Les monstres du marigot dévorent les hommes blancs

Rédigé le 27 mars 2017 par | Bill Bonner, Deep State Imprimer

La Chambre des représentants US a ajourné le vote du projet de loi des républicains sur l’assurance-maladie.

Vendredi 24 mars, les actions ont à peine frémi.

Le mois dernier, le prix des voitures d’occasion a enregistré sa plus forte baisse depuis 2008.

L’accession à la propriété a atteint son plus bas niveau sur 50 ans. Il se pourrait que les magasins Sears ne soient plus « une affaire qui tourne ».

Payless, le vendeur de chaussures « discount » est au bord de la faillite.

En outre, dans les nouvelles d’hier figurait un nouvel article publié par des économistes de Princeton, Anne Case et Angus Deaton, les premiers à avoir attiré l’attention sur l’augmentation impressionnante du taux de décès chez les hommes blancs âgés de la cinquantaine.

Selon les derniers chiffres, le taux de mortalité des hommes blancs âgés de 45 à 54 ans, non diplômés, augmente plus vite que celui de tous les autres groupes démographiques.

Et le taux de mortalité chez les hommes noirs et d’origine latino-américaine de cet âge continue de baisser.

Oubliez le terrorisme et les meurtriers mexicains : un homme blanc de la cinquantaine a plus de chances de se tuer lui-même que de mourir aux mains d’étrangers.

Les « décès liés au désespoir » – par abus d’alcool, de drogue ou par suicide – ont plus que doublé au cours de ces 20 dernières années. Le taux de mortalité a augmenté de plus de 900 pour 100 000.

L’un des comtés de Virginie occidentale est tellement submergé par ces décès que les chambres funéraires ne peuvent faire face.

Ceux qui ont de l’argent en quantité illimitée volent ceux qui n’ont que leur temps à vendre

La dernière fois que nous sommes allés dans la ville natale de notre père, Donora (Pennsylvanie), centre métallurgique ayant connu son apogée dans les années 1960, nous avons été stupéfait.

Pas qu’un si grand nombre d’hommes se soient tués, mais qu’un si grand nombre soient toujours en vie.

Nous aussi, nous serions devenu alcoolique, si nous avions dû vivre ici. Des bâtiments vides. Des maisons délabrées. On se serait cru à Baltimore ouest.

Les économistes, les bons samaritains, et les militants engagés dans le social avancent toutes sortes de causes. On ne dépense pas assez en faveur de l’éducation et de la formation professionnelle, déclare l’un. C’est la mondialisation, dit l’autre. Non c’est l’inégalité de la répartition des revenus, affirme un troisième.

Mais nous pensons savoir quelle est la véritable cause : les monstres du marigot.

Ils s’en prennent aux hommes blancs. En 1971, l’Etat a modifié le système monétaire. Depuis, l’argent est devenu presque illimité. Mais un travailleur vend toujours son temps à l’heure. Or le temps est limité.

Les bestioles du marigot tirent leur argent du secteur du crédit… de Wall Street… et de l’Etat.

Actuellement, l’argent est presque gratuit, pour eux. Ils l’utilisent pour racheter des actions, faire du trafic d’influence, suborner les électeurs… et surtout pour détourner la richesse réelle des citoyens ordinaires.

Au cours de ces 35 dernières années, les actions qu’ils possèdent ont progressé trois fois plus vite que l’économie qui les soutient. [NDLR : Les marchés actions battent record sur record. Comment faire des profits en limitant vos risques alors que la bourse ressemble à un casino ? Un coach peut vous aider. Pour essayer durant deux semaines gratuitement les conseils de notre coach sur les marchés, cliquez ici.]

Par exemple, Steven Mnuchin, le secrétaire du Trésor, et son copain de hedge fund, Eddie Lampert (tous deux ex-salariés de Goldman Sachs) ont gagné des millions en laminant Sears, en se servant de l’argent pas cher de l’Etat pour financer leurs intrigues.

Mais les pauvres gens qui faisaient leurs courses chez Sears et Kmart, ou ceux qui travaillaient pour ces détaillants, sont devenus encore plus pauvres et plus déprimés. Sur les rayons, l’offre est devenue limitée et la société s’est retrouvée au bord de la faillite.

Ce n’est pas de la faute des Mexicains. Ni des Chinois. C’est de notre faute.

La traînée visqueuse laissée par les monstres du marigot mène de Donora, en Pennsylvanie, jusqu’au siège de la Réserve fédérale à Washington (DC), en passant par Wall Street.

Mais elle est tellement occultée par les fausses informations qu’elle est difficile à suivre.

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Bill Bonner
Bill Bonner
Fondateur de AGORA

Né en 1948, Bill Bonner est le fondateur d’AGORA, le plus large réseau d’entreprises indépendantes de presse spécialisée au monde.

En 1978, depuis sa ville natale, Baltimore (Maryland, Etats-Unis), Bill Bonner a voulu développer un « marché » (« Agora » en grec) des idées. Pas de l’information homogénéisée telle que les médias grand public relayent sur nos écrans et journaux, mais une source d’idées diverses avec des opinions et des avis originaux, alternatifs et surtout utiles. Bill a à cœur d’aider les lecteurs à mieux comprendre le monde dans lequel ils vivent, et à agir en conséquence. Que ce soit en matière de géopolitique, de macro-économie ou tout simplement dans le domaine de l’épargne, Bill incite ses lecteurs à cultiver un esprit vif et anticonformiste.

« Parfois nous avons raison, parfois nous avons tort, mais nous sommes toujours dans le questionnement », telle est la devise de Bill.

Bill a également co-écrit des livres qui ont tous figuré dans la liste des best-sellers du New York Times et du Wall Street Journal : L’inéluctable faillite de l’économie américaine (2004), L’Empire des dettes. À l’aube d’une crise économique épique (2006) et Le Nouvel Empire des dettes. Grandeur et décadence d’une bulle financière épique (2010).

Dans son dernier livre, Hormegeddon, quand trop de bien nuit (2015), paru aux Belles Lettres (www.lesbelleslettres.com), Bill décrit ce qu’il advient lorsque l’on abuse d’une bonne chose dans les sphères de la politique, de l’économie et des affaires. En bref, trop de bien conduit au désastre.

Vous pouvez retrouver les notes de Bill au quotidien dans La Chronique Agora.

Un commentaire pour “Les monstres du marigot dévorent les hommes blancs”

  1. Bonjour,

    Super! On sait à quoi serviront les 59 milliards de $ d’augmentation du budget de l’armée. Trump avait dit « protéger les américains » sans plus de précision.
    Il n’avait pas dit de quoi, de qui, ni d’où venait la menace qui nécessite 54 milliards de plus que les 600 présents.

    Je cherchais donc la menace à 650 millards de $ qui pesait à ce point sur les américains, mais ne l’a voyait pas.

    Je pensais bêtement aux mexicains, mais le mur coute moins et ce sont les mexicains qui paieront.
    Je pensais à Daesh, mais l’armée Russe et Syrienne font le boulot avec 10 fois moins d’argent et de moyen.

    A présent, je sais: C’est pour prendre d’assaut le siège de la FED responsable du malheur de million de famille US.

    Merci Mr Bonner.

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