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LA CHRONIQUE AGORA
Paris, France
Mercredi 03 mai 2006
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*** Ne faudrait-il pas nationaliser Clearstream ?
Philippe Béchade nous donne son avis sur la question des "chambres de compensation"…
*** En mai…
Vous connaissez le proverbe boursier, cher lecteur…
*** Explication de texte
Une lectrice américaine a du mal à suivre : Bill Bonner nous en dit plus…
*** Le salut économique à l’état pur (2)
Qui serait assez bête pour vendre l’or à découvert en plein marché haussier ? La réponse du Mogambo Guru…
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Laissez tomber la boule de cristal, le tarot de Marseille et les feuilles de thé
TROIS INDICATEURS SUFFISENT POUR PREVOIR LES MARCHES !
Pour découvrir lesquels… et comment les mettre au service de votre portefeuille… continuez votre lecture !
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Bonjour,
*** NE FAUDRAIT-IL PAS NATIONALISER CLEARSTREAM ?
** Nous ne savons si les opérateurs se sont laissés enivrer par l’odeur du muguet et si les premiers cris stridents des martinets au-dessus de l’Ile de France ont instauré une ambiance estivale sur les marchés… toujours est-il que Paris s’adjugeait plus de 1% de gains et réalisait la meilleure performance observée ce mardi sur le Vieux Continent.
Les principaux indices des places voisines talonnaient le CAC 40 d’assez près puisque Francfort s’adjuge 0,69%, Londres 0,96% et Milan 0,99%. L’argument haussier le plus convaincant du point de vue technique (si l’on excepte effectivement des présages tels qu’un muguet d’une blancheur exceptionnelle ou l’arrivée de quelques oiseaux migrateurs) est à rechercher du côté des volumes, avec près de cinq milliards d’euros échangés sur les blue chips de la cote et plus de 6 milliards d’euros en comptant les compartiments B et C d’Euronext.
Mais cela ne répond pas à notre principale interrogation : qu’est-ce qui a mis les investisseurs de si joyeuse humeur au lendemain d’une consolidation de Wall Street, assortie d’un nouveau record annuel en matière de rendement obligataires avec des T-Bonds qui affichent 5,12% pour la maturité 2016, et 5,23% pour le 30 ans ?
** Nombre d’alter mondialistes (mais nous doutons que ce soient de fervents adeptes de la spéculation boursière) avaient quelques raisons de se réjouir : le président bolivien Evo Morales a mis à exécution dimanche une des mesures phares qui avaient contribué à le faire élire fin 2005– la nationalisation du gaz et des hydrocarbures est désormais effective (la Bolivie est le second producteur de gaz d’Amérique du Sud).
Cette mesure était attendue depuis le mois de janvier. Pour la rendre encore plus symbolique, les compagnies étrangères ont vu débarquer sur leurs sites des fonctionnaires de l’administration fiscale bolivienne accompagnés de soldats en armes… mais cela n’impressionne guère les spécialistes du secteur pétrolier, qui en ont vu d’autres, et qui savent qu’Evo Morales ne peut prendre le risque de se mettre à dos les majors américaines ou européennes telles que Total, Repsol YPF , British Gas ou British Petroleum, puis le n°1 brésilien Petrobras. Cette gesticulation est en fait destinée à flatter l’orgueil national et s’inscrit dans le droit fil des mesures de confiscation des puits de pétrole exploités par Total et ENI au Venezuela sous la houlette de Hugo Chavez.
Le baril de pétrole s’est offert une belle remontée de 5% par rapport à vendredi matin sur le NYMEX ou l’IPE (marché à terme londonien). Nous allons surveiller de près cette réaction technique de l’or noir à partir de niveaux correspondant à ses zéniths de début septembre 2005 et fin février 2006 : nous avons fait le pari que le baril franchirait le seuil des 80 $ avant la fin du premier semestre 2006… et propulserait l’once d’or au-delà de 750 $ alors qu’un nouveau record vieux de 25 ans est d’ores et déjà battu à 666 $/once — diable !
Et la tension des taux ne fait en aucune façon de l’ombre au métal précieux : le cap des 4% est franchi sur les OAT, les T-Bonds offrent plus de 5,10%, mais l’once d’or a bondi de 2% mardi.
Les marchés obligataires flirtaient avec leurs planchers annuels suite aux propos de Ben Bernanke tenus lundi soir sur la chaîne financière CNBC : le président de la Réserve fédérale a estimé que les opérateurs ont un peu trop vite conclu à la stabilisation des taux à 5% la semaine prochaine.
