Nous créons une terre promise… pour les vaches

Rédigé le 9 octobre 2018 par | Indices, marches actions, strategies Imprimer

Bill Bonner se livre au constructivisme en Argentine pour le bonheur des vaches (mais pas des veaux). Si vous êtes engraissé par d’autres, il y a toujours un prix à payer.

« On m’a demandé lors d’une conférence de presse la semaine dernière si ces prévisions sont trop belles pour être vraies — une question raisonnable ».

– Jerome Powell, président de la FED

On dirait que les marchés commencent à s’inquiéter un peu. Le Dow a chuté ces derniers jours. CNBC :

« Jeudi, le rendement du bon du Trésor US à 10 ans a enregistré son niveau le plus élevé en plus de sept ans, suite à des données économiques positives publiées cette semaine.

 

Des commentaires du président de la Réserve fédérale, Jerome Powell, ont également fait grimper les rendements. Mercredi, Powell a déclaré que la FED avait encore du chemin à parcourir avant que les taux d’intérêts n’atteignent le point mort, suggérant aux marchés que de nouvelles hausses seraient à venir ».

 Nous vous tiendrons au courant de la suite dans les jours qui viennent… mais aujourd’hui, nous sommes sur la route. Pas le temps de réfléchir sérieusement.

A la place, nous allons vous raconter ce qui se passe au ranch…

Herbe verte

Nous avons fait un petit tour dans la plaine pour voir ce que devient le bétail.

Gualfin - Argentine

La longue route de Gualfin

 

Même après huit mois sans une goutte de pluie, il y a encore de l’herbe verte dans la vallée où la rivière traverse les montagnes, en direction du ranch voisin.

Il y a trois rivières sur notre propriété. A cette époque de l’année, elles sont toutes plus ou moins à sec : toute l’eau disponible est souterraine. Cependant, une petite partie refait surface juste avant de quitter le ranch — c’est là que les vaches se rassemblent.

L’endroit se trouve devant la maison — mais cela reste loin. Nous chevauchons jusqu’au lit de la rivière, à sec, puis nous le suivons jusqu’à trouver l’herbe verte. Cela prend plus d’une heure, en partie parce que les chevaux ont du mal à avancer dans le sable.

Ensuite, quelques sources apparaissent ; l’eau se met à suinter… puis à couler franchement vers l’angusto — un étroit défilé parmi les rochers. C’est ensuite un véritable cours d’eau qui roule et éclabousse jusqu’à la propriété de notre voisin, environ 1,6 km plus loin.

Ni le bétail, ni les chevaux, ni les humains ne peuvent traverser le passage rocheux en toute sécurité. Lorsque nous rendons visite à nos voisins (un couple suisse qui gère un vignoble biologique), nous devons contourner les montagnes à l’est, ce qui prend environ cinq heures.

Les gauchos et les aides du ranch utilisent une pelleteuse pour canaliser l’eau de la source vers le vaste lit de la rivière, tentant d’encourager autant que possible la croissance de l’herbe avant que nous perdions l’eau au profit de nos voisins.

Argentine - irrigation - eau

Bill et les gauchos redirigent l’eau pour irriguer les champs

 

Il en résulte une charmante région de bassins, d’herbe et de zones marécageuses où les oiseaux et les guanacos — un proche parent du lama — se rassemblent aux côtés du bétail.

Nous avons vu deux troupeaux de guanacos, composés de huit animaux chacun, se mêler en toute confiance aux vaches. Mais à notre approche, le bétail est resté de marbre… tandis que les guanacos se sont enfuis, rejoignant les collines asséchées.

A l’occasion, les cow-boys abattent un guanaco pour le manger, mais c’est rare. Ils abattent aussi les burros de temps à autre. Les deux espèces sont nuisibles… et font concurrence au bétail pour le peu d’herbe que nous avons.

Terre promise pour le bétail

Autre nuisible : le condor. Il y en avait une vingtaine sur le sol, picorant une carcasse de vache.

bétail - vache morte - champs - Argentine

Les vaches s’égarent dans les sables mouvants et ne s’en sortent pas toujours…

 

Dans les zones marécageuses, il peut y avoir des sables mouvants ou des endroits où la boue est profonde, et les vaches restent prisonnières. Parfois, nous retrouvons l’animal pendant qu’il est encore vivant. Souvent, il est attaqué par les condors ou meurt simplement d’épuisement avant que nous le trouvions.

Les condors s’en prennent aussi aux veaux nouveau-nés, tendres et sans défense. Un groupe de rapaces attaquera, distrayant la mère… tandis que les autres tuent son veau.

Nous comptons sur notre nouvelle propriété, plus loin dans la vallée, pour simplifier la vie du bétail. Nous aurons alors de l’eau directement de la rivière Calchaquí.

 

élevage de bétail - Gualfin - Argentine

Pour le bétail, la vie peut être difficile, sur les hautes terres désolées de Gualfin

 

Ces 12 derniers mois, nous avons dégagé le terrain et planté de la luzerne. Encore quelques mois, et la luzerne sera prête. Nous escorterons le bétail de l’autre côté du col et nous descendrons vers les champs verts du ranch inférieur — un trajet de deux jours.

terre promise - bétail - Argentine

La “Terre promise” pour les vaches

 

Là, les vaches et leurs veaux seront engraissés à l’herbe et au grain. Les veaux seront vendus, et leurs mères feront le chemin inverse, pour une saison de plus.

 

Bill Bonner
Bill Bonner
Fondateur de AGORA

Né en 1948, Bill Bonner est le fondateur d’AGORA, le plus large réseau d’entreprises indépendantes de presse spécialisée au monde.

En 1978, depuis sa ville natale, Baltimore (Maryland, Etats-Unis), Bill Bonner a voulu développer un « marché » (« Agora » en grec) des idées. Pas de l’information homogénéisée telle que les médias grand public relayent sur nos écrans et journaux, mais une source d’idées diverses avec des opinions et des avis originaux, alternatifs et surtout utiles. Bill a à cœur d’aider les lecteurs à mieux comprendre le monde dans lequel ils vivent, et à agir en conséquence. Que ce soit en matière de géopolitique, de macro-économie ou tout simplement dans le domaine de l’épargne, Bill incite ses lecteurs à cultiver un esprit vif et anticonformiste.

« Parfois nous avons raison, parfois nous avons tort, mais nous sommes toujours dans le questionnement », telle est la devise de Bill.

Bill a également co-écrit des livres qui ont tous figuré dans la liste des best-sellers du New York Times et du Wall Street Journal : L’inéluctable faillite de l’économie américaine (2004), L’Empire des dettes. À l’aube d’une crise économique épique (2006) et Le Nouvel Empire des dettes. Grandeur et décadence d’une bulle financière épique (2010).

Dans son dernier livre, Hormegeddon, quand trop de bien nuit (2015), paru aux Belles Lettres (www.lesbelleslettres.com), Bill décrit ce qu’il advient lorsque l’on abuse d’une bonne chose dans les sphères de la politique, de l’économie et des affaires. En bref, trop de bien conduit au désastre.

Vous pouvez retrouver les notes de Bill au quotidien dans La Chronique Agora.

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