Quelle est notre mission ?

Rédigé le 5 décembre 2013 par Bill Bonner | Article, Bill Bonner

▪ Nous nous sommes posé une grave question, hier.

Quelle est notre mission au sein de La Chronique Agora ?

La réponse est simple. Nous essayons de relier les points. Nous essayons d’interpréter le monde de l’argent. Nous essayons de comprendre ce qui se passe.

Les lecteurs alertes auront reconnu qu’il y a là plus de points communs avec la philosophie qu’avec l’économie moderne.

C’est vrai.

La seule sorte d’économie qui vaille quoi que ce soit est philosophique, non mathématique ou scientifique. Elle est philosophique — comme l’histoire ou la littérature — dans le sens où elle tente simplement d’observer et de comprendre, non de manipuler les gens comme s’ils étaient des clous à 10 centimes pièce.

L’autre sorte d’"économie" — l’économie moderne, "scientifique" — est une fraude. Non seulement elle prétend comprendre les mécanismes économiques… mais être capable de les améliorer. Les économistes modernes s’y efforcent depuis près de 100 ans — planifiant, organisant, théorisant, contrôlant, ajustant, pontifiant, forçant, fixant les prix, contenant les taux d’intérêt et commettant d’autres actes de vandalisme économique. Durant cette période, personne n’a jamais pu constater la moindre once de succès confirmé.

Mais — en supposant que vous êtes toujours avec nous, bien entendu… pourquoi se donner la peine d’essayer de comprendre les choses ? Personne ne s’en soucie. Personne n’aime les philosophes. On a forcé Socrate à boire du poison. On a poussé Nietzsche à la folie. Wittgenstein a perdu la tête tout seul.

Les gens sensés n’ont aucun usage pour la philosophie et les philosophes. Ce qu’ils veulent, ce sont des hommes d’action. Larry Summers ! Ben Bernanke ! Alan Greenspan ! Oui… ils veulent des imbéciles qui ont une grande g***le… des gens qui "feront quelque chose", aussi idiot que ce soit.

Oups… Voilà que nous délirons comme un fou furieux.

Revenons-en à nos moutons. Où en étions-nous ? Ah oui… Notre mission : essayer de comprendre.

Mais pourquoi ? Bonne question, cher lecteur, vous êtes vraiment en pleine forme, aujourd’hui.

D’abord parce que nous voulons un avantage… Nous voulons comprendre des choses que les autres ne comprennent pas. Pourquoi ? Peut-être parce que ça nous donne un sentiment de supériorité. C’est le but de tous les hommes honnêtes… se sentir supérieurs à leurs concitoyens. Heureusement, il n’est guère d’y parvenir dans l’Amérique moderne.

Mais il y a une autre raison…

Plus on comprend ce qui se passe vraiment, meilleures sont nos décisions d’investissement de long terme. Ou pas. Certaines personnes pensent qu’il ne faudrait même pas essayer. Selon elles, on n’en sera jamais capable. On ne fait que se mentir à soi-même, en pensant savoir quelque chose qu’on ignore. Par ailleurs, les efforts consacrés à la tâche pourraient être mieux employés en recherches boursières.

Ces gens ont peut-être raison. Mais nous essayons de relier les points depuis longtemps. Nous n’allons pas arrêter maintenant. Ce qui ne signifie pas que nous les relions toujours de la bonne manière. Mais nous continuons malgré tout. Et nous espérons que vous ferez partie du voyage.

Partagez ce contenu

Mots clé : -

photo auteur
Bill Bonner
Fondateur de AGORA

Né en 1948, Bill Bonner est le fondateur d’AGORA, le plus large réseau d’entreprises indépendantes de presse spécialisée au monde.

En 1978, depuis sa ville natale, Baltimore (Maryland, Etats-Unis), Bill Bonner a voulu développer un « marché » (« Agora » en grec) des idées. Pas de l’information homogénéisée telle que les médias grand public relayent sur nos écrans et journaux, mais une source d’idées diverses avec des opinions et des avis originaux, alternatifs et surtout utiles. Bill a à cœur d’aider les lecteurs à mieux comprendre le monde dans lequel ils vivent, et à agir en conséquence. Que ce soit en matière de géopolitique, de macro-économie ou tout simplement dans le domaine de l’épargne, Bill incite ses lecteurs à cultiver un esprit vif et anticonformiste.

« Parfois nous avons raison, parfois nous avons tort, mais nous sommes toujours dans le questionnement », telle est la devise de Bill.

Bill a également co-écrit des livres qui ont tous figuré dans la liste des best-sellers du New York Times et du Wall Street Journal : L’inéluctable faillite de l’économie américaine (2004), L’Empire des dettes. À l’aube d’une crise économique épique (2006) et Le Nouvel Empire des dettes. Grandeur et décadence d’une bulle financière épique (2010).

Dans son dernier livre, Hormegeddon, quand trop de bien nuit (2015), paru aux Belles Lettres (www.lesbelleslettres.com), Bill décrit ce qu’il advient lorsque l’on abuse d’une bonne chose dans les sphères de la politique, de l’économie et des affaires. En bref, trop de bien conduit au désastre.

Vous pouvez retrouver les notes de Bill au quotidien dans La Chronique Agora.

Un commentaire pour “Quelle est notre mission ?”

  1. Je vais vous aider car vous me faites de la peine.

    Bien que je sois né dans la religion catholique, j’en suis arrivé à la conclusion de simple bon sens que Jésus de Nazareth a été descendu de la croix pas complètement mort. Le christianisme est basé sur une colossale méprise.

    Pourtant, la seule réponse à votre question sur l’état du monde, qui tienne à peu près la route, est la suivante : nous sommes à la fin des temps (ce qui ne signifie pas la fin de l’humanité, mais plutôt la fin de notre civilisation occidentale judéo-chrétienne helléno-centrée.)

Laissez un commentaire