La consommation des ménages américains a en effet affiché une progression inattendue de 0,6% au mois d’avril. La véritable surprise, cependant, provient de l’envol de 0,8% des revenus, deux fois supérieur aux estimations.
Ne confondons surtout pas ce dernier chiffre avec la hausse des salaires ; l’écart de 0,4% par rapport au consensus provient en fait du versement de prestations sociales saisonnières (allocations et autres indemnisations du domaine de la santé publique) et ne sera pas récurrent au mois de mai.
Les prix — hors pétrole et énergie — progressent à un rythme de 2,00% en glissement annuel, ce qui les situe à l’extrême limite de la "zone de confort" indiquée par la Fed : sans le mode de calcul hédoniste du baromètre de l’inflation (qui exclut notamment le secteur du logement et minore l’impact des taxes foncières locales), la cote d’alerte serait depuis longtemps dépassée.
** A propos de cote d’alerte, les voyants passent au rouge à Matignon puis à l’Elysée à propos de la ténébreuse affaire clearstream — institution bien mal nommée, puisque les flux de capitaux transitant par ce spécialiste du clearing de droit luxembourgeois, détenu par Deutsche Börse, y sont justement d’une totale opacité !
Depuis l’origine — fin des années 80, début des années 90 –, Clearstream est, du point de vue technique, une chambre de compensation. C’est un intermédiaire indispensable entre divers agents économiques qui s’échangent des instruments financiers (devises, titres, lignes de crédit…) dématérialisés.
Le métier de Clearstream, c’est de constater par exemple une transaction entre un acheteur et un vendeur, et de s’assurer que le débit et le crédit correspondent bien aux termes convenus entre les deux parties.
L’une des missions premières d’une chambre de compensation est non seulement d’enregistrer des mouvements de capitaux entre établissements bancaires mais également d’en conserver une trace, au cas où… Cependant, pour de nombreux clients dont la discrétion est le coeur de métier (voire une nécessité absolue dans certains cas), "les traces… voilà l’ennemi".
Clearstream — parce qu’aucune législation ne l’empêche au Luxembourg — propose l’effacement informatique des transactions, moyennant finances naturellement.
Le véritable problème ne se résume pas à la perte de "traçabilité" ni à un trafic d’anonymat — ce qui constitue en soi une pratique extrêmement choquante, alors que les réglementations qui s’appliquent au citoyen lambda lui interdisent de déplacer d’un pays à l’autre plus de quelques milliers d’euros.
Clearstream sert d’interface entre des centaines de milliers d’adhérents — qui devraient être tout au plus quelques milliers sur la planète. Cela englobe en fait toutes sortes de catégories de clients — personnes privées ou personnes morales — auxquelles les législations respectives de la plupart des pays signataires des accords de l’OMC interdisent d’utiliser directement ces services.
Il n’est pas question de se présenter au guichet de Clearstream avec un faux passeport de banquier et une mallette de billets usagés dont les numéros ne se suivent pas. Il suffit de se dissimuler derrière une société écran ou une fiduciaire inscrite dans un paradis fiscal… et le tour est joué.
** Clearstream est devenu, dans les faits, un intermédiaire incontournable pour le versement de commissions occultes, l’évasion fiscale et des transactions secrètes portant sur des montants colossaux, lesquelles échappent ainsi au contrôle des banques centrales (qui ne protestent guère !) : un vrai trou noir de la finance internationale.
Dans de telles conditions, les capitaux qui transitent via des chambres de compensation telles que Clearstream peuvent au besoin cesser d’avoir une existence aussi bien physique que légale. Une fois qu’ils disparaissent des écrans de contrôle du pays d’origine, ils peuvent (ou non) ressurgir quelque part dans l’univers… Mais de toute façon, nul n’a les moyens de découvrir se qui se passe au-delà de la ligne d’horizon informatique du trou noir.
Et puisqu’il n’y a pas moyen de le savoir, on peut également tout supposer ! C’est ce que ne manquent pas de faire les juges une fois que des "indiscrétions" (comprendre les efforts d’un délateur) portent à leur connaissance des mouvements de capitaux illicites et le nom des initiateurs ou des bénéficiaires.
