Ne laisse jamais à une bonne poire le temps de réfléchir…

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La Chronique Agora
Paris, France
Vendredi 06 juillet 2007
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*** Triple-top… et portefeuilles pas au top !
Les marchés rentreraient-ils dans le droit chemin ?

*** Ne laisse jamais à une bonne poire le temps de réfléchir…
…Le cynisme des hedges funds dans toute sa splendeur

*** Le baissier solitaire (2)
La prophétie de Puru Saxena…

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LE TRADING ENFIN A LA PORTEE DE TOUS !
C’est tout simple : il suffit de suivre le guide !

Ceux qui l’ont fait en 2006 s’en sont tirés avec pas moins de 173,83% de gains cumulés sur l’année… en toute simplicité.

Pour faire comme eux, continuez votre lecture…

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Bonjour,

*** TRIPLE-TOP… ET PORTEFEUILLES PAS AU TOP !

** La séance de jeudi s’est achevée par une consolidation généralisée sur les places occidentales mais les opérateurs semblaient encore plein de confiance à l’ouverture : l’impact psychologique de l’OPA de Blackstone sur Hilton, que nous avons largement commentée hier, véhiculait encore ses effets positifs.

En effet, parmi les facteurs d’inquiétude susceptibles de peser sur la tendance, l’un des plus souvent évoqués depuis le 26 février dernier semble être passé à la trappe : il s’agit du risque d’éclatement de la bulle boursière à Shanghai, laquelle pourrait affecter le moral des consommateurs chinois et, de fait, peser sur la croissance mondiale.

Mais ce danger serait largement surestimé si l’on en juge par l’indifférence complète des investisseurs au plongeon de -5,25% du SSE Composite à Shanghai. Invalidant ainsi sa tendance haussière moyen terme, il se retrouve à 15% de son récent zénith des 4 350 points. L’indice Dow Jones China 88 (qui regroupe les 88 valeurs chinoises les plus liquides traitées à Shenzhen) s’est pour sa part effondré de -7,2% à 307,75 points.

Mais nul phénomène de contagion n’a été observé sur les marchés asiatiques jeudi matin… bien au contraire puisque Hong-Kong aurait même bénéficié d’arbitrage au détriment des titres domestiques libellés en yuan : l’indice Hang-Seng (+0,15%) a battu simultanément son propre record historique (à 22 300 points) et Tokyo tutoyait son zénith annuel des 18 300 points.

** A Paris, la tentation de prendre des bénéfices à proximité des plus hauts historiques ne s’est manifestée qu’après plus d’une heure de cotations, et le CAC 40 en a profité pour se hisser jusqu’au contact des 6 115 points avant d’entamer une lente glissade qui s’est poursuivie jusqu’à la clôture dans un volume de 5,82 milliards d’euros, avec pas moins de 90% de titres en repli.

Les dégagements ont pesé sur un large front et n’ont effectivement épargné que quatre titres dont Carrefour, qui s’est envolé de 2,8% à 54,25 euros. Le titre a en effet été dopé par l’annonce de l’ouverture de son centième hypermarché en Chine (où il est implanté depuis douze ans) alors que le rythme des inaugurations s’accélère : 23 nouvelles enseignes du groupe Carrefour devraient être ouvertes rien qu’en Chine cette année, soit un rythme proche de deux par mois !

Il s’agit de la plus forte progression de la surface de vente (en mètres carrés) jamais enregistrée dans un seul pays par Carrefour depuis l’origine, au début des années 60. De tels chiffres auront séduit Bernard Arnault qui vient de se renforcer au capital du groupe bien que sa motivation initiale consistait à orchestrer une meilleure valorisation du capital immobilier avec la complicité du fonds allemand Colony, un spécialiste des "murs" — c’est à dire du patrimoine foncier des entreprises.

Mais Carrefour fut l’exception qui confirmait la règle et le marché parisien a fléchi de -0,63%, l’humeur des opérateurs se mettant à l’unisson de la grisaille en fin d’après-midi. Le renversement de tendance fut encore plus spectaculaire en Allemagne où Frankfort chutait au final de -1,1% (à 7 985 points) après avoir plafonné sous les 8 115 points en début de séance.

