L’orange passe au rouge

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La Chronique Agora
Paris, France
Jeudi 31 août 2006
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*** Soldes d’automne sur le pétrole ?
Philippe Béchade prévoit une rentrée pluvieuse sur les marchés…

*** L’orange passe au rouge
Kevin Kerr prédit des temps difficiles pour les amateurs de jus d’orange…

*** Fin de vacances et monarchie
Bill Bonner fait ses adieux à sa maison de campagne…

*** Le GOR sous pression (2)
Simone Wapler continue son analyse des cours de l’or et de ceux du pétrole…

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Bonjour,

*** SOLDES D’AUTOMNE SUR LE PETROLE ?

** La bourse de Paris a aligné mercredi une troisième séance de hausse consécutive pour un gain cumulé de +1,4%. Pourtant, nous avons le plus grand mal à nous enthousiasmer pour ce mouvement de progression qui ne mobilise pas les foules, comme en témoignent des volumes quotidiens proches de l’indigence (3,6 milliards d’euros négociés sur les 40 vedettes de la cote après 3,5 milliards la veille et à tout juste 1,9 milliards lundi).

Après un petit pic d’activité les 15, 16 et 17 août, les échanges quotidiens s’élèvent en moyenne à trois milliards d’euros. Cela semble normal pour un mois d’août. mais peu satisfaisant pour un marché qui se voudrait haussier à moyen terme ; un sémillant économiste — que nous aimons bien — oeuvrant pour une banque qui se veut "populaire" table sur un CAC 40 à 5 700 points courant 2007.

Si l’objectif pour le CAC 40 à neuf ou 12 mois est effectivement 5 700 points, nous craignons cependant de nous ennuyer ferme d’ici la fin de l’année 2006. Notre principale préoccupation — notamment dans nos recommandations audiotel, au 0899 707 009* — consistera à déterminer le bon timing (ce qui revient à guetter une consolidation de -5% ou -10%) pour reprendre position avec un espoir de gain supérieur à 15% sur une période de six mois, comme ce fut le cas de début novembre 2005 à fin mars 2006.

** La séance d’hier fut marquée par la publication de la seconde estimation du taux de croissance de l’économie américaine au second trimestre 2006. Conformément aux attentes, le chiffre initial a été revu à la hausse, de +2,5% à +2,9%… mais pas dans les proportions espérées, puisque les économistes tablaient majoritairement sur +3%, voire un peu plus.

Nous ne savons pas comment interpréter le fléchissement du PIB américain au printemps dernier ; les +5,6% des mois de janvier à mars incluaient un "correctif" particulièrement brutal du trou d’air du quatrième trimestre 2005, imputable aux conséquences des dégâts causés par l’ouragan Katrina sur les installations pétrolières riveraines du Golfe du Mexique (extraction et raffinage).

Une large part de la croissance nette américaine demeure soutenue d’une part par les opérations de "sécurité extérieure" (Irak, Afghanistan) — financées, comme chacun sait, par le recours au déficit (indirectement subventionné par la Chine et les principaux pays producteurs de pétrole). D’autre part, c’est la reconstruction d’une partie des infrastructures dans les états du sud, frappés par une succession d’ouragans l’an dernier, qui vient désormais servir de béquille à cette croissance.

** Mais l’un des principaux phénomènes macroéconomiques du milieu de l’été — dont l’amorce remonte en fait au 7 et 8 août dernier, et peut-être même au 14 juillet –, c’est la consolidation des prix du pétrole après leur double culmination à 80 $ puis 79 $ aux dates indiquées ci-dessus.

Il ne s’agit plus, selon toute vraisemblance, d’une simple correction ponctuelle dans une tendance haussière mais bien d’un possible renversement de situation. Le support des 70 $ vient d’être enfoncé les 29 et 30 août, le baril s’enfonçant mercredi soir sous les 68,80 $, niveau qui n’avait plus été inscrit depuis fin mars/début avril 2006.