Toute la difficulté consiste ensuite à établir si des numéros de compte apparemment authentiques correspondent bien aux propriétaires désignés. Le seul moyen est de procéder à des recoupements, ce qui suppose commissions rogatoires et perquisitions, aussi bien au domicile que sur le lieu de travail des personnes dénoncées. Une fois la machine judiciaire lancée — avec dans son sillage un cortège de fonctionnaires de police en uniforme — la présomption d’innocence ne pèse pas bien lourd.
** Rien de tout ceci ne serait possible si, dès l’origine, une transparence absolue — et garantie par des directives européennes draconiennes — régnait en matière de flux financiers transitant via des établissements de clearing privés situés au sein de l’Union Européenne. Si les textes de loi s’avèrent inopérants, et compte tenu des enjeux financiers colossaux (des milliers de milliards d’euros ou de dollars s’échangent certains jours), la solution ne consisterait-elle pas à "nationaliser" ce genre d’entreprise pour en confier la gestion à une administration ad hoc, à l’image de la police ou de la justice, qui refuserait toute transaction impliquant des capitaux dont l’origine apparaîtrait douteuse ou frauduleuse ?
La Bolivie s’apprête à nationaliser l’ensemble de ses ressources naturelles pour faire cesser le pillage des richesses de la nation (l’équivalent de plusieurs centaines de millions de dollars par an) ; le Luxembourg ou l’Europe ne pourraient-ils se mobiliser pour empêcher qu’un phénomène d’évasion fiscal massif — certes moins visible qu’un puits de pétrole ou une torchère sur un gisement gazier — n’appauvrisse nos vieilles démocraties de plusieurs dizaines de milliards d’euros par an ?
Mais les autorités de Bruxelles ne semblent pas pressées d’agir : cela peut se comprendre puisque aucun texte ne leur en donne les moyens.
Plus étonnant encore… cela ne semble même pas faire débat dans la presse, car le seul fait d’enquêter sur ce genre de dossier sulfureux (blanchiment d’argent sale, commissions occultes, transactions secrètes entre diverses filiales de multinationales dont Enron ou Parmalat furent de beaux exemples…) débouche souvent sur une avalanche de procédure judiciaires en diffamation — le genre de riposte le plus souvent abusive qui discrédite partiellement les journalistes jusqu’à la relaxe qui survient dans 98% des cas… et peut priver leurs employeurs de juteuses recettes publicitaires.
Philippe Béchade,
Paris
PS : Pour retrouver une analyse complète de la séance en cours — et les recommandations du jour de Philippe Béchade — il vous suffit de composer le 0899 707 009* dès 15h45 cet après-midi.
*(1,35 euros l’appel + 0,34 euro/minute)
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Eric Fry nous donne les dernières nouvelles de Wall Street
*** EN MAI…
** Le mois de mai est arrivé, ce qui signifie qu’il est temps de rendre hommage à l’un de nos adages favoris : "en mai, vendez et partez". Depuis plus de 50 ans, selon le Stock Trader’s Almanac, les actions — et plus précisément les actions américaines — enregistrent de mauvaises performances entre le début mai et la fin octobre.
- 2006 ne devrait pas faillir à la règle.
- Les six prochains mois verront en effet trois cycles "saisonniers" différents qui sont tous de mauvais augure pour les cours américains. Pour commencer, donc, les actions sont en général à la traîne entre mai et octobre. Selon Jeffrey Hirsch, qui publie l’almanach cité ci-dessus, les marchés américains tendent à produire tous leurs gains durant les six mois entre le 1er novembre et le 30 avril. Ainsi, par exemple, un investisseur hypothétique qui aurait placé 10 000 $ dans le Dow Jones Industrial Average à la fin avril tous les ans depuis 1950 et revendu à la fin octobre n’aurait pas gagné d’argent du tout. Mais quelqu’un achetant à la fin octobre chaque année et vendant à la fin avril aurait récolté pas moins de 534 323 $.
** Cette année, cependant, l’influence mai-octobre n’est pas le seul facteur baissier saisonnier à l’oeuvre. Le prétendu cycle des élections pèse aussi au-dessus des marchés comme une lame de guillotine. "Les données du S&P montrent que lors des quatre années de mandat d’un président, les deuxième et troisième trimestre avant les élections de mi-mandat sont la période la plus faible pour les actions", déclare Bloomberg News. "Le S&P 500 a chuté de 2% et 2,2% respectivement [durant ces trimestres] en moyenne depuis 1945."
