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La Chronique Agora
Paris, France
Mercredi 27 juin 2007
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*** Plus que 48 heures à tenir !
C’est bientôt la fin du premier semestre… et il faut sauver l’honneur !
*** Mauvais marchés, bons investissements
Chris Mayer nous donne les trois caractéristiques communes aux investisseurs les plus prospères
*** Lourde ironie
Blackstone, Peter Schwarzman et le dollar zimbabwéen…
*** Chronique (économique) martienne (2)
La vue de là-haut ne doit pas donner envie de passer ses vacances sur Terre…
—————————– (publ.)
ENFIN RÉVÉLÉS !
Tous les secrets sur l’une des formes d’investissement les plus profitables au monde
C’est comme si vous aviez votre propre casino privé… où vous pouvez faire pencher les chances de VOTRE côté pour des gains rapides de 102,94%… 101,94%… 100%… 180,96% et plus !
Continuez votre lecture pour découvrir ces investissements pas comme les autres…
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Bonjour,
*** PLUS QUE 48 HEURES A TENIR !
** Nous vous avions fait part lundi de notre incrédulité face à la réaction positive de Wall Street à la lecture de statistiques relatives au marché de l’immobilier dont le seul titre de gloire fut d’être moins pires que prévu (en excluant l’explosion de 5% des stocks de logements invendus). Convaincu de la sagacité de certains intervenants généralement bien informés, nous avions émis l’hypothèse que le chiffre des ventes de logements neufs — ou au moins l’une des composantes relatives aux volumes ou aux prix — constituerait une bonne surprise mardi.
Nous avions faux sur toute la ligne : selon le dernier rapport mensuel du département du Commerce, les ventes de logement neufs chutent de 1,6% au mois de mai, pour un total de 915 000 unités. Le nombre de ventes comptabilisées en avril, quant à lui, a été révisé en baisse de 50 000 (soit -5% par rapport à l’estimation initiale), de 981 000 à 930 000.
L’autre aspect fâcheux des statistiques du jour à trait au prix de vente moyen des maisons : il continue de reculer (-0,9%) pour le 10ème mois consécutif, du fait d’importants rabais consentis par les promoteurs et les constructeurs.
L’un d’entre eux, le groupe Lennar (le n°1 américain de la construction de maisons individuelles) annonce des pertes voisines de 250 millions de dollars, du fait de sacrifices consentis sur ses marges. Le résultat par action passe d’un profit de 2 $ en juin 2006 à une perte de 1,55 $ — après imputation de charges exceptionnelles liées notamment au non-exercice d’options d’achat sur des terrains à bâtir.
Lennar avait au moins eu le réflexe de souscrire une sorte d’assurance contre un retournement du marché immobilier. Mais combien de ses concurrents ont jugé bon de l’imiter, et vont se retrouver propriétaire d’hectares dont ils ne sauront que faire, sinon tenter de les brader avant que ne s’abattent les taxes foncières ?
Le plongeon dans le rouge des trimestriels de Lennar s’accompagne d’un repli de 37% du chiffre d’affaires ( à 2,9 milliards de dollars), tandis que les entrées de nouvelles commandes ont reculé de 29%, à un peu plus de 8 000 maisons contre 12 000 deux ans auparavant.
Mais l’aspect le plus spectaculaire, c’est l’effondrement de la valeur du carnet de commandes : – 56% à 2,8 milliards de dollars. Dans un communiqué, la direction du groupe indique s’attendre à une conjoncture encore plus difficile d’ici la fin de l’année 2007.
** De tels chiffres ne sauraient laisser indifférents les propriétaires de maisons individuelles appelés à revendre leur bien pour cause de mobilité professionnelle, de divorce ou de saisie. Il n’est donc guère étonnant de voir l’indice de confiance des ménages américains chuter pour le troisième mois consécutif, de 108,5 vers 103,9.