Et comme pour confirmer que le vent avait réellement commencé à tourner dès la mi-juillet, le groupe pétrolier British Petroleum se voit maintenant accusé d’avoir participé à une manipulation des cours (via les marchés dérivés) visant à pousser le baril vers des sommets. Il sera difficile de prouver la culpabilité du groupe britannique en matière de couverture ou de rachats de contrats à terme sur le NYMEX ou l’IPE… En revanche, la politique d’information concernant l’état — et l’effort de maintenance — des installations pétrolières d’Alaska est vivement critiquée : leur débit reste pour l’instant réduit de 50%.

Mais ce qui précède relève presque de l’anecdote en regard des implications macroéconomiques en amont et en aval. Les spéculateurs demeurés haussiers sur l’or noir auront beau nous expliquer que le trou d’air actuel résulte de la combinaison d’une saison d’ouragans particulièrement calme (bientôt, les forces déclinantes d’Ernesto à l’approche de la Floride suffiront tout juste à faire tourner un parc d’éoliennes !) et de stocks de pétrole plus abondants que prévu (+2,4 millions de barils la semaine dernière selon le département de l’Energie), nous demeurons convaincu que ce sont les anticipations de ralentissement de la croissance en Chine — et dans une moindre mesure aux Etats-Unis — qui justifient les prises de profit actuelles.

Le filon spéculatif des marchés de matières premières et d’énergie est peut-être épuisé, tout du moins provisoirement. Les acheteurs tablent désormais cyniquement sur une exacerbation de la crise diplomatique entre Téhéran et les Etats-Unis au sujet du nucléaire iranien, et peut-être sur une arrière-saison plus tourmentée du côté de la météo sur le Golfe du Mexique.

** Plus sérieusement, nous n’allons pas tarder à vérifier si une petite théorie qui nous est chère depuis trois ans conserve toute sa pertinence : vous avez pu constater ces dernières années l’étonnante corrélation entre la hausse du prix du brut et les phases de progression des indices boursiers — elle apparaît d’ailleurs plus étroite s’agissant de l’Eurotop 100 que du S&P 100 aux USA.

Le déferlement de liquidités sous forme de pétrodollars en provenance des pays producteurs pourrait maintenant se tarir (tout est relatif, bien sûr !) : il y aura, c’est certain, moins de surplus à investir au cours des prochaines semaines.

L’un des principaux carburants de la hausse des marchés financiers, avec les dividendes et les anticipations de détente des taux, pourrait bientôt faire défaut.

N’est-ce pas justement ce genre de phénomène qui se manifeste depuis trois semaines, avec une nette baisse du chiffre d’affaires quotidien sur les places du Vieux Continent et à Wall Street ? Nous ne pouvons nous montrer dès à présent trop affirmatif, car le traditionnel creux d’activité estival demeure à ce jour une explication plausible.

Mais un phénomène nous intrigue : la séance de mardi a été caractérisée par un volume record sur les dérivés de produits obligataires aux Etats-Unis… alors qu’en surface, la hausse des cours et une détente symétrique des rendements semblent traduire un regain de sérénité des investisseurs. Ces derniers paraissent rassérénés quant aux perspectives de maintien d’un statu quo monétaire par la Fed, à la lumière du compte-rendu de sa dernière réunion de début août.

Et si, justement, les stratèges commençaient à miser plus agressivement sur le scénario du ralentissement économique en jouant la hausse des marchés de taux ? Il serait naturel qu’ils couvrent leurs arrières et verrouillent les bonnes performances des deux derniers mois — d’une pierre, deux coups !

Comment les actions pourront-elles se mettre à flamber cet automne, si les liquidités deviennent plus rares, décrue de la manne pétrolière oblige… et s’investissent en priorité sur les bons du Trésor ?