- Un performance boursière morose avant les élections de mi-mandat cette année ne serait guère difficile à imaginer, étant donné le plongeon de la cote tant du président américain que du Congrès. Dans un sondage publié la semaine dernière par le Wall Street Journal-NBC News, les avis favorables au président Bush sont passés à 36%, le niveau le plus bas jamais atteint. Les avis favorables au Congrès étaient plus bas encore, à 22%.
** Un troisième facteur "saisonnier" suggère aussi que les actions ne vont pas tarder à baisser plus encore. "Dans trois des quatre cas qui se sont présentés depuis 1970 où un président de banque centrale a pris les commandes, les actions ont chuté à un plancher de marché baissier en huit mois et demi [maximum]", rapporte Bloomberg News. "Le plancher du ‘Lundi noir’ atteint le 19 octobre 1987 s’est produit deux mois après que Greenspan a pris le contrôle."
- Bernanke a succédé à Alan Greenspan à la tête de la Fed le 31 janvier, ce qui signifie que le marché devrait atteindre un plus-bas de marché baissier pas plus tard que le 15 septembre prochain. L’évolution volatile des cours ces deux derniers jours, générée par Bernanke, montre très clairement la raison pour laquelle les investisseurs devraient respecter cet indicateur. Un nouvel arrivant ne peut éviter de commettre quelques erreurs… comme par exemple de mettre les pieds dans le plat à tel point que le Dow chute de quelques centaines de points.
- Certes, la confluence de trois facteurs saisonniers négatifs ne garantit pas une vague de vente sur les marchés, mais elle fournit de nombreuses raisons de "vendre en mai", surtout lorsqu’on se souvient que le prix du pétrole est deux fois plus élevé qu’il l’était il y a un an de cela… et que la rhétorique guerrière entre Washington et Téhéran est dix fois plus belliqueuse. De plus, les quatre premiers mois de 2006 ont déjà fourni une bonne année de rendement dans divers secteurs boursiers. L’indice Russell 2000 (petites valeurs américaines) a grimpé de 13% par rapport à la même date l’année dernière, tandis que l’indice MSCI des marchés émergents est en hausse de près de 20%, ce qui revient à des rendements annualisés de 57% et 70% respectivement. Peut-être ces deux indices seront-ils bien plus élevés le 31 octobre… mais le poids des tendances historiques suggère qu’il en sera autrement.
- Achetez en mai si vous le devez… mais pourquoi ne pas sortir des marchés pendant quelques temps et aller faire un tour en forêt ?
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Bill Bonner, co-fondateur de La Chronique Agora, à Londres
*** EXPLICATION DE TEXTE
** "Je ne comprends toujours pas", écrit une lectrice américaine. "Que voulez-vous dire, s’il vous plaît, quand vous écrivez que ‘l’argent quitte la maison en serviteur et revient en maître’ ? Je me creuse la cervelle pour comprendre."
* Notre lectrice fait allusion au déficit commercial américain. Nous ne voudrions pas qu’elle se creuse la cervelle sur un sujet aussi trivial, aussi allons-nous tenter d’expliquer en prose ce que nous voulions dire. Pour commencer, une doléance : le problème avec la vie publique, dans ce grand empire, c’est que les gens ne lui manquent pas assez de respect. Ils lisent les nouvelles et les prennent au sérieux. Ils écoutent les politiciens et oublient de rire. Ils mettent des livres d’économistes dans des rayons qui ne sont pas réservés à la fiction. Ils achètent des magazines sur des célébrités comme Paris Hilton et Hillary Clinton. Ils veulent parler de "politique publique" avec leurs amis.
* Mais rares sont les citoyens qui essaient de comprendre ce que le déficit commercial implique. Et ces malheureux méritent toute notre sympathie.
** Nous avons une petite anecdote de l’histoire récente : jadis, Quand Internet N’Existait Pas Encore, il y avait un groupe d’électeurs appelés "les républicains". Ces gens se lamentaient sur les subventions gouvernementales, déploraient la dette sous toutes ses formes et couvraient de plaintes et d’avertissements le parti au pouvoir — dirigé par "les démocrates". Puis "les républicains" trouvèrent un champion — un ancien animateur radio appelé Ronald Reagan ; avec lui à la tête de leurs légions, ils purent abattre "les démocrates" et les chasser du pouvoir.
* Mais une fois eux-mêmes en place, ces "républicains" tombèrent sous le charme de la Lorelei — sous l’apparence des "nouveaux conservateurs", ou "néo-conservateurs" — qui affirmaient que le groupe avait besoin d’un programme activiste à l’image de celui qui avait servi à l’empire romain : du pain et des jeux à domicile, des guerres à l’étranger.
