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La Chronique Agora
Paris, France
Jeudi 21 juin 2007
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*** Pourquoi se refuser l’achat de 1 000 tonnes d’or ?
Certains préfèrent racheter leurs propres titres ; allez comprendre…
*** Creusons un peu
Pour l’Inde comme pour le secteur de l’eau, les choses ne sont pas ce qu’elles semblent être
*** Solstice d’été
Encore 5 ou 6 ans de hausse pour les marchés ? Bill Bonner s’interroge…
*** L’or victime du dollar ? (2)
Mais on a déjà vu des inversions de tendance…
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Bonjour,
*** POURQUOI SE REFUSER L’ACHAT DE 1 000 TONNES D’OR ?
** Les indices européens ont stagné depuis les quelques minutes qui ont suivi l’ouverture des marchés vendredi dernier, soit trois séances complètes — ou 25 heures de cotations — marquées par une remarquable absence de volatilité). Cela pouvait soit préfigurer l’amorce d’un mouvement de consolidation (un épuisement progressif des acheteurs se terminant par des ventes de lassitude), soit se solder par de nouveaux assauts contre les récents records, annuels ou absolus.
L’effondrement du yen vers de nouveaux planchers historiques (sous les 166/euro et les 123,75/dollar) excluait d’office le scénario d’une consolidation ; les opérations de carry trade ont redoublé, et un nouveau déluge de liquidités s’est abattu sur les places boursières. Cependant, les bulls ont maintenant fort à faire pour propulser les indices au-delà de leurs récents zéniths, lesquels coïncident dans la plupart des cas avec des résistances majeures et des plus hauts historiques. Mercredi midi, par exemple, le DAX est parvenu à retracer à 0,01% près son record des 8 136 points. Scénario identique pour le S&P 500, qui réédite son score du vendredi 15.
Mais Wall Street hésite — assez logiquement — à s’affranchir des principales résistances testées depuis la mi-mai. Les gains substantiels espérés de façon un peu naïve en pré-ouverture (il est très facile de manipuler le marché relativement étroit des futures) n’étaient pas au rendez-vous ; le Dow Jones, dopé par General Electric et Home Depot (qui bondissait de 7%), testera au mieux 13 675 points.
Les places européennes ont rapidement perdu le contact avec les plus hauts du jour hier en fin d’après midi. Elles ne parviendront même pas à tirer parti de la hausse des stocks hebdomadaires de pétrole brut aux Etats-Unis (+6,9 millions de barils) puis d’essence (+1,8 millions de barils, contre une hausse de 1,1 millions anticipée).
** Le CAC 40, qui était sorti par le haut d’un corridor 6 110/6 118 (zénith du 15 juin) en début d’après-midi, a inversé la vapeur sous les 6 132 points. En clôture, il rechutait pour la troisième fois d’affilée sous les 6 100 points ; c’est le quatrième échec consécutif sous l’ex-zénith des 6 110 points.
C’est aussi une authentique déception, car des plus hauts historiques sont tombés en cascade à Paris en cours de journée : EDF, Michelin, Arcelor-Mittal, Lafarge, Total, Air Liquide… et la liste n’est pas exhaustive. Cependant, la liste des plus fortes hausses du jour recoupe très largement celle des meilleures performances annuelles au sein du CAC 40, comme si les opérateurs s’ingéniaient à répliquer mécaniquement le "Top 10" du premier semestre 2007.
A Wall Street, c’est Kirk Kerkorian qui a créé l’évènement en annonçant que MGM (qui détient l’un des plus grands groupes de casinos à Las Vegas) renonce au rachat du célèbre Bellagio, ainsi qu’au plus grand centre commercial de la capitale mondiale du jeu. Ce n’est visiblement pas du goût des analystes — ce renoncement dévalue le patrimoine immobilier de Vegas dans son ensemble — puisque MGM a dévissé de 8% sur le NYSE.