L’une des caractéristiques communes aux deux indices depuis le début du mois de juin, c’est d’ébaucher un splendide triple sommet qui s’apparenterait à une "tête/épaules" sur le DAX puis à une série de "trois tops déclinants" sur le CAC 40. Les chartistes vous démontreraient que ni l’une ni l’autre ne sont de bon augure et qu’elles s’avèreront d’égale nocivité dès lors que les supports techniques du mois de juin seraient enfoncés : le potentiel de baisse serait de 300 points minimum à Paris et de 500 points (ou plus) à Francfort.

** Maintenant que certains objectifs à la baisse ont été identifiés, il convient d’en examiner les causes : nous vous faisons souvent observer qu’en matière d’évolution des cours de bourse et d’actualité macro ou microéconomique, les paroles ne collent pas souvent avec la musique. Mais… un accord parfait semble régner depuis 48 heures.

Les marchés nous ont joué la douce partition haussière des OPA mercredi, leur humeur s’assombrissait jeudi avec la tension des taux observée de part et d’autre de l’Atlantique. Les bons chiffres publiés aux Etats Unis en sont probablement à l’origine : des indicateurs économiques plus robustes que prévu (ISM et emploi) ravivent les craintes de voir la Fed durcir son discours au sujet des tensions inflationnistes.

Le rendement des T-Bonds US faisait un bond de +12 points de base à 5,11% (sur le 2017) et celui des Bunds à 4,64%.

La consolidation des marchés obligataires s’était amorcée dès le début de la matinée avec un baril de pétrole qui caracolait au-dessus des 72 dollars, et la dégradation s’est singulièrement amplifiée avec la publication d’une batterie de statistiques outre -Atlantique en début d’après-midi.

Les opérateurs se sont alarmés de l’apparition des premiers signaux de raffermissement conjoncturels le mois dernier aux USA : embellie sur le front de l’emploi avec 150 000 créations de postes dans le secteur privé ; recul simultané de -22% du nombre de licenciements (selon Challenger) ; et net regain d’activité dans le secteur tertiaire avec un indice ISM des Services qui fait un bond de 1 point, passant de 59,7 à 60,7 (c’est le meilleur score enregistré depuis avril 2006).

** Les marchés attendaient avec une certaine fébrilité la conclusion des réunions de politique monétaire du jour en Europe, mais il n’y a eu aucune surprise du côté des banques centrales. La BCE a maintenu comme prévu son taux directeur inchangé à 4% et la Bank of England a rehaussé le loyer de l’argent à 5,75% — et ce n’est probablement pas terminé puisque les opérateurs anticipent des taux à 6,25% d’ici janvier 2008.

Mais bien plus qu’une décision sans suspens en matière de taux directeurs, les investisseurs guettent chaque mois les subtiles inflexions sémantiques du communiqué final lu par J.C Trichet : certains analystes ont cru déceler (peut-être parce que cela les arrange bien) un "durcissement de ton" de la part de la BCE. Pour notre part, nous n’avons rien relevé d’alarmant.

La BCE s’est contenté de réaffirmer que sa politique monétaire demeure "accommodante" et que le risque inflationniste demeure prédominant, ce qui justifie de prendre toute mesure adéquate pour "ancrer" les anticipations des marchés. Mais elle n’a fait pas état de l’instauration d’un climat de "grande" ou "d’extrême vigilance" — formulations qui préfigurent à coup sûr un tour de vis imminent lors de la prochaine réunion.

Quoiqu’il en soit, le taux directeur dans l’Euroland sera sans doute porté à 4,25% alors que les écoliers ramèneront à la maison leurs listes de fournitures scolaires : nous gageons qu’une hausse du coût du crédit à la consommation ne sera pas du goût de leurs parents, mais ce sont bien les derniers agents économiques dont la BCE se soucie !

Les portefeuilles (y compris boursiers) pourraient s’aplatir sérieusement alors que gonfleront les premiers cartables.

Philippe Béchade,
Paris

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Bill Bonner, co-fondateur de La Chronique Agora, à Londres

*** Ne laisse jamais à une bonne poire le temps de réfléchir…

** A Londres, les touristes américains inspirent désormais la pitié. Les pauvres… ils sont venus jusqu’ici et ils n’ont pas assez d’argent pour en profiter, compatissent les londoniens. Lundi, le dollar est tombé au plus bas depuis 26 ans face à la livre sterling. La monnaie britannique a grimpé au dessus de 2 dollars. Les touristes errent en état de choc, stupéfaits. Un hamburger en Angleterre leur coûte aussi cher qu’une entrecôte chez eux. Ils sautent alors dans un taxi et se disent qu’ils auraient dû finir de payer la maison avant de faire ce voyage. Au Savoy et au Claridge, avant de donner la facture aux clients, on poste des grooms derrière eux pour qu’ils rattrapent leur portefeuille lors de la chute.

