires de s’effectuer. Sous la pression de la concurrence étrangère à bas prix, les salaires occidentaux de nombreux services délocalisables stagneraient, voire déclineraient sans aucun doute, ce qui pousserait certains travailleurs à entrer sur le marché des services aux personnes, faisant baisser les taux de salaire. Le programmateur informatique serait peut-être forcé de devenir réparateur informatique ou coiffeur. Cependant, son revenu pourrait ne pas baisser tant que la somme de capital investi par habitant continue d’augmenter ; les services personnels pourraient se développer aussi rapidement, sinon plus vite encore, que les services "impersonnels".

Les économistes craignent souvent que les politiciens n’interviennent dans les ajustements économiques nécessaires. Aux Etats-Unis, les forces du protectionnisme à l’ancienne pourraient trouver non seulement le moyen de limiter les importations mais aussi d’empêcher les capitaux américains de travailler à l’étranger. Les forces d’intervention politique, afin de protéger et favoriser l’emploi, vont probablement augmenter les coûts de main d’oeuvre, ce qui génère invariablement du chômage. Après tout, le moindre centime de main d’oeuvre dépassant la productivité ne peut que créer du chômage. Les pays ayant un code du travail extrêmement sévère, comme la France, l’Allemagne et l’Italie, souffrent déjà de taux de chômage tournant autour des 10%. Dans les années à venir, la troisième Révolution industrielle exigera de nombreux ajustements douloureux. Les taux de chômage national et de stagnation économique seront probablement proportionnels aux mesures politiques de méfiance et de contrôle.

Le processus de changement industriel et d’ajustement de la main d’oeuvre est rendu d’autant plus complexe et douloureux par un autre facteur politique : la propension des Etats-providence à accumuler d’énormes déficits budgétaires consommant la part du lion de l’épargne. Tous les gouvernements mentionnés ci-dessus consomment activement de l’épargne qui, sans cela, serait transformée en investissement, créant des emplois et payant des salaires. Il est certain que le marché de l’emploi américain est plus flexible et plus dynamique que les marchés européens, ce qui le rend plus adaptable aux changements à venir.

Par contre, le déficit budgétaire du gouvernement américain est le plus grand, tant en termes de volume que de taille relative. La dette est la pire sorte de pauvreté. La troisième Révolution industrielle pourrait le confirmer dans les années et les décennies à venir.

Meilleures salutations,

Hans Sennholz
Pour la Chronique Agora

(*) Le Dr. Hans Sennholz est président emeritus de la Foundation for Economic Education (FEE – http://www.fee.org) à Irvington, dans l’état de New York. Ses essais et articles ont été publiés dans plus de 36 journaux et magazines allemands, et 500 autres ont été lus par le public américain. Le Dr. Sennholz est également l’auteur de 17 livres sur la Grande dépression, l’or, les banques centrales et les politiques monétaires.

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(c) Les Publications Agora France, 2002-2006
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