Marché obligataire : le retour de la logique ?

Rédigé le 3 juillet 2017 par | Article Imprimer

Même dans un monde absurde de taux négatifs, il reste un peu de logique. Si les banques centrales ne rachètent plus tout, le marché prend peur.

Le marché obligataire est très ennuyeux ; ne s’y intéressent que des gens ennuyeux.

D’abord, ce marché est difficilement accessible en direct aux investisseurs particuliers, surtout en Europe. Pour cela, il faudrait que nous ayons un « marché unique des capitaux » — ce qui est loin d’être le cas, comme l’explique Ferghane.

Ensuite, après des décennies de baisse de taux, discuter d’un petit bout de papier pour savoir s’il va rapporter 2,32% au lieu de 2,14% par an sur 10 ans est éminemment mesquin.

Il y a de beaucoup plus belles histoires à raconter avec des valeurs technologiques des biotech, l’intelligence artificielle ou encore ces horribles robots qui vont nous voler notre travail, et des histoires de mirifiques plus-values accompagnant des croissances exponentielles, comme le note Bill Bonner.

Enfin, le marché obligataire utilise un jargon rebutant et demande des calculs qui dépassent la simple règle de trois.

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Ce marché a cependant un gros attrait. C’est un précurseur sur lequel interviennent de vrais investisseurs chevronnés. Lorsque le marché obligataire craque les marchés actions finissent toujours par suivre (l’inverse n’étant pas forcément vrai).

Or la semaine dernière, le marché obligataire a lourdement chuté.

Avant de donner les chiffres, rappelons que sur le marché obligataire, lorsque le rendement monte, le titre baisse.

Les mouvements sont encore plus grands sur les obligations italiennes, portugaises et espagnoles.

Evolution du rendement de l'obligation américaine à 10 ans

Vous ne le savez peut-être pas, mais les obligations ont une « sensibilité ». Oui, oui, ces petites choses n’ont pas le coeur sec, voyez-vous. La sensibilité est la fluctuation du cours de l’obligation en fonction de la variation du taux d’intérêt (rendement). Elle dépend de la durée de vie du titre et des taux. Plus les taux sont bas, plus cette sensibilité est exacerbée, ce qui est le cas en ce moment.

Tous les petits pourcentages que je vous ai donnés plus haut représentent en réalité de grosses pertes latentes pour les détenteurs de ces obligations, s’ils devaient les vendre.

Mais pourquoi les vendraient-ils ? D’habitude, les zinzins, les « investisseurs institutionnels » qui ont des obligations, les conservent jusqu’à maturité. Et puis, même s’ils devaient vendre, les banques centrales ne rachètent-elles pas tout ce dont personne ne veut plus ?

Justement, non. Les discours « normalisateurs » de la Fed et de la Banque centrale européenne commencent à effaroucher. La Fed parle de « réduire » son bilan, c’est-à-dire de remettre en vente des obligations qu’elle a dans ses congélateurs. La Banque centrale européenne évoque le fait de ralentir ses rachats qui sont déjà passés de 80 Mds€ par mois à 60 Mds€ par mois. S’il n’y a plus personne pour racheter ce dont tout le monde ne veut plus, il est logique que la peur s’insinue.

Le vendredi 30 juin, cependant, le marché obligataire retrouvait un peu de sérénité…

Les intervenants semblent penser que si l’inflation reste sage (l’inflation pour esprit pur – hors alimentation et énergie – est inférieure à 1,4% aux Etats-Unis) et si les resserrements monétaires s’avèrent douloureux, alors ils n’auront pas lieu et que le crédit infini et gratuit était garanti pour l’éternité.

Nous verrons bien… Nous n’avons jamais cru à l’argent gratuit en quantité infinie pour la nuit des temps. [NDLR : Retrouver du rendement pour votre épargne en prêtant à des entreprises saines, à l’écart des marchés manipulés, c’est possible ! Dans Profits Réels, nos spécialistes du risque crédit sélectionnent pour vous les meilleurs emprunts d’entreprises. Vous pouvez obtenir du 7% sur 60 mois en prêtant à une grande marque hôtelière ou encore du 6,5% sur 24 mois pour des cliniques spécialisées dans le traitement de l’obésité. Efficace… profitable… et simple : cliquez ici pour tout savoir.]

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Simone Wapler
Simone Wapler
Rédactrice en Chef de Crise, Or & Opportunités et de La Stratégie de Simone Wapler

Simone Wapler est ingénieur de formation. Elle a travaillé dans le secteur de l’ingénierie aéronautique. Cette double casquette ingénieur/analyste financier est un véritable atout qu’elle met au service des abonnés.

Elle aborde les marchés avec l’œil du professionnel, de l’ingénieur, de l’industriel, et non celui du financier.

Son expertise, notamment dans le secteur des métaux de base et des métaux précieux, lui donne une longueur d’avance, une meilleure compréhension des vrais tenants et aboutissants du marché des ressources naturelles — un marché par ailleurs en pleine expansion, dont Simone Wapler connaît parfaitement tous les rouages, notamment au niveau de l’offre et de la demande.

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