L’enquête mensuelle démontre qu’une majorité des individus sondés perçoivent une dégradation du marché du travail : trouver un nouvel emploi bien rémunéré devient plus ardu… sauf bien entendu à Wall Street où les banques d’affaires se battent à coup de millions de dollars pour attirer des petits génies des mathématiques, de la fiscalité, des swaps de taux ou de la restructuration de dettes.
** D’ailleurs, Wall Street ne souffre en aucune manière d’une menace immédiate de baisse du revenus des traders ni des affres de la récession dans le secteur immobilier (allez trouver un appartement sur Central Park digne des méga-bonus distribués aux brasseurs d’affaires évoqués la veille dans le cadre des 5 000 milliards de dollars de fusions-acquisitions anticipées d’ici fin 2007 !). Les marchés américains ont donc semblé, tout comme la veille, trouver les chiffres du jour à leur goût : le Dow Jones et le S&P 500 se redressaient à mi-séance de 0,5%, le Nasdaq de 0,35%.
Echaudés par le revirement de tendance survenu en cours de soirée lundi (la faute aux hedge funds), les investisseurs ont fait preuve de prudence hier sur le Vieux Continent. L’Euro-Stoxx 50 abandonnait 0,5%, tandis que Paris et Francfort lâchaient 0,85% en moyenne — et Milan jusqu’à 1,15%.
La marge de sécurité se réduit sur les principaux indices paneuropéens ; la formation d’un splendide "M" baissier sur l’E-Stoxx ou l’Eurotop 100 n’a échappé à aucun analyste technique. Cependant, l’expression la plus parfaite de cette figure dite "en double sommet" nous est offerte par le Dow Jones et le S&P 500, quasiment au point d’indice près dans les deux cas. Cela paraît trop évident, mais souvenez-vous du double creux (ou "W" haussier) apparu au cours de la première quinzaine de mars, qui avait fonctionné à la perfection.
La seconde tentative de redressement du Dow Jones en moins de 48 heures ne nous surprend guère. Comme nous l’avons déjà évoqué, il n’y a plus que 48 heures à tenir pour clôturer le premier semestre sur un score plus qu’honorable — et le second trimestre 2007 demeure le plus flamboyant observé à Wall Street depuis le quatrième de l’année 2003… mais à l’époque, les cours étaient revenus au plus bas depuis 10 ans.
** Les investisseurs parient en outre que la Fed ne véhiculera ce mercredi soir aucun message qui puisse indisposer Wall Street à l’issue de son conseil de politique monétaire.
Elle n’aura a priori aucun mal à démontrer que la crise que traverse le secteur immobilier n’affecte en rien la consommation ni la productivité aux Etats-Unis : la croissance devrait poursuivre son expansion à un rythme plus modéré, sans risque de récession. Les pressions inflationnistes devraient quant à elle rester contenues, pourvu que le cours du baril ne s’installe pas durablement au-dessus des 75 $.
En ce qui concerne la crise du subprime, le même raisonnement qui avait prévalu au sujet des organismes de crédit s’adressant à une clientèle insolvable pourrait s’appliquer aux hedge funds trop exposés sur les dérivés de prêts exotiques : les canards boiteux ont vocation a être éliminés par le système, c’est le cours normal du capitalisme.
Les commentateurs ont beau jeu de démontrer que les difficultés rencontrées par les hedge funds sur certaines catégories de produits dérivés ne concernent qu’une fraction marginale des supports d’investissement. Les banques d’affaire devront supporter quelques déconvenues — à l’image de Bear Stearns ou Goldman Sachs — mais elles gagnent beaucoup d’argent par ailleurs, sur un nombre incalculable de supports (actions, warrants, options exotiques, trading sur les matières premières, l’énergie ou les devises), de telle sorte que les activités de marché et d’offre de crédit demeurent globalement très rentables.
Et si les marchés s’alarmaient d’une montée des périls, la Fed aurait tout le loisir de faire ce que tout le monde attend d’elle : réduire de 25 points le loyer de l’argent afin de détendre l’atmosphère… à défaut de pouvoir s’opposer durablement à un renversement de cycle économique à l’échelon planétaire.
