L’uranium attise les convoitises

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La Chronique Agora
Paris, France
Jeudi 28 juin 2007
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*** Les baissiers vous reçoivent cinq sur cinq
… A moins que ce ne soit sept sur huit ?

*** Sic transit gloria bulli
Les marchés, c’est comme la météo… à un détail près

*** L’uranium attise les convoitises
Tout le monde veut sa part de "yellow cake"…

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Bonjour,

*** LES BAISSIERS VOUS RECOIVENT CINQ SUR CINQ

** La presse économique se garde bien de s’étendre sur le sujet… mais les indices boursiers alignaient ce mercredi une septième séance de repli sur une série de huit. Paris recule pour la cinquième séance consécutive — c’est la première fois que cela se produit depuis le début du mois de juin 2006 — pour se retrouver à 3,5% de son récent zénith du 15 juin, inscrit à l’occasion du fameux vendredi des "Quatre Sorcières".

Le CAC 40 ouvrait même un petit gap sous les 5 940, enfonçant au passage le petit support court terme des 5 950 points, dans le sillage des valeurs bancaires et financières. Ces dernières se sont replié collectivement de 1,5% : mais où sont donc passées les rumeurs de concentration paneuropéennes à grand spectacle ?

En temps normal, ce genre de scénario est carrément exclu à une poignée de séance d’une fin de semestre placé sous le signe de la hausse. Cependant, nous comprenons parfaitement le point de vue de ceux qui profitent de cette période techniquement favorable, caractérisée par les ultimes opérations de window dressing, pour réduire la voilure alors que la majorité des acheteurs de circonstance naviguent vent debout depuis une bonne semaine — à contre-courant des émissions obligataires du secteur privé, qui plus est.

** Nous n’allons pas nous appesantir une nouvelle fois sur la dégradation conjoncturelle dans le secteur immobilier aux Etats-Unis : il nous paraît injuste et antidémocratique de passer sous silence les contre-arguments des incorrigibles optimistes qui tentent de rassurer les fidèles de Fox News et de Bloomberg TV. Ce n’est pas parce qu’ils ne citent jamais nos analyses que nous occulteront les leurs — preuve supplémentaire du fait que nous ne fonctionnons vraiment pas comme eux…

Les experts que nous avons entendu ces dernières 48 heures soulignent que les prix sont loin d’avoir atteint des niveaux de bulle dans la plupart des états où les plus riches contribuables n’ont pas besoin de prendre leur Hummer pour rejoindre leur marina privée avant d’embarquer sur un yacht de 30 mètres pour une virée aux Bahamas (où ils possèdent naturellement un petit pied-à-terre offshore).

Autrement dit, pour résumer sommairement leur théorie, les prix sont demeurés relativement sages dans la plupart des grandes métropoles du pays. Ils ne flambent que là où le citoyen lambda n’a aucune chance de pouvoir se payer ne serait-ce que la maisonnette du gardien qui surveille la propriété.

La valse des millions de dollars pour quelques arpents couverts de détecteurs anti-intrusion et de caméras vidéo se limite à une courte sélection de zones privilégiées, fréquentées par les nouveaux magnats du monde de la finance et les milliardaires fraîchement débarqués de pays émergents où l’impératif de la stabilité politique l’emporte encore sur celui de la démocratie.

Et si la bulle immobilière éclate, cela ne les rendra ni plus pauvres ni plus riches. A moins, bien entendu, qu’ils n’aient investi une partie leurs économies dans des hedge funds gavés de lignes d’emprunts subprime ou de produits structurés obligataires collatéralisés.

** Nous admettons effectivement que les prix moyens aux Etats-Unis cachent des réalités bien disparates : le tarif des maisons chute globalement en Californie… mais les propriétés proches des grands centres d’affaires demeurent intouchables.

Un peu plus au nord, toujours sur la côte Pacifique, le nombre des transactions continue de progresser. La hausse des tarifs des maisons suit une pente ascendante à deux chiffres, de l’Oregon à l’état de Washington… et comme toujours à Vancouver.

La région s’impose de longue date comme une terre d’élection pour les investisseurs asiatiques, proximité géographique oblige. Le boom économique asiatique ne pouvait donc que doper la demande, alors que les Chinois ne savent plus quoi faire des excédents de dollars qu’ils détiennent : l’immobilier, en comparaison, représente une forme de sécurité.

Mais il est une réalité qu’aucune vague d’immigration chinoise ne pourra compenser : la barre du million de saisies de maisons pour défaut de paiement sera atteinte d’ici fin 2007 ; les stocks de biens neufs invendus représentent plus de huit mois de transactions… et dans l’ancien, le délai se rapproche des neuf mois.