Nul doute que dans ces conditions, nous profiterions de toute incursion (imminente ?) du CAC 40 vers 5 300 ou du Nasdaq vers 2 220 points pour réduire la voilure et ressortir nos bottes et nos cirés.

Philippe Béchade,
Paris

*(1,35 euros l’appel + 0,34 euro/minute)

—————————– (publ.)

Nous n’avons pas de solution miracle à la volatilité et aux incertitudes boursières…

…mais que pensez-vous d’une plus-value de 44% enregistrée en quatre séances… alors même que le Nasdaq perdait 4,5% sur la semaine ?

Si ça vous intéresse… continuez votre lecture pour tout savoir…

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Kevin Kerr nous donne les dernières nouvelles de Wall Street

*** L’ORANGE PASSE AU ROUGE

** J’aime boire du jus d’orange… mais je préfère encore le jouer en bourse. Ce marché à terme se montre volatil tout au long de l’année, ce qui génère beaucoup d’occasions de gagner de l’argent… ou d’en perdre. Peu de marchés sont aussi "nerveux" que celui du jus d’orange. Qu’il s’agisse d’ouragans sur la côte de Floride ou de gelées durant les mois d’hiver, les prix du jus sont sur des montagnes russes en toutes saisons.

- Il y a de nombreuses années de cela, lorsque j’étais encore un tout jeune homme de 21 ans, je travaillais à la corbeille des futures sur le jus d’orange à New York.

- C’était un marché extrêmement rapide et volatil. Aujourd’hui, le jus d’orange évolue encore rapidement, mais la volatilité s’est quelque peu apaisée, en raison du fait que les futures se sont développés et ont mûri, tandis que les volumes et la liquidité ont sensiblement augmenté. Les échanges se faisaient dans l’ancien New York Cotton Exchange, qui se situait dans le World Trade Center avant le 11 septembre. Aujourd’hui, le concentré de jus d’orange surgelé s’échange sur le New York Board of Trade, qui a été créé lorsque l’ancien Coffee, Sugar & Cocoa Exchange a fusionné avec le New York Cotton Exchange.

- A l’époque, lorsque j’étais encore à la corbeille, un trader avisé en jus d’orange m’a dit : "ne vend jamais du jus d’orange à découvert en janvier". Et je ne l’ai jamais fait. Voici pourquoi…

** Cet hiver, le mercure pourrait descendre très bas dans le sud et le centre de la Floride. Si on ajoute à cela les problèmes grandissants auxquels sont confrontés les cultivateurs d’agrumes depuis quelques années, il n’y a aucune marge de sécurité. Les récoltes d’agrumes de Floride, déjà inondées, ont été endommagées par deux ans d’ouragans implacables et de maladies. Par conséquent, les vergers qui ont réussi à survivre aux deux dernières années pourraient parfaitement perdre tous leurs fruits dès la première gelée un peu sévère.

- J’aime voir les choses de mes propres yeux — j’ai appris cela des vétérans avec lesquels j’ai travaillé au début de ma carrière. Ils avaient l’attitude salutaire consistant à sortir de son bureau pour aller voir soi-même l’état de la matière première en question.

- C’est donc exactement ce que j’ai fait juste avant et après les ouragans ces dernières années, et j’ai répété la manoeuvre cette année. Ce que j’ai trouvé, ce sont des fruits médiocres et endommagés, qu’ils soient tombés au sol ou encore sur les arbres.

- Le chancre bactérien des agrumes, une maladie détruisant les fruits et qui se propage par les vents pluvieux, a sévèrement entamé les récoltes — et c’est peu dire.

- Il ne faut pas s’y tromper : le marché du jus d’orange est gouverné par la météo. Un ouragan, la menace d’un ouragan, ou encore une poussée de gel en Floride suffisent à l’envoyer dans les cordes. Il y a souvent un bon moyen de jouer ce marché : appliquer la célèbre stratégie "achetez la rumeur, vendez la nouvelle". La Floride est l’épicentre du jus d’orange aux Etats-Unis, et les traders surveillent de près tous les phénomènes météorologiques affectant la région. Vous devriez faire de même — lorsque la météo atteint la récolte, il est trop tard pour acheter.

