Marchés actions : où est l’aiguille qui crèvera la bulle ?

Rédigé le 3 janvier 2017 par | Banques Centrales, Bill Bonner Imprimer

Voici ce qu’écrit l’un de nos lecteurs : « Eh ! Vous m’avez coûté très cher. J’aurais pu être sur le marché… Au lieu de cela, j’ai suivi vos conseils et je me suis tenu à l’écart ».

Eh oui… c’est vrai. Nous nous montrons prudent, et ce depuis très longtemps. Nous voyons que l’ensemble du système financier est faussé, fragile et dangereux.

Tant que les cours continuent de grimper, un investisseur peut gagner de l’argent en prenant des positions longues sur les actions. Mais selon nous, le jeu n’en valait pas la chandelle.

Nous préférons attendre jusqu’à ce que l’aiguille trouve la bulle à percer.

Quand cela se produira-t-il ? Aujourd’hui ? Demain ? Dans cinq ans ? Traditionnellement un marché haussier dure 52 mois. Celui-ci dure désormais depuis 94 mois. Autrement dit, le marché baissier a pratiquement quatre ans de retard.

Et le cours des actions est visiblement au plus haut de sa fourchette, et pas au plus bas…

Sur le S&P 500 la valorisation représente actuellement 28 fois les bénéfices corrigés des variations cycliques. C’est presque le double des 17 fois qui sont la règle habituellement.

Pour revenir à un niveau plus normal, le marché actions devrait perdre plus d’un tiers de sa valeur, soit près de 7 000 milliards de dollars.

Oui, les actions peuvent encore grimper. Le marché haussier pourrait se prolonger. Mais les risques augmentent chaque jour qui passe et à chaque dollar gagné. [NDLR : Vous entendez bien profiter de la hausse des marchés malgré les risques ? Recevez tous les jours gratuitement durant 14 jours la meilleure idée de notre trader professionnel. Il suffit de vous inscrire ici.]

Depuis l’élection de Donald Trump, ceux qui avaient des actions ont été récompensés.

On le sait, M. Trump a proposé de tout arranger pour les gens de la classe moyenne et les pauvres. Mais jusqu’à présent, il a nommé aux postes clefs davantage de milliardaires que jamais auparavant. Et, historiquement, son élection a davantage rapporté aux riches qu’aucune autre élection.

Mais laissez-lui le temps.

Et souvenez-vous : ce qui grimpe chute également !

Les renversements de tendance sont cycliques

Nous parlons de cycles, et nous entamons le début d’un cycle. Le jour le plus court de l’année, dans l’hémisphère nord, le 21 décembre, est derrière nous. C’est la fin de ce « passage obscur », révolu, où les jours raccourcissent de plus en plus.

Nos ancêtres européens – regroupés autour de brasiers, vêtus de peaux de bêtes, grelottant de froid – doivent avoir découvert très tôt que ces tendances persistaient… jusqu’à ce qu’elles s’achèvent.

Si cette tendance au raccourcissement progressif des jours s’était prolongée indéfiniment, la vie se serait éteinte dans une nuit perpétuelle. Au solstice d’hiver, à Trondheim (Norvège), par exemple, la lumière du jour ne brille que quatre heures et 31 minutes.

Mais la tendance s’est inversée. Les jours rallongent à nouveau. C’est la résurrection du soleil.

C’est ainsi que les premiers hommes ont découvert les cycles.

Ils remerciaient et célébraient le Jour de Naissance du Soleil. Des feux de joie étaient allumés. Ils dansaient, buvaient, pariaient. Les communautés païennes germaniques et scandinaves appelaient cette fête du milieu de l’hiver « Yule », et les Romains, les Saturnales.

Pour eux, cela commençait le 17 décembre et se prolongeait jusqu’au 23. Les rôles s’inversaient. Les maîtres servaient leurs esclaves. On s’offrait des cadeaux.

Dans l’ensemble, ces fêtes célèbrent des cycles. Les choses vont dans un sens… puis elles vont dans un autre.

Au 21 décembre, les jours ont raccourci pendant si longtemps que les gens pensent qu’ils raccourciront à jamais. Ils craignent la fin du monde. C’est alors que le cycle s’inverse.

Six mois plus tard, les jours sont devenus si longs, notamment sous les latitudes les plus au nord, que les gens se mettent à penser qu’ils vont vivre une ère d’été infinie, qui ne sera plus jamais troublée par le vent glacial et les matins froids.

La fin du solstice boursier ?

A présent, certains signes indiquent que ce cycle, lui aussi, arrive à son terme…

Récemment, justement, nous avons lu qu’un groupe de millionnaires s’était réuni afin de discuter de questions financières.

Il en est ressorti que les participants détenaient en moyenne 12% de leurs avoirs en liquidités. Cela, ont-ils déclaré, parce qu’ils souhaitent disposer de « munitions » pour faire la chasse aux bonnes affaires lorsque les cours chuteront. Ils sont prêts à « acheter sur les replis » !

Après tant d’années de hausse des cours… et tant de fois où la Fed est venue à la rescousse quand ils baissaient… les riches sont convaincus que, sur le marché actions, une chute brutale n’est qu’un nuage ne faisant que passer.

Nous espérons simplement que nous serons là pour voir leurs mines lorsqu’un hiver très rude s’abattra enfin.

Malheur à ceux qui ne s’y seront pas préparés.

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Bill Bonner
Bill Bonner
Fondateur de AGORA

Né en 1948, Bill Bonner est le fondateur d’AGORA, le plus large réseau d’entreprises indépendantes de presse spécialisée au monde.

En 1978, depuis sa ville natale, Baltimore (Maryland, Etats-Unis), Bill Bonner a voulu développer un « marché » (« Agora » en grec) des idées. Pas de l’information homogénéisée telle que les médias grand public relayent sur nos écrans et journaux, mais une source d’idées diverses avec des opinions et des avis originaux, alternatifs et surtout utiles. Bill a à cœur d’aider les lecteurs à mieux comprendre le monde dans lequel ils vivent, et à agir en conséquence. Que ce soit en matière de géopolitique, de macro-économie ou tout simplement dans le domaine de l’épargne, Bill incite ses lecteurs à cultiver un esprit vif et anticonformiste.

« Parfois nous avons raison, parfois nous avons tort, mais nous sommes toujours dans le questionnement », telle est la devise de Bill.

Bill a également co-écrit des livres qui ont tous figuré dans la liste des best-sellers du New York Times et du Wall Street Journal : L’inéluctable faillite de l’économie américaine (2004), L’Empire des dettes. À l’aube d’une crise économique épique (2006) et Le Nouvel Empire des dettes. Grandeur et décadence d’une bulle financière épique (2010).

Dans son dernier livre, Hormegeddon, quand trop de bien nuit (2015), paru aux Belles Lettres (www.lesbelleslettres.com), Bill décrit ce qu’il advient lorsque l’on abuse d’une bonne chose dans les sphères de la politique, de l’économie et des affaires. En bref, trop de bien conduit au désastre.

Vous pouvez retrouver les notes de Bill au quotidien dans La Chronique Agora.

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