** Mais peut-elle se permettre d’affaiblir le dollar — en abaissant sa rémunération — face au yen ?
Le carry trade yen/dollar demeure la clé de voûte de la cathédrale de dette (le plus souvent libellée en dollars) sur laquelle repose l’expansion des marchés financiers. La remontée de la devise nippone s’accompagnerait d’un soudain assèchement des liquidités, soit le pire cauchemar d’un brasseur d’argent normalement constitué.
Le bon docteur Bernanke doit savoir qu’il ne peut compter, depuis sa prise de fonction, que sur l’effet placebo de ses diagnostics économiques. Vu l’état de santé global du système financier américain et de son taux de cholestérol (artères tapissées de dettes), il est clair que la panoplie de remèdes à laquelle chacun se raccroche psychologiquement serait pire que le mal… à commencer par cet encouragement permanent à commettre d’autres excès d’alcool et de mauvaises graisses.
Philippe Béchade,
Paris
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Chris Mayer vous donne les dernières nouvelles de Wall Street
*** MAUVAIS MARCHÉS, BONS INVESTISSEMENTS
** Le génie d’un grand investisseur tient en partie à son talent naturel, impossible à imiter — tout comme d’innombrables heures d’entraînement au golf ne feront pas de vous Tiger Woods. Mais vous pouvez copier certaines choses — dont trois en particulier : la discipline sur le prix que vous payez pour un investissement, un portefeuille stable (où vous conservez vos valeurs plus longtemps), et la concentration de vos investissements sur vos meilleures idées.
- Voici quelques idées glanées lors d’une récente conférence sur l’investissement, renforçant ces trois principes. Commençons par quelques leçons nous venant de la Grande dépression…
- La Grande dépression n’était pas du tout un bon moment pour posséder des actions. Durant la période entre 1929 et 1939, les actions ont fourni un rendement négatif. Les petites valeurs ont été le plus durement touchées, perdant plus de 5% par an en moyenne. Les obligations étaient le seul refuge, rapportant un rendement relativement solide de 4,7% par an.
- Ou pas.
- Deux grands investisseurs, Robert Rodriguez et Steve Romick, tous deux gestionnaires chez First Pacific Advisors (FPA), montrent qu’un peu de discipline — un peu d’attention aux prix — vous aurait permis de bons rendements même durant la Grande dépression.
- Ils montrent qu’en attendant deux ans seulement — jusqu’en 1931, au lieu de 1929 — on transforme les rendements négatifs en rendements positifs. Tout à coup, les petites valeurs font mieux que leurs alternatives :
- Entre les plus bas boursiers de 1931 et 1939, les petites valeurs ont fait mieux que les obligations. Et si l’on ajoute à cela la déflation qui s’est produite durant les années 30 (par opposition à l’inflation que nous connaissons tous), les small caps ont produit un résultat plus impressionnant encore. Les années 30 étant une période déflationniste, un dollar de 1939 avait un pouvoir d’achat plus grand qu’un dollar de 1929 : si l’on tient compte de cela, le rendement réel des petites valeurs se montait à 9,2% pendant la Grande dépression.
- Rodriguez et Romick ne chronomètrent pas les marchés. Ils sélectionnent des actions. Ils achètent des valeurs quand elles sont bon marché. Ils les conservent. Leur message de base est simplement celui-ci : achetez des actions bon marché. Vous pouvez engranger de bons rendements même dans un mauvais marché. Si vous pouviez acheter toutes les petites valeurs et obtenir un rendement réel annuel de 9% durant la Grande dépression, imaginez ce qu’un investisseur aurait pu gagner en choisissant les valeurs les moins chères dans un environnement boursier plus amical.
- Les investisseurs choisissant leurs valeurs sont une minorité, actuellement. Comme l’a récemment observé James Montier, chercheur chez Dresdner Kleinswort : "la sélection d’actions est devenue une occupation minoritaire. Mais si personne ne veut le faire, c’est que c’est très probablement là que se trouvent les meilleures opportunités".
