Macronomie et faux clichés

Rédigé le 16 février 2017 par | Désinformation, Simone Wapler Imprimer

Lâchons un peu la dette française, le bourreau des taux, l’euro et l’idée d’un retour à une monnaie souveraine.

Aujourd’hui, je m’intéresse au candidat Macron. Notre gentil énarque passé par la Parasitocratie financière avant de s’engager dans la Parasitocratie politique se veut hors système. Il a des côtés bien sympathiques : il est issu de la méritocratie, sa grand-mère lui a dit qu’on ne distribuait que ce qu’on avait, il veut que les jeunes puissent devenir milliardaires, il veut des cars pour les sans-dents afin de concurrencer la SNCF, il veut mettre fin aux rentes…

Imaginez-vous, un parasitocrate voulant mettre fin aux rentes ? Notre Macron est un saint laïc. D’ailleurs, il le professe dans le Journal du Dimanche « il y a beaucoup de gens qui ont ça en tête… la politique, c’est mystique ».

Macronomie

Mystique ou mystificateur ?

Le programme d’Emmanuel Macron n’existe pas vraiment. Il faut lire Révolution et ses 260 pages pour vous en convaincre.

Il y a quand-même deux mesures un peu moins vagues qui surnagent dans un océan de mièvrerie : le transfert des cotisations sociales vers la CSG et la suppression de l’ISF pour le patrimoine financier. Je ne vais pas m’attarder aujourd’hui sur cette première mesure sur laquelle il y a pourtant beaucoup à dire, je vais me concentrer sur la seconde.

« JE SUIS TRÈS INQUIET »
Les révélations exclusives d’Alan Greenspan, ex-président de la FED
Découvrez le secret mortel au cœur du système bancaire qui pourrait mener l’euro à l’effondrement… dès le 20 février prochain.Toutes les explications sont ici.

L’ISF est un impôt absurde que personne ne veut supprimer car il est populaire. Pour un politicien professionnel, il est plus avantageux de ne pas braquer l’électorat que de revenir sur une bêtise. Tous les pays qui ont adopté un tel impôt l’ont supprimé par la suite en raison de ses conséquences nuisibles, mais la comparaison n’est pas la tasse de thé de l’élite gouvernante française qui prolifère sur les « exceptions ».

Un patrimoine est traditionnellement composé de foncier, d’immobilier et d’actifs financier (obligations et actions). Les Français aiment « la pierre ». Cet amour ne leur est cependant pas venu par hasard ou parce que ce sont d’indécrottables frileux averses aux risques.

Les Français se sont réfugiés dans la pierre parce que le franc était traditionnellement rongé par l’inflation. Depuis la Première Guerre mondiale, l’histoire du franc est jalonnée de dévaluations. Vous pourrez constater que presque tous les pays à tradition de monnaie faible (Espagne, Italie, France) ont une industrie faible et une bulle immobilière. C’est normal : l’épargne va là où les gens estiment que leur argent est le mieux protégé. Ils se détournent alors de l’entreprise dont le rendement est rongé par l’inflation.

Inversement, les pays à monnaie forte ont une industrie performante et un marché immobilier abordable (Allemagne, au hasard, je n’y peux rien). L’attachement pour l’immobilier n’est que la conséquence de la mauvaise gestion du pays. Loin de lutter contre cet attachement, l’Etat le flatte car la taxation est facile et la hausse des prix factice permet de remplir facilement les caisses du Trésor.

A ce propos, savez-vous que les taxes foncières sont truffées d’erreurs ? Ne payez plus sans vérifier. Notre dossier vous explique comment contrôler ces impôts et obtenir jusqu’à 50% de réductions et abattements. Tout est ici.

Cette soif d’immobilier enrichit aussi les banques qui prêtent de l’argent qui ne leur a rien coûté.

Emmanuel Macron, lui, sait et décrète que la pierre c’est mal mais les actions c’est bien. Voudrait-il revenir à une monnaie honnête ? Non, évidemment. Il entend punir la rente immobilière pour encourager les Français à aller vers le bien : les actifs financiers et les actions « la part qui finance l’économie réelle ».

