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La Cronique Agora
Paris, France
Mardi 10 avril 2007
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*** Chronique sous antalgiques
Seul le pétrole et la Fed ont fait parler d’eux ces derniers jours…
*** L’or à de nouveaux sommets ?
Une étude prouve que tous les ingrédients sont réunis pour un nouveau record du métal jaune
*** Depuis l’au-delà (1)
Inflation et once d’or à 497 655,63 dollars zimbabwéens
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Bonjour,
*** CHRONIQUE SOUS ANTALGIQUES
** Votre correspondante est pliée en deux.
Cette acrobatique position n’est pas causée par une quelconque hilarité devant les dernières pitreries de la Fed (je préfèrerais, pourtant), mais par un lumbago foudroyant qui me force à passer les fêtes de Pâques à angle droit. Par ailleurs, il ne s’est pas passé grand’chose sur les marchés durant ce long week-end pascal… si bien qu’entre actualité poids plume et douleurs lombaires aiguës, cette Chronique sera un peu plus courte qu’à l’accoutumée.
** Citons tout de même les statistiques de l’emploi aux Etats-Unis, qui étaient attendues de pied ferme par les investisseurs — même s’ils n’ont pas pu y réagir "en direct" pour cause de fermeture des marchés. Les chiffres étaient (surprise, surprise) meilleurs que prévu, avec 180 000 emplois créés en mars, selon le département du Travail US, contre 120 000 attendus ; d’une manière plus générale, le taux de chômage a diminué de 0,1 points, à 4,4%.
Cette bonne nouvelle devrait cependant s’accompagner de prudence, ces prochains jours. Comme le déclarait le site Investir.fr : "la prudence domine à la veille de la publication du compte-rendu de la dernière réunion du conseil de politique monétaire de la Fed. La Réserve fédérale avait maintenu le taux des Fed funds à 5,25% en mars, mais avait retiré de son communiqué toute référence à la nécessité éventuelle de procéder à de nouveaux resserrements monétaires à l’avenir. Les marchés sont par ailleurs prudents avant la réunion du G7 des Finances, prévue vendredi. L’attentisme sera par ailleurs renforcé par la réunion du conseil de la Banque du Japon, ce mardi, qui sera suivie le lendemain par celle de la Banque centrale européenne. Les analystes tablent sur un statu quo monétaire dans les deux cas".
Le journal La Tribune avait quelques éclaircissements à nous apporter sur la question : "Sur 17 SVT (spécialistes en valeurs du Trésor) interrogés par Reuters, 11 prédisent que le prochain mouvement sur les taux directeurs sera une réduction et la plupart d’entre eux l’anticipent pour septembre. Tous disent que la Fed ne modifiera pas les taux lors de la prochaine réunion de son comité de politique monétaire (FOMC) le 9 mai. [...] ‘Compte tenu du lien étroit entre le marché de l’emploi et la politique de la Fed, nous avons déplacé le moment de la première réduction dans nos prévisions à la réunion du FOMC du 18 septembre’, dit Jan Hatzius, économiste en chef de Goldman Sachs, dans une note d’étude. L’intermédiaire anticipait précédemment une baisse des taux en juin".
Tout cela porte le dollar à 1,3420 pour un euro… en attendant de voir plus précisément ce que nous réservent les autorités monétaires de la planète.
** Le pétrole a lui aussi fait — un peu — parler de lui, en même temps que l’Iran, qui entretient la tension : entre la libération des marins britanniques et les annonces retentissantes sur les progrès du processus d’enrichissement de l’uranium, Téhéran continue de jouer les trouble-fêtes… et de peser sur les cours de l’or noir.
C’est ainsi qu’à New York, le baril de WTI gagnait 26 cents ce matin, pour atteindre les 61,77 $, alors qu’il avait perdu du terrain à la suite du retour au bercail des marins de Sa Très Gracieuse Majesté.
Nous verrons si les séances du jour nous donnent un peu plus de matière à nous mettre sous la dent pour la Chronique de demain. En attendant, excusez-moi, cher lecteur, mais il est l’heure de reprendre un ou deux comprimés d’antalgiques…
Françoise Garteiser,
Paris
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Assez d’attendre les profits ?
Une performance globale de 1 152,63% en 2006, grâce à des plus-values de 106,90%… 100%… 104%… 91,80%… 117,10% et même 679%…
Parfois, c’est encore le court terme le plus performant. Découvrez pourquoi…
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Bill Bonner, co-fondateur de La Chronique Agora, à Londres
*** L’OR A DE NOUVEAUX SOMMETS ?
** Le moyen le plus simple de gagner de l’argent est souvent de le voler. Ceci dit, voler de l’argent ne profite qu’au voleur ; les autres souffrent. Les sociétés s’en sortent mieux, en général, lorsque les gens travaillent dur pour générer de la richesse… en sachant qu’ils pourront la conserver, ou l’échanger contre d’autres formes de richesse. Le vol interrompt tout ce processus. Les sociétés érigent donc des barrières pour décourager le vol — des serrures, des tabous, des prisons.