De quoi faire oublier le plan de rachat hyper-massif de ses propres titres (22,5 milliards de dollars) par Home Depot (+5% en clôture). Si notre mémoire ne nous joue pas de tours, à l’exception d’une ou deux compagnie pétrolières coutumières de ce genre de stratégie pour éponger leurs excès de cash, nous n’avons pas souvenir d’une opération aussi colossale. 30% des titres en circulation devraient ainsi être épongés… puis éventuellement annulés dans la foulée).
Nous sommes saisi de vertige devant de tels montants… Pour vous permettre d’en évaluer l’importance, sachez que cela représente plus de deux fois la capitalisation boursière du groupe de distribution Casino, et l’équivalent de la capitalisation de PPR Gucci.
Home Depot n’en est à pas son coup d’essai en matière de valse des zéros : nous avons gardé bien présent à l’esprit le parachute en platine double épaisseur incrusté de diamants offert à Bob Nardelli pour "adoucir" son éviction de la présidence du groupe (pour manque de résultat).
Ce package de départ avait atteint le montant pharaonique de 210 millions de dollars — ou, pour rendre ce chiffre une nouvelle fois plus parlant, il représente, au cours actuel du métal précieux, 100 fois le poids de M. Nardelli en lingots d’or… soit 10 tonnes pour faire un compte rond.
Vous n’aurez aucun mal à déduire que le plan de rachat d’actions de Home Depot permettrait au groupe d’acheter un peu plus de 1 000 tonnes d’or… Compte tenu des perspectives de désordres monétaires et d’évaporation du dollar — telles qu’elles nous sont brillamment exposées depuis hier par Isabelle Mouilleseaux (qui nous en dit plus ci-dessous) –, ces 1 000 tonnes de métal jaune pourraient constituer un investissement beaucoup plus judicieux que l’accumulation de titres sans réelles perspectives de création de valeur. Surtout si l’on tient compte de la déprime durable du secteur immobilier au cours des six ou neuf prochains mois.
Nous sommes convaincu que le soudain revirement de Kirk Kerkorian découle de ses doutes concernant la valeur réelle de l’immobilier à Las Vegas. C’est d’ailleurs son projet d’offre — particulièrement généreuse — qui avait conduit les analystes à réévaluer le prix du mètre carré constructible sur le Strip (l’artère historique) à la hausse… alors que les environs de la ville sont désormais parsemés de lotissements qui ne trouvent plus preneur après quatre ans d’une formidable expansion géographique de la ville.
Ce phénomène était lié à un important afflux de main d’œuvre, ce qui est plutôt sain, mais pas uniquement. Il faut aussi compter avec le développement du marché de la résidence secondaire, avec 300 jours de soleil par an garantis et "vue sur casino" — ce qui, pour succomber à la tentation d’un calembour facile très couleur locale constitue un… Mirage (publicité gratuite pour M. Kerkorian).
** Nous ne pouvions pas conclure cette chronique sans évoquer la rechute subite des indices américains en seconde partie de séance : le Dow Jones et le Nasdaq ont abandonné 1,05%, tandis que le S&P 500 perdait 1,3%. Si la proximité des records a pu encourager certains gérants à verrouiller une performance trimestrielle (+10%) qui s’avère la plus remarquable depuis le quatrième trimestre 2003, la tension des taux est de nouveau venue semer le trouble à Wall Street.
Aucun chiffre paru ce mercredi n’explique cette déprime de l’obligataire… En revanche, un petit vent de panique a soufflé sur un segment bien particulier dont nous vous entretenions pas plus tard que la veille : le secteur des credit default swaps et des CDO (dérivés d’emprunts titrisés, dits structurés et collatéralisés… ouf !).
L’inquiétude gagne soudain les spécialistes de ces marchés de produits obligataires "exotiques". Les institutionnels s’y échangent le risque comme l’on se refile le mistigri, et pour les raisons que nous évoquions très précisément dans notre précédente chronique : en dernier ressort, qui paye la facture lorsqu’un sinistre (le défaut de paiement) survient ?
Trois mois après le séisme, ce sont bien les lézardes provoquées par la crise du subprime qui menacent de faire s’écrouler de nombreux édifices financiers, bâtis sur les sables mouvants des mauvaises dettes immobilières.