- Le prix du jus d’orange va très certainement grimper en flèche suite aux récents ouragans et en prévision de l’arrivée d’un hiver froid. Au cours des deux dernières années, divers analystes se spécialisant dans les boissons non-alcoolisées et les jus de fruits ont déclaré que le coût des jus et des sodas à base d’agrumes pourrait grimper de 25% ou plus.

- Ce dont il faut se rappeler, en bref, c’est que des ouragans et des tempêtes, aux USA et dans les Caraïbes, ont considérablement affecté les récoltes d’oranges. Certains baissiers du secteur affirment que les détaillants réussiront à contenir ces coûts dans les prix actuels, mais je ne suis pas de cet avis, au vu des dommages causés. Les consommateurs devraient se préparer à une hausse substantielle des prix. L’Europe, en particulier, pourrait être durement touchée. Les consommateurs britanniques boivent environ 1 200 millions de litres de jus de fruit par an, dont 70% de jus d’orange.

- Les futures sur matières premières sont le meilleur moyen de jouer sur le jus d’orange, et les options sur futures sont encore mieux. Les futures sur le jus d’orange janvier 2007 (OJF7) sont un bon pari pour commencer, parce que la date d’expiration n’est pas trop proche et que la liquidité est assez bonne.

- L’argent ne pousse peut-être pas sur les arbres, mais les oranges, si — et cette année, jouer sur les futures du jus d’orange pourrait très bien vous rapporter gros.

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Bill Bonner, co-fondateur de La Chronique Agora, à Londres

*** FIN DE VACANCES ET MONARCHIE

** Hier, il a plu toute la journée. Il faisait un temps maussade, morne, presque déprimant. Un feu brûlait dans la cheminée de la salle à manger, et dans la bibliothèque — un bâtiment octogonal situé dans la cour — nous avons dû allumer le chauffage.

* Maria est retournée à l’école à Londres. Jules est reparti à l’université, à Boston. Nos derniers hôtes de l’été nous ont quittés hier matin.

* Ce sont les derniers jours de l’été, et ils ont comme un air de tristesse ; le genre de douce mélancolie qui guette à la fin de longues vacances. Bien entendu, ce n’étaient pas de vraies vacances, en ce qui nous concerne ; nous avons travaillé tous les jours. Mais nous suivions les horaires d’été, dans notre résidence d’été, entouré d’amis, la famille allant et venant aux alentours. A présent, il est temps de fermer la maison.

* Elizabeth est repartie à Paris pour essayer de mettre un peu d’ordre dans notre appartement. Ce week-end, nous fermerons les volets, verrouillerons les portes, rangerons les outils, cadenasserons les portes de la bibliothèque et de la cave à vin… et nous nous préparerons à une longue année de travail.

* "J’aime cet endroit", nous a dit Elizabeth la nuit dernière. "Surtout cette année, j’ai vraiment compris pourquoi je me plais tant ici. Il y a tant de gens qui attachent de l’importance aux mêmes choses que moi. Les jardins, les vieilles maisons, l’histoire, et les bonnes manières. Par bien des aspects, je me sens plus chez moi ici que je l’ai jamais été dans le Maryland."

** Cet été, la vie sociale a semblé particulièrement active dans notre région. Nous avons assisté à deux mariages, plusieurs dîners et quelques fêtes. Rien de tout cela n’était particulièrement élégant, mais tout était organisé avec goût, et fréquenté par des gens intéressants et cultivés.