* La semaine dernière, nous avons lu un article de Martin Hutchinson expliquant ce qui se produit lorsque les gens essaient de contourner ces barrières. Ils forcent les serrures, bien entendu. Ils trouvent des ouvertures. Ils mentent. Ils trichent. Ils mettent également en place des lois leur donnant des "droits" sur la propriété des autres.
* Les pays ont eu le vent en poupe durant une cinquantaine d’années. Leurs entrepreneurs, travailleurs, hommes d’affaires et investisseurs ont pu créer de la richesse plus rapidement que les parasites la leur enlevaient.
* Mais partout, on perd ses repères. De plus en plus de gens en sont venus à attendre "quelque chose en l’échange de rien". Et lorsqu’ils l’obtiennent, ils ne veulent pas l’abandonner.
* Nous avons ainsi trouvé dans un journal de Houston une nouvelle que nous attendions de longue date :
* "Des groupes demandent un moratoire sur les saisies hypothécaires".
* Les groupes sont les suspects habituels — des mouches du coche représentant les pauvres masses laborieuses. Ce que les masses en question ont essayé de faire ces dernières années, c’était d’acheter des maisons sans se donner la peine d’épargner l’argent nécessaire. Naturellement, les emprunteurs les ont exploités (personne de plus facile à arnaquer qu’un arnaqueur) en leur offrant du crédit selon des termes qui ne leur étaient pas favorables. En moins de temps qu’il n’en faut pour le dire, tout le monde était dans le coup. L’emprunteur demande son "prêt menteur" en racontant des bobards sur ce qu’il possède. L’expert chargé d’évaluer la maison en gonfle légèrement la valeur afin que l’accord puisse se faire. Le prêteur accorde à l’emprunteur un prêt hypothécaire qui lui garantit de voir l’emprunteur revenir un ou deux ans plus tard, de sorte que la société de prêt peut gagner une autre commission juteuse en refinancant le prêt. Puis arrive toute la structure de l’industrie financière, qui réorganise les prêts en produits dérivés et les juge digne de confiance pour des fonds de pension.
* Tous ces gens citent leurs prix et font leurs calculs dans une devise qui est sur une mauvaise pente depuis 32 ans. Le dollar US, en 2007, ne vaut que 20 cents environ… par rapport au dollar de 1971. Et ces derniers temps, beaucoup de choses portent à croire que la pente va se faire plus glissante encore. La dette officielle du gouvernement US augmente au taux record de 80 millions de dollars par heure. Les crédits et les obligations libellés en dollars s’accumulent en dehors des Etats-Unis (comme le démontre le déficit commercial) au rythme de deux milliards de dollars par jour. Dans le monde entier, de "sombres bassins" de liquidités menacent de transformer la chute du dollar en toboggan aquatique géant.
* Une fraude mène à une autre. Graduellement, lentement, involontairement, nous nous y enfonçons si profondément que nous n’y voyons plus rien. Et dans ce marécage de mensonges, la vérité semble déplacée, tel un homme honnête dans une campagne électorale.
** Vu dans le Financial Times :
* "Au cours des 12 prochains mois, les prix de l’or pourraient dépasser le sommet de 26 ans atteint l’an dernier à 730 $ l’once, à cause d’un dollar plus faible, de tensions géopolitiques en hausse et d’un rebond mené par l’investissement, selon l’étude annuelle réalisée par GFMS, cabinet de consultants en métaux".
* "La vigueur du cours de l’or en 2007 — à ce jour –, l’évolution continue à la hausse du plancher auquel les achats physiques commencent à soutenir le métal et la continuation (bien que modérée) du déclin de l’offre d’or devraient également augmenter la confiance des investisseurs dans le métal jaune", déclare cette étude.
* Le prix de l’or atteignait en moyenne 603,77 $ l’once troy l’an dernier — soit une hausse de 36% par rapport à l’année précédente, et la moyenne la plus élevée après le record de 1980, à 614,50 $. Les prix de l’or ont atteint un sommet de 730 $ en mai, leur niveau le plus haut depuis le record de 850 $ en janvier 1980. L’or s’est également apprécié dans d’autres devises, avec un gain de 34% pour les cours en rands sud-africains, une augmentation de 21% en yens et une hausse de 8,7% pour les cours en euros.