Nous en reparlerons… Ce jeudi, nous méditerons plutôt sur les perspectives originales ouvertes par la possibilité pour certaines multinationales d’acheter — parce qu’elles en ont largement les moyens — 1 000 tonnes d’or plutôt que 22,5 milliards de dollars de leurs propres titres… ou de ceux d’un concurrent guère mieux loti, ce qui s’avèrera dans tous les cas désastreux en cas de chute de la consommation outre-Atlantique.
Philippe Béchade,
Paris
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Byron King vous donne les dernières nouvelles de Wall Street
*** CREUSONS UN PEU
** Au premier regard, il y a de quoi s’inquiéter pour le marché boursier indien. On pourrait dire qu’"il a l’air cher". En juin 2005, l’indice indien Sensex — que l’on peut considérer comme l’équivalent du Dow Jones Industrial Average pour l’Inde — a franchi les 7 000 points pour la première fois. En décembre 2006, il avait dépassé les 14 000.
- Mais en creusant un peu, on trouve des choses remettant ces chiffres en perspective. Pour commencer, l’an dernier, la moitié de ces rendements provenaient du taux de change. Le dollar s’est considérablement affaibli, tandis que la roupie indienne grimpait.
- Ensuite, la plupart des gains de ces 12 derniers mois provenaient de cinq valeurs environ. Comme le souligne Marc Faber, le rendement médian des valeurs indiennes sur les 12 mois écoulés était de -17%. Donc la plupart des valeurs — soit deux tiers environ — sont en baisse.
- Voilà qui change pas mal de choses, non ? Dans tous les marchés, on trouve des "poches" d’opportunités valant la peine d’être jouées, même si le marché dans son ensemble semble défavorable. Et en ce qui me concerne, j’aime creuser un sous la surface.
** Un plongeon dans les ETF de l’eau
- Il y a également un boom dans les ETF (exchange-traded funds, fonds indiciels cotés en bourse, que l’on peut acheter et vendre comme des actions) du secteur de l’eau. Un article de Barron’s parlait le week-end dernier d’une liste de plus en plus longue d’ETF se spécialisant dans l’eau. Mais avant d’en acheter, les investisseurs devraient en savoir un peu plus sur leur mode de fonctionnement.
- Le dernier en date s’appelle PowerShares Global Water Portfolio. Son portefeuille contient 41 actions d’entreprises situées dans le secteur de l’eau — qu’il s’agisse de la fournir, de la traiter, etc.
- Avant cela, nous avions le Claymore S&P Global Fund, qui est arrivé sur le marché en mai. Il compte une liste de 50 valeurs. First Trust ISE Water Index Fund a lui aussi été inauguré en mai. L’ancêtre de tous ces ETF est le PowerShares Water Resources Portfolio, né à la fin 2005.
- Je n’ai jamais été très fan des ETF parce que je préfère choisir les actions une par une. Je n’aime pas non plus leur aspect de rééquilibrage. Ils tendent à vendre leurs gagnants tous les trimestres, ou tous les ans, pour qu’aucune action ne domine l’indice. Pourtant, selon ma propre expérience de l’investissement, ce sont précisément ces grands gagnants qui font une vraie différence entre des profits raisonnables et des profits extraordinaires.
- Mais malgré tout, si vous ne pouvez pas acquérir un portefeuille de valeurs spécifiques, ces ETF peuvent vous aider à vous positionner dans le secteur global de l’eau.
- Qu’on y investisse ou non, il peut être utile de surveiller les ETF, parce qu’à mesure que leurs actifs augmentent, ils deviennent des acheteurs réguliers des valeurs figurant dans leurs portefeuilles. Certaines des actions du secteur de l’eau ont des capitalisations boursières relativement petites. Et certains de ces ETF sont de plus en plus grands. Le PowerShares Water Resources Portfolio possède près de deux milliards de dollars d’actifs. L’une de ses principales possessions est Layne Christensen, dont la capitalisation boursière n’est que de 700 millions de dollars et des poussières.