* "Oh là… je crois que c’est notre premier faux pas sérieux", a remarqué Elizabeth tandis que nous nous rendions à une fête samedi. Elle ne plaisantait qu’à moitié — nous approchions d’une ancienne demeure, marchant sur une chaussée entre deux vastes étangs. La maison était faite de pierre, solide et remarquablement simple, avec des fenêtres de bois brut qui semblaient vieilles de plusieurs centaines d’années. Mais tandis que nous avancions, nous croisions d’autres invités, tous pourtant le masque. Un petit panonceau nous rappela soudain que nous aurions dû "venir masqués" !

* "Oh oh"…

* Voilà que nous arrivions sans masque… notre visage à nu. Nous étions découverts : des étrangers balourds et impolis — on aurait même pu nous prendre pour des Américains !

* Mais la fête se déroula sous de meilleurs auspices ; les masques tombèrent après un petit temps, révélant plusieurs visages amicaux.

* "Oui", continua Elizabeth en poursuivant ses réflexions, "j’aime cet endroit et les gens qui y vivent. Ils sont aussi vieux jeu que moi. J’ai quand même rencontré quelqu’un qui l’était plus encore : un monarchiste. En général, quand les gens me disent qu’ils sont monarchistes, je ne les crois jamais tout à fait. On dirait qu’ils me font marcher, qu’il font de la provocation, qu’ils ne sont pas sérieux — comme toi quand tu dis que tu préfères la monarchie."

* "Mais je suis sérieux", avons-nous répliqué.

* "Peut-être… mais cet homme travaille activement à la restauration des Bourbons, même s’il a admis qu’il n’y avait aucune chance de voir la France accueillir à nouveau un roi."

** Un article a attiré notre attention l’autre jour. Le sénateur Lieberman a comparé la guerre en Irak à la guerre civile espagnole ; c’est un présage de jours pires encore, écrit-il.

* Par coïncidence, nous avons également lu des choses sur la guerre civile espagnole dans une histoire écrite par Anthony Beevor. Ce qui nous semble intéressant, c’est que les deux côtés — avant que la guerre ne commence et jusqu’à avant-hier — partageaient un principe de base commun. Tous deux affirmaient avoir le soutien des masses. On a analysé les élections, fait des sondages, décrypté des discours, les deux côtés essayant de prouver qu’ils avaient chacun le droit de régner — parce qu’ils jouissaient du soutien populaire.

* Et les deux parties ont commis des actes barbares et sordides — meurtres, viols, pillage, vol et ainsi de suite — se sentant protégées par le fait que 51% de la population étaient de leur côté… leur donnant donc le droit de gouverner.

* Aujourd’hui encore, cette idée n’est guère contestée. La "règle de la majorité" a remplacé la règle monarchique il y a bien longtemps. Mais nous nous demandons ce qui la rend meilleure. Qu’est-ce qui donne aux gens le droit de régner les uns sur les autres simplement parce qu’à ce moment donné, dans des circonstances bien spécifiques, il y a plus de lumpen-électeurs d’un côté que de l’autre ?

Non merci, cher lecteur. Nous ne sommes pas démocrate. Donnez-nous plutôt un bon roi. Mettez-le sur le trône, dites-lui de s’occuper de ses affaires. Et s’il ordonne trop d’impôts, dépense trop ou ose entraîner le pays dans la guerre ou les absurdités — coupez-lui la tête !

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QU’EST-CE QUI FAIT GRIMPER CES ACTIONS ?
Des gains de 74%, 53,8%, 43,17%, 60%
24,9% de gain moyen en 2004…
24% de performance moyenne en 2005…

Quelles valeurs continuent de bien faire malgré la baisse des marchés — et surtout, comment faisons-nous pour les dénicher ?

Toutes les réponses sont ici…

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*** La Chronique Agora présente ***

Le pétrole est en voie d’épuisement et les pays producteurs font de moins en moins confiance au dollar, nous disait hier Simone Wapler en comparant les cours de l’or et ceux du pétrole. A quoi cette situation peut-elle mener ? Réponse ci-dessous…

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LE GOR SOUS PRESSION — 2ème PARTIE
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Par Simone Wapler (*)

Les consciences s’éveillent à la théorie du peak oil
Difficile de discerner la part des choses dans l’augmentation de 25 $ à plus de 75 $ le baril en six ans. Ce qui est sûr, c’est que la théorie du peak oil gagne de l’audience. La Suède est le premier gouvernement à l’évoquer officiellement.