* "Mais comment nous permettre de telles choses ?" demandèrent les anciens "républicains". "Ne vous inquiétez pas", déclarèrent les nouveaux conservateurs, "les déficits importent peu".
* Les nouveaux conservateurs firent donc ce qu’aucun conservateur n’avait jamais fait avant eux — ils devinrent prodigues, pire encore que les "démocrates" qui les avaient précédés. Lorsqu’arriva le règne de George W. Bush le Jeune, les néo-conservateurs accumulaient plus de dettes tous les 18 mois que tous les présidents et toutes les administrations combinés depuis la fondation de la république 204 ans auparavant.
* Et ce n’étaient là que les dettes publiques du gouvernement fédéral. Mais leurs économistes de poche appliquèrent le même mode de pensée aux comptes privés du pays. "Ne vous inquiétez pas du déficit commercial", dirent-ils, "en réalité, c’est un signe de santé économique, non de faiblesse."
** Un autre George — George Gilder, qui plaçait toute sa confiance dans Global Crossing, dont l’effondrement spectaculaire a symbolisé la catastrophe des technologiques — affirme que le déficit commercial n’est pas un problème, parce que les dollars finissent par revenir aux USA. Nous achetons des choses en Asie, remarque-t-il, puis les Asiatiques prennent l’argent et le réinvestissent dans notre économie. Que pourrait-il y avoir de mieux ?
* C’est bien ce qui motive nos réflexions du jour : certes, les dollars reviennent. Mais ils sont partis serviteurs, et reviennent en maîtres. Lorsqu’ils sont dépensés, ils obéissent à nos ordres. Mais lorsqu’ils reviennent, nous sommes aux leurs ; ce sont nos nouveaux patrons, les propriétaires de nos usines, de nos prêts hypothécaires, de notre dette nationale. Nous leur devons nos emplois et même notre sécurité nationale.
* La majeure partie de la dette étrangère américaine, par exemple, est aux mains des Japonais et des Chinois. Sans leur soutien, les Etats-Unis ne peuvent se permettre ni du pain et des jeux à domicile, ni des guerres à l’étranger.
* Cependant, aucune véritable grande puissance ne peut être redevable à ses créditeurs étrangers, déclare Paul Craig Roberts. Aucun véritable empire n’a jamais été dans une position si compromettante, ajoute Niall Ferguson. Celui qui paie l’orchestre, notons-nous, décide de la musique.
* Et aucun lecteur de la Chronique ne devrait ignorer les implications financières de tout cela : le dollar est maudit. Cette semaine, les contrats juin en euros ont grimpé à 1,26 $. L’or a grimpé à 660 $. Le dollar est condamné pour la simple raison qu’il ne reste plus personne pour le protéger. Les anciens "républicains" se retournent peut-être dans leurs tombes, mais que peuvent-ils faire ? Tout se dégrade, dégénère et se déstabilise — même les partis politiques. Le parti républicain est désormais aux mains des grands dépensiers, des activistes, des rêveurs et des comploteurs. La Fed est à présent gérée par un homme qui pense pouvoir "cibler" l’inflation et maintenir l’économie en plein boom.
* Les autorités peuvent contrôler la quantité de dollars — ou leur qualité. Mais pas les deux. Ceux qui auraient pu contrôler la qualité du billet vert ont disparu de la vie publique. A quoi d’autre fallait-il s’attendre ? La quantité est hors de tout contrôle. Pour les nouveaux républicains, ce qui était autrefois un principe est devenu simple commodité. Et bientôt, la destruction de la devise deviendra un fait.
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*** La Chronique Agora présente ***
Manipulation des marchés et achat de métal… la situation n’est pas simple, sur le marché de l’or, comme le Mogambo Guru continue de nous l’expliquer.
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LE SALUT ECONOMIQUE A L’ETAT PUR — 2ème PARTIE
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Par le Mogambo Guru (*)
Que vous croyiez ou non un fou furieux comme le Mogambo Guru (et vous seriez bien bête de le faire), le lease rate de l’or a à nouveau chuté récemment pour atteindre un statut bien singulier — une situation étrange où prêter de l’or à court terme coûte la même chose que le prêter à long terme !
Et bien sûr, pile au même moment, le prix de l’or n’a pas tardé à baisser considérablement ! Vous voulez plus de preuves qu’une simple petite coïncidence ? Je hoche la tête avec incrédulité, parce que vous n’êtes de loin pas aussi paranoïaque que vous devriez l’être, et pas aussi énervé que vous n’allez pas tarder à l’être.