- Le résultat final d’un boom des ETF de l’eau pourrait se traduire par des multiples relativement élevés sur un certain nombre de valeurs du secteur. Il sera intéressant de suivre cette affaire — et quelques recherches nous donnent quelques indices utiles. Le premier, c’est que le ETF semblent avoir de mauvaises habitudes d’investissement (vendre tous ces gagnants). Le second, c’est que le principal impact des ETF pourrait être l’effet que leur popularité croissante a sur les cours des valeurs qu’ils doivent acheter.
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Bill Bonner, co-fondateur de La Chronique Agora, à Londres
*** SOLSTICE D’ETE
** Aujourd’hui, on est déjà au solstice d’été — le milieu de l’été, en termes célestes.
* Comment sommes-nous arrivés là si rapidement ? Où est l’été ?
* Hier matin, nous avons marché le long de la Tamise. La chaîne ITV envoie régulièrement ses reporters sur le quai de Southwark, afin d’interviewer des gens — pour les bavardages du jour, sans doute. Aujourd’hui, une jeune femme en bikini, dos à la rivière, face à la caméra, parlait à un journaliste.
* La pauvre ; il faisait un froid de canard, et le vent soufflait fort sur Waterloo Bridge, comme si une tempête était en route.
* Lundi aussi, la pluie est tombée sur Londres, ruisselant sur les panneaux routiers et les fenêtres.
* Mais notre sujet n’est pas la météo. Non, notre métier est plus morose. Il consiste à essayer de prendre la température des marchés financiers… et d’en comprendre les saisons. Et comme tout bon météorologue, nous commençons par regarder par la fenêtre !
* Quel spectacle.
* Cette semaine, nous avons dîné avec un ami au Savile Club. Nous y avons rencontré l’un des gestionnaires de hedge funds les plus prospères de Londres.
* "Eh bien, il ne fait pas de doute que nous avons un boom mondial des liquidités", a-t-il déclaré. "Et il ne fait pas de doute qu’il prendra fin à un moment ou à un autre. Mais beaucoup d’argent a été perdu à essayer de deviner quand. Deviner ne me pose aucun problème, évidemment. Ca fait partie de mon travail. Et à mon avis, ce boom/bulle durera encore cinq ou six ans. Il y a tellement de nouveaux venus sur les marchés financiers… et tant d’argent qui afflue. Aucune des contraintes du passé ne sont encore en vigueur. Rappelez-vous que la plupart d’entre elles n’étaient qu’une question d’habitude — les gens rechignaient à prendre trop de risque… ou à investir trop d’argent… ou à payer un prix trop élevé. Les nouveaux arrivants ne semblent pas avoir ce genre d’hésitations".
* La City londonienne, l’équivalent du Wall Street new-yorkais, était autrefois gérée par des vieillards vieux jeu, vêtus de costumes vieux jeu, dans des bureaux vieux jeu. Un de nos amis y travaillait dans les années 60. Il s’en souvient encore :
* "Oh, c’était si pittoresque et civilisé. Les partenaires portaient tous des chapeaux melons. Et un maître d’hôtel apportait le thé deux fois par jour, à 11h puis à 16h. Il portait une redingote et servait le thé sur un plateau d’argent, en gants blancs. Après le tea time, tout le monde rentrait à la maison".
* Et puis tout a changé ! Terminé, les vieux garçons. Les nouveaux étaient bien différents. Ils portaient des chemises sans cravates et avaient des diplômes de mathématiques. Et ils travaillaient 24 heures sur 24.
* Mais à quoi travaillent-ils ? Ah… c’est une bonne question. Vous pouvez rester toute la journée devant leurs bureaux, cher lecteur. Vous ne verrez aucun produit en sortir. On ne voit même pas de fumée sortant de leur cheminée. En dépit de tous leurs efforts, ces professionnels ultra-intelligents semblent ne rien produire — du moins rien de visible. Rien à manger. Rien sur lequel s’asseoir. Rien que l’on ne puisse utiliser pour se brosser les dents… ou lire pour se distraire… ou employer pour tuer de la vermine. Pas d’animaux, pas de végétaux, pas de minéraux. La production de la City est intangible.
* Mais les gens doivent l’apprécier, parce qu’ils la paient très cher.