Selon cette théorie, les réserves mondiales ont déjà (ou vont très prochainement) culminé, et tout accroissement de la demande conduit donc à un épuisement de la ressource. Or, le ralentissement de la consommation n’est pas pour demain.

Tout d’abord, la mondialisation a développé les transports. Ensuite, les gagnants d’aujourd’hui (Chine, Inde, Brésil) commencent à avoir une consommation domestique et des travailleurs qui vont bientôt pouvoir s’offrir un scooter ou une petite voiture… sauf récession mondiale majeure. Enfin, les USA ne sont pas encore prêts à se serrer la ceinture. Les Européens ont appris à le faire dès le premier choc pétrolier car leur Histoire n’est qu’une longue suite de pénuries, famines, guerres, et autres vicissitudes.

Mais les Européens qui ont fui leur misère pour peupler l’Amérique ont découvert un pays d’abondance : abondance de terres, de ressources naturelles. Tout était possible, aucune quantité limitée. Ce qu’on avait n’était pas pris à quelqu’un, il y en avait trop pour tout le monde. Le bon côté, c’est qu’aux USA, le riche n’est pas soupçonné d’avoir dépouillé le pauvre. Le mauvais côté, c’est que les voitures consomment 15 à 20 litres au 100 km et que les 4×4 servent à rejoindre les golfs bien arrosés de l’Arizona.

Faute d’économie sur la consommation, le cours du pétrole n’est donc pas près de baisser. Il pourrait au mieux se stabiliser si les gouvernements tentaient de mettre en place une véritable politique énergétique à 10 ou 20 ans. Mais cela signifierait qu’il faudrait dire des choses désagréables aux électeurs… Il est plus probable que les électeurs finiront par comprendre d’eux-mêmes ces choses désagréables et congédieront leurs gouvernements.

En attendant, un prix du pétrole à la hausse implique à terme de l’inflation. Pour le moment, cette inflation a été masquée par la délocalisation de la production de biens manufacturés vers des pays à bas coûts de main d’oeuvre. Pour le moment, l’acheminement de ces biens vers les pays riches ne coûte pas trop cher. Mais un jour, le transport redeviendra coûteux. Pour le moment encore, les pays en développement acceptent d’être payés en dollars malgré les dettes des Etats-Unis.

Mais un jour, il sera mis en évidence que la guerre pour la démocratie en Irak était en fait une guerre pour le pétrole, qu’elle n’a pas été gagnée et que la première puissance économique mondiale, la plus dépendante du pétrole, est assise sur un tas de dettes et contemple des puits de pétrole vides. Ce jour-là sera celui du réveil de l’or. Le GOR se réconciliera avec sa moyenne historique.

En tant qu’investisseur, on aimerait que ce soit au moment du pétrole à 120 $ le baril, ce qui mettrait l’once d’or à 1 800 $. En tant que consommateur, la perspective est moins riante.

Meilleures salutations,

Simone Wapler
Pour la Chronique Agora

(*) Analyste, journaliste et ingénieur de formation, Simone Wapler a déjà contribué à des publications telles que Le Point, Enjeux les Echos, Chart’s… Spécialisée dans les valeurs technologiques et industrielles, et se penche sur l’or — mais aussi sur les marchés étrangers — tous les mois dans la lettre Vos Finances – La Lettre du Patrimoine.

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(c) Les Publications Agora France, 2002-2006
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Nota bene : reproduction partielle ou totale de la présente Chronique STRICTEMENT INTERDITE sans accord écrit de la société éditrice.
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