* L’or ! Nous sommes — faute d’un autre terme — des fanatiques de l’or… mais pas nécessairement haussiers sur l’or. Nous considérons l’or comme un moyen de se couvrir contre la perte des repères. L’or est peut-être une relique du passé, un actif inerte, sans performances. Il est peut-être le moyen utilisé par votre grand’père pour se protéger contre l’inflation. Mais il ne ment pas. Il ne triche pas. L’or ne diffuse pas de résultats trimestriels bidon… ou de communiqués de presse mensongers. L’or ne gonfle pas discrètement la masse monétaire. L’or n’achète pas d’entreprises pour les dépouiller de leurs actifs, les charger de dettes et les revendre aux investisseurs au double du prix. L’or ne se présente pas aux élections… ne donne pas d’interviews télévisées… et ne gagne pas de stock options.
* Pour toutes ces raisons… nous soupçonnons que l’or va continuer à grimper.
[NDLR : Et si vous voulez profiter de cette hausse, rien de plus simple : notre équipe de spécialistes vous indique tous les moyens de vous positionner -- il ne vous reste plus qu'à suivre le guide...]
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La baisse des marchés est-elle le seul danger menaçant votre patrimoine ?
Pour en savoir plus — et découvrir comment réagir aux principales tendances qui nous attendent dans les mois qui viennent, continuez votre lecture…
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*** La Chronique Agora présente ***
Le Mogambo Guru se penche sur le cas du Zimbabwe, où l’inflation atteint 2 000% par an. Etant donné sa crainte démesurée de l’inflation, pas étonnant que des apparitions terrifiantes le poursuivent. Continuez votre lecture…
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DEPUIS L’AU-DELA — 1ère PARTIE
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Par le Mogambo Guru (*)
Le chapitre huit du livre de Michael Panzner, Financial Armageddon, est intitulé "Hyperinflation", et s’ouvre sur une citation de Robert Mugabe, le crétin qui a détruit le Zimbabwe en imprimant une telle quantité d’argent que l’inflation atteint des centaines de pour-cent tous les mois. Il déclare : "j’imprimerai de l’argent aujourd’hui pour que le peuple puisse survivre". Hahaha !
Et en parlant d’inflation au Zimbabwe, un lecteur a demandé : "hé, Stupide Mogambo Guru (SMG) ! De combien l’once d’or a-t-elle grimpé au Zimbabwe, le pays ayant le taux d’inflation le plus élevé au monde, où elle atteint près de 2 000% par an ? L’or a-t-il assez grimpé — comme vous l’affirmez sans arrêt, ressassant, ressassant et ressassant jusqu’à ce que nous n’en puissions plus de l’entendre — pour préserver le pouvoir d’achat au Zimbabwe ? Si ce n’est pas le cas, allez en enfer, espèce d’horrible cloporte puant !"
Je me rends compte immédiatement que cela ressemble exactement à la manière dont ma mère me parlait ! Mais dans la mesure où elle est morte il y a longtemps, je pense que son esprit est entré dans le corps de mon lecteur, et qu’elle utilise ses doigts et ses connaissances informatiques pour me harceler depuis l’au-delà.
Dans la mesure où le seul moyen de la faire taire consistait à prouver que ses accusations étaient fausses et que le procès n’avait donc aucun lieu d’être, nous nous rendons sur le site People’s Daily Online pour découvrir que "la Banque centrale du Zimbabwe offre un prix de soutien de l’or de 28 $ US par gramme".
Combien est-ce que ça fait en onces ? Selon Google, "une once troy = 31,1034768 grammes". Le Capteur d’Arbitrage Mogambo (CAM) réalise instantanément que si la Banque centrale du Zimbabwe est prête à offrir 870 $ pour une once d’or, où sont les arbitragistes achetant de l’or aux Etats-Unis à 660 $ l’once pour le revendre à ces idiots du Zimbabwe pour 870 $ ? Voilà qui semble (je le dis en haussant un sourcil) un pactole trop coquet pour qu’on le dédaigne !
Mais nul doute qu’il y a sûrement assez de taxes douanières, des frais, de complications juridiques et d’impôts pour faire de cette offre de "28 $ US par gramme" une véritable mascarade — sans quoi la banque aurait des lingots jusqu’aux genoux !
De manière plus réaliste, AllAfrica.com écrit que dans la devise locale, "les prix à la production actuels de l’or atteignent les 16 000 dollars zimbabwéens par gramme". C’est là le prix à la production, qui représente 497 655,63 dollars zimbabwéens par once.
Nous verrons la suite dès demain…
Meilleures salutations,
Le Mogambo Guru
Pour la Chronique Agora
(*) Richard Daughty est associé gérant et directeur d’exploitation pour Smith Consultant Group, qui sert les secteurs financier et médical. Il est également l’auteur de la lettre d’information économique Mogambo Guru, un exercice visant à accumuler les sarcasmes sur ceux qui le méritent largement. Le Mogambo Guru est souvent cité dans le journal Barron’s ou dans le Daily Reckoning, l’équivalent américain de la Chronique Agora.
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(c) Les Publications Agora France, 2002-2007
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Nota bene : reproduction partielle ou totale de la présente Chronique STRICTEMENT INTERDITE sans accord écrit de la société éditrice.
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