* En regardant par la fenêtre, nous voyons ce que c’est. Londres est couverte de caramel. Le crédit coule partout, provenant de tous les coins de la planète. Riche, collant… source de caries. Les Russes conduisent des Lamborghini. Les Arabes remplissent les restaurants. Des acheteurs japonais et chinois dévalisent les boutiques.
* Londres n’est pas la ville la plus chère au monde ; ce douteux privilège revient à Moscou. Mais Londres n’est pas loin derrière, au deuxième rang. Sur la liste des villes les plus chères du monde, aucun bourg américain n’est dans le "top 10". Est-ce que cela signifie que le dollar est sous-évalué ? Ou bien cela veut-il dire que les Américains n’ont juste pas assez d’argent… qu’ils ne peuvent pas se permettre une ville vraiment chère ?
** Nous n’en savons rien. Nous avons toutefois le sentiment que les vents du changement de climat financier sont en train de (mal) tourner pour les Etats-Unis. Après que la tempête des prêts à risque ait soufflé sur les USA ce printemps, on aurait dit que le mauvais temps était terminé. Mais ce n’était qu’un début, selon USA Today. A Minneapolis, les saisies ont grimpé de 100% en 2006. Et elles devraient grimper de 100% supplémentaires en 2007. Plus d’un million de maisons pourraient être saisies cette année — dont 60% sont des victimes des prêts hypothécaires subprime. Et les dégâts ne devraient pas s’arrêter une fois sonné les 12 coups de minuit le 31 décembre 2008. Il y aura encore plus de saisies l’an prochain, selon l’Association américaine des prêteurs hypothécaires. Bear Stearns a attrapé la grippe durant le coup de froid du subprime. Même Goldman Sachs renifle un peu.
* Jusqu’à présent, cependant, la douleur ne se fait sentir qu’au bas de l’échelle sociale américaine. Les pauvres, les minorités, les défavorisés, les sous-privilégiés dans les quartiers sensibles — ce sont eux qui perdent leurs maisons. Evidemment, les âmes sensibles proposent les solutions les plus idiotes. Et les clowns ne sont pas loin derrière — prouvant une fois encore qu’il n’existe pas de situation si épouvantable qu’un politicien de bonne volonté ne puisse aggraver.
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Nouveau gouvernement, nouveaux investissements
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*** La Chronique Agora présente ***
Isabelle Mouilleseaux examine les perspectives du billet vert… et celles de l’or : suite et fin de son enquête aujourd’hui…
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L’OR VICTIME DU DOLLAR ? — 2ème PARTIE
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Par Isabelle Mouilleseaux (*)
N’écoutez pas le consensus, forgez-vous votre propre opinion
Ce à quoi nous assistons actuellement n’est pas un retournement du dollar. Si on essaye de vous le faire croire, surtout, n’y portez pas attention. Ce à quoi nous assistons actuellement est une simple correction de parcours.
N’oubliez jamais que le long trend baissier est composé de vagues qui montent puis descendent. Sauf que les point haut des hausses sont toujours moins haut, et que les points bas des baisses sont toujours plus bas.
En conséquence, le dollar repartira à la baisse et l’or à la hausse. C’est pour moi une certitude. C’est ici que nos matières premières entre en jeu
Quel sera l’impact de la dépréciation annoncée du dollar sur nos matières premières ?
S’il n’y avait qu’une seule chose à retenir, retenez celle-ci : laissez la Fed poursuivre sa politique d’expansion monétaire qui ne peut qu’entraîner la dépréciation du dollar et des actifs financiers et monétaires à terme.
Quand les investisseurs comprendront enfin que leurs avoirs sont libellés en monnaie de singe, ils se rueront sur les actifs tangibles. Eux ne se déprécient pas, ne craignent pas l’inflation. Ils ont une utilité réelle. Et contrairement aux billets de banque qu’on peut "produire" à l’infini, personne, pas même la Fed, ne pourra créer ainsi du cuivre, du nickel, du blé ou de l’or.
L’implosion du dollar rimera avec l’explosion des matières premières.