L’extraction de valeur — sur la base d’une hypothétique plus-value en cas de revente — ne soutient plus la consommation depuis 18 mois. La demande de crédits hypothécaires est en chute libre (-33% au premier semestre) ; les incidents de remboursement n’ont pas encore atteint leur maximum, car la récente hausse des 50 à 60 points des taux longs ne produira ses effets ravageurs qu’avec deux à trois mois de retard (le temps répercuter le surcoût auprès des emprunteurs à taux variables). Quant aux banques, elles deviennent allergiques aux profils à risque.

Ce qui pourrait arriver de pire maintenant serait une montée du chômage, qui rendrait les organismes de crédit (et de garantie de prêts) encore plus frileux. Et comme un serpent qui se mord la queue, la baisse – globale — du prix des logements constitue un sérieux frein à la mobilité professionnelle… d’où l’apparition d’un ralentissement économique structurel.

** Et pour notre démonstration, nous reprenons à notre compte l’argumentation de ceux qui prétendent que tout ne va pas si mal dans le secteur de l’immobilier. imaginez que vous deviez revendre votre maison dans un bassin d’emploi sinistré — la région de Detroit par exemple — pour gagner la terre promise… c’est à dire côte ouest déjà évoquée.

Vous allez devoir brader votre patrimoine et perdre peut-être plus d’un an de salaire, sous forme de moins-values immobilières, avant même d’avoir accompli le premier kilomètre. C’est précisément une inflation galopante qui vous attend à l’arrivée, ce qui va considérablement réduire l’espace vital auquel vous êtes habitué. De quoi réfléchir à deux fois avant de bouger !

Et si l’évocation d’un ralentissement économique structurel vous apparaît comme une extrapolation un peu hâtive de toute ce qui précède, jugez la situation par vous même : le département du Commerce américain a dévoilé ce mercredi une chute de 2,8% des commandes de biens durables au mois de mai (les anticipations allaient de -1,1% à -1,5%).

Même en excluant le recul d’activité dans le secteur aéronautique, traditionnellement soumis à de fortes variations mensuelles qui peuvent biaiser fortement la pertinence de la statistique, les commandes ont accusé un repli global de 1%. Il est en grande partie lié au ralentissement de la demande des ménages en biens d’équipement de la maison.

** Ceci posé, nous ne serions pas surpris d’assister à un rebond technique des indices boursiers au cours des prochaines 48 heures. Cependant, le secteur bancaire continue de souffrir (le repli moyen avait atteint jusqu’à 2% en moyenne à travers l’Europe ce mercredi, avant de se réduire sensiblement en fin de séance grâce à une nette détente des taux longs) ; la cassure de nombreux supports moyen terme nous apparaît comme le signe précurseur d’une consolidation boursière qui n’a que trop tardé.

Le CAC 40 s’est épargné la cassure des 5 940 points hier, mais il lui sera difficile de se redresser très au-delà des 6 010 points avant la fin de la semaine — et donc du premier semestre.

Philippe Béchade,
Paris

—————————– (publ.)

Un véritable séisme énergétique pourrait mettre fin pour toujours à l’ère du pétrole bon marché, effaçant plus de 150 ans de prospérité occidentale et oblitérant la richesse de millions d’investisseurs… quasiment du jour au lendemain.

PANNE SECHE !
LE JOUR OU LE MONDE SE RETROUVERA A COURT D’ENERGIE

Restez les bras croisés et perdez tout… ou agissez AUJOURD’HUI et engrangez des gains de deux, voire trois chiffres sur des valeurs parfaitement positionnées pour grimper en flèche alors que le chaos s’installe.

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Bill Bonner, co-fondateur de La Chronique Agora, à Dublin

*** SIC TRANSIT GLORIA BULLI

** Ici en Irlande, le voyageur n’a que peu d’informations, s’il n’allume pas la télévision. Il découvre alors que l’Angleterre est sous les flots… un fait que certains médias irlandais traitent comme un jugement biblique sur leur ancien persécuteur.

* Les inondations en Angleterre, découvrons-nous, pourraient être la conséquence du "changement climatique global". On ne parle plus du croquemitaine du "réchauffement planétaire". Cette nouvelle étiquette sert de menace en toutes saisons. Peu importe ce que la météo provoque — inondations, sécheresse, canicule ou vagues de froid — tout est dû à cette histoire de Changement Climatique. Et selon l’illuminé que nous avons vu à la télévision ce matin, le gouvernement ferait mieux d’agir rapidement pour contrôler tout ça.

