Comment siphonner la richesse et la liberté

Rédigé le 28 septembre 2017 par | Bill Bonner, Deep State, Richesse Imprimer

Emmanuel Macron sera encore plus malfaisant que Donald Trump. Son récent discours sur l’Union européenne et la Zone euro le dévoile.

« Alors ? Que pensez-vous de Trump ? ». C’est ainsi qu’a débuté la conversation lors d’un cocktail hier soir.

Cet été, en France, nous avons eu droit à ce genre de question pratiquement chaque fois que nous sommes sorti.

Cela donne envie de faire une comparaison : le président des Etats-Unis, Trump, impétueux, stupide et démagogue versus le président de la France, Macron, le technocrate prudent et civilisé.

Cette fois-ci, nous étions prêt.

« Ah… et vous, que pensez-vous de Macron ? », ai-je rétorqué. « Il est tout aussi crétin ».

S’il subsistait un doute, il a été effacé hier.

Une sangsue du marigot

Les deux hommes sont assez nouveaux, en politique. Tous deux ont mené une attaque surprise sur les candidats de l’Establishment (Macron a même créé un nouveau parti). Tous deux ont gagné.

Mais ce sont des hommes très différents. Donald Trump, c’est « action et réaction »… nous versus eux. Il se pavane sur la scène mondiale… il fait le coq… est ignorant et cherche la bagarre.

Emmanuel Macron est plus lisse. Plus élégant. Plus jeune. Plus beau. Mais probablement tout aussi malfaisant.

Il fait partie des sangsues du marigot : ex-banquier d’investissement et désormais planificateur central convaincu bien parti pour enrichir l’existence de quelques initiés et rendre la vie plus dure à tous les autres.

Le discours de Macron sur sa vision de l’Union européenne (UE), à la Sorbonne, à Paris, a été limpide. Il veut donner plus de pouvoir aux apparatchiks des superpuissances et à leurs compères et créer un gouvernement de l’Union européenne plus vaste et uni.

Au bout du compte, Trump et Macron veulent la même chose : plus de pouvoir et plus d’admiration.

Nous savons désormais – car nous avons relié les données entre elles – que plus les politiciens et leurs compères ont de pouvoir, moins il reste de richesse et de liberté pour le reste d’entre nous.

Voici le credo de la Chronique :

Il n’existe que deux manières d’obtenir ce que vous voulez : l’accord gagnant-gagnant ou l’accord gagnant-perdant. Les accords gagnant-gagnant génèrent de la richesse. Les accords gagnant-perdant la redistribuent et la détruisent. La politique ne réalise que des accords gagnant-perdant. Plus il y a de politique… plus on y perd.

Voilà… c’est réglé… A présent, intéressons-nous à ce qui se passe autour de nous.

La chasse au sanglier

Les camionnettes ont commencé à arriver vers 7h30 du matin. A la vingtième, nous sommes sorti jeter un coup d’oeil.

« Oh… nous allons à la chasse, aujourd’hui », a expliqué l’organisateur. « En fait, nous chassons sur les terres de la ferme d’à côté, mais nous ne contrôlons pas la direction que prendront les cochons. Il se peut qu’ils viennent ici ».

Les « cochons », ce sont les sangliers.

Les chasseurs ont garé leurs voitures et camionnettes le long de la petite route, devant notre maison. Deux des camionnettes contenaient les caisses de transport des chiens de chasse, qui aboyaient avec enthousiasme.

Nous nous sommes frayé un chemin dans le groupe de 30 et quelques chasseurs… tous vêtus de vert sombre et chaussés de bottes en caoutchouc. Nous les avons salués l’un après l’autre, à la française, d’une poignée de main. Soudain, alors que nous nous penchions pour serrer une main, l’un des chasseurs nous a surpris en nous embrassant sur la joue.

Comme il était vêtu comme les autres et avait les cheveux coupés très court, nous n’avions pas vu que c’était une femme.

« De plus en plus de femmes chassent », nous a expliqué le chef.

« Il y a quelques années, on ne laissait pas les femmes participer à une chasse comme celle-ci. Cela ne se faisait pas, tout simplement. Mais tout change… »

Parmi les chasseurs se trouvait un vieil ami, Alain.

Un homme très digne, d’environ 75 ans, qui a perdu l’un de ses fils au cours de l’été. Le jeune homme est mort dans un accident de la route.

« Nous sommes sincèrement désolé… », avons-nous commencé. Alain a eu les larmes aux yeux. Nous avons pensé qu’il vaudrait mieux poursuivre cette conversation plus tard.

« Nous viendrons vous voir. Demain, peut-être ? »

« Oui… », a-t-il dit, la voix encore étouffée.