** La seconde partie de l’intervention de Rodriguez et Romick concernait la patience. Les investisseurs, dans leur ensemble, ne sont pas patients. Ils font circuler leurs actions trop vite.
- L’investisseur moyen fait trop de transactions. Montier, une fois encore, commente en ces termes des recherches empiriques sur les liens entre la durée de détention des actions et la performance : "il n’est pas surprenant de constater que les fonds où les actions circulent le plus offrent la performance la moins bonne, tandis que ceux où les valeurs sont moins souvent changées causent le moins de dégâts dans les rendements nets ajustés au risque".
- La leçon de Rodriguez et Romick est donc double : pour commencer, faites attention au prix que vous payez, et vous pouvez obtenir de bons rendements, même dans un marché défavorable. Ensuite, ne courez pas après les profits. Soyez patient avec vos investissements et donnez-leur le temps de porter leurs fruits.
** Enfin, concentrez-vous sur vos meilleures idées.
- Zeke Ashton n’est sur aucune liste des grands investisseurs — pour l’instant. Mais c’est une star montante. Son intervention abordait un autre trait commun à bien des investisseurs de talent : ils ont tendance à concentrer leur argent sur leurs meilleures idées.
- Là encore, les recherches montrent que les investisseurs enregistrant les performances les plus élevées se tiennent à leurs meilleures idées. Un fonds d’investissement moyen possède 128 actions. Sur le quart supérieur de tous les fonds, cette moyenne n’est que de 63 valeurs. Les 75% inférieurs possèdent 140 actions. En bref, les meilleurs investisseurs possèdent moins d’actions. Comme le disait Ashton : "le but, pour tous les investisseurs, devrait être d’obtenir le plus de valeur possible sur leurs meilleures idées, sans risquer de moins-values importantes si l’on se trompe".
- Je suis fasciné par ce qui distingue un excellent investisseur des autres. Je trouve passionnant d’étudier les méthodes des génies de l’investissement — et cela aide également à renforcer les bonnes habitudes financières. Parfois, ces habitudes sont relativement faciles à copier : faites attention aux prix, gardez vos valeurs plus longtemps et concentrez-vous sur vos meilleures idées.
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Bill Bonner, co-fondateur de La Chronique Agora, à Dublin
*** LOURDE IRONIE
** Nous n’avons que peu de commentaires financiers à faire aujourd’hui… pour la bonne raison qu’en Irlande, où nous nous trouvons, il y a peu d’informations financières disponibles. Le journal Irish Independant est soit ignorant de l’existence de Wall Street — soit il lui est indifférent. On ne parle nulle part de l’indice Dow Jones.
* Ceci dit, nous avons tout de même trouvé ce petit fait :
* "Blackstone en chute libre lors de son deuxième jour de cotation"… Le malheureux Stephen Schwarzman était plus pauvre de 600 millions de dollars hier par rapport à lundi, selon le journal. Rappelez-vous que toute cette opération a été mise en place parce qu’il était censé se préparer à prendre sa retraite, et voulait donc se retirer des affaires. Et maintenant ? Va-t-il pouvoir prendre sa retraite comme il le voulait ? Allez, Stephen, ne t’inquiète pas — il reste la Sécurité sociale.
* Mais il faut rendre justice à M. Schwarzman. Il a créé une société qui était suprêmement — quasi-sublimement — adaptée à l’environnement actuel de bulle financière mondiale. Il a gagné des milliards pendant que la bulle gonflait… puis il a vendu ! Pas complètement, mais en majeure partie, vers ce qui doit être proche du sommet.
* Plus remarquable encore, la vente était chargée d’une ironie si lourde qu’on aurait dit que toute la structure des théories modernes de l’investissement en serait écrasée. Nous avions là une entreprise ayant gagné des milliards grâce au private equity, se vendant aux investisseurs sur la base de performances qu’elle ne peut plus tenir… puisqu’elle n’est plus une société de private equity.