* Comment les gouvernements peuvent-ils contrôler le temps, ça, personne ne le dit. Mais le message est clair : si on ne fait rien, nous pouvons nous attendre à des calamités encore plus nombreuses dans les années qui viennent.

* Il est tentant, bien entendu, de prendre la météo comme métaphore du marché. Tous deux sont des systèmes naturels. Tous deux sont marqués par des schémas cycliques, largement prévisibles — mais ponctués par des surprises. Il y a des tempêtes sur les marchés financiers comme il y a des tempêtes dans la météo.

* A la Chronique Agora aussi, nous nous accordons de temps en temps une métaphore climatique. "Violentes averses à prévoir", répétons-nous encore… et encore… et encore.

** Mais il y a une différence très importante entre le climat et les marchés. Dans la nature, on a des catastrophes, à l’occasion. En dépit des théoriciens du Changement Climatique, cependant, ces épisodes de vent et d’eau, de chaleur et de froid, ne sont pas de la faute de la race humaine. Du moins pas depuis le Déluge. Ce n’est pas l’homme qui a provoqué l’éruption du Vésuve, qui a inondé Galveston ou qui a causé le gel progressif durant le "Petit âge de glace" en Europe à la fin du Moyen-Age. Non, l’homme est innocent de tout cela. C’est la Nature qui est coupable.

* Mais qui a causé le krach de 1929 ? Qui a provoqué l’explosion de la bulle des technologiques en 2000 ? Qui est derrière la hausse fulgurante des prix à Shanghai en 2007 ?

* Ah, voilà bien la différence. La nature agit plus ou moins indépendamment de l’humanité. Elle peut être cruelle, mais elle n’est pas perverse. Elle ne conspire pas de faire tomber une averse uniquement lorsque la plupart des gens ont laissé leur parapluie à la maison. Pas plus qu’elle ne complote pour faire chuter les températures pile au moment où on a oublié de faire des réserves de bois pour le feu. Non, la nature peut être dure, mais elle n’est pas malveillante.

* Les marchés, par contre, ont un fond de méchanceté. Ils se rassemblent et causent des orages précisément lorsqu’ils causeront le plus de dégâts.

* Le krach du Nasdaq, par exemple, a été provoqué par des gens qui ont fait grimper les prix au cours des années précédentes. Durant les cinq ans avant le krach de 2000, les prix ont été multipliés par six. Si les acheteurs n’avaient pas été si haussiers, les vendeurs n’auraient pas eu tant à vendre. Lors de la baisse des marchés, les prix ont été divisés par deux… puis encore par deux.

* Ce krach n’est pas arrivé tout seul ; il s’est produit à cause de la bulle sur les actions technologiques. Une bulle, c’est un phénomène boursier naturel. Mais les bulles sont créées par l’homme ; toutes les bulles sont également détruites par l’homme. Ensuite, les investisseurs sont sous l’eau.

* Sic transit gloria bulli.

—————————– (publ.)

Un principe d’investissement si simplissime
… que vous l’avez probablement OUBLIE !

Pourtant, il vous aurait permis de doubler votre mise en six mois
Pour savoir comment, continuez votre lecture…

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*** La Chronique Agora présente ***

Le yellow cake fait de plus en plus parler de lui – et si l’on en croit Isabelle Mouilleseaux, c’est bien parti pour durer, surtout dans une région bien particulière du globe…

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L’URANIUM ATTISE LES CONVOITISES
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Par Isabelle Mouilleseaux (*)

Connaissez-vous Adélaïde, en Australie ? La première chose à laquelle je pense quand j’entends parler de cette ville, c’est le circuit de Formule 1. Pas question de rater un Grand Prix de F1 à la maison. Même à 6h du matin le dimanche. J’ai réussi à transmettre le virus à toute la famille, sauf à… mon mari !

Mais ce n’est pas de Grand Prix dont je veux m’entretenir avec vous aujourd’hui. Car Adélaïde rime aussi avec… uranium. Le mois dernier, tout le gratin mondial du business "uranium" avait rendez-vous là-bas.

Au premier rang : les investisseurs, des billets plein les poches. Au second : les détenteurs des très convoités permis d’exploitation, avec leurs des carnets d’adresses "gros comme ça". Le tout sous la tutelle des autorités politiques locales.