« Pauvre Alain », a chuchoté un voisin, plus tard. « Ce n’est pas le premier enfant qu’il perd. Il y a des années, l’une de ses filles a été heurtée par un tracteur. Elle n’avait que trois ans. Alain conduisait le tracteur. Il ne se l’est jamais pardonné. Et maintenant, cet accident… Pauvre Alain. »

« Oui… Il va au cimetière tous les jours », a chuchoté quelqu’un d’autre.

Ensuite, l’organisateur a sollicité l’attention de tout le monde.

« Bon, nous ne sommes pas assez. Alors il faut faire attention. Nous allons nous répartir par équipes. Chaque équipe s’occupera d’un côté de la ferme, soit le long de la route, soit le long des chemins de la ferme. Faites très attention à votre angle de tir. Nous ne voulons pas d’accident. »

Après quelques minutes passées à s’organiser, le groupe de chasseurs s’est mis en marche vers les postes respectifs autour de la ferme.

Ensuite, les chiens ont été détachés et envoyés dans les bois pour débusquer les sangliers que les chasseurs allaient abattre lorsqu’ils tenteraient de fuir.

Au moment où nous rédigeons ces lignes… nous n’avons pas encore entendu un seul coup de feu.

L’amour et le mariage

Et en attendant… sur internet, on apprend que l’économie n’est pas la seule chose à souffrir des accords gagnant-perdant de l’Etat. C’est également le cas du plus ancien accord gagnant-gagnant sur Terre : la famille.

H.L. Mencken, un célèbre journaliste de Baltimore, a écrit : « les seules personnes vraiment heureuses sont les femmes mariées et les hommes célibataires ».

Si c’est vrai, le bonheur au sein de la population masculine est en pleine hausse. Selon le New York Times :

« De moins en moins d’Américains se marient, globalement, et s’ils le font, c’est plus que jamais lié au statut socio-économique.

Au cours de ces dernières années, le mariage a nettement diminué chez les non-diplômés, alors qu’il est demeuré stable chez les diplômés disposant de revenus plus élevés. […]

Actuellement, chez les 18-55 ans, 26% des adultes pauvres, 39% des adultes de la classe ouvrière et 56% des adultes des classes moyenne et supérieure, sont mariés, d’après une étude publiée par deux think-tanks, l’American Enterprise Institute et Opportunity America.

En 1990, plus de la moitié des adultes, quels que soient leurs revenus, étaient mariés, avec beaucoup moins de différences liées à l’appartenance sociale et à l’éducation : 51% des adultes pauvres, 57% des adultes de la classe ouvrière, et 65% des classes moyenne et supérieure, étaient mariés. »

Attendez…. Vous êtes probablement en train de vous dire la chose suivante : il ne va tout de même pas dire que l’argent falsifié et l’Etat sont responsables de cet effondrement du nombre de mariages, non ?

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Bill Bonner
Bill Bonner
Fondateur de AGORA

Né en 1948, Bill Bonner est le fondateur d’AGORA, le plus large réseau d’entreprises indépendantes de presse spécialisée au monde.

En 1978, depuis sa ville natale, Baltimore (Maryland, Etats-Unis), Bill Bonner a voulu développer un « marché » (« Agora » en grec) des idées. Pas de l’information homogénéisée telle que les médias grand public relayent sur nos écrans et journaux, mais une source d’idées diverses avec des opinions et des avis originaux, alternatifs et surtout utiles. Bill a à cœur d’aider les lecteurs à mieux comprendre le monde dans lequel ils vivent, et à agir en conséquence. Que ce soit en matière de géopolitique, de macro-économie ou tout simplement dans le domaine de l’épargne, Bill incite ses lecteurs à cultiver un esprit vif et anticonformiste.

« Parfois nous avons raison, parfois nous avons tort, mais nous sommes toujours dans le questionnement », telle est la devise de Bill.

Bill a également co-écrit des livres qui ont tous figuré dans la liste des best-sellers du New York Times et du Wall Street Journal : L’inéluctable faillite de l’économie américaine (2004), L’Empire des dettes. À l’aube d’une crise économique épique (2006) et Le Nouvel Empire des dettes. Grandeur et décadence d’une bulle financière épique (2010).

Dans son dernier livre, Hormegeddon, quand trop de bien nuit (2015), paru aux Belles Lettres (www.lesbelleslettres.com), Bill décrit ce qu’il advient lorsque l’on abuse d’une bonne chose dans les sphères de la politique, de l’économie et des affaires. En bref, trop de bien conduit au désastre.

Vous pouvez retrouver les notes de Bill au quotidien dans La Chronique Agora.

Un commentaire pour “Comment siphonner la richesse et la liberté”

  1.  » Attendez…. Vous êtes probablement en train de vous dire la chose suivante : il ne va tout de même pas dire que l’argent falsifié et l’Etat sont responsables de cet effondrement du nombre de mariages, non ?
    Vous voulez parier ?  »

    Alors là j’ai vraiment hâte de lire la suite 🙂

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