* Désormais, elle est cotée en bourse. Logiquement, si les marchés sont aussi intelligents que le dit la théorie, le prix des actions Blackstone reflète déjà sa profitabilité. C’est une manière de souligner l’évidence : les véritables profits ont été faits lorsque Schwarzman a vendu, non pas lorsque les lumpeninvestisseurs ont acheté. Schwarzman est le véritable investisseur. Les acheteurs ne sont que les dindons de la farce.
** Pendant ce temps, le Zimbabwe continue de fournir des leçons bien concrètes, en temps réel, sur la manière dont les marchés fonctionnent réellement. Un article de Reuters nous apprend que le billet vert zimbabwéen a été lié au modèle américain en avril, au taux de 15 000 contre un. Nous sommes désormais en juin, et un billet d’un dollar US vous apportera une pile de 200 000 dollars zimbabwéens.
* Vous voyez comment ça marche, cher lecteur ? Plus la banque centrale du Zimbabwe émet de dollars, moins les gens en veulent. C’est comme ça que tout fonctionne. La qualité et la quantité varient en proportions inverses. Dans le monde des devises, une augmentation de la quantité de monnaie, menant inévitablement à un déclin de sa qualité — son pouvoir d’achat — a pour nom "inflation".
* Mais si seulement c’était plus simple ! Nous avons désormais un phénomène que même Mises n’avait pas vu venir. Le dollar US augmente en quantité — selon la manière dont on le mesure — à un rythme variant entre trois et dix fois la vitesse de croissance du PIB national. Les contrats dérivés libellés en dollars ont désormais une valeur nominale représentant 12 fois la production totale du monde entier. Et jusqu’à présent, les gens ne sont pas exactement pressés de se débarrasser des dollars. Au sommet, l’inflation de l’art, des antiquités, des objets de collection, des actions shanghaiennes, des maisons de luxe et ainsi de suite se poursuit à un rythme rapide — sinon tout à fait zimbabwéen. En bas, l’inflation des prix à la consommation est mixte… et mitigée.
* Nous vivons à coup sûr un "boom d’effondrement". Mais les choses sont dans un tel effondrement et un tel boom qu’il est difficile de déterminer ce qui va se passer ensuite.
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Le CAC 40 à 6 500 points… ou à 4 600 ?
Le pétrole à 45 $… ou à 80 $ ?
Economie mondiale en plein boom… ou krach globalisé ?
2007 pourrait être une année agitée : vos investissements sont-ils prêts à tout ?
Avec une performance moyenne de 92,34% depuis 1992… et des gains de 69,77%, 35,52%, 29,56%, 42,90% (entre autres) en 2006… voici le moyen d’affronter tout ce que l’avenir boursier peut nous réserver !
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*** La Chronique Agora présente ***
Ed Bugos se demandait hier ce que penserait un Martien de la manière dont nous traitons l’or… Aujourd’hui, la fin de ses réflexions sur le métal jaune, les monnaies, et ce qui rend le premier incontournable pour les secondes.
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CHRONIQUE (ECONOMIQUE) MARTIENNE — 2ème PARTIE
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Par Edmond J. Bugos (*)
L’or a été transformé en pièces de monnaie il y a au moins 2 500 ans ; il servait d’ornement aux rois d’Egypte 4 500 ans avant notre ère. Et pourtant, tout à coup, en trois décennies seulement, il a apparemment perdu toute son utilité, comme si l’histoire avait disparu, et la barbarie avec elle… comme si les empires et la domination, la conquête et le pillage, ou toutes ces activités généralement associées à l’histoire de l’or, n’existaient plus. En fait, pour que notre observateur martien se gratte la tête, il faut qu’il ait commencé son observation de la Terre il y a trente ans seulement, et qu’il soit totalement ignorant des 4 500 années d’histoire humaine ayant précédé 1975. Je dirais que ça ne concorde pas avec la plupart des histoires de petits hommes verts — d’autant que les repérages d’OVNI datent de bien avant 1975.
L’or a une valeur monétaire — et cela ne signifie qu’une seule chose : cette valeur lui a été attribuée par un marché.