L’Australie est le second producteur d’uranium mondial derrière le Canada. Une place très prisée. Mais c’est aussi le pays qui, avec la Chine et les USA, refuse de signer le protocole de Kyoto sur les émissions de gaz à effet de serre. Ils fonctionnent au charbon de bois, et polluer ne leur pose aucun problème. J’en profite pour vous le signaler au passage…

Le sud et ses réserves
C’est dans le seul état du sud de l’Australie (grand comme la France et l’Allemagne réunies) que les trois quarts des réserves d’uranium australiennes seraient concentrées. Et dans cette zone, une soixantaine de permis d’exploitation auraient été distribués depuis l’automne dernier, à quelque 200 entreprises ! Force est de constater qu’il y a du monde au portillon.

Il faut dire que cela rapporte gros aux autorités australiennes qui appliquent des taxes significatives sur les exportations d’uranium, à l’image de ce que fait la Chine pour d’autres métaux, et pour d’autres raisons.

60 permis à 200 entreprises en quelques mois à peine…
C’est énorme ! Il faut dire qu’il y a tellement d’argent sur les marchés actuellement. Il afflue de toutes parts. En trouver est très, presque trop facile. En deux temps trois mouvements, vous avez monté votre entreprise d’exploitation et acheté à prix d’or votre permis. Il ne vous reste ensuite plus qu’à piocher et "concrétiser". C’est là que cela se corse et que les déconvenues apparaissent.

De 100 à 500 juniors en moins de 18 mois ?
Il y a 18 mois environ, on comptait quelque 100 juniors à la recherche effrénée de yellow cake. Elles sont aujourd’hui 500. Inutile de vous dire qu’il faut faire TRES attention. Il y a des pièges, des escroqueries, des projets qui n’aboutiront jamais… Combien parviendront à extraire effectivement de l’uranium, en quantité suffisante ? Une poignée sans doute.

A l’image de la ruée vers l’or à la fin du XIXème siècle, la ruée vers l’uranium fera bien des malheureux. Mais il y aura aussi des heureux élus. Et dans ce cas là, ce sera le jackpot. C’est pourquoi il faut être très bien conseillé si vous voulez investir dans ce secteur. Il y a de vraies pépites, mais surtout beaucoup de projets sans lendemain. Et il ne faut pas se tromper. Prudence donc ; faites-vous aider.

Le potentiel de l’uranium reste intact
L’uranium est un marché qui explose. Son prix a doublé en six mois, et je vous ai expliqué pourquoi, à mon avis, il pouvait encore grimper. Pendant encore deux ans, le marché restera sous forte pression : la demande croît toujours, l’offre est plus qu’insuffisante, et les stocks ne suffisent plus à renflouer ce marché structurellement déficitaire.

N’oubliez pas que pendant 20 ans il n’y a eu aucun investissement dans l’uranium. Cela n’intéressait personne. Ce n’est que depuis 2001 que l’on recommence à y porter attention. Or il faut attendre en moyenne 10 ans entre le moment où on lance un projet uranium et le moment où la mine produit effectivement du minerai.

Lehman Brothers commence à s’y intéresser…
Signe des temps ! Ce petit marché de niche, suivi par les seuls initiés jusqu’ici, commence à faire des émules. Depuis le lancement d’un contrat à terme sur l’uranium en mai dernier à New York, les choses s’emballent.

Merrill Lynch vient de créer son indice uranium maison — indice à partir duquel nous allons bientôt voir des ETF, trackers et autres certificats fleurir. J’en suis certaine.

Alors forcément, les prestigieux analystes, qui n’avaient que faire de l’uranium auparavant, s’engouffrent eux aussi sur le marché. Et que dit Lehman Brothers ? En gros ce que je vous dis depuis toujours : les prix vont monter encore jusqu’en 2009. Pas de repli des cours avant 2015. Et il faudra attendre 2017 pour voir le cours de la livre d’uranium refluer sous les 70 $ (contre 136 $ la livre aujourd’hui).

D’ici là, vous aurez le temps d’engranger des profits significatifs sur le yellow cake !

Meilleures salutations,

Isabelle Mouilleseaux
Pour la Chronique Agora

(*) Isabelle Mouilleseaux et toute son équipe vous communiquent quotidiennement les dernières nouvelles du marché des matières premières, et vous expliquent comment profiter de ce qui promet d’être le plus grand boom du 21ème siècle… Pour profiter de leurs conseils, rien de plus simple : il suffit de vous inscrire à L’Edito Matières Premières. Cliquez simplement ici, laissez-vous guider… et n’oubliez pas : c’est entièrement GRATUIT !

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(c) Les Publications Agora France, 2002-2007
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Nota bene : reproduction partielle ou totale de la présente Chronique STRICTEMENT INTERDITE sans accord écrit de la société éditrice.
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