Les zombies du lobbying

Rédigé le 14 mai 2013 par | Epargne Imprimer

▪ Un de nos collègues a fait une étude sur les grandes entreprises américaines qui dépensent le plus en lobbying. Il a appelé cela « l’indice K Street », du nom de la rue de Washington où de nombreuses sociétés de lobbying sont installées. Sur la période étudiée, les entreprises ont dépensé 1 200 milliards de dollars en lobbying (notamment en contributions aux campagnes électorales).

Les lecteurs noteront que le lobbying n’est pas un comportement productif, du moins pas dans le sens ordinaire. Il ne mène pas à une augmentation de la production. Il ne finance pas l’innovation ou de nouvelles inventions. Il ne paie pas de travailleurs et n’engendre pas de ventes additionnelles.

Les dépenses de lobbying devraient mener à une baisse du cours de l’action. Comme quand on dépense pour engager des call-girls, elles signifient que les entreprises utilisent leurs maigres ressources à des choses qui n’augmenteront pas la production, les ventes ou les profits.

Et alors ? Nous sommes dans une économie zombie… Ce qui compte, ce n’est pas l’augmentation de la production ou de bons dirigeants — c’est qui on connaît en haut lieu. Le lobbying, ça rapporte. Il s’agit de s’emparer du système et de le faire pencher en votre faveur.

L’indice K Street a fait plus de deux fois mieux que le reste du marché boursier. Ce dernier a grimpé de 60%. Les lèche-bottes ont grimpé de 170%.

Que pensez-vous de ça ? La politique, ça rapporte. On verse des contributions aux campagnes électorales. On embauche un lobbyiste pour s’attirer les faveurs des politiciens. L’entreprise ne se porte peut-être pas mieux, mais en bourse, son action grimpe !

▪ Où est le mal ?
Après tout… ça a toujours été comme ça, non ?

Eh bien… non. Il y a toujours eu des politiciens corrompus et des entreprises sournoises. Les zombies seront toujours parmi nous. Mais jamais encore les zombies n’ont été si nombreux et profitables. Le zombyisme paie comme jamais auparavant.

Pourquoi ? Parce qu’il y a plus d’opportunités que jamais pour les parasites. Plus de lois. Plus de failles. Plus de petits cadeaux et privilèges… glissés par milliers dans toutes les législations et petites règles.

Dans ces conditions, faut-il vraiment s’étonner que le lobbyisme rapporte autant ?

Bill Bonner
Bill Bonner
Fondateur de AGORA

Né en 1948, Bill Bonner est le fondateur d’AGORA, le plus large réseau d’entreprises indépendantes de presse spécialisée au monde.

En 1978, depuis sa ville natale, Baltimore (Maryland, Etats-Unis), Bill Bonner a voulu développer un « marché » (« Agora » en grec) des idées. Pas de l’information homogénéisée telle que les médias grand public relayent sur nos écrans et journaux, mais une source d’idées diverses avec des opinions et des avis originaux, alternatifs et surtout utiles. Bill a à cœur d’aider les lecteurs à mieux comprendre le monde dans lequel ils vivent, et à agir en conséquence. Que ce soit en matière de géopolitique, de macro-économie ou tout simplement dans le domaine de l’épargne, Bill incite ses lecteurs à cultiver un esprit vif et anticonformiste.

« Parfois nous avons raison, parfois nous avons tort, mais nous sommes toujours dans le questionnement », telle est la devise de Bill.

Bill a également co-écrit des livres qui ont tous figuré dans la liste des best-sellers du New York Times et du Wall Street Journal : L’inéluctable faillite de l’économie américaine (2004), L’Empire des dettes. À l’aube d’une crise économique épique (2006) et Le Nouvel Empire des dettes. Grandeur et décadence d’une bulle financière épique (2010).

Dans son dernier livre, Hormegeddon, quand trop de bien nuit (2015), paru aux Belles Lettres (www.lesbelleslettres.com), Bill décrit ce qu’il advient lorsque l’on abuse d’une bonne chose dans les sphères de la politique, de l’économie et des affaires. En bref, trop de bien conduit au désastre.

Vous pouvez retrouver les notes de Bill au quotidien dans La Chronique Agora.

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