Gardez l’or en portefeuille, même s’il peut encore baisser
Revenons au court terme et à l’or en particulier. Ne faites pas l’erreur de vendre votre or. Conservez-le en fond de portefeuille.
Il baisse en ce moment. Et tant que le dollar montera, il baissera. Mais n’oubliez pas que la reprise du dollar ne durera pas. C’est une correction à la hausse dans un grand trend baissier. Une fois que vous avez compris cela, vous comprenez pourquoi il faut garder ses positions or, et pourquoi, si vous n’en avez pas encore, sa correction actuelle peut être une opportunité pour se positionner.
Sylvain Mathon avait parfaitement anticipé les choses. Fin avril, il annonçait dans Matières à Profits, sa lettre confidentielle sur les matières premières, que l’euro allait faire l’objet de "prises de bénéfices contre la résistance à 1,3650/1,3670, ramenant l’euro/dollar jusqu’à 1,3260". Un mois après le scénario se réalisait avec une précision d’horloger !
Il expliquait ensuite à ses lecteurs fin mai qu’un dollar à 1,3260 ramènerait l’or dans la zone des 635-645 $ l’once. Trois semaines après, l’or touchait les 645 $.
Sylvain m’impressionne par sa clairvoyance. Il a anticipé parfaitement la hausse temporaire du dollar et la baisse de l’or. Je discutais hier avec lui. Comme moi, il estime que ces deux mouvements sont des corrections temporaires. Et que les tendances à long terme n’étaient pas remises en cause. [Des conseils fiables, précis et... profitables : mettez le talent d'analyste de Sylvain au service de votre portefeuille -- et profitez du boom des matières premières ! Tout est expliqué ici...]
Ne suivez pas le consensus, soyez contrarien
Les investisseurs ont pris conscience de la hausse des taux longs. A 5% aux Etats-Unis, ils sont au plus haut depuis cinq ans. Alors forcément, ils achètent du dollar de mieux en mieux rémunéré.
Ce qu’ils n’ont pour l’instant pas encore compris, c’est que le dollar qu’ils achètent n’a aucune contrepartie réelle, et qu’il repose sur des déficits abyssaux. Or pour réduire cette dette, il n’y a que deux solutions : dépréciation du dollar et inflation. Les pires ennemis de l’investisseur boursier. Les meilleurs alliés des matières premières. Mais ils ouvriront bien les yeux un jour…
L’or, qui avait atteint son plus haut de l’année en avril à 698 $ l’once, est revenu mardi dernier en cours de séance à 645 $. C’est une vraie correction. Il cote actuellement autour de 652 $.
Il repartira tôt ou tard, tiré à la hausse par le baril de brut ainsi que par le dollar, une fois son retournement temporaire terminé.
N’oubliez pas que la hausse du brut est un facteur favorable car il est générateur d’inflation propice à l’or "valeur refuge".
Peut-être une occasion unique pour ceux qui veulent rentrer sur le marché de l’or
Surveillez la zone des 640 $. A ce niveau passe la moyenne mobile à 200 jours. S’il passait en dessous, l’or pourrait franchir à la baisse plusieurs supports et venir flirter avec les 600 $. Ce serait alors une occasion en or massif à saisir pour entrer sur le marché.
Pour revenir dans une tendance haussière, il devra franchement passer le cap des 674 $. L’objectif suivant étant de franchir les 700 $, ce qu’il essaye en vain de faire depuis des mois. Il n’est pas improbable qu’il y réussisse d’ici la fin de l’année
Meilleures salutations,
Isabelle Mouilleseaux
Pour la Chronique Agora
(*) Isabelle Mouilleseaux et toute son équipe vous communiquent quotidiennement les dernières nouvelles du marché des matières premières, et vous expliquent comment profiter de ce qui promet d’être le plus grand boom du 21ème siècle… Pour profiter de leurs conseils, rien de plus simple : il suffit de vous inscrire à L’Edito Matières Premières. Cliquez simplement ici, laissez-vous guider… et n’oubliez pas : c’est entièrement GRATUIT !
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(c) Les Publications Agora France, 2002-2007
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