D’ailleurs, si vous vérifiez votre Manuel Pratique Mogambo (MPM), vous remarquerez que j’y recommande de vous emparer physiquement d’or et d’argent-métal. Une des raisons à cela est qu’une fois que vous avez payé votre métal et que vous l’avez en main, vos coûts annuels se montent à zéro, tandis que les maisons de courtage et les fonds d’investissement ne cessent de vous demander des frais et des commissions, des honoraires, des taxes et des prélèvements jusqu’à ce que vous finissiez par vous exclamer un jour : "ils me volent jusqu’à ma dernière chaussette !".
Si vous voulez une autre raison de vous approprier de l’or physique, vous serez peut-être intéressé par le fait qu’un fonds d’investissement peut perdre de la valeur alors même que les actions d’or et d’argent grimpent. Il suffit de jeter un coup d’oeil au prospectus qui m’a été envoyé par un fonds de ma connaissance : dans le chapitre concernant les risques entraînés par la possession de parts dans le fonds, on trouve une phrase parlant des "Risques de prêt de titres. Toute perte dans le cours des titres prêtés par le fonds se produisant durant le terme du prêt seront supportés par le fonds et auront une influence défavorable sur la performance du fonds".
Et qui sont ces gars empruntant mes actions et infligeant une perte à mon fonds d’investissement ? La réponse : des gens qui ont vendu l’or à découvert ! Hahaha ! En d’autres termes, des gens qui ne sont pas très intelligents ! Excusez mon hilarité, mais qui serait assez bête pour vendre l’or à découvert en plein marché haussier ?
En allumant mon Analyseur de Risque Mogambo (ARM), je découvre rapidement que, malheureusement, les chances de récupérer mon argent — après que le fonds d’investissement l’a prêté à d’infâmes vermines — sont officiellement Plutôt Assez Minces (PAM). Et cela coïncide exactement avec le fait que des gens ayant prêté de l’argent à une vermine infâme appelée Mogambo ne l’ont jamais récupéré non plus. Vous voyez bien que tout cela concorde un peu trop parfaitement à mon goût !
Et si cela ne suffisait pas, comme raisons de détenir de l’or physique, certaines des sociétés aurifères que j’ai en portefeuille me demandent sans arrêt de voter pour toutes sortes de propositions bizarres enfouies au plus profond de leurs dépliants — comme par exemple leur permettre d’émettre plein d’options gratuites que la société puisse distribuer à des gens "sélectionnés". Cela leur permet, dans un avenir proche, d’acheter des actions de l’entreprise, mais au prix actuel ! Hahaha ! Assez bizarrement, je pense que cette arnaque éhontée signifie qu’ils pensent que le prix de l’or va grimper, s’ils sont assez avides pour tenter le coup en ce moment ! Vraiment haussier !
Bien entendu, il faut également compter avec les salaires gigantesques des cadres etc., sans parler de la dilution constante des actions qu’ils se les distribuent mutuellement. Je suis certain qu’ils ne sont qu’un tas de voyous voleurs et menteurs comme ceux qu’on trouve dans n’importe quelle société cotée.
Meilleures salutations,
Le Mogambo Guru
Pour la Chronique Agora
— Comme le dit le Mogambo : Le prix équilibrant l’offre et la demande, la hausse constante de l’or ces dernières années signifie que la demande est plus élevée que l’offre. C’est tout ce que vous devez savoir pour acheter quelque chose — et en particulier de l’or dans les conditions économiques actuelles.
(*) Richard Daughty est associé gérant et directeur d’exploitation pour Smith Consultant Group, qui sert les secteurs financier et médical. Il est également l’auteur de la lettre d’information économique Mogambo Guru, un exercice visant à accumuler les sarcasmes sur ceux qui le méritent largement. Le Mogambo Guru est souvent cité dans le journal Barron’s ou dans le Daily Reckoning, l’équivalent américain de la Chronique Agora.
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(c) Les Publications Agora France, 2002-2006
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Nota bene : reproduction partielle ou totale de la présente Chronique STRICTEMENT INTERDITE sans accord écrit de la société éditrice.
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La Chronique Agora est une lettre électronique quotidienne gratuite distribuée par les services financiers des Publications Agora. Si vous désirez appliquer les conseils et évoqués dans cet e-mail, n’hésitez pas à vous abonner à l’une de nos lettres.
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