L’Etat peut décréter que telle ou telle chose est de l’argent, mais le concept de valeur implique que le marché a son mot à dire. Permettez-moi d’affirmer que ce qui intrigue tant notre observateur martien et lui semble un tel gâchis de ressources n’est pas "l’utilité" du métal ou la question de savoir pourquoi nous nous donnons la peine de l’extraire. S’il avait tenu cette utilité pour acquise, son importance étant sous-entendue dans le fait que nous gardons notre or avec tant de soin, et s’il l’avait attribuée à une sorte d’affinité humaine ou une autre… ce qui l’intriguerait vraiment devrait aussi vous intriguer vous : pourquoi l’Etat fait-il tant d’efforts pour empêcher une chose si désirée de circuler librement ? En fait, dans cette affaire, les coûts ne terminent pas avec la rémunération des gardes de Fort Knox ou tout autre endroit du même genre. Ils ne font que commencer.
La vérité n’a peut-être pas besoin du soutien du gouvernement, mais la monnaie fiduciaire et les banques fédérales, elles, en ont besoin.
Il faut des coûts supplémentaires pour forcer les individus à accepter pour devise quelque chose qui ne l’est pas par choix ; et si l’intégrité de cette devise est soumise aux caprices inflationnistes d’une banque centrale, ces coûts peuvent radicalement monter. La véritable épargne s’épuise, elle se dévalue, s’effrite… le contrôle sur les moyens de production est remis en question, les inefficacités se multiplient, inhibant le progrès et l’innovation technologique, et l’instabilité règne. De plus, la politique mine tant le tissu moral de la société que sa force de cohésion : la répartition du travail. Pourquoi les humains — pourrait se demander intelligemment un observateur qui ne soit pas étranger à l’histoire humaine — permettraient-ils l’existence d’institutions si coûteuses et incohérentes ?
C’est en tout cas la chose qui m’intrigue, moi.
La réponse, c’est l’ignorance… provoquée par une campagne de désinformation coûteuse en elle-même. La valeur d’une monnaie saine, c’est d’empêcher les planificateurs de redistribuer la richesse et l’épargne des classes productives vers les classes politiques afin de financer des programmes chers et improductifs — ou d’épuiser l’épargne des personnes ayant des revenus fixes, ou les salaires des pauvres… Comme l’écrivait Alan Greenspan de nombreuses années avant de devenir banquier central : "en l’absence d’étalon-or, il n’y a aucun moyen de protéger l’épargne de la confiscation par l’inflation" (publié par Ayn Rand en 1966).
Hélas, l’observateur martien ne peut plus ignorer l’utilité du métal jaune ou la raison pour laquelle on le garde précieusement (plutôt que de lui permettre de circuler). Cette absence de circulation a une réponse : elle fait partie d’un plan visant à détruire l’épargne de la classe productive.
L’utilité de ce métal devrait donc être claire : il entrave les éléments coercitifs de la société et protège l’épargne ; ce n’est rien d’autre qu’un instrument du principe de monnaie saine… et il est interchangeable avec l’idée de liberté.
Il n’y a aucun moyen de comprendre l’utilité de l’or — ou de trouver un sens à l’activité décrite dans la citation faite hier — si on ne comprend pas l’histoire, ou ces idées.
Meilleures salutations,
Edmond J. Bugos
Pour la Chronique Agora
(*) Ed Bugos nous vient directement du cœur du marché de l’or en Amérique du Nord : Howe Street, à Vancouver. Durant le grave marché baissier des matières premières, dans les années 90, Ed a permis à ses clients d’engranger des profits malgré tout grâce aux actions aurifères Argentina Gold et Arequipa — toutes deux devenues candidates au rachat par Barrick. Il a également fondé l’indice Bugos Gold Stock Index, composé d’un maximum de 10 valeurs. Entre décembre 2001 et mai 2006, cet indice des valeurs aurifères a grimpé de 200%, avec en moyenne 30% de gains annuels composés.
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(c) Les Publications Agora France, 2002-2007
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Nota bene : reproduction partielle ou totale de la présente Chronique STRICTEMENT INTERDITE sans accord écrit de la société éditrice.
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