* Les marchés américains étaient fermés hier pour cause de fête nationale. Mais la monnaie américaine reste quand même présente sur tous les marchés de la planète. Où qu’elle se montre, elle a été chaleureusement accueillie — mais pas aussi chaleureusement qu’il y a un mois.

* Alors que la livre sterling prenait le dessus face au dollar, sur le continent le billet vert était également en mauvaise posture. A 1,36 dollars pour 1 euro, il est proche de son plus bas niveau. Le dollar semble porter le poids du système financier mondial sur ses épaules. Et quel système !

* Nous sommes stupéfait. Nous sommes sidéré. Nous ne voyons pas d’issue.

* Et pourtant, comme nous l’a dit un lecteur, cela fait un moment que nous le disons… mais le Grand Jugement n’arrivera peut être pas avant 40 ou 50 ans !

* Ou peut être que si…

** Prenez l’explosion des transactions (et autres opérations) — l’une des particularités les plus remarquables de ce marché. Il n’y a jamais eu autant de transactions… et autant de grosses transactions. Mardi, KKR a annoncé qu’il essaierait de tirer 1,25 milliards de dollars des poches publiques. Och-Ziff Capital Mangement, une société de fonds de couverture, a dit plus tôt qu’elle cherchait 2 milliards de dollars.

* Pendant ce temps, le groupe Carlyle s’empare du privé Manor Care pour 6,3 milliards de dollars et les Hôtels Hilton sont rachetés par Blackstone pour 20 milliards de dollars. Mais la plus grosse absorption de private equity est en route, au Canada, où Bell Canada Entreprises disparaît pour 32,6 milliards de dollars en cash plus 15,9 milliards en dettes.

* Les hedge funds et autres private equity ne se contentent pas de faire des transactions… ils DEVIENNENT ces transactions. "Les fonds de couverture s’engagent sur le chemin du public", affirme le New York Times. Ils s’engagent sur les marchés publics pour une raison simple : il y a de l’argent à se faire. Mais dans quel système sommes-nous si l’investisseur public pense pouvoir gagner de l’argent grâce à des fonds qui se moquent de lui ?

* "Ne laisse jamais à une bonne poire le temps de réfléchir" fait partie des 10 commandements de KKR, Blackstone et Och-Ziff. Ils le répètent à l’unisson pendant les réunions du conseil d’administration. Ils le mettent sur leur carte de visite. Ils l’impriment sur leurs titres et leurs reconnaissances de dettes.

* Bien évidemment, quand ces entreprises défilent pour entrer sur les marchés publics, elles sont obligées d’ouvrir leurs portes afin que l’on puisse voir ce qu’elles font. Dans le cas de Och-Ziff, on découvre que depuis plusieurs années, sa performance est la même que celle de S&P. Pourquoi un investisseur paierait-il "2 et 20" (la mise à prix standard du fonds de couverture est de 2% du capital et 20% des performances) pour avoir exactement la même chose que s’il piochait au hasard dans les listes de S&P ? Parce que c’est moins "risqué". Och-Ziff a obtenu les mêmes chiffres que S&P, mais avec plus de constance.

* Wall Street ne peut pas réellement mesurer les risques. Le marché ne sait pas plus que nous quand le "cygne noir" fera son apparition. Notre ami Nicholas Taleb a rendu le cygne noir célèbre en pointant le fait que ce n’est pas parce que tous les cygnes que nous avons vus étaient blancs que le prochain ne sera pas noir. Wall Street jette un œil en arrière et compte les cygnes. S’il compte vingt cygnes blancs pour un noir, il met le niveau de "risque" de voir apparaître un cygne noir à 5%.

* Compter les cygnes noirs dans les performances de S&P et les comparer à ceux de Och-Ziff peut être significatif — ou pas. Cela vaut peut être la peine de payer une prime pour connaître la constante la plus basse du phénomène. Mais selon nous, quand un cygne noir fera son apparition, S&P tombera, mais Och-Ziff aussi.

