Le monstre de la dette va-t-il se déchaîner ?

Rédigé le 26 avril 2018 par | Banques Centrales, Dette, Simone Wapler Imprimer

Le système monétaire et financier actuel défie les traditions. Mais les taux longs montent aux Etats-Unis et certains redoutent la contagion.

Les traditions représentent souvent un condensé de savoir-faire soigneusement accumulé. Leur oubli engendre des monstres, analyse Bill Bonner.

Le système monétaire actuel défie 5 000 ans de traditions. Il est basé sur le crédit illimité. La monnaie sous forme de crédit n’a rien de nouveau en soi, Sumer connaissait déjà un tel système. Mais les Sumériens puis les Hébreux avaient compris qu’il fallait limiter le crédit car le revers du crédit, c’est la dette. La dette ne peut dépasser les capacités humaines de travail et de durée de vie.

Pour limiter le crédit, les Sumériens prévoyaient une durée d’esclavage plafonnée à quatre ans pour le mauvais payeur et sa famille. Les Hébreux prévoyaient un jubilé qui effaçait les dettes tous les 50 ans. Notre système moderne défie les traditions et ne prévoit aucune limite.

Le poids de la plus grosse dette augmente

La plus grosse dette appartient à la plus grosse économie : celle des Etats-Unis. Le rendement des bons du Trésor américain à 10 ans viennent d’atteindre 3% alors que cette semaine, le Trésor prévoit d’émettre 96 milliards de dollars de nouvelle dette.

Les marchés financiers craignent une contagion et que le crédit devienne plus cher partout. Pour le moment, en Europe, nous ne sommes pas encore touchés car Mario Draghi à la Banque centrale européenne continue à créer du crédit gratuit en abondance.

Les Allemands, plus traditionalistes, sont très sceptiques quant au bien-fondé de cette politique monétaire qu’ils cautionnent contre leur gré.

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Lorsque la monnaie n’était pas du crédit, la tradition penchait pour un système adossé à l’or ou à l’argent. Ainsi la monnaie était reliée à une marchandise disponible en quantité limitée, ce qui était une autre façon de limiter le risque. Ce système a été officiellement abandonné en 1971 mais les banques centrales ont malgré tout conservé un peu d’or dans leurs coffres aux côtés de leurs ordinateurs.

Les Allemands rapatrient leurs réserves d’or stockées à l’étranger depuis 2012. La banque centrale allemande vient de convier le public à examiner ses réserves, nous apprend Les Echos.

Les Allemands rapatrie leurs réserves d'or stockées à l'étranger depuis 2012. La banque centrale allemande vient de convier le public à examiner ses réserves nous apprend Les Echos.

Il s’agit « d’accroître la confiance au sein du public allemand ».

Les stocks d’or – soit environ 117 milliards de dollars au cours actuel de l’or – représentent 70% des réserves de change de l’Allemagne. Ce qui veut dire que seulement 30% des dites réserves sont des obligations rapportant un petit quelque chose.

Ce traditionalisme allemand doit faire ricaner Keynes dans sa tombe, lui qui qualifiait l’or de « relique barbare ». Il est vrai que sa doctrine économique révolutionnaire défie aussi la tradition. Elle prétend que la consommation – et non l’épargne – est le moteur de l’économie.

Certains pays ont été séduits par la modernité et ont mis la charrue avant les boeufs. Avec le système monétaire actuel de crédit sans limite, ils sont très lourdement endettés et incapables de supporter une hausse des taux d’intérêt.

Le monstre de la dette va-t-il éclater ? Les Allemands ont-ils raison de se cramponner aux traditions ? Peut-être allons-nous avoir bientôt la réponse.

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Simone Wapler
Simone Wapler
Rédactrice en Chef de Crise, Or & Opportunités et de La Stratégie de Simone Wapler

Simone Wapler est ingénieur de formation. Elle a travaillé dans le secteur de l’ingénierie aéronautique. Cette double casquette ingénieur/analyste financier est un véritable atout qu’elle met au service des abonnés.

Elle aborde les marchés avec l’œil du professionnel, de l’ingénieur, de l’industriel, et non celui du financier.

Son expertise, notamment dans le secteur des métaux de base et des métaux précieux, lui donne une longueur d’avance, une meilleure compréhension des vrais tenants et aboutissants du marché des ressources naturelles — un marché par ailleurs en pleine expansion, dont Simone Wapler connaît parfaitement tous les rouages, notamment au niveau de l’offre et de la demande.

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2 commentaires pour “Le monstre de la dette va-t-il se déchaîner ?”

  1. Les fondamentaux ne meurent jamais.Sinon plus besoin de travailler,chacun peut imprimer de la monnaie(pourquoi pas des cryptos)et s’acheter ce qui lui plait sans limites

  2. Il n’y a pas besoin de limiter la dette à condition que celle-ci soit exclusivement adossée sur l’épargne. La croissance de la dette est nécessaire à la croissance économique puisqu’elle finance les nouvelles capacités productives. Tant que la dette finance des investissements productifs, elle reste parfaitement soutenable.

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