Cette dernière phrase est un cliché et une idée fausse.

Lorsque vous achetez une action cotée, l’entreprise ne voit pas la couleur de votre argent. Vous achetez un titre à un actionnaire vendeur et vous spéculez simplement sur la hausse future des bénéfices de cette société cotée. Il ne s’agit aucunement de financement de l’économie réelle mais bien de pure spéculation.

En revanche, lorsque vous souscrivez à une introduction en bourse ou à une augmentation de capital, l’entreprise voit vraiment la couleur de votre argent.

Mais investir aujourd’hui sur des marchés financiers au plus haut et dopés par les 80 Mds€ mensuels qu’injecte la Banque centrale européenne est très risqué.

Heureusement, le développement du financement participatif et plus précisément du crowd equity, permet de revenir à un capitalisme honnête. Vous pouvez devenir actionnaire de la première heure à un moment crucial de son développement. L’entreprise voit vraiment la couleur de votre argent et vous, vous savez à quoi il est employé. Un jour, cette entreprise sera rachetée ou bien elle choisira peut-être de s’introduire en bourse. A ce moment, vous, actionnaire de la première heure, vous aurez probablement décuplé votre mise…

« Il faut des jeunes qui aient envie de devenir milliardaires » avait dit Emmanuel Macron au Consumer Electronic Show de Las Vegas, un rassemblement de startups.

Certes. Mais ce n’est pas tout : il faut aussi un système financier et une monnaie honnêtes, arrêter de taper sur les épargnants, arrêter de vouloir se mêler de tout. Chiche ?

Mots clé : - -

Simone Wapler
Simone Wapler
Rédactrice en Chef de Crise, Or & Opportunités et de La Stratégie de Simone Wapler

Simone Wapler est ingénieur de formation. Elle a travaillé dans le secteur de l’ingénierie aéronautique. Cette double casquette ingénieur/analyste financier est un véritable atout qu’elle met au service des abonnés.

Elle aborde les marchés avec l’oeil du professionnel, de l’ingénieur, de l’industriel, et non celui du financier.

Son expertise, notamment dans le secteur des métaux de base et des métaux précieux, lui donne une longueur d’avance, une meilleure compréhension des vrais tenants et aboutissants du marché des ressources naturelles — un marché par ailleurs en pleine expansion, dont Simone Wapler connaît parfaitement tous les rouages, notamment au niveau de l’offre et de la demande.

Pour en savoir plus sur Crise, Or & Opportunités et La Stratégie de Simone Wapler.

3 commentaires pour “Macronomie et faux clichés”

  1. «  »Certes. Mais ce n’est pas tout : il faut aussi un système financier et une monnaie honnêtes, arrêter de taper sur les épargnants, arrêter de vouloir se mêler de tout. Chiche ? » »

    Oui chiche arrêtons de nous mêler de tout, y compris des anglais qui viennent se faire soigner à l’œil ou à moindre frais dans nos hôpitaux en France. Appliquons le remède de cheval de la mémé Wapler en commençant par les anglais histoire qu’ils montrent l’exemple et la voie à suivre….. Mais il y a des dépenses publiques de la France dont la mémé Wapler ne rechigne pas ! (puisque ce sujet de dépense publique elle n’en a jamais fait un article)

  2. Le thème d’un retour au Franc intéresse de nombreuses personnes en vue de la présidentielle. Leur question principale est « qu’advient-il des emprunts immobiliers souscrits en Euros ? ». Selon un argument non vérifié « ce sont des contrats de droit français », les banques les libelleront-ils automatiquement en Francs ? Pourront-ils les renégocier de nouveau, quitte cette-fois à augmenter le taux d’intérêt plutôt que le réduire ?
    Ce sujet est tellement important qu’il mériterait un article dédié.
    En vous remerciant chaleureusement par avance.

    PS: je n’ai aucune dette.

  3. Macron n’est qu’un concept markéting façonné par l’oligarchie politico-médiatico-financière. Macron est un pur produit du système ! Macron est un avatar du Medef, de Wall Street et de la City…

Laissez un commentaire