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AVEZ-VOUS DEJA PENSE A CES ACTIONS ?
Elles passent inaperçues pour beaucoup d’investisseurs… alors qu’elles pourraient augmenter vos gains de 74%… 53,8%… 35,14%… 43,17%… 60%… voire plus !

Ne passez pas plus longtemps à côté de ce potentiel : un clic suffit…

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*** La Chronique Agora présente ***

Se pourrait-il que les baissiers que nous sommes se trompent du tout au tout ? Puru Saxena, un contrarien chez les contrariens, pense que la dévaluation des devises milite pour une continuation de la hausse des actifs. La suite de son raisonnement, ci-dessous…

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LE BAISSIER SOLITAIRE — 2ème PARTIE
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Par Puru Saxena (*)

Dans le monde de l’investissement, tout est affaire d’offre et de demande. Les éléments très demandés tendent à voir leur valeur grimper par rapport aux éléments dont l’offre augmente rapidement. Si l’on applique ce principe à la situation actuelle, on voit que la masse monétaire grimpe d’environ 10% par an dans plusieurs pays, tandis que l’offre d’actifs ne suit pas le rythme. D’où le marché haussier des prix des actifs, lorsqu’on les mesure en termes de devises.

Je ne suis pas en train de dire que la croissance explosive de la masse monétaire ne peut pas être renversée, ou ne se renversera pas dans le futur — causant ainsi une sévère contraction des prix des actifs. Bien entendu, la tendance pourrait tout à fait s’inverser. Mais pour que cela se produise, il faudrait voir un authentique resserrement monétaire, par le biais de taux d’intérêt sensiblement plus hauts et d’une augmentation radicale des réserves obligatoires des banques. Les banques centrales savent parfaitement qu’étant donné les niveaux de dette élevés, des mesures aussi drastiques provoqueraient certainement une dépression mondiale, une recrudescence du chômage et de l’agitation sociale. Elles essaieront donc d’éviter ou de retarder autant que possible cette solution, soutenant par là même le marché haussier des prix des actifs… et la spirale mortelle pour votre épargne en liquide.

Récemment, plusieurs économistes et analystes respectés ont publié des articles passionnants expliquant pourquoi la fin est proche. Je suis d’accord avec leur évaluation selon laquelle certains actifs sont surévalués et prêts pour une correction (les actions chinoises viennent en tête). Cependant, je ne souscris pas à la thèse qui veut que simplement parce que le marché haussier des valeurs et des matières premières fête ses cinq ans, il doit prendre fin immédiatement. L’histoire montre que depuis l’abandon de l’or au début des années 70, les marchés haussiers durent pendant de très longues périodes.

De plus, le marché haussier actuel des valeurs boursières (en particulier mes préférées, celles des marchés émergents) et des ressources naturelles est solidement soutenu par les forces très réelles de l’industrialisation et de l’urbanisation de l’Asie, ainsi que par les déséquilibres offre/demande. Si l’on tient compte de la croissance de la masse monétaire et de la transformation rapide de l’Asie et de l’Amérique Latine, je pense que le boom mondial des actions et des matières premières durera pendant encore quelques années.

On ne peut remettre en question le fait que l’expansion mondiale dure depuis cinq ans, et que tout le monde en a parlé en détails ; par conséquent, les fruits "les plus faciles à atteindre" se font rares. De plus, je suis d’avis que, dans le futur, les investisseurs devront devenir beaucoup plus sélectifs lorsqu’ils prennent des décisions et investissent leurs capitaux. Pour un maximum de réussite et de sécurité, je vous conseille d’investir durant les pullbacks, tout en évitant les marchés surchauffés. En dépit des oiseaux de mauvais augure, cette stratégie devrait permettre d’engranger des gains raisonnables dans la période à venir.

Meilleures salutations,

Puru Saxena
Pour la Chronique Agora

(*) Puru Saxena est le rédacteur de Money Matters, une publication économique et financière. Conseiller d’investissement basé à Hong Kong, il participe régulièrement à des émissions sur CNBC, BBC World, Bloomberg TV & radio, NDTV, RTHK Radio 3, et écrit pour plusieurs journaux et publications financiers.

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(c) Les Publications Agora France, 2002-2007
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