Les marchés actions attendent… la décision de la Fed sur les taux d’intérêt

Rédigé le 15 septembre 2015 par | Article, Bill Bonner, Indices, marches actions, strategies Imprimer

▪ Les actions oscillent depuis quelques jours — un peu comme la queue d’un chien plein d’allégresse. Les investisseurs ne savent pas quoi faire. Tout le monde est accroché à son siège… attendant ce qui est sans doute la décision de banque centrale la plus anticipée de l’histoire.

Jeudi, Janet Yellen et ses compères du secteur bancaire décideront s’il est temps de commencer à normaliser les taux d’intérêt. L’urgence qui dure depuis six ans est censée être terminée. Il faut aider les taux d’intérêt à se relever.

Si la Fed fait effectivement quelque chose, ce sera probablement si minime que ça ne fera pas de vraie différence. Peut-être une augmentation de 0,25% du taux directeur !

Janet & co. ne feront rien du tout… parce que rien du tout, c’est encore ce qu’il y a de plus sûr

Il est plus probable que Janet & co. ne feront rien du tout… parce que rien du tout, c’est encore ce qu’il y a de plus sûr. Mme Yellen est bien consciente du fait qu’il y aura toujours une goutte d’eau qui fera déborder un vase. Son but principal, en tant que présidente de la Fed, est d’éviter d’être celle qui versera cette goutte.

Nous avons vu, ces sept dernières années, qu’ajouter de l’argent (du crédit) n’améliore pas vraiment l’économie. Nous le savions déjà. Si ce n’était pas le cas, l’Argentine serait l’une des économies les plus prospères au monde… derrière le Zimbabwe et le Venezuela.

Et tout comme ajouter de l’argent n’améliorera pas vraiment une économie… en soustraire ne lui fera pas non plus grand’mal. Ce devrait être une pensée réconfortante — mais nous le disons avec un peu de prudence. Parce qu’il est également vrai que la Fed a tant replâtré cette économie que ça risque de n’être pas joli-joli au nettoyage.

▪ Un problème concernant les salaires

En théorie, une économie est indifférente à la quantité de devise. Elle ajuste simplement les prix — rapidement — au volume et à la vélocité de ladite devise. Certains prix s’ajustent plus rapidement et facilement que d’autres, cependant. Les prix des actions, par exemple, sont ajustés toutes les secondes. En quelques séances, les valeurs peuvent voir leur cours divisé par deux. Pour l’immobilier, il faut plus de temps. Et le coût de l’emploi — les salaires — peut être particulièrement "collant".

Il est bien plus simple d’augmenter les salaires que de les baisser. Les contrats et les niveaux de rémunération sont rarement fixés plus d’une fois par an. De sorte que lorsque la masse monétaire chute, les taux de l’emploi tendent à rester coincés à des niveaux élevés. Ce qui signifie que la main-d’oeuvre est trop chère par rapport à la production (et à la masse monétaire disponible)… obligeant à des suppressions d’emploi.

Personne — pas même nous — ne veut que ça arrive.

Si la Fed augmentait les taux, les investisseurs paniqueraient et sortiraient des actions

Mais la crainte plus immédiate est simplement que, si la Fed augmentait les taux, les investisseurs paniqueraient et sortiraient des actions. Nous en avons eu un petit avant-goût ces dernières semaines. Et sans doute que Janet Yellen l’a bien présent à l’esprit.

Ce qui nous intrigue, c’est pourquoi les investisseurs n’ont pas déjà paniqué. Les revenus des entreprises sont en train de redescendre de leurs sommets. Le commerce mondial décline, de même que "l’excès de liquidité". Même si l’on en croit les statistiques officielles, cette reprise a été la plus faible de l’histoire.

Tôt ou tard, le marché haussier entamé en mars 2009 doit prendre fin. "Les arbres ne montent pas jusqu’au ciel", disent les vétérans. Non. Il y a des limites à tout… et il y a sûrement une limite au prix que les investisseurs sont prêts à payer pour les actions. Dans ce round, nous sommes d’avis qu’il a déjà été dépassé.

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Bill Bonner
Bill Bonner
Fondateur de AGORA

Né en 1948, Bill Bonner est le fondateur d’AGORA, le plus large réseau d’entreprises indépendantes de presse spécialisée au monde.

En 1978, depuis sa ville natale, Baltimore (Maryland, Etats-Unis), Bill Bonner a voulu développer un « marché » (« Agora » en grec) des idées. Pas de l’information homogénéisée telle que les médias grand public relayent sur nos écrans et journaux, mais une source d’idées diverses avec des opinions et des avis originaux, alternatifs et surtout utiles. Bill a à cœur d’aider les lecteurs à mieux comprendre le monde dans lequel ils vivent, et à agir en conséquence. Que ce soit en matière de géopolitique, de macro-économie ou tout simplement dans le domaine de l’épargne, Bill incite ses lecteurs à cultiver un esprit vif et anticonformiste.

« Parfois nous avons raison, parfois nous avons tort, mais nous sommes toujours dans le questionnement », telle est la devise de Bill.

Bill a également co-écrit des livres qui ont tous figuré dans la liste des best-sellers du New York Times et du Wall Street Journal : L’inéluctable faillite de l’économie américaine (2004), L’Empire des dettes. À l’aube d’une crise économique épique (2006) et Le Nouvel Empire des dettes. Grandeur et décadence d’une bulle financière épique (2010).

Dans son dernier livre, Hormegeddon, quand trop de bien nuit (2015), paru aux Belles Lettres (www.lesbelleslettres.com), Bill décrit ce qu’il advient lorsque l’on abuse d’une bonne chose dans les sphères de la politique, de l’économie et des affaires. En bref, trop de bien conduit au désastre.

Vous pouvez retrouver les notes de Bill au quotidien dans La Chronique Agora.

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