L'once à plus de 500 $ : prémices d'un tsunami

Rédigé le 1 janvier 1970 par | Article Imprimer

L’once d’or a franchi la barrière psychologique des 500 $, retrouvant son cours de 1987. Il entame la deuxième phase de son marché haussier qui devrait le propulser à 800 ou 1 000 $. La presse occidentale explique le cours actuel du métal jaune par une conjonction de facteurs de court terme : taux d’intérêts nuls au Japon, forte demande de bijoux en Inde, achats de la banque centrale russe qui souhaite doubler ses réserves en or. Cette analyse est correcte… mais reste en lisière des faits. Quelques arbres cachent encore la forêt. En Afrique du Sud, en Australie et en Asie, le constat est légèrement différent. C’est la demande des investisseurs spécialisés et gestionnaires de fonds qui pousse actuellement l’or vers le haut.

Nous écrivions, en mai 2005, que tout marché haussier comportait trois étapes. Dans la première, les initiés, analystes de long terme, se placent de façon précoce. Cette première étape a commencé en 2002. L’once cotait alors 275 $. En janvier 2004, elle se négociait à 426 $, soit 55% d’augmentation en deux ans. Dans la deuxième étape, traditionnellement la plus longue, les initiés sont rejoints par les fonds d’investissement et par quelques investisseurs avertis. La hausse entamée s’accélère. Dans la troisième étape, le grand public saute dans le train en marche. Des niveaux jamais prédits par les spécialistes se trouvent atteints, puis la bulle éclate.

Le seuil des 500 $ marque, selon nous, le début de la deuxième étape. Certes, la hausse sur un an n’est que de 25%, donc similaire aux deux années précédentes, mais elle s’est concentrée dans les derniers mois de 2005. Autre signe : l’arrivée récente sur les marchés des bullions ou ETF (Exchange Traded Funds). Après l’Afrique du Sud, les USA et le Royaume-Uni, la Belgique et l’Allemagne, la France accède enfin à l’or papier. Tout achat d’un certificat d’ETF se traduit par un achat d’or physique. Les ETF vont accélérer la hausse de l’or.

Ces fonds sont créés pour répondre à la demande d’investisseurs avisés (de plus en plus nombreux) qui souhaitent protéger leurs actifs en actions et obligations de l’inflation. Où sont-ils ? En Asie, mais aussi à Londres et à New-York, répondent le Responsable matières premières de la National Australia Bank et le directeur de N.M. Rothshild and Sons en Australie. Qui sont-ils ? Des financiers préoccupés par des fondamentaux de long terme : faiblesse intrinsèque du dollar ; dette publique des pays riches fondée sur l’idée d’une croissance éternelle et de lendemains toujours plus beaux ; poussées inflationistes en raison de matières premières en quantité limitée mais pour lesquelles la demande croît (acier, pétrole, cuivre, uranium) ; manque de volonté politique d’un retour rapide à la vertu de part et d’autre de l’Atlantique.

Les vrais termes, "crise monétaire", ne sont pas encore formulés. Mais l’or pressent le danger. Jusqu’où l’or pourra-t-il monter durant cette deuxième phase ? Au moins 800 $, car le prix actuel de l’once est loin des 873 $, record de janvier 1980. Les seuils psychologiques sont irrationnels, mais empiriquement prouvés et s’appuient sur des chiffres ronds et pairs. Il ne viendrait à l’idée de personne de dire que 873 serait un seuil psychologique. Mais 800 ou 1 000 le sont pour l’or, comme 60, 80 ou 100 pour le baril de pétrole. Au delà de 1 000 $, ce sera le "tsunami", le raz-de-marée, la troisième phase haussière avant l’éclatement de la bulle. Mais nous n’en sommes pas encore là et il reste une bonne marge de manœuvre pour bien mener sa barque avant l’arrivée de la lame de fond.

Succès du bullion made for France Le Lyxor Gold Bullion Securities a été commercialisé par la Société Générale en novembre 2005. Cette obligation, cotée en temps réel en euros sur Euronext (compartiment Certificats) et en dollars à Londres, vaut un dixième du fixing londonien de l’once. Elle est garantie par une contrepartie en or physique entreposée dans les coffres de la HSBC. Plus qu’un tracker donc, le bullion permet à tout moment d’échanger son papier obligataire contre l’or véritable. C’est une créance sur l’émetteur, la Gold Bullion Securities. Les frais de gestion de cette obligation à coupon zéro sont de 0,40% par an. La vente de Lyxor GBS sera soumise à l’imposition sur la plus-value au taux normal de 27% en cas de cession de valeurs mobilières d’un montant annuel supérieur à 15 000 euros. Ce bullion ou ETG (Exchange Traded Gold) échappe à la taxe forfaitaire de 8% qui frappe les transactions d’or physique.

Bien évidemment, le Lyxor n’est pas éligible au PEA… Si le 7 novembre, jour du lancement, un peu moins de 900 000 euros se négociaient sur Lyxor, le 29 novembre, les volumes atteignaient un peu plus de 4 millions d’euros. Les volumes actuels sont supérieurs à ceux enregistrés à Londres. L’obligation arrive au bon moment : les Français attendaient une alternative moderne aux Napoléons de grand-papa (…)

Tous les mois dans Vos Finances- La Lettre du Patrimoine, retrouvez les conseils de Simone Wapler pour savoir comment profiter de la hausse de l’or.

Simone Wapler
Simone Wapler
Rédactrice en Chef de Crise, Or & Opportunités et de La Stratégie de Simone Wapler

Simone Wapler est ingénieur de formation. Elle a travaillé dans le secteur de l’ingénierie aéronautique. Cette double casquette ingénieur/analyste financier est un véritable atout qu’elle met au service des abonnés.

Elle aborde les marchés avec l’oeil du professionnel, de l’ingénieur, de l’industriel, et non celui du financier.

Son expertise, notamment dans le secteur des métaux de base et des métaux précieux, lui donne une longueur d’avance, une meilleure compréhension des vrais tenants et aboutissants du marché des ressources naturelles — un marché par ailleurs en pleine expansion, dont Simone Wapler connaît parfaitement tous les rouages, notamment au niveau de